LES
Plus haut, dans l'échelle des Litres, on trouve.
les Mollusques, Animaux dont les fonctions nutriüves sont bien plus compliquées. On y voit un foie qui parait servir à séparer le chyle ou à modifier le sang, un ou plusieurs cœurs chargés de réparür ce fluide entre tous les organes, des .branchies qui l’imprègnent d'oxygène, des nerfs et des muscles destinés à sentir et à produire des mouvemens, des organes sexuels souvent réunis, qui exigent néanmoins un accouplement réciproque ; des Étres , enfin, qui sentent , quise meuvent, qui se nourrissent , et qui s accouplent pour engendrer. L'organisation est infiniment plus compliquée dans les Animaux vertébrés : ici les fonctions sont toutes portées à leur perfection possible ; elles se réduisent à trois ordres de grands phénomènes, chacun desquels a ses caractères et ses lois. Commune à tous les animaux sans exception , et complétement étrangère au repos et au sommeil , la nutrition s'opère sans l'intervention spéciale des nerfs et du cerveau : ses. instrumens sont irréguliérement disposés ; la symétrie n’est point leur caractère , ni la volonté leur mobile. C’est par elle que la vie commence, c'est par elle qu’elle finit : le cerveau et les nerfs ont déja cessé leurs fonctions, que le cœur palpite encore, que les intestins se contractent et se resserrent. A pprécier et saisir les alimens, voila le commencement des fonctions . nutritives ; nourrir. Ou accroître les organes, en * voilà le terme et le but. Mais, entre ces deux points
Chez les Mollus- -
AA
ques.
Chez les Verté-
:brés.
Fonctions de nutrition.
: } Fonctions de relation.
extrêmes, il est beaucoup d’organes et d'actions intermédiaires : d’abord la bouche, où les alimens sont recus, goûtés, divisés, et préparatoirement ramollis; puis l'œsophage , qui les porte à l’estomac; celui-ci, qui les humecte et les digère ; les glandes salivaires, le pancréas et le foie, qui les imprégnent des sucs qu'ils sécrétent; les intestins, qui séparent le nutritif de l'excrément; les vaisseaux lymphatiques , qui absorbent le chyle ; des poumons ou des branchies, qui, pour l’élaborer, le mêlent à l'air; le cœur, qui le distribue sans partialité à tous les organes, et ces derniers qui le transforment de mille manières pour réparer leurs pertes et s'en nourrir : telle est la nutrition.
Les fonctions qui concernent la sensibilité et le mouvement, ont des caractères fort différens des fonctions précédentes. Ce sont elles qui forment l'essence de l'Animal , et qui le mettent en rapport avec les objets de ses goûts et de ses besoins. Elles sont intermittentes; elles sont soumises à une es-
pèce de repos périodique nomme sommeil : elles
arrivent lentement , après que les fonctions digestives sont perfectionnées, elles disparaissent aussi les premières; en sorte que, si l'Animal végète avant d’être un Animal parfait , il redevient presque Végétal avant de qu'iiter entièrement la vie.
Toujours symétriques, et sous la dépendance du cerveau, les organes des fonctions sensoriales sont de trois sortes , comme les phénomènes qu'ils produisent : des nerfs et des sensations, un cer-
veau et une volonté , des muscles et des mouvemens, et quelquefois un larynx et la voix , voilà l’ensemble des instrumens et des actions qui composent les fonctions relatives. Les nerfs sentent, le cerveau recoit et juge les sensations : tel est le premier mode et le premier degré des fonctions de relation : le principe en est aux nerfs et le terme au cerveau. Mais l’ordre est inverse pour les phénomènes du domaine de la volonté relatifs à la voix et aux mouvemens ; c'est au cerveau que ceuxci commencent, c'est aux muscles qu'ils aboutissent. Le cerveau veut, il prescrit , 11 commande ; cet ordre, ce sont les nerfs qui le transmettent, ce sont les muscles qui l’exécutent.
Les organes des sens sont situés à l'extérieur du
corps. Les Animaux les plus élevés en ont cinq: on pourrait en porter le nombre à six, si l’on en croyait Buffon , Cuvier et la nature. Le toucher est le plus général, le plus précis et le plus judicieux de tous les sens. La peau est son organe; il semble l'accompagner à l’intérieur, en s’y modifiant comme elle. A la surface du corps il ne fournissait que des idées et des images, à l'intérieur des organes il annonce et il exprime des besoins. Les autres sens ne semblent être qu’une extension de celui-là; tous les Animaux le possèdent. La langue et le palais apprécient les saveurs : la pituitaire , qui tapisse les narines , reconnait et juge les odeurs : l'œil, composé de liqueurs transparentes et de membranes résistantes et sensibles,
Sens,