‹ Considérations sur les animaux en général (volume 3)Chapitre 5 sur 5 · Des Age · texte numérisé non relu

Des Age

S' Des Alimens.

D«ric de la vie.

qu'entre les espèces primitives du Chien et du Renard.

Le seul mode de progression établit souvent dï^ grandes dissemblances dans l'organisation des Ani-' -maux les plus voisins. La faculté de nager, par exemple y réclame un corps léger et des membres applatis : les Loutres , les Castors y les Oielonées , les Fortunes et les Hydrophiles en sont la preuve évidente. Les Animaux sauteurs ont les membres postérieurs très-longs : souvent la plus simple faculté amène des diflerences sensibles dans les ca« ractères extérieurs.

Lés mêmes Animaux pris à des âges divers ^ paraissent quelquefois appartenir à des espèces différentes : ceci est surtout remarquable pour ceux d entre eux qui subissent des métamorphoses^ Rien de moins ressemblant à un Papillon que la Chenille d'où il doit «e dégager ; rien de si diiTérenl d'nae Grenouille que le Têtard dans son premier état. Les Mammifères et les Oiseaux , encore jeunes , différent des mêmes Animaux devenus adultes.

Les uns vivent des végétaux , d'autres «e nourrissent de chairs ou de leurs débris : les Tarets et plusieurs Insectes détruisent le bois ; on prétend que les Pholades eties Li thopbages se nourrissent des Pierres qu'ils percent en dépit de leur dureté.

On sait que les Mamniifères vivent à peu près six à sept fois plus de temps qu'ils n'en ont mis à croître et à se développer. Il est des Oiseaux et d«s Reptiles beaucoup plus vivaces. Les Polypes se

( 3i ) succèdent en quelque sorte perpétuellement, à Taide de divisions parlielles ou de bourgeons. On remarque que les Animaux les plus petits , les plus faibles, ceux dont la vie est de la plus courte durée, sont ordinairement les plus féconds. On en connaît qui n engendrent qu'une seule fois. Ici la nature semble avoir entièrement sacrifié les individus à l'espèce; car ces êtres ne sont, pour ainsi dire, que dépositaires de la vie. Au reste , vivre beaucoup n'est pas durer long-temps , et l'Insecte qui n'existe qu'un jour ^ qui se reproduit et meurt, vit peut-être plus , en réalité , que le Mollusque irrésistiblement fixé au rocher qui le voit naître et mourir. Moins la vie est active et plus elle se prolonge : il semble que chaque être ait reçu en partage la même mesure et le même degré de vie.

Vivre peu à la fois est le plus sûr moyen de vivre long-temps.

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