‹ Considérations Sur Le Traitement Général De La Phthisie PulmonaireChapitre 8 sur 27 · TO · texte numérisé non relu

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entièrement le goût. Si le malade a de l’anorexie ou de la diarrhée à la suite de ce médicament, on donne la créosote en lavement, émulsionnée dans de l'huile avec un jaune d'œuf. Ce dernier procédé est préférable dans la généralité des cas: il faut éviter avant tout de troubler les fonctions digestives.

La créosote convient surtout aux phtisiques apyrétiques : on observé bientôt une amélioration des troubles fonctionnels et de l’état général. Elle diminue manifestement la toux, l’expectoration, atténue la fièvre, supprime les sueurs.

Les contre-indications sont l’état fébrile aigu, ou l'intolérance organique absolue.

On a cherché à obvier aux inconvénients de la créosote en utilisant ses dérivés: le principal et le plus actif'est le gaïacol. Celui-ci a le grand avantage d'être liquide, diffusible: ilest employé facilement en injections hypodermiques. ê

Les substances balsamiques et les essences volatiles ont des propriétés analogues, mais moins actives que la créosote. S'éliminant de même par le poumon, elles agissent sur les bronches et diminuent l'expectoration. En général, elles sont tolérées par l'estomac. On les administre par injections sous-cutanées ou en inhalations. Les plus utiles paraissent être l'eucalyptol et la térébenthine. La terpine, le principal dérivé de la térébenthine, est mieux tolérée par l'estomac.

Le benzoate de soude est un stimulant des muqueuses, mais il agit plus sur le rein que sur le poumon.

L'ipéca à pelites doses est un excellent expectorant, mais il agit par action réflexe sur le pneumogastrique. Il ne doit être administré qu'avec la plus grande réserve: il peut provoquer des hémoplysies par son action stimulante.

Le tannin agit sur l’expectoration comme tonique, et comme sclérogène sur les tissus.

L’iode et ses composés assèchent la muqueuse pulmonaire par leur action altérante. Dans la phtisie fibreuse, ils diminuent la dyspnée. On les a accusés, administrés à haute dose, de provoquer des conges-

ONE tions très vives autour des foyers tuberculeux. Les sels merèuriels sont des altérants analogues aux composés iodés: ils peuvent être leurs succédanés. Ces médicaments agissent mieux, à moins de syphilis, pris à petites doses et longtemps. | \

L'hémoplysie est une complication grave. Il faut mettre le malade dans une position mi-assise, lui conseiller limmobilité et un silence absolus ; lui faire prendre des fragments de glace, ou du lait glacé, ou des boissons froides acides. On peut lui appliquer des sinapismes aux membres inférieurs, des ventouses sèches sur la poitrine. A l'intérieur on donne de l'ergotine à dose de 1 à 3 grammes en injections hypodermiques plutôt qu’en potions.

La térébenthine réussit souvent à arrêter les hémoptysies.

On peut aussi donner la digitale à dose de 0 gr. 40 à 0 gr. 60 en potion : elle a moins d'action ici que dans les hémoptysies cardiaques.

L'opium, par son action sédative, peut être très utile en diminuant où en supprimant la toux. On peut associer dans ce but la morphine et la terpine.

Les autres astringents ou acides ont peu d'efficacité.

La méthode vomitive peut agir efficacement si l’hémoptysie est abondante, accompagnée de fièvre. Cette médication a pour effet de provoquer une constriction énergique des vaisseaux du poumon, et d'arrêter ainsi les hémoptysie Trousseau donnait ? à 4 grammes d'ipéca à prendre de dix en dix minutes, par cachets de 0 gr. 50, de manière à provoquer des vomissements. Peler, Jaccoud, donnent la poudre d'ipéca à doses fractionnées de 0 gr. 10, jusqu'à état nauséeux : ils maintiennent ensuite cet état en écartant les prises. Fonssagrives prescrivait de préférence une dose de 0 gr. 20 à 0 gr. 30 de tartre stibié dans une potion gommeuse de 120 grammes donnée par cuiller à soupe toutes les deux heures.

Les vomissements des phtisiques sont liés le plus souvent à la toux : en calmant celle-ci, on supprime généralement les vomissements. Les injections morphinées, l’ingestion de quelques gouttes de laudanum, le chlorhydate de cocaïne, l’eau chloroformée, les révulsifs sur la

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région épigastrique, les pulvérisations d'éther ou de petits vésicacatoires volants, réusissent souvent. Si ces moyens échouent, il faut recourir au lavage de l'estomac à l’aide du tube de Faucher. Dans ce cas, la muqueuse stomacale est généralement lésée, ulcérée. Le malade à de la dyspepsie qu’il faut traiter d’une façon particulière.

La diarrhée est un des graves symptômes compliquant souvent la situation. Elle épuise le malade, s'oppose à une médication active et à l'alimentation. On l'aiténue en modifiant le régime du malade, en supprimant tous les aliments gras, indigestes, tels que l'huile de foie de morue. La diarrhée ulcéro-tuberculeuse de lintestin se reconnaîtra à de la douleur et parfois à du méloœæna. On donnera par jour ? ou 3 grammes de benzonaphtol. On peut donner IT à V gouttes de laudanum avant chaque repas dans un demi-verre d'eau sucrée. L’acide lactique (5 à 10 grammes par litre) modifie généralement la diarrhée. Les lavements créosotés à dose de 2 à 4 grammes réussissent généralement à l’arrêter, en même temps que la créosote abaisse la fièvre et, stimule les fonctions digestives.

On soumet quelques jours le malade à un régime lacté, ou mieux à un régime léger mixte, composé de lait, d'œufs, de hachis de viande et de purées féculentes. Jaccoud recommande la gelée de viande: elle nourrit sans fatigue. Si on l'aromalise avec du jus de citron, cet aliment est agréable à prendre. Il laisse dans la bouche une impression de fraîcheur qui atténue un peu l’ardeur produite par la fièvre. |

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