II. - COMPLICATIONS GASTRO-INTESTINALES
Elles sont aussi très fréquemment rencontrées chez le nourrisson.
N'est-ce pas MARIOTTE qui disait : « Plus de 85 % des troubles gastro-intestinaux et des perturbations d’origine digestive sont dûs à une infection primitive de l’oreille, du nez, du pharynx ! »
Ici comme pour l’appareil respiratoire, l'infection peut gagner le tube digestif.
— Soit directement, par suite de la pyophagie que peut présenter le nourrisson à cavum infecté, le pus venant plus facilement du cavum que de l’oreille.
— Soit indirectement, ainsi que nous l’avons vu, à la suite d’embolies septiques à point de départ pharyngé. \
Et c’est cette infection qui aménera les principaux symptômes du syndrome cholériforme : anorexie, vomissements, diarrhée et, par suite, amaigrissement avec déshydratation. Certains attibuent ce syndrome cholériforme à l’oto-antrite.
N'y a-t-il pas là un abus d’autant plus important que la sanction est, pour certains auteurs, l’antrotomie d'urgence. |
Comment expliquent-ils le retentissement gastrointestinal dû à l’otite ? On invoque :
— La déglutition du pus, mais n’est-il pas plus simple de penser qu’il puisse venir du éavum directement.
— Les troubles réflexes à distance, mais le cavum est tout au moins aussi riche, sinon plus riche, que
l'oreille en filets sympathiques. £ er. 2 Enfin, les résultats thérapeutiques que nous publions dans nos 20 observations tendent à nous faire croire que c’est le cavum qui tient une place prépondérante dans le syndrome cholériforme du nourrisson et non l’otite, puisque en agissant sur le cavum on guérit souvent l’antrite et les troubles digestifs. Nous suivons difficilement M” ApaM, quand elle : écrit: « Si on ne pense pas à l’otite au cours du syndrome cholériforme, on ne fera qu’un traitement symptomatique qui n'empêche pas l’évolution de la maladie vers la mort. Mais si l’on intervient à temps, l’antrotomie pourra seule sauver le petit malade. »
Elle admet par ailleurs la dualité étiologique du syndrome cholériforme, mais elle conclut à l’unité thérapeutique.
Nous avons eu maintes fois la preuve que le syndrome cholériforme pouvait être d’origine nasale. Il n’est que de consulter nos observations 6, 8, 9 et surtout l’observation 15, où malgré l’antrotomie bilatérale, le nourrisson continuait à avoir un syndrome cholériforme qui n’a guéri qu’avec l’ablation de végétations adénoïdes.