V. — Entraînement et groupement du Personnel
L'entraînement consiste en des cours destinés, d’une part, aux pilotes et mécaniciens pour leur enseigner les premiers secours à donner aux malades ou blessés et Ia façon dont les brancards doivent être placés dans les avions suivant leur construction ; d'autre part, aux infirmières convoyeuses d'avions pour leur enseigner les soins à donner aux malades durant le trajet et les précautions à prendre. Ces cours prévoient un entraînement individuel de vol des infirmières, pour lequel des arrangements pourront être conclus avec les Aéro-Clubs privés, qui ont là un rôle important à jouer.
Depuis longtemps, la ligue des Sociétés de la Croix-Rouge et le Comité international d’études de l'Aviation Sanitaire ont cherché à palier aux objections qui ont été faites à l’utilisation de l'avion comme moyen de transport des malades et blessés, à savoir À
AvT'errisque du vol; B. Le prix élevé du voyage.
A. — En ce qui concerne la sécurité du transport aérien, il nous sera facile d'exposer les chiffres suivants :
19 Sur 4.250 évacuations sanitaires effectuées tant en Syrie qu'au Maroc, il n'y eut que cinq accidents graves à déplorer. 29 Les statistiques officielles concernant l'aviation marchande
établissent que l’on doit compter un accident mortel pour 600.000 kms.
Si les catastrophes aériennes sont hélas, encore trop fréquentes dans les formations militaires, sur les centres de réception des appareils nouveaux, au cours des manifestations sportives, elles sont extrêmement rares dans l'aviation de transport à laquelle l'Aviation Sanitaire doit être rationnellement rattachée. La preuve en est que les compagnies d'assurances sur la vie couvrent, sans surprime ni préavis, le risque aérien, lorsqu'il s’agit de voyages effectués en qualité de passager à bord des avions
appartenant aux compagnies de navigation aérienne régulièrement autorisées.
B. — Le tarif civil actuel de transport aérien est certainement prohibitif et réservé à une clientèle riche. Cependant il est un remède à cet inconvénient, remède qui a fait ses preuves à l'étranger, puisque, par exemple en Suède, le transport sanitaire aérien est gratuit pour le malade. Celui-ci paie, en Pologne, le même prix qu'un billet de chemin de fer de 2€ classe pour la distance effectuée. Au Siam, les passagers acquittent leur passage au tarif d’un dinar du kilomètre, maïs les malades indigents sont transportés gratuitement.
Une aviation sanitaire ainsi envisagée rendrait en France même de nombreux services. Il y a encore en effet à l’heure actuelle, des contrées de notre beau pays fort dépourvues de communications rapides et directes par voie ferrée, ou dont le grand réseau routier est insuffisant. |