‹ Considérations Sur Le Traitement Général De La Phthisie PulmonaireChapitre 3 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Bennett a dit: « La phtisie pulmonaire est en réalité une des maladies destinées à éliminer ceux qui sont faibles, imparfaits et par suite inaptes à perpétuer la race humaine dans son intégrité.

Cette considération biologique n’est que trop vraie. La phtisie a existé de tout temps. Aujourd’hui les progrès de la civilisation, en éloignant l’homme de l’état de nature, paraissent augmenter le nombre de ces malheureux, vaincus précoces de la vie. Les deux grands moteurs factices qui régissent notre société, l'argent et la gloire, absorbent, font tomber avant l'heure bien des existences. Pour les mêmes motifs, victimes des préjugés et des circonstances, des êtres vigoureux, intelligents, armés pour la lutte, restent stériles ; tandis qu'à côté d’eux, des êtres déhilités, ou des êtres aux antipathies constitutionnelles manifestes, s'unissent pour la grande œuvre de la régénération. Les enfants, l'avenir, sont des points secondaires à prévoir pour ces êtres égoïstes qui ont hâte de jouir du temps présent.

Le médecin dans la société se trouve dans le rôle du chirurgien sur le champ de bataille. Celui-ci ne commande pas, ne peut faire cesser l’horrible hécatombe humaine dont il a le spectacle. Il est appelé seuyement à réparer les dégâts des armes. En tant qu'homme de l’art, le médecin ne peut réformer les conditions réciproques des hommes dans la société ; il s’efforcera de porter remède au mal provoqué par des

influences nocives sur l'organisme. La philanthropie constitue son

sacerdoce, sacerdoce dont les devoirs sont autrement difficiles et pénibles à remplir que ceux du prêtre.

De tout temps la phtisie a exercé la science et la sagacité du médecin. On a tout essayé contre ces manifestations de débilitation générale, à localisation pulmonaire, mais à symptômes divers. La découverte bacillaire du mal a permis de poser des bases pour les investigations ultérieures. Dans ces dernières années, à la recherche du spécifique idéal, on a étudié, expérimenté tout ce qu’avaient préconisé les anciens et tout ce que la science actuelle pouvait fournir de déductions positives pour ce traitement. On s’en rapporte encore aux soins de la nature médicatrice. L’hygiène, le régime, sont les deux grands agents du traitement.

Dans cette étude, nous passons en revue dans le premier chapitre, d’abord la symptomatologie, puis la médication générale qui paraît la plus efficace contre les complications et les symptômes généraux.

Le second chapitre est consacré à l'hygiène. Après une revue succincte des climats et du milieu qui conviennent au phtisique, nous jetons un aperçu sur les détails de son hygiène particulière.

Dans le troisième chapitre, nous parlons de la nutrition et des aliments qui paraissent les plus aptes à ramener la réfection de l’organisme débilité.

Ce sujet vaste et très complexe ne peut être traité que d’une façon incomplète et sommaire. Le traitement de la phtisie a été l’objet d’une observation soutenue par des hommes éminents, depuis des siècles. Nous n'avons ni la compétence scientifique, ni l'expérience pour prétendre innover dans ce sujet. Heureux serions-nous d’avoir été éclec-

tique, judicieux, dans les considérations que nous présentons.

M. le professeur Hamelin, en souvenir de notre oncle, le docteur

J. Brengues (de Saint-Affrique), avait été pour nous un bienfaiteur

généreux avant même que nous fussions étudiant en médecine. Il nous

a toujours témoigné une grande sympathie. Qu'il veuille bien agréer l'expression de notre parfaite reconnaissance.

Nous avons toujours trouvé auprès de nos Maîtres, outre la science, une grande bienveillance et l'exemple d’une généreuse philanthropie. Nos chefs de services, dans les hôpitaux de Marseille et d'Alger, nous ont appris à considérer l’homme dans sa nature intime, à pardonner ses faiblesses, quelques grandes qu’elles fussent parfois, enfin à faire aux autres ce que nous voudrions qu’il nous fût fait dans le malheur.

Nous leur en serons toujours profondément reconnaissant.

Auprès des camarades, nous avons sans cesse trouvé des amis. En de nombreuses circonstances, nôus avons été heureux d'admirer combien l'étudiant en médecine, plus que tout autre étudiant, a conservé les traditions rabelaisiennes de franche jovialité et aussi de travail, de loyale cordialité avec les camarades, et de respectueuse vénération pour ses Maîtres. Nous avons le regret de quitter ce milieu où nous avons passé les plus belles années de notre jeunesse et où nous lais-

sons le meilleur souvenir de notre cœur.

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