‹ Considérations sur le transport par avion des malades et blessésChapitre 10 sur 24 · TRANSPORTS DE MALADES CHIRURGICAUX · texte numérisé non relu

TRANSPORTS DE MALADES CHIRURGICAUX

1927. Un officier gravement blessé, d’'Araouan à Tombouctou.

1928. Un malade atteint d'appendicite aiguë, de Dia à Bamako.

1930. Un médecin atteint d’abcés profond, opéré sur place et convoyé par le chirurgien venu en avion, d’Atar à Saint-Louis.

Soit au total : Douze évacuations de malades pour des causes diverses ; trois évacuations de malades chirurgicaux.

Enfin, signalons qu'en 1929, un avion a transporté une provision de sérum spécifique de Bamako à Mopti, où il atterrit de nuit. Les injections de ce sérum, faites à temps, permirent de sauver le malade. |

MATÉRIEL, NÉCESSAIRE. — L'expérience a prouvé que l’Aviation Sanitaire en À. O. K. devait avoir un rayon d'action de 800 kms au moins, par vent contraire, pour éviter tout ennui ou toute escale préjudiciable à la santé du malade évacué.

Deux modes d'évacuation sanitaire par des appareils différents ont été envisagés.

a) Evacuation par limousines sanitaires — malades ou blessés

n'ayant rien à craindre d’un long voyage, nécessitant plusieurs atterrissages ;

b) Evacuations par avions de guerre — malades dont l’état grave ou l'urgence d'opération, exige un transport rapide et avec un minimum d’'arrêts.

La question des évacuations a été résolue par la mise en service de deux modèles d'avions mono et trimoteurs coloniaux dont les caractéristiques ont été officiellement définies par le ministre de l’Aïr, au début de l’année 1930. Ces avions peuvent

servir à des fins militaires où sanitaires et sont aménagés pour

le transport de deux passagers couchés et d’un passager assis. Enfin le rayon d'action des trimoteurs est porté à 1.200 kms.

d) A. E.F. — Avec ses 2.500.000 kms carrés, l'Afrique Hquatoriale Française a senti elle aussi les besoins d’une aviation sanitaire. Mais ici les conditions d'emploi de cette dernière changent ; la population très clairsemée et le nombre restreint des stations sanitaires importantes (Libreville, Brazzaville, Bangui, Fort-Lamy), ont fait poser la question d’une coopération avec l'aviation étrangère. Rappelons, en effet, que l'A. E. FE. confine avec le Tibesti et la Lybie Italiennes et surtout le Congo Belge. Avec cette dernière colonie surtout, il apparaît indispensable que des conventions soient passées pour que les aviations belge et française se prêtent un mutuel concours dans les territoires où leurs rayons d'action respectifs peuvent les appeler à coopérer ; en particulier dans l’Oubanghichari. On pourrait ainsi envisager l'évacuation au plus près et au plus vite, sur des formations sanitaires françaises ou belges, de malades graves appartenant à l’une ou à l’autre nation.

En A. E. F., comme du reste dans toutes les colonies, l’organisation de l'Aviation Sanitaire est étroitement liée au bon fonctionnement d’un réseau complet de voies télégraphiques ou de postes de T.S.F. permettant d'alerter rapidement les avions par priorité absolue sur toute autre communication.

2° Au Levant.

Les Etats du Levant sous mnadat français constituent un vaste territoire d’une superficie égale à la moitié de la France.

À travers ces espaces, les voies de communication sont rares et intermittentes, impratigables l'hiver sur plus des quatre cinquièmes de la superficie. s

Peu de lignes ferrées, aucune voie fluviale, dans l'ouest du pays un bon réseau routier, création du mandat.

On comprend facilement que dans de telles contrées l'Aviation

Sanitaire ait pu jouer dès le début de sa création une action prépondérante dans le transport des malades et blessés.

Citons les résultats obtenus jusqu'en 1930 : ;

1925, 118 évacués ; 1926, 542 (année d'opérations) ; 1927, 160; 1028, 134-1020 ATOM ALOSO ZA: ;

Le total des évacués en six ans est donc de 1.188, ce qui fait une moyenne de 198 par an à l'exception de l’année 1926.

Comme on le voit, l'importance de ces chiffres ne peut laisser indifférent le commandement et surtout le service de santé. Tout commentaire n’ajouterait rien à leur éloquence.

30 En Indochine.

L'Indochine étale sur une superficie supérieure d’un quart environ à celle de la France, ses paysages de rizières, de jungles et de forêts. La forêt couvre surtout les régions montagneuses à population clairsemée du Laos, de l’ouest Annam et du Haut- Tonkin. I/homme trahit sa présence par de vastes cultures de ‘rizières plus particulièrement dans les terres basses. C’est 1à, dans le Delta Tonkinois, la zone côtière de l’Annam, les plaines de Cochinchine et du Cambodge, que sont groupées les masses principales d’une population qui dépasse pour tout le territoire 20 millions d'habitants. Les régions à population dense sont sillonnées d’un réseau routier bien entretenu, permettant des communications rapides par automobiles. Elles sont également bien dotées en formations sanitaires. Les conditions d'emploi de l'Aviation Sanitaire y seront donc à peu près les mêmes qu'en France.

Mais l'Aviation Sanitaire aura sans doute des occasions de missions plus fréquentes dans les régions pauvres et peu sûres de l'Ouest. Une maladie, la rage, pourra, comme en Afrique, nécessiter surtout des transports par avion. Plus virulente en Indochine qu’en Afrique et beaucoup plus fréquente, elle amena, en 1929, 3.200 personnes dont près de 400 européens, aux Instituts antirabiques de Saïgon, Huë, Hanoï et Vientiane, Des personnes mordues dans certaines parties retirées du Laos, se

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présenteraient trop tard à ces Instituts si elles ne faisaient appel à l'avion ; car le virus fixe antirabique doit, on le sait, gagner de vitesse dans les centres nerveux le virus transmis par la morsure, et la précocité du traitement conditionne le succès.

Dans le Haut-Tonkin, les troupes engagées dans les opérations de police enverraient leurs blessés aux hôpitaux bien équipés de nos postes frontières. Le transport aérien serait réservé aux cas chirurgicaux urgents particulièrement délicats ou ressortissant des spécialités.

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