E L'IMPRIMERIE DE BAUDOUIN FRÈRES
RUE DC YAUGIRARD , N* 36.
MAI i8a3.
CONSIDÉRÀTIiONS
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génère; mais il n'en est point ainsi de tous les 'Animaux : on a vu se régénérer des tentacules de Polypes et de Mollusques, des rayons entiers d'Astéries et même des membres de Salamandre. On a vu repousser des têtes entières de Limaces avec ■leurs tentacules. On voit aussi des Animaux se reproduire par boutures à la manière des Plantes; : des Polypes divisés en plusieurs tronçons , se régénèrent et se multiplient à vue-d'œîl , à peu près comme les poètes le racontent de FHydre fabuleuse du marais de Ler ne .
Mais le nombre des Animaux qui se reproduisent par boutures est infiniment limité; il paraît se borner à ceux dont les sexes sont invisibles. La reproduction sexuelle est bien plus générale; la faculté d'engendrer est ordinairement inséparable de la faculté de se nourrir.
La graine et le fruit sont à la Plante ce que l'œuf et l'embryon sont à l'Animal. Il y a plus , la graine est un œuf véritable , à cette différence près que le concours des sexes est nécessaire à la formation de l'œuf végétal , tandis que ce concours n'est indispensable qu'à la fécondation de l'œuf animal.
Les Plantes annuelles ne paraissent se développer que pour se reproduire; pour elles la mort succède à la floraison. C'est en quelque sorte la même chose pour les Insectes; tous n'engendrent qu'une fois en leur vie. Il en est qui , le jour même de leur naissance, se reproduisent et meurent; de sorte qu'ils ne peuvent connaître ni ceux dont ils
ont reçu, ni ceux à qui ils transmettent une.si frêle, existence.
Les Végétaux se terminent par des fleurs , les Animaux, par des sens : comme si Tunique but des uns était d'engendrer y comme si l'essence des autres était de sentir.
Les Animaux subissent des révolutions annuelles à peu près comme les Végétaux : le temps de la floraison des uns est la saison des amours pour les autres. Si les Plantes vivaces perdent leurs feuilles chaque année^ les Oiseaux renouvellent leurs plumes et les Quadrupèdes leurs poils et leur épiderme à des intervalles périodiques ; et tandis que le Platane quitte et rénouvelle sa superficelle écorce , les Serpens et les Écrevisses se dépouillent de leur enveloppe dure et coriace.
. Cpucluons donc^ en dernier résultat, que les Animaux n'ont absolument rien de commun , ni organes^ ni propriétés, ni fonctions. Il n'y a qu'un tissu général dans les corps vivans , c'est le celluleuxj qu'une propriété à tous commune , celle qui donne et qui conserve la chaleur, celle qui résiste à l'influence des lois physiques; qu'une fonction double et fondamentale , celle qui préside à l'accroissement et à la reproduction : en un mot, naître et se nourrir , s'accroître , engendrer et mourir, sont des caractères communs. aux deux ordres de corps organisés ; mais les Animaux sont de tous les êtres vivans les seuls qui soient doués d'inslinct et de mouvement volontaire , les seuls
ConclniioB.
^ qui sentent et qui se déplacent ^ qui digèrent' et
qui s'accouplent; les seuls qui possèdent des nerfs et des muscles ) un tube digestif et du sang.
C'est de ces caractères propres à l'Animal et non communs à tous les Animaux , que nous allons maintenant nous occuper.
^;,i'ï£i';|f.*" La vie des Animaux est beaucoup plus compliquée qijie celle des Plantes : leurs fonctions sont plus nombreuses 9 leurs organes plus diversifiés. Quatre tissus , le cellulaire et le musculewc ^ \e fibreux et le médullaire y isolés ou réunis ^ distincts ou confondus^ suffisent seuls pour composer la substance de l'Animal le plus complexe.
Le tissu cellulaire , le plus généralement répandu^ forme, pour ainsi dire, le canevas de tous les organes et de tous les Animaux^ Il est même commun aux Végétaux. Il sert à la fois à composer ^ à unir^ à séparer les organes. Formé de lames entrecroisées dans tous les sens , criblé de petitescavités qui communiquent toutes ensemble, il se présente quelquefois sous la forme de membranes ou de vaisseaux. C'eçt dans ce tissu qu'il s'accumule de la gélatine pour former des cartilages, qu'il se dépose des sels calcaires pour former des os; c'est dans ses mailles que s'amasse la graisse , que se distribuent les petits vaisseaux , et que se développe la chaleur. Il forme la base des organes.
Le tissu musculeuocy que la fibrine compose, jouit de la propriété de se raccourcir, de se contracter. G'çst lui qui forme les parties charnues du
Ti«8«s.
corps. Des faisceaux de ses fibres s'enlrccroîsent pour composer lé cœur, se roulent en minces tuyaux pour former les intestins et l'estomac. Il est l'agent des mouvemens.
Le médullaire ou le nerveux , composé de pulpe molle ^ albumineuse, est protégé par de puissantes membranes. Il jouit de l'admirable faculté de sentir, de coihparer et de juger, de se rappeler et' de vouloir'; il donne aux sens leurs propriétés spéciales, aux muscles leur force motrice.
11 est deux espèces de nerfs comme deux sortes de muscles : les uns, qui président à la nutrition , ne sont ni symétriques dans leurs formes, ni volontaires dans leur action ; les autres , qui pour ca* ractère ont la symétrie, sont alternativement soumis à la volonté et au sommeil. Sentir est l'attribut des nerfs.
Le tissu fibreux , le plus résistant et le plus impassible de tous , est destiné à lier les os entre eux, et à tenir enchaînés les os et les muscles. Il forme les ligamens, les tendons, beaucoup de vaisseaux, et quelques membranes résistantes employées à protéger les organes les plus importans. Sa composition le rapproche du tissu cellulaire, ses propriétés l'en éloignent : la résistaulce est son caractère.
Chaque tissu a- donc sa destination spéciale : lé' cellulaire organise, le musculeux meut, le nerveux sent, le fibreux attache et résiste. Outré ces propriétés distidctives, tous ont en commun la faculté
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Tott^ ee» âemeiK, oois et dÎTersemeot ooaibif$éikf cfmfpOêeiA les diflerei» organes des AnîmaiiT, et do jeu hofrawmqoe de ces organes résolte la TÎe. Beaoeotrp de tisêo celhdaire et de Taîsseaux^ ceo estaM€z pour composer les ponmoDs. Plus de Taisseattx que de tis$o cellolaire, et voilà le fme^ la rate et tontes les grandes constituées. Des masses de fitires musculaires entrelacées dans diflférens sens ^ des lames minces et cellulenses appliquées en dchon et en dedans : telle est la composition du
Si tous les organes résultent de la combinaison variée des tissus primordiaui^^ de son côté le sang
les fortifie , qoi méoaige lenr sensâiâîlé et qoi les préserre de FiitAiMaiGe eAli ém c des ^^cns extérieurs; memlMane moUe chez les uns^ scdîde et coriace chez d'autres , nue on couverte de poils y de plumes on d'écaillés y elle est cornée chez quelques-uns. Paryenne sur les limites du corps ^ elle s'introduit au-dedaus^ où elle préside aux fonc*
tiens principales de la vie. A Textérieur, elle est l'organe du tact; à l'intérieur, elle sert à la nutrition el a la génération. Entre ses deux feuillets se trouvent réunis les organes de la sensibilité et des mouvemens , c'est-à-dîre , le squelette, les muscles 6t les nerfs. Presque toute la vie et tout l'Animal est dans cette double enveloppe ; aussi se retrouvet-elle à peu près la même chez tous : il n'y a que les organes qu'elle recouvre qui différencient les Animaux.
Ainîsî donc c'en est assez de quatre élémens diversement combinés, protégés par une enveloppe générale , imprégnés de chaleur, baignés de sang, Fonciion». doucs à dcs degrés variables de la sensibilité ou de l'irritabilité, pour composer la machine animale la plus compliquée, comme la plus simple ou la plus imparfaite*
Cette simplicité est on ne peu plus grande dans le Polype , Animal uniquement composé d'une poche extensible où se digèrent les alimens , et de petits appendices assez sensibles pour les apprécier et les choisir, assez mobiles pour les saisir et s'en aiesPotype.. ^^^p^LveT. De plus , il se reproduit à l'aide de bourgeons, et d'autres fois par une portion limitée de lui-même , qui peut s'en détacher sans nuire à l'ensemble. Tel est sans contredit le corps animal réduit à ce qu'il a de moins complexe; car le Polype n'est, pour ainsi dire, qu'un tube digestif : se mouvoir et se reproduire , voilà son essence et son histoire.
Plus haut, dans réchelle des Etres, on trouve les Mollusques, Animaux dont les fonctions nutritives sont bien plus compliquées. On y voit un foie qui parait servir a séparer le chyle ou a mo- quei. difier le sang , un ou plusieurs cœurs charges de répartir ce fluide entre tous les organes, des branchies qui l'imprègnent d'oxygène, des nerfs et des muscles destinés à sentir et à produire des mouvemens, des orgaries sexuels souvent réunis, qui exigent néanmoins un accouplement réciproque ; des Etres , enfin , qui sentent , qui se meuvent , qui se nourrissent , et qui s'accouplent pour engendrer.
L'organisation est infiniment plus compliquée dans les Animaux vertébrés : ici les fonctions sont toutes portées à leur perfection possible ; elles se ^*» {;jj^7' réduisent à trois ordres de grands phénomènes ^ chacun desquels a ses caractères et ses lois.
Commune à tous les animaux sans exception , et complètement étrangère au repos et au sommeil , la nutrition s'opère sans l'intervention spéciale des nerfs et du cerveau : ses instrumens sont irrégU7 lièrement disposés ; la symétrie n'est point leur caractère , ni la volonté leur mobile. C'est par elle ■. Fonction que la vie commence , c'est par elle qu'elle finit : le cerveau et les nerfs ont déjà cessé leurs fonctions, que le cœur palpite encore , que les intestins se contractent et se resserrent. Apprécier et saisir les alimens, voilà le commencement des fonctions nutritives; nourrir ou accroître les organes, en voilà le terme et le but. Mais, entre ces deux points
nulnlioa.