‹ Considérations sur les biens du Séminaire de Montréal [microforme]Chapitre 5 sur 5 · ILLUSION D’UNE PENSION OFFERTE AU SEMINAIRE A LA PLACE DE SES BIENS · texte numérisé non relu

ILLUSION D’UNE PENSION OFFERTE AU SEMINAIRE A LA PLACE DE SES BIENS

On a cru pouvoir prévenir plusieurs de ces inconvénients, en conservant le Séminaire, mais en lui donnant une pension au lieu de ses biens. Nous ne croyons point que cette pension puisse être acceptée. En effet 1°: Une pension si forte (pour

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tant de charges) donnée par un Gouvernement Protestant, pour des ouvriers Catholiques, ne sauroit subsister longtemps. Counment dureroit-elle une pension destinée au soutien de la religion Catho- : lique, donnée par un Gouvernement qui n’accorde aucune place publique dans les trois Royaumes, sans exiger un serment d'horreur pour cette religion sdolatre. Au bout de quelques années, on oubliera les biens qui furent l’origine et le fcndement de cette pension. On ne verra dans cette pension qu’une charge énorme qu’on ne tardera pas de secouer. Les prétextes ne manqueront pas, quand on aura pu en trouver pour enlever à St. Sulpice des biens a possédoit depuis plus d’un siècle, et que le

ouvernement avoit reconnu solemnellement lui appartenir. 2°. On dira alors comme aujourd’hui

ue les biens étoient à la Couronne, et avec plus de raison, quand le Séminaire aura consenti [ sa spoliation. La pension sera donc jugée sans fondement, et de nature a être supprimée, malgré les actes qu’on trouvera reposer sur erreur.--Mettrat-on dans l’acte que la pension est un dédomagement de nos biens? Ce seroit-là reconnoître notre propriété, et alors, pourquot s’en emparer? Si on ne le met pas, c'est une pension gratuite et excessive pour favoriser le papisme, elle doit finir incessament, Quelle sortie dans le Parlement impérial n’ameneroit pas une pension aussi exorbitante pour des Prêtres? 3°. Cette pension dépendra des finances, des dispositions du ministère toujours variables ; et dès lors, elle ne peut être que très inçersaine. 4°. Elle dépendra d’une im-

rudence, d’une calomnie, si facile envers des

rêtres dont le zèle paroitra contredire les loix d’un Gouvernement Protestant qui sera intéressé à trouver coupables des hommes payés si cher, et avec qui l’on s’acquittera par le reproche d’une faute. 5°, Quand la pension subsisteroit, elle

sera toujours la même, lorsque les besoins. iront toujours croissant; et, dans la suite, elle cessera d’être au niveau des charges ; les biens au contraire croissent avec elles, au moins pour plusieurs espèces de revenus. 6°. Elle ne suppléera pas les titres honorables attachés à nos biens; elle nous réduira à la pénible condition de demander, quand

ourd'hui nous donnons. Et si, comme le dit Lvnald, (Législation, IL p. 285) ‘“ Sans pro- # priété point d'indépendance ; sans indépendance, “ point de Ministère public;” le Séminaire per: dra cette indépendance qui sert le Gouyernement, à qui nous serons peu utiles, lorsque le peuple verra en nous des hommes que leur pension enchaine; des hommes qui ne seront pas utiles par leurs aumônes, mais à charge par une pension qui repose sur leg impots. 7°. Quand la pension n’auroit aucun de ces inconvenients, on ne voit pas comment le Séminaire pourroit consentir que des biens dédiés à Dieu, donnés pour les Canadiens et les Sauvages, donnés pour la fondation de ce Séminaire, et confiés à St. Sulpice paur tous ces objets, pussent receyoir une destination toute différente, toute temporelle, et que le Séminaire concourût lui-même à violer tant de droits, et les engagerwens qu'il a pris avec les donateurs, de les conserver, en acceptant la fondation, 8°. Les pensions pour biens Ecclésiastiques sont aujourd’hui bien décriées. Que sont devenues les pensions prniss par la France aux Curés qui perdroient eurs places par le refus du serment, malgré les promesses les plus solemnelles ? Et celles des Evèques, des Bénéficiers, des Religieux, &c... ? Et celles du Grand Maître de Malthe par Buonaparte? Quelle confiance donner ici à une pension promise par le Gouvernement qui avoit reconnu les propriétés du Séminaire, s’étoit engagé à les proléger, et qui les enleve aujourd’hui? Bonald

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dit: (T, VIL p. 379)

u'on pensionne pour avilir la religion. ... Dépouillée” partout, veut-on arracher à la religion le, seul vêtement qui lui reste ? Le Mahométau n’applique à rien de prophane une Mosquée tombée en ruines. Aussi quand Buona-

arte voulut reconnoitre les grands services des Religieux de St. Bernard au passage de ses armées, 1l les dota de 30,000 liv. en biens fonds. Et l'Empereur de Russie pour gagner l'Eglise de Pologne, au lieu de lui donner ses deux millions de rentes, lui, donna des fonds qui rendent cette somme, et y ajouta les biens Ecclésiastiques non vendus qui étoient entre les mains de la Couronne, (Bonald, VIT. p. 103.) Aussi avec quel noble mé: pris Pie VIL accueillit-il la pension qu’on lui offroit pour la souveraineté de Rome et des domaines dy St. Siège (Capt. de Pie VIT, p. 108, 119, 150.) Ainsi le glorieux exemple du Pape qui refusa la pension, la manière dont le Gouvernement François les a payées, l’avilissement de la Religion asservie à ces Danone, l'attention des Princes à doter l’église en bien fonds quand ils veulent la favoriser ; tout démontre la nécessité de 1: :fuser une pension en échange de nos biens. Si l’un dit que ces biens ne sont pas au Séminaire; (nous avons démontré avec quels fondements on ose l’avancer;) quelle sureté donneroit à la pension une opinion de ce genre? Qu'on se souvienne que Buonaparte prétendoit aussi que les biens du St. Siège lui appartenoient comme successeur de Charlema ne, et que le Pape avoit perdu ses droits à ce riche patrimoine donné pour le bien de la Religion, depuis qu’il refusoit de déclarer la guerre à l’Angleterre. On peut donner contre nous de pareilles preuves, quand on a pour soi la puissance. 9. Accepter une pension, c'est le moyen d’être dépouillé deux fois; d’abord des biens ; puis de la pension et de l’honneur avec elle.

Qu'au moins on puisse dire de nous ce que disoit Mirabeau, témoin du courage du Clergé, dans la célébre séance du 4 Janvier 1791 : « Nous avons “ Jeurs biens, mais ils ont conservé leur honneur.”

Puissent ceux qui gouvernent se défier toujours d’un fanatisme jaloux et avide qui se cache à l’ombre de projets utiles, pour lesquels les zélés de la Couronne Sotherent noblement tous les biens de la Province, mais n'offriront pas une obole des leurs? Puissent nos chefs, pour l'intérêt et l’honneur de l'état, continuer de protéger ces amis du bien publié, qui maintiennent les principes de Re- Ég d'ordre et d’obéissance, partout ébranlés !

t en conservant ces antiques établissemens qui soutiennent la société dans le nouveau monde, puisse la Grande Bretagne achever de remplir l’auguste destinée que le Ciel lui a donnée de tout rétablir dans l’ancien avec tant de succés et de gloire à

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