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II. — TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE

La phtisie est curable. Ce principe est basé sur de très nombreuses observations cliniques et nécropsiques. On trouve fréquemment des cavernes en voie de régression chez des individus devenus tuberculeux ou chez des sujets morts d’une autre maladie que la tuberculose, maladie qu'on n’avait pas soupçonnée chez eux de leur vivant.

La guérison a lieu lorsque le processus fibreux, enveloppant beaucoup de cavités, dépasse, entoure le processus caséeux : celui-ci tend alors à disparaître, ne pouvant s'élendre. On a alors une masse fibreuse sclérosée ou crétacée, inoffensive au point de vue de l’infec tion. Nous ne savons quel clinicien a dit qu'un phtisique, même avec des cavernes manifestes, peut avoir une longue vie, à condition d’avoir bon estomac et pas de fièvre.

Malgré la découverte de Koch, notre thérapeutique n’a pas un microbicide spécifique de la tuberculose. D'ailleurs, le possèderait-on, que, comme le fait remarquer judicieusement Peter, son usage ne serait que secondaire. Supposons le microbe tué par ce spécifique chez un tuberculenx, l'organisme affaibli, débilité, serait sans cesse en état de réceptivité bacillaire immanente : les rechutes sont à redouter dans les convalescences.

La guérison d’un phüsique est l’œuvre de longs mois, de plusieurs

2 er années même. On n'espère l'obtenir que par un régime sévère et une hygiène spéciale. La médication proprement dite s’adressera seulement à quelques symptômes pénibles et aux complications fébriles. En dehors de là, elle ne servira que d'aide au régime qui est la clef de la curabilité complète ou relative, dit Dujardin-Beaumetz.

On doit surtout redouter la fièvre : elle est l'indice d’une intoxication générale. Toutes les sécrétions sont troublées, les fonctions ne remplissent plus leur rôle physiologique normal. Lorsqu'il y a des poussées aiguës, c’est-à-dire inflammation du tissu parenchymateux avoisinant les tubercules déjà évolués, il se développe une véritable pneumonie. Le traitement doit être celui de cette aflection : kermès ou ipéca, antithermiques, expectorants, révulsifs, suivant les indications. |

La fièvre continue ou rémittente, en dehors des poussées aiguës, est le plus souvent un indice de suppuration. On la combat efficacement par la vie au grand air et au repos. Parmi les antithermiques, l'acide salicylique à dose de ? à 4 grammes pendant quelques jours, agit mieux que le sulfate de quinine. L’antipyrine est un bon antithermique à doses de 1 à 3 grammes. Il faut cependant éviter de la donner en pleine fièvre : elle peut alors déterminer un collapsus dangereux. La matinée en général est apyrétique, c’est le meilleur moment pour donner des antithermiques, quels qu’ils soient. Également, le matin, on peut faire au malade des lotions sur tout le corps, d’abord tièdes, puis froides : c'est un excellent moyen d'empêcher la fièvre de survenir, ou de la diminuer quand elle existe.

Les sueurs profuses sont intimement liées à la fièvre : elles sont un ‘symptôme de suppuration, de ramollissement. De même les lotions froides, vinaigrées ou alcooliques, la vie au grand air, les combattent efficacement. Les médicaments qui paraissent les arrêter le plus sûrement sont le sulfate d’atropine à dose de 1/2 à 1 milligr., ou l’agaric blanc à dose de 0 gr. 25 à O gr. 75.

On doit respecter la foux qui est liée à l’expectoration. Mais la toux ‘sèche, quinteuse, fréquente, fatigue inutilement le malade. On la com-

el

lies

bat par l’opium sous toutes ses formes. Parfois l'opium diminue l’appétit, amène la constipation ou augmente les sueurs nocturnes. On le remplace par d’autres calmants, aconit, belladone, etc., le bromure de potassium et le bromhydia conviennent aux névropathes. On à préconisé le sulfonal contre la toux nocturne. Les pulvérisations d’une solution faiblement phéniquée atténuent souvent la toux sèche. Quand la toux est provoquée par l’ingestion des aliments, on donne préalablement quelques gouttes de laudanum ou de l’eau chloroformée.

La médication révulsive influence favorablement la toux. Les applications de teinture d’iode, les pointes de feu, les petits vésicatoires, combattent bien la toux qui tient aux poussées inflammatoires, fluxionnaires qui se font autour d'un foyer tuberculeux.

Par l’expectoration, le phtisique rejette les produits du catarrhe bronchique et des détritus inflammatoires. Par elle-même l’expectoration, conséquence de la toux, devrait être respectée. Mais elle est l'expression d’une désorganisation pulmonaire. Il faut s'opposer à cette désorganisation, fortifier, tonifier les tissus. On aide la nature dans cette lutte contre l'élément morbide. La créosote paraît jusqu'ici le plus efficace modificateur des bronches et le meilleur antibacillaire. L'excrétion muco-purulente, qui constitue les crachats, affaiblit considérament les malades. Les crachats contiennent beaucoup de chlorures et de phosphates, sels indispensables à l'organisme.

Comme antiseptique, la créosote est un des médicaments qui entravent l’évolution du bacille de Koch.

La créosote s’élimine par les poumons et par les reins. On la reconnaît à l'haleine cinq minutes environ après son ingestion. Elle agit à l’intérieur comme stimulant et comme antispasmodique. Sur les poumons, elle paraît agir comme un irritant favorable à la sclérose curatrice.

On donne la créosote par la voie stomacale à dose de 1 à ? grammes par jour, seule, sous forme de vin, ou mieux associée à l'huile de foie de morue. La créosote produit des ardeurs dans l’arrière-bouche et souvent une inflammation gastrique. Aucun artifice n’en dissimule

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