‹ Considérations sur les anomalies du foie et des voies biliairesChapitre 23 sur 40 · CUS · texte numérisé non relu

CUS

Le. nombre des diverticules, au lieu d’être simple,

peut être multiple : une telle disposition très remar-

quable est consignée par Dartigues (*) dans un récent article. L'importance de ce dernier fait me paraît très considérable, et vient fournir un appui de premier ordre à la théorie que je vais maintenant présenter sur le cloisonnement transversal du réservoir biliaire.

La duplicité vraie de la vésicule ou encore la division incomplète par une cloison longitudinale sont des faits très rares. Le cloisonnement transversal, qui a pour effet de séparer l’organe en deux parties placées lune derrière l’autre dans une direction antéro-postérieure se rencontre bien plus fréquem-

. ment. Mais les caractères qu’il présente en font une

variété tout à fait spéciale, nullement congénitale à mon avis, bien différente par conséquent de celle qui précède. Cette disposition dépend uniquement, je crois. d'un état pathologique, presque toujours la lithiase vésiculaire. L’irritation, l’'inflammation chronique de la paroi membraneuse (qui peuvent d’ailleurs apparaître pendant la vie fœtale), provoquent un état spécial de cette paroi, déterminant la production, en quantité plus ou plus appréciable, de tissu rétractile, Ces lésions portant d'ordinaire avec une intensité plus grande sur certains points, c’est à ce niveau que la rétraction sera plus considérable, produisant soit un étranglement annulaire, soit, quand le processus est moins étendu, un tiraillement loca-

(1) Diverticules anormaux de la vésicule biliaire. Revue médicale, 20 juin 1896. n° 50, p. 294.

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lisé : d’où les coudes que l’on à décrits Sur certaines vésicules. Cette altération peut même se produire pendant la vie intra-utérine. L'observation de Thomson (!) le prouve surabondamment. Cet auteur a constaté, en effet, chez un nouveau-né n'ayant pas présenté d’ictère, une vésicule biliaire très petite enveloppée dans une masse de tissu cicatriciel et dont les parois épaissies limitaient une cavité pouvant à peine admettre une épingle. De plus, l'extrémité postérieure et le tiers supérieur en étaient oblitérés. Même occlusion sur une partie du -canal cystique dont les deux tiers, ainsi que le canal hépatique dans toute sa longueur, étaient restés perméables.

‘Peut-on, en présence d’un fait aussi probant, nier l'existence de lésions fœtales des conduits biliaires ? Peut-on en contester désormais l'influence prépondérante sur certaines altérations (oblitérations dites congénitales) de ces canaux que nous signalerons plus bas? Dès lors, pourquoi ne pas admettre que des modifications de même nature portant sur la vésicule (qui n’est au demeurant qu'un conduit biliaire dilaté) puissent en altérer la forme ou les dimensions? Pourquoi ne pas accepter que le pro- -cessus morbide puisse, à un moment donné, s’arrêter dans ses progrès et rendre ainsi possible le développement ultérieur à peu près satisfaisant de l’organe qu'il a une fois atteint? Tout ceci, d’ailleurs, est pour justifier mon hypothèse dans le cas où l’aspect

(1) Edimb. Med. Journal, décembre 1891.

ce Pre

de la poche diverticulaire n’autorise pas à supposer qu’elle s’est produite sous l'influence de calculs ?

En faisant abstraction des cas peu.communs où la biloculation de la poche est due à la pression .exercée par le bord tranchant du foie, on peut dire que le plus souvent le cloisonnement transversal est fonction de la lithiase vésiculaire. Hartmann, dans une étude remarquable (#), figure deux cas de vésicule cloisonnée. Or, dans l’un comme dans l'autre, un gros calcul occupait lune des cavités (la postévieure) ; le recessus antérieur présentait seul l’aspect finement réticulé de la muqueuse normale; un diaphragme fibreux le séparait de la partie postérieure dont la paroi lisse décelait nettement laltération profonde. Dans le second exemple, la cavité supérieure contenait « une série de concrélions semblant correspondre à la partie fragmentée d’un calcul ». Les parois de la vésicule étaient épaissies, notamment au niveau du sillon transversal.

Je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet ; je considère comme suffisament démontré que la lithiase doit être rendue responsable de la grande majorité des cas de cloisonnement transversal de la vésicule, par le fait de lirritation chronique qu'engendrent les calculs. Ceux-ci s’accumulent dans une portion du réservoir biliaire, déterminent au niveau de la ligne de démarcation une altération plus ou moins profonde de la paroi; cette altération, dans certains cas, peut aller jusqu’à produire une sorte de dia-

(4) Bull, Soc. An., 1891, p. 491.

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phragme fibreux qui, s'étendant peu à peu, isole une partie de la vésicule de la portion où est enclavé le calcul. : :

Je n’ai plus maintenant, pour en terminer avec les cloisonnements, qu’à indiquer la fausse duplicité produite par la division longitudinale incomplète que crée dans certains cas un septum membraneux vertical, d’une étendue variable.

CANAL CYSTIQUE. — On sait que normalement les conduits cystique et hépatique, près de leur jonction se Justaposent de façon telle que le premier s'ouvre à la droite de celui-ci ; dans certains cas, c’est à sa partie supérieure que se fait l’abouchement. J'ai parlé plus haut de cette anomalie du conduit cystique qui

réside dans son abouchement avec les deux branches isolées du canal hépatique. Enfin, j’emprunte à

Faure () un cas (v. obs. XLI) où la forme du conduit de la ‘vésicule était profondément modifiée — peut-être à cause d'une inflammation de voisi-

nage.

Je dois maintenant mentionner une anomalie dont

on possède quelques exemples : c'est l’oblitération congénitale du canal cystique. Henning en cite un cas (v. obs. XLVII) observé chez un nouveau-né atteint d’ictère, Dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres du même genre, la modification me semble due à une cause pathologique ainsi que je l'ai indiqué

plus haut. Les oblitérations des gros conduits

biliaires peuvent évidemment être le fait d'un arrêt

(1) Loe. cit.

de développement (!). Mais, ainsi que le dit très bien Paulet (?) à propos de l'oblitération du cholédoque, « si l'on se rappelle que la cavité des conduits biliaires se développe de l'intestin vers le foie, on admettra sans peine qu’une semblable obliération ne constitue pas une anomalie dans le sens ordinaire du mot, mais qu'elle doit être plutôt rapportée à des circonstances pathologiques survenues pendant là vie intra-utérine ». Il existe donc toute une série de faits justiciables de l'explication précédente; je les mentionnerai à leur place avec les modifications

des canaux qu'ils affectent.

CANAL HÉPATIQUE. — L'oblitération de ce conduit est relatée dans une observation de Thomsôn (uouveau-né, oblitération complète des canaux cholédoque, hépatique et cystique). Je n'ai pu recueillir de fait isolé d’imperforation. Les modifications dans dans les connexions, résultant de la présence de conduits hépato-cystiques, ainsi que de labouchement

anormal du canal cystique ont été mentionnés.

CANAL CHOLÉDOQUE. — Les malformations congé-

* uitales du collecteur biliaire sont d'ordinaire produites

par une véritable maladie du fœtus ou du nouveauné (Porak) (#). Cependant, il existe des cas où Panomalie atteint tous les gros canaux à la fois ; on doit lattribuer alors à un vice de développement. Mais ces faits sont de beaucoup les plus rares. Presque toujours on note : l'oblitération soit complète (, soit

(1) Thomson, loe, cit.

(2) Loc. cit.

(3) Bull, Soc, Anat., mai 1879, p. 437.

(4) Henning, Jahrb. f. Kinderheïlk, avril 1876, v. obs. XLVIL

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partielle (") du cholédoque isolée ou associée à des altérations portant sur les autres éléments du réseau biliaire. Les lésions peuvent être très peu étendues : témoin le cas de Oxley (2) (Congenital atresia of the duodenal opening of the common bile duct in an infant.….., ete.) où l’orifice inférieur du canal était seul oblitéré.

Il ne me reste plus qu'à traiter maintenant des modifications que ces conduits offrent ex sifu pour terminer le tableau. des anomalies des voies biliaires.

$ II. Les voies biliaires se présentent en ectopie

Ce paragraphe sera et doit forcément être très restreint.

Puisque, par définition même, le foie que nous étudions possède tous ses caractères normaux, sauf un seul ; étant donnée d’autre part la rareté des anomalies de l’appareil excréteur lorsque la glande hépatique n'est pas modifiée, il est facile de concevoir combien peu nombreuses seront les observations de ces cas spéciaux. Mais leur rareté extrême est largement compensée par le vif intérêt qui s’at-

tache à leur étude, je n’ose dire par le succès de

curiosité qu'elles remportent depuis leur publication.

Ce n’est pas seulement une partie isolée des canaux extra-hépatiques que touche dans ces cas le vice de développement. ‘Tout l'appareil d’excrétion est dans son ensemble remanié plus ou moins pro-

(L) Porak. loc. cit., p. 440. Morgan, v. obs. XLVHI. (2) The Lancet, décembre 1883, v. obs. XLV.

et ls UV

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