Géa«ratîon
( i6) sert à palper les couleurs : roreille réfléchit et ap« précie les sons. Reste le sixième sens^ qui n intéresse que la propagation : c'est le sens de l'espèce , les cinq autres sont ceux de l'individu. Quant aux nerfs y ils enchaînent les sens au cerveau y et soumettent les muscles à la volonté : ce sont les sentinelles et les ministres du cerveau.
La génération ^fonction différente selon lessexes^ tient à la fois, dans les Animaux supérieurs, des deux ordres de fonctions qui précèdent. Ses agens ont la symétrie et l'intermittence des organes des sensations , sans être assujettis, comme ces derniers, k l'empire de la volonté. La moins essentielle de toutes les fonctions pour l'individu , elle est la seule indispensable à l'espèce. Obscure dans son principe , problématique dans son rhécanisme , elle est compliquée dans ses organes. Elle commence par la formation du germe ; elle se termine par la mise au jour d'un être nouveau, semblable à celui 'qui l'a produit et capable de se reproduire à son tour. Cette fonction comprend l'ovaire où se forme le germe; le canal qui le porte au dehors prend le nom d'oyiductus ; si le germe séjourne long-temps dans une cavité , celle-ci se nomme matrice , l'orifice par où il sort est la vulve , l'organe qui le tenait attaché a la mère, se nomme placenta, l'ensemble des produits de la conception prend le nom d'œuf , et le nouvel être celui d'embryon ou de fœtus. Les organes du mâle différent de ceux de la femelle : ici un organe glanduleux appelé testicule^
X («7) sëcréle une liqueur particulière nommée sperme ; des vaisseaux charrient ce liquide y des réservoirs le reçoivent , un appendice nommé pénis le porte sur les germes qu'il anime et qu'il vivifie ; et de tous ces phénomènes 9 qui attestent la souveraine puissance et l'inépuisable fécondité de la nature^ résulte l'une des fonctions les plus importantes et les plus mystérieuses de la vie.
Ainsi toutes les . fonctions se réduisent à trois Propri*t4i de u
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chefs : se nourrir, sentir et se reproduire. Toutes sont dirigées par des facultés différentes selon les Animaux. La sensibilité, avons-nous vu, est à peu près commune à tous; elle est placée entre les besoins et les organes; elle exprime les uns, elle avertit et stimule les autres. Elle préside aux raprports des Animaux de l'ordre le plus élevé avec le reste de la nature; mais elle dégénère en irritabi- iiritabiuti. lité dans les Animaux les plus inférieurs. Ainsi le Polype ne possède guère plus de sensibilité ni d'instinct , que n'en ont en particulier le cœur et le tube digestif dans les Animaux vertébrés. D'autres Êtres sont évidemnient doués d'instinct et de sensibilité ; il en est qui , plus généreusement dotés , unissent l'intelligence à ces facultés précieuses.
L'instinct est inhérent à l'organisation , et encore iM^nc. plus invariable qu'elle : il se communique par voie de génération ; il est le même à tous les âges et fians tous les lieux plour les Animaux de la même espèce. Il n'a besoin que d'organes ; l'intelligence veut en
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Jacnltta.
outre de Texercice et de l'expérience ; elle peut s'accroître et se perfectionner.
Il semble que Tinstinct soit plus développé chez ies Animaux dont la vie est la plus frète et de la plus courte durée. Les Insectes qui ae vivent qu'un jour sont les plus instinctifs de tous les Animaux : ils n'avaient ni le temps ni le pouvoir d'a-cquérir de l'intelligence , la nature les a doués d un instinct prodigieux.
Beaucoup d'Animaux ont les idées simples y -ùées de leurs sensations ; ils ont aussi des souvenirs confus y et une habitude d'agir conséquente k ce qu^ils sentent et k ce qu'ils yeulent. Ils ont des désirs et des passions avec le pouvoir et la volonté -de les satisfaire^ sans avoir ^ ainsi que THomme^ la raison et la sagesse de leur résister ou de les Taincrê. Us obéissent presqiie machimilement a leurs désirs « l'Homme seul sait les combattre* Il €St le seul qui oppose la vertu aux passions^ la volonté ferme et réfléchie à l'instinct machinal.
Les idées de bien et de mal sont jusqu'à un certain point familières aux Animaux : ils aiment et ils haïssent , ils redherchent ou ils évitent y ils désirent^ ils craignent 9 ils se passionnent ; mais ils ne connaissent de l'amour que la partie instinctive et purement matérielle; mais ils ne raisonnent ^ ni ne coordonnent leurs idées. L'éducation peut perfectionner ^ surtout corrompre leurs qualités na«turelles ; car c'est toujours au détriment de l'instinct qu'ils empruntent le masque de l'inlelligence
lOOlOkO*
^ ^9 ) humaioe. Ceux d entre eux que THonime s\ assujettis ', sont accessibles cooiixie lai à l'émulàtian et à la jalousie. Ils ont aussi une espèce de langa^ d'eux seuls connu, ils s'habituent même à entendre le langage de THomme y mais ils ne comprennent bien que celui des passions; c'est celui de tous les Animaux et de tous les peuples, c'est le langage de la nature.
Les Animaux d'un ordre supérieur ressemUeiHt beaucoup à l'Homme encore enfant; mais ïls ri*- Tent et meurent enfans. Leurs organes se développent , tandis que leurs facultés sont statiomaaires*
L'Homme se distingue du reste des Animaux par supiriontide le juste équilibre de ses sens , par la comfigiiratiito de sa main et la structure de ses membres y par le mode d'articulation de sa tété et le volume «de 6on cerveau y mais surtout par la sagacité de son ^esprit et la profondeur de son intelligeoce. Il jouit de l'inappréciable faculté d'exprimer sa peasée par la parole. Il ne se contente point de sentir à la mai'^ nière des Animaux y il réfléchit sur ses sficisatkms ; îl raisonne, il abstrait, il généralise ; âl apprécie les effeis et recherche les causes; il disceraele biem du mal, et du vice la vertu : il espèiie., iil se repent^ il se rappelle , il imagine et il invente «œ qu'il dé^ sespère de découvrir; il observe le r<éel^ conçoit le vraisemblable , et doute du surnat'arel*
Tel est l'Homme au physique et au ntKirai : â
use en sotuverain die tmd l'uoiviei^ qu'il csroit £aiil
pour lui y et n'a ^ maîtres que ses passions et ses
semblables ; il commande a tous les Animaux qu'il peut apprivoiser par la ruse ou soumettre par la force ; mais il obéit , avec toute la nature y aux décrets éternels du créateur.
Constamment perfectionner ce que faisaient ses ancêtres^ telle est la tendance de l'Homme; conserver les traditions des espèces sauvées du déluge y voilà le caractère des Animaux. Ils rachètent la défaveur de ne rien perfectionner par le précieux avantage de ne rien détruire. Si l'Abeille de nos joui*s n'ajoute aucun angle à la cellule que bâtissait I9 première Abeille y elle ^ait du moins conserver l'intégrité de sa forme. Toujours les mêmes actions et la même industrie y toujours le même ordre et la même méthode.
Dans cette exposition de l'organisation et des fonctions y nous avons parcouru tous les degrés de ibnetioB*. l'animalité : nous avons vu le Polype n'avoir qu'un tissu ^ qu'un sens ^ qu'une fonction, qu'une obscure faculté y celle d'être un peu irritable : voilà le dernier degré de simplicité dont l'organisation animale soit susceptible. Mais chacune des fonctions et des facultés a aussi son terme de perfection possible. La nutrition peut aller jusqu'à unir un cœur et /ies organes respiratoires à un estomac. Un cerveau unique , où aboutissent des nerfs et cinq sens différens , forme le plus haut degré de perfectioa pour les fonctions relatives ; comme un placenta et des mamelles pour la génération ; comme la réflexion y la raison et la sagesse pour les facultés in-
tellectuelles. Ainsi la nutrition est à son apogée dès les Crustacés et les Mollusques; les sensations dans les Oiseaux , et la génération dans les seuls Vivipares : mais^ pour trouver le plus haut degré de Tinlelligence , il faut remonter jusqu'à THomme , chez le- <
quel les autres perfections se trouvent également réunies. Il suit de-là que la génération et Tintelligence se développent long -temps après la nutrition. Il en est de ménie pour chaque Animal en particulier ; les organes génitaux sont les derniers formés des organes. C'est comme les fleurs à l'égard d^s Plantes : il semble que la nature ne s*occupe de l'espèce qu'après avoir achevé l'individu.
La condition la plus essentielle de l'organisation, condition e«.en c'est que toutes les parties, simples ou compli- »»«"• ^' '■ ^*'* quées , soient coordonnées de manière à rendre possible l'existence de l'Etre total . Sous ce rapport , tout Animal est parfait, l'Infusoire aussi bien que l'Homme ; car tous ont précisément ce qu'il leur faut d'organes pour jouir de la vie qui leur a été départie.
On a coutume d'accorder aux nerfs une préémi- prééminence a» nence àbsoli^e sur le reste des organes. On con- *'**"*' vient, il est vrai, que l'on ne sent que parce qu'on se nourrit ; mais on ajoute que l'on ne se nourrit que parce que l'on sent, et qu'il existe entre la sensibilité et la nutrition une parfaite réciprocité d'influence. Cependant on voit les Animaux se simplifier jusqu'à n'avoir plus de nerfs , jamais jusqu'à n'avoir plus d'estomac ni de tube digestif, preuve
évidettlo quse le rôle de ces derniers est essentiel et iodépecèdant y preuve que le rôle des autres est sub^lerne et serrile. Otez Tintestin et restomac , il ne. veste plus que des organes inanimés y toute existence devient impossible ; retranchez au contraire les nerfs ^ les muscles et leurs dépendances^ il reste eikcore la base de l'édifice animal , et la vie continue et persiste. A la vérité l'Animal se réduit aloi^ à la simple nutrition, il ne fait plus, pour ainsi dire, que végéter ; mais enfin végéter c'est encore vjyre. Se nourrir est donc la base de la vie, mais sentir est la vie par excellence : si c'est par la nutrition .qu'elle s'entretient, c'est parle sentiment et le mouvement qu'elle se décèle.
Eneikitnemtnr Tout s'eDchalne , tout concourt , tout conspire
des fooeiionii. ^ ^ *
dans les fonctions pour former la vie , comme dans les organes pour composer les corps vivans. Un estomac et des sexes séparés , la digestion et l'accouplement , nécessistent des nerfs et des muscles , du sentiment et du mouvemept. Se nourrir, engendrer, sentir et se mouvoir, tout cela marche ensemble : la sensibilité est lice à la nutrition par la faim , comme à la génération par l'amour. Il en est ainsi de toutes les fonctions principales; voilà pourquoi chacune d'elles a son sens propre : la digestion a le sens du goût ; la vue est celui des mouvemens ; le toucher est le sens général , c'est le sens commun, c'est celui de l'existence : l'ouïe est le sens de la voix , comme l'odorat est le sens de la respiration. On ne voit pas d'abord quels rapports il peut
y avoir entre le tympan , des nerfs olfactifs et des poumons; cependant ces rapports sont réels. Il en existe d'analogues entre tous les organes et toutes les fonctions : deâ àgehs respiratoires circonscrils nécessitent un cœur qui puisse y verser et y puiseir du sang. Avec un cerveau il faut des nerfs qui l'avertissent , des muscles qui lui obéissent. Une matrice suppose des mamelles y un ombilic , un canal artériel ; et l'un de ces organes ou de ces caractères suffit pour attester l'existence de tous les autres* -
Il est aisé d'apprécier les motifs de ces coexis- ^"^^.'^^^"^■^'Jj tences ; mais il en est d'autres dont le but est beau- ««i^*»*»coup moins évident. On ignore, par exemple^ pourquoi l'on retixiuve un foie partout ou il existe un cœur; pourquoi les Animaux privés de dents canines sont les seuls Animaux pourvus dé cornes; pourquoi les Insectes orthoptères , Animaux herbivores et sauteurs, ont le front couvert d'une large plaque. Au reste, peu importe que l'on conçoive l'enchaînement dé tous ces faits , l'essentiel est d'en avoir saisi la simultanéité.
On conçoit que les diverses circonstances de la vie doivent solliciter des changemens dans ses agens et ses phénomènes , dans les facultés et les fonctions. Un Animal qui vît et qui respire dans l'eau , ne sent, ne se meut ni ne se reproduit comme l'Animal qui respire de Tair pur : là où il existe des branchies , on peut assurer qu'il y a génération ovipare , circulation incomplète , absence de la voix , imperfection des organes de l'ouïe
et de l'odorat ; mais avec des pouràoTis , lous ces rapports changent. Même remarque à l'égard des alimens : l'Animal Carnivore a de la force et du courage y un estomac étroit y des intestins courts^ des formes grêles. Les Herbivores sont d'ordinaire doux et timides, lents à agir, paresseux et inhabiles à se défendre , leurs intestins sont spacieux , leurs formes plus ou moins massives.
Les rapports harmoniques sont tels entre les divers organes, qu'on peut juger de toute l'organisation par une partie très-limitée du corps. La considération d'un pied, d'une mâchoire, d'une phalange (Duméril), d'une simple apophyse, a quelquefois suffi pour révéler à d'habiles anatomistes la structure entière de l'Animal le moins connu. C'est ainsi que M. Cuvier a, pour ainsi dire, rappelé à la vie des Animaux dont la race avait été anéantie , et dont l'existence même était un my stère -
liOrsqu'on a essayé de distribuer les Animaux
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Animau. par triDus et par classes , on a du, pour rendre ces divisions plus naturelles , faire choix des organes ♦ les moins variables , de ceux dont l'influenc est la plus manifeste. En botanique on avait donné la préférence aux organes de la fructification ; en zoologie on a choisi les nerfs et leurs dépendances^ après avoir vainement essayé des formes extérieures. Ces méthodes ou ces systèmes de deux sciences voisines se ressemblent principalement par leurs défauts; car s'il est des Plantes sans fleurs vi-
sîbles y il est des Animaux sans nerfs appréciables ; de sorte que saof égard pour les préceptes d'Aristote , les principales divisions des corps organisés reposent sur des caractères négatifs.
Quoi qu'il en soit y c'est le célèbre Lamarck qui le premier distingua les Animaux d'après leurs nerfs et leur squelette y sous les noms de Vertébrés et ^ Invertébrés. M. Cuvîer sentit combien cette di- '^'piîi^^Cttwïï'.* vision fondamentale, toute ingénieuse qu'elle était, offrait encore d'imperfectiop , combien surtout les deux séries qu'elle établit se trouvaient disproportionnées ; et il essaya de répartir plus également le règne animal, en le distribuant, d'après la considération des nerfs et des fonctions principales, en quatre grands embranchemens que voici :
1. Les Animaux vertébrés ont un squelette intérieur, composé d'une série d'os empilés nommés vertèbres , lesquels renferment dans leur canal le tronc principal des nerfs. Cette colonne osseuse se termine en avant par la tête , réceptacle commun des sens et du cerveau ; en arrière par le coccîx. Deux cavités, la poitrine et l'abdomen, renferment les principaux organes de la vie. Tous ont le sang rouge , des sexes séparés , des testicules , une rate , un foie , un pancréas , des mâchoires transversales et des canaux demi-circulaires ; jamais plus de quatre membres. Leurs vaisseaux sanguins , leurs nerfs et leur squelette présentent une assez parfaîte analogie , que l'illustre Geoffroy de Saint-Hilaire a su faire ressortir : mais cette analogie n'est
vraiment bien réelle que pout* ces Animaux du pre- |nier ordre , encore ne s'élend-eHe que jusqu'à cer-^ t aines limites.
IL Les ÂNiMàux MOLLUSQUES manquent de sque^ lelle : leurs muselés sont attachés à une peau molle, tantôt nue , tantôt recouverte d'un test calcaire nommé coquille, dont la forme diffère beaucoup. Leur système nerveux reste confondu avec les autres viscères, il n'a point de boite osseuse, il se composé de plusieurs renflen>ens, espèces de petits cerveaux que des filets nerveux unissent et dont l'œsophage est recouvert. D'organes des sens, ceux du toucher et du goût sont les seuls constans. Des branchies , un ou plusieurs cœurs , des organes assez compliqués pour la nutrition et la génération : telle est à peu près leur structure.
IlL Les Animaux articulés ont pour tout système nerveux deux longs cordons régnant le long du corps , interrompus de distance en distance par de petits nœuds ou ganglions , dont le premier , un peu plus gros que lés autres, est placé sur l'œsophage. L'enveloppe de leur tronc est ditîsée par des plis transverses, et comme annelée. Que 1 eur peau soit molle ou coriace, c'est toujours à l'intérieur de ces rides que les muscles du tronc s'attachent. Ceux de ces Animaux qui ont des membres, en ont toujours plus de quatre; et quand ils ont des mâchoires , elles sont toujours latérales.
IV. Les Animaux rayonnes ne se distinguent guère des trois divisions précédentes que par des