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Considérations sur les biens du Séminaire de Montréal [microforme]

QuezqQue soit la solidité des raisons du Séminaire pour là frapriêté de ses biens, il aura toujours contre lui l'opinion que l’on se forme de ces biens, et l’avañtage quen espéreroit en tirer pour la Province : nous allons voir ce qu’il en faut penser.

Quels sont donc ces biens immenses, ces revenus si vantés? D’abord on peut interroger les agens laïques que le Séminaire a employés jusqu’en 1798 : ils vivent encore, et ils sont connus et estimés de toute la Province, Nous pourrions citer les lods et ventes dé la Ville, qui font le revenu le plus apparent. Cepéndant il ést constant qu’en 1807, ils ne s’élevérerit qu’à £56 ; une autre année avant 1800, à £250 ; én 1808, à moins de. £300 ; en 1803 ils tonterent à plus de £1700c de manière que, d’après le relevé de 19 années consécutives, le revenu commun dés lods et ventes de là ville, est de £770 environ. Par cét apperçu, on

peut juger combien le revenu est au-dessous de ce que l'on croit.

En parlant de Sir J. Mariott, nous avons cité quatre époques bien authentiques de tous les revenus du Séminaire; et nous avons observe à l'occasion des biens des Jésuites, comme l’on grossit les biens des Communautés. Ainsi dans le même temps, M. Mazeres estimoit les revenus du Séminaire à £4000 sterling, et Sir J: Mariott, à £8000. Depuis l’époque à laquelle les comptes furent présentés à Sir R. Milnes, c’est-à-dire en 1800, les revenus du Séminaire, année commune, pendant 19 ans, ont été comme il suit.

REVENU DU SEMINAIRE.

Lods en ville, - - - - £770 00 Lods dans les fauxbourgs, - - 346 00 Lods et rentes de l’île, . - 1022 00 Q 0

Lods et rentes de St. Sulpice, - 305

Lods et rentes du Lac des Deux Montagnes, "+ à 247 1 Rentes en bleds de l'île, de St. Sulpice, 1099 2 G et du Lac, 2931 minots à 7s 6d,

Total, - - £3790 0 0 MOULINS.

La Baie. Recette: 182 minots à L 756d.— #68 Ds.

Dépense: £231 1 8—ce qui excède la recette de £162 16 8 Belle Rivière. Recette: 638 minots à 7s6d—£239 5s..

Dépense : £389 18 4— ce quiexcéde la recette de 150 13 4

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Achigan. Recette: 1558 minots à 7s6d—£584 5s.

Dépense: £337 11 8— la recette.excède de 2246 13 4 Gros Sault. Recette: 1484 minots à 7s6d—-£556 10.

Dépense: £319 7.6— la recette excède de 237 26 Sault. Recette: 1538 minots à 7s6d—£576 15s.

Dépense : £325 5 10— la recette excède de 251 92 La Chine, Recette: 1124 minots à 7s6d--£421 10.

Déperse: £68 1 8—la recette excède de 353 8 4

Donc la dépense de la Baie en déficit

est de - + = - £16216 4 Celle de la Belle Rivière est de - 150 13 4

Déficit total, - £313 10 O

L’excédent de L’Achigan est - £246 13 4 du Gros Sault, - - 237 26

du Sault, - = - 251 92

de La Chine, - - 353 84

Excèdent total, - £1088 13 4 Déficit, - + 313100

Revenu réel des Moulins, £775 3 4

L’excès de dépense vient des moulins construits à neuf, savoir la Baie, le Gros Sault, et la Belle Rivière, qui ont couté environ £12000. On n’a pas parlé des trois moulins à vent, dont les frais absorhent à peu près le revenu. On ne parlera pas

non plus des deux fermes de St. Gabriel, et de la Montagne, qui rendent très peu de chose,

Le total ec revenus est donc 1°. En lods et rentes, et bled de rente, £3790 0 Q 29, En moulins, ::. : - . 715 3 à

Gränd totâlj - : £4565 3 4 sur quoi he sont pas compris les frais de Cour, et le non payement de la vérite du bled.

D'après cet exposé, ati péut coinpter, pour vingt rêtres, environ £200 par tête ; qui pourra jamais rouvef cètte sothime exvrhitante” et surtout, ces

vingt prêtres étant repartis dahs trois maisons différentes, le Séminaire, lé EHERSs et la maison du Lac des Deux Montaghès, Et si l’on joignoit à des vingt prêtres environ cént vingt religieuses répendues dans les trois Couvens de Montréal, on auroit cent quarante individus du Clergé. Or lés trois Coôuÿens réunis n'ont pas £850 de rente ; (elles suppléent pat leur travail) cé sera dono £5415 pour cent quarante personnes ou bien £38 à £39 par tête. Est-ce trop? Est-ce assez? Que la répartition soit inégale, peu importe aux étrangers. Toujours il en résulte que le total du Clergé de Moñtréal n’est pas même suffisammént doté. Que séra-ce; Bi l’on y joint les charges suivantes.

CHARGES DU SEMINAIRE,

1°. Dépense pour le Collège.

On£e Prêtres ou Ecclésigstiques; : £720 Un maître d’Anglois, . - . 80 Onze engagés, pour gages et nourriture, 462 Chaäuffaie pour une maison de eëñt quarante personnes, à ro CE Entretien de là Chapelle et de là Bibliothèque : dépense pour le cheval; les chandelles, &e. 225

AQZ

65 3 4 jour, et

ur vingt À jamais ut, ces ons difison du ignoit à uses réréal, on

Or lés , rente:

ra donc en £38 Que la angers.

ergé de , Que La.

Entretien des meubles de cuisine, Jinge st blanchissage, &c. + - - £125 Menues réparations des magons, &c. 100 Grosses réparations par an, - -! 200 Cent vingt pensionnaires nourris à un sheling par jour, - . - - Total des dépenses pour le Collège, Æ4102 La recette pour payer cette somme est la pension de cent vingt pensionnaires à £21 per an, (Gix ne payant pas). - - £2310 0 lus cent vingt externes à £1 158. par an (dix ne payant pas). - &£192 10

Total de la recette pour le Collège, £2502 10 Donc, au College seul, le déficit est, chaque année, de . £1599 10 2°. Dépense du Séminaire.

1°, Déficit du Collège, - . £1599 10 2°, Trois maîtres Pécole demeurant au Séminaire à £75 chacun, - - 225 @ 3°. Quatre écoles dans la paroisse à £20 chacune, - - . . 80 Q 4°. Pensions payées aux Sœurs de la Conrégation pour instruction de filles, 100 0 5°. Salle aux Sœurs Grises pour six pauvres eptretenus de tout à £40, - 240 0 6°. Maison du Séminaire où sont habituellement douze prêtres pour le service de la paroisse, des trois Communautés, des soldats catholiques, des prisons ; où sont reçus et entretenus tous les prêtres de la compagnie dans leurs infirmités; où sont nourris les prêtres du Collège dansleurs vacances ; où l’on reçoit presque tous les prêtres qui viennent à Montréal, aves leurs voi-

turés et serviteurs; où l'on nourrit

trois chevaux pour les besoins de la

paroisse; où l’on a à entretenir un

grand nombre de bâtimens et d'en-

gagés, = + + - 42300 0 79, La mission du Lac, où il faut entretenit

trois Prêtres, loger et soutenir deux

‘Sœurs chargées d’instruire les filles

Sauvagesses ; où il faut aider les Sau-

vages dans leurs besoins, entretenir

l'Eglise et beaucoup de bâtimens; où

l'on reçoit grand nombre d’étrangers,600 0

a Total des charges du Séminaire, £5144 10 Revenu réel ; , ci-dessus, - 4565 O0

Ainsi les charges mentionnées surpassent

le revenu total de - - £579 10 Et nous n'avons pas encore mentionné la charge de 1500 pauvres manquant de tout. En ne leur donnant qu’un tiers de scheling par jour, ce seroit Æ£25. Ne supposons que £20, on auroit par an la somme de 17300. Voilà à quoi aboutissent ces grands revenus à être audessous des charges de £7879 10 Comment donc acquittest-on:ces charges ? D’abord très imparfaitement. On donne aux pauvres non selon leurs besoins, mais selon qu'on le peut. Les Prêtres vivent avec grande économie, et se pins de tout ce qui n’est pas nécessaire. De à les soins particuliers des économes épargnent aisément sur les dépenses des trois maisons le déficit mentionné de ji - £579 10 Chaque Prêtre se réduisant au nécessaire épargne aisément £50. Voilà dans vingt-cinq ans £25,000 ; c’est ce qu'ont couté le Collège et la maison de campagne. , La construction des nouveaux

moulins a été payée sur le revenu des moulins.

2300 0 it

ir ù 8,600 0 5144 10 4563 O0

2579 10 la charge n nè leur ce seroit it par an issent ces arges de 7879 10 es ? D'’a- “en : e peut.

nie, et se aire. De argnent Les À dé- 4579 10 bésaire é- -cinq ans et la mai-

ouveaux ulins.

Restent les pauvres : pour les soulager, on a la dîme £125, plus le casuel de In maison, les frais pour l'Eglise déduits, £100. Les Prêtres donnent en bonnes œuvres leur petit casuel, £12 chacun, ce qui fait £240. Total £465 ; et ensuite les ci: +rités des fidèles mises entre les mains du Curé. On peut y ajouter, depuis que le Collège est bâti et payé, l'épargne actuelle que fait chaque Prêtre par la pauvroté de sa vie au milieu de ces biens si enviés.

On dit: Les Revenus augmentent fous les jours. Nous répondons qu'ils sont dé audessous des charges actuelles pour pouvoir de longtemps arriver à leur niveau.—Ces charges d’ailleurs augmentent aussi. Les Pauvres augmentent avec À population ; il faut plus d’écoles ; plus de maîtres; plus de Prêtres pour une Paroisse plus nombreuse, pour le service des hôpitaux plus abondants en malheureux.

Les Revenus augmentent. Nous répondons qu’à lusieurs égards, ceux du Séminaire ont diminué. l'a perdu en 1811, ‘un de ses Prêtres très habile dans l'administration ; c’est une perte inaprétiable. Les droits Seigneuriaux sont devenus plus odieux dans la ville e: dans l’île ; il faut faire plus de graces ; il faut une plus grande exactitude dans la preuve des droits ; il faut plus de frais de justice

our les percevoir ; de là, diminution nécessaire. Les Rentes n’augmentent pas.——Les moulins ont considérablement diminué dans l'île, par plusieurs moulins-à-vent bâtis par les Censitaires et Vassaux.—Celui de la Belle Rivière a perdu une grande partie de ses eaux par les défrichements, et il est réduit à la moitié de son revenu.— Les moulins de l’Achigan qui étoient seuls autrefois dans les environs, sont tout entourrés d’autres moulins ; ét surtout, il y en a un audessus, à quelques arpents, qui lui ôte“et l’eau et les mou- B

tures.—Restent les tods qui ont augmenté dans la ville et dans les envivons par la valeur existante des fonds: Mais cette valeur n’a duré qu’un moment ; elle est aujourd’hui bien diminuée, et elle est habituellement dans un état de vacillation. En suivant la recette des lods, pendant 19 ans, depuis 1800 jusqu'en 1819, nous trouvons les lods Îles

lus considérables en ville, en 1803 et 1809; et Le plus foibles en 1808, 1811, 1817; preuve évidente que les lods ne croissent pas avec les années.—Le Gouvernement, dit-on, en retireroit davantage. Cela peut être; mais il seroit encore audessous des charges, comme nous Pavons montré, et cet excédant seroit bien absorbé par les frais d'administration. Mais cette rigueur troubleroit toute l'île; elle expulseroit de leurs maisons et de leurs terres beaucoup de familles que l’indulgence du Séminaire y conserve.—Voudroit-on faire au Séminaire un crime de sa modération? Modération qui laisse pit d'argent, et plus longtemps, entre Jes mains du marchand, de l'ouvrier, du laboureur, et qui favorise ainsi le commerce, lagriculture et l’industrie.

PRETENDUS AVANTAGES DES BIENS DU SEMINAIRE EMPLOYES AU PROFIT DE LA PROVINCE.

JVe vaudroit-il pas mieux, disent quelqués uns, que ces biens fussent employés à l'avantage de la Province ?—D'abord, ont-ils été donnés pour cet objet ? Qu'on lise la fondation dans la donation de 1663, et dans les patentes de 1677 : on y verra la destination de ces biens pour la conversion des Sauvages, et l'instruction des Frauçois résidans dans Pile de Montréal, et pour la fondation du Séminaire de Montréal chargé de ces œuvres, Tout autre emploi est une injustice et un sacrilège

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