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INTRODUCTION

Avant d’aborder cette thèse, nous éprouvons le besoin de solliciter l’indulgence de nos juges. Nous aurions désiré leur soumettre un travail plus neuf, plus étendu, et surtout moins imparfait. Plusieurs sujets particulièrement intéressants nous avaient frappé, et nous nous y serions attaché si, après différentes recherches, nous n’avions reconnu qu’ils avaient été traités avec autorité peu de temps auparavant, soit par des confrères, soit par des médecins. Nous n’avions pas du reste à faire un grand choix. Les questions d’anatomie et de pathologie dentaire ne sont pas très-nombreuses. Le sujet n’est pas bien vaste. Il ne nous appartenait pas non plus d’aborder certaines questions qui, tout en touchant par certains côtés à l’art du dentiste, relèvent plutôt de celui

du médecin. D’une part notre jeunesse et notre inexpérience nous interdisaient toute pensée ambitieuse ; et d’un autre côté la difficulté de rencontrer des sujets absolument nouveaux, ou qui ne fussent pas du ressort de la médecine ou de la chirurgie dentaire proprement dite, nous rejetait forcément dans les sentiers battus.

Nous avons donc préféré nous tenir sur un terrain maintes fois exploré sans doute, mais où il ne serait pas impossible de glaner encore, ça et là, des faits intéressants.

Sous ce titre : Considérations sur les anomalies des dents humaines , nous n’avons fait que colliger, pour ainsi dire, les opinions des maîtres, en ajoutant à leurs propres observations celles qu’a pu nous suggérer notre pratique personnelle.

Ces sujets de thèse, déjà si rares maintenant, combien le seront-ils davantage lorsque plusieurs générations d’élèves y auront puisé ! Nous reconnaissons que la science dentaire n’a pas encore dit son dernier mot, que cette science, comme toute chose humaine, doit indéfiniment progresser; mais pourra-t-elle toujours lournir la matière d’aussi nombreux travaux ?

Le perfectionnement dans la prothèse, le traitement

(les dents, ne sont guère apportés que par des chirurgiens déjà expérimentés. Ces travaux sont généralement la conséquence d’une longue pratique et d'une vieille expérience. Ils ne seront donc pas fournis par les élèves, auxquels il restera seulement le faisceau bien maigre des questions banales qui seront chaque année ressassées.

Cette situation grave, nous le pensons, pour l’avenir, nous fait nous réjouir d'être des premiers à subir cette épreuve inaugurale devant l’École dentaire de Paris.

Qu’il nous soit permis d’exprimer ici toute notre reconnaissance aux fondateurs de l’École dentaire de Paris, dont nous nous honorons d'avoir été l’un des premiers élèves. Grâce à eux, grâce à leur généreuse et féconde initiative, la profession que nous exerçons ne tardera pas à se relever dans l’opinion publique.

A peine fondée, cette école réunit déjà tous les avantages que peuvent offrir les anciennes Facultés. Elle possède un hôpital, des consultations suivies ; autour de ses habiles professeurs se pressent un grand nombre de jeunes gens studieux qui seront un jour des praticiens éclairés, étant déjà, par leur seule admission comme élèves de l’École, d'habiles

mécaniciens. Un pareil résultat n’est -il pas de nature à bien faire augurer de l’avenir?

Non seulement nos compatriotes apprécieront mieux de jour en jour les avantages attachés à cette institution; mais les étrangers eux-mêmes, nous en sommes convaincu, ne dédaigneront pas de suivre les cours de notre École dentaire et de chercher dans l’obtention de ses diplômes la consécration de leur savoir et de leur talent.

Richard FANTON.

Orléans, le 10 mars 1882.

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