IV. Histoire du Luxe et des Lois somptuaires de F£s
pagne. Madrid, à l'imprimerie royale. An 1788, a volumes in- 8. ,
Le projet d'un costume national a été proposé plusieurs fois en Espagne, et dans d'autres pays comme un remède à la corruption des mœurs. Dans l'éloge-de Charles III, publié à l'imprimerie royale de Naples, Tannée 1 7 89* par Honoré Gaetani , on lit ce qui suit : « Parmi les nombreuses idées que ce ministre (le comte de Floridablanca) a mises au jour sous le règne de Charles III, relativement à la police et à la réforme des anciens usages espagnols, on remarque celle de l'institution d'une assemblée de dames agrégée à la Société économique de Madrid, qui devait veiller à la réforme du luxe. Le comte de Floridablanca , non -seulement fut le premier qui, dans l'année 1788, conçut le projet d'imiter en Espagne l'édit que Christiern VII, roi de Danemark, avait publié cinq années auparavant, dans son royaume, mais encore il songea à la manière de perfectionner et de mettre à exécution cette idée. Cent dix-huit millions quatre-vingthuit mâle deux cent trente-cinq réaux de veillons que dépensaient annuellement en Espagne cinq millions et demi dé femmes, donnèrent un motif à ce ministre pour ordonner l'impression du projet d'un costume national, an moyen duquel ou pût réprimer en quelque sorte les abus du luxe et des -modes étrangères. ■
Malgré le grand crédit, et la trop grande puissance dont jouissait alors le comte de Floridablanca , et quoiqu'on eût déjà fait on essai" du nouveau costume national, pour les femmes, dans celui des dames du palais royal , M. Sempéré, le trouvant très impolitique, eut le
courage de le combattre , en démontrant , par l'histoire de la législation espagnole , l'insuffisance de tels moyens pour réprimer le luxe, et les dommages que les lois somptuaires avaient prodoits à l'industrie et à la prospérité publique; il osa présenter son ouvrage à ce ministre, qui , convaincu par sa lecture , de son erreur, bien loin de s'offenser, se désista de son projet , et rémunéra l'auteur en le proposant à Charles IV pour l'emploi de procureur du roi t à la Chancellerie de Grenade.
Dans les Bphémérides littéraires de Rome, dn i4 de Novembre 1788, on annonça cet ouvrage par l'article suivant : « Les politiques et les économistes d'Europe qui ont lu Montesquieu, Melon et Hume, verront avec autant de plaisir que d'utilité YHistoire du Luxe de la nation espagnole. Don Jean Sempéré, déjà connu dans la ré- ' publique des lettres par d'autres productions éruditca, a su traiter cette matière avec beaucoup de discernement , ayant réuni les qualités d'un philosophe, qui sait méditer, à celles d'un historien fidèle , sans avoir obscurci la vérité par le pompeux jargon du philosophisme qui règne aujourd'hui... L'ouvrage de M. Sempéré méritait un extrait beaucoup plus étendu que ne le permettent les bornes étroites de notre feuille périodique. Pour terminer, nous ne pouvons pas nous empêcher de dire que par cet ouvrage, il a donné une preuve convaincante de sa vaste érudition , de la finesse de son jugement dans la manière de penser, et de son bon goôt dans le style.
On lit d'autres semblables éloges de cet ouvrage dans la feuille périodique des Nouvelles littéraires de Florence; et un ami de l'auteur en ayant présenté un exemplaire ?
l'Académie royale de cette ville , il fut honoré du titre de son académicien.
V. Observations sur T origine , l'établissement et les prérogatives des chancelleries de Valladolid et de Grenade , imprimées dans cette ville, Tannée 1796.
L'histoire de la magistrature espagnole était très confuse jusqu'au dernier siècle , par la négligence des jurisconsultes et même des historiens les plus renommés à la recherche de ses origines et de ses vicissitudes , ce qui a donné lieu plusieurs fois à des controverses et des compétences entre les tribunaux et les autorités civiles et ecclésiastiques , trop nuisibles à l'administration de la justice. Une de ces compétences entre la chancellerie de Grenade et l'audience de Valence donna un motif au procureur du roi M. Sempéré, pour écrire ces Observalions, où l'on trouve des éclaircissemens nouveaux et très utiles pour l'histoire de la magistrature espagnole, et particulièrement pour la plus intéressante, du suprême Conseil de la Castille.
VI. Bibliothèque espagnole économico-politique, 4 volumes in-8*. Le comte de Campomanes, procureur du roi dans le conseil de Castille, avait mis au jour quelques ouvrages sur l'économie politique , avec un appendice dé divers opuscules de quelques économistes espagnols anciens , et des notes pour la correction de leurs idées. M. Sempéré , voulant imiter le savant Campomanes, proposa en 1801, à M. Cevallos, premier ministre de Charles IV aux affaires étrangères , la publication d'un ouvrage périodique contenant des extraits d'autres auteurs économistes avec des notes et des éclaircissemens sur leurs doctrines. Ce
projet fat approuvé par M. Cevallos, et son auteur publia 4 volumes des extraits entremêlés des suivans opus- -. cales de sa composition:
Mémoire sur la nécessité à* une exacte description physique et économique de VMspagne.
Mémoire sur la police de F Espagne envers les pauvres, les vagabonds et les fainéans.
Notes pour V histoire de la jurisprudence espagnole.
Projet sur la meilleure administration des biens des œuvres pies.
Mémoire sur la renie de population du royaume de Grenade.
Mémoire sur les causes de la décadence de la récolte de la soie dans le royaume de Grenade.
VII. Histoire des substitutions et des Majorais. Madrid , imprimerie de Sancha , i8o5 , x volume in-8°. Au règne de Charles DI, on traita dans le conseil de Castille une affaire de la plus grande importance» sur la loiagraire, ou les moyens de briser les entraves et corriger les vices qui s'opposaient aux plus rapides progrès de l'agriculture. On demanda des avis sur cette matière aux audiences, aux intendans, aux corrégidors et à d'autres personnes dont les nombreux rapports formaient un procès trop volumineux. Le conseil renvoya tous ces rapports à la société économique de Madrid pour prendre son avis. La société nomma une commission pour les examiner. L'un des membres de cette commission était M. Jovellanos , l'auteur de l'excellente Information sur la loi Jgraire, publiée au nom
de la société , qu'on peut lire traduite en français dans l'Itinéraire d'Espagne , de M. Laborde.
Un autre des membres de la commission nommée pas la société économique de Madrid pour cette affaire, fu M. Sempéré , qui conçut alors le dessein d'écrire une histoire particulière des substitutions et des majorats , par la persuasion où ?il a été toujours qu'une des principales causes qui ont empêché les progrès de l'agriculture dans la Péninsule a consisté dans l'amortissement de la propriété rurale , ce qu'il démontra dans cet ouvrage , où il donna aussi une idée des grands efforts faits à diverses épo* ques par les Cortès pour la réforme de ces institutions.
VIII. Observations sur les Cortès et sur les lois fondamentales de l'Espagne, Grenade, 18 10. Dès l'invasion de la Péninsule par les troupes de Bonaparte, en 1808. M. Sempéré avait constamment défendu les droits de son roi alors captif, jusqu'à ce que Grenade étant occupée par les Français en 18 10, il fut forcé de prêter serment à Joseph Bonaparte , comme le prêtèrent ses confrères et toutes les autorités tant ecclésiastiques que civiles de cette ville. Alors M. Sempéré ayant perdu tout espoir de voir la dé» livrance et le retour de son roi légitime , et craignant que l'obstination à refuser l'obéissance au nouveau gouvernement n'entraînât k perte de l'indépendance de sa patrie , et sa réunion à l'empire français qui eût été son malheur le plue honteux , se résigna au nouvel état de son gouvernement , et il mit au jour cet ouvrage dan» lequel il indiqua les grandes variations survenues en diverses époques dans les institutions, les lois et les moeurs de» Espagnols.
IX. Histoire des Cortès tt 'Espagne , Bordeaux , chez Pierre Beaume, i8i5, i volume in- 8°. Dans cet ouvrage , outre l'idée très claire qu'on donne des grandes variations sur- Tenues dans cette partie du'gouvernement espagnol, on démontre la fausseté des préjugés très répandus sur l'excellence des anciennes constitutions espagnoles , et de la dernière arrêtée à Cadix Tannée 1811 , ce qui fut cause que son auteur fut très censuré et très prôné dans plusieurs feuilles périodiques , selon l'esprit de leurs auteurs. Voyez ce qu'on disait de cet ouvrage dans YEdimburg RevieWy journal périodique de Londres qui est un des meilleurs de l'Europe, décembre i8i£.
« M.Sempéré estun des Espagnols quîpar leurs talens et leurs ouvrages sont dignes de faire honneur à toute nation , et de ceux qui se trouvent maintenant exilés de leur patrie par la mauvaise volonté des hommes qui y sont chargés du gouvernement : il vit actuellement i Paris, où, quoique privé de ses emplois et de ses biens , il passe son temps agréablement au moyen de ses occupations littéraires. Nous trouvons dans cet ouvrage, originalité d'idées accompagnée de beaucoup d'activité et d'exactitude dans le.s recherches historiques. M. Sempéré combat les opinions professées par Marina dans sa Théorie des Cortès /et prouve clairement que cet écrivain a commis plusieurs erreurs par sou enthousiasme pour la liberté. Notre intention n'est pas de nous livrer pour le moment à un examen critique de l'histoire des Cortès , puisque l'histoire des anciennes constitutions de Castille a déjà été examinée plusieurs fois dans notre feuille périodique , et mainte- ^ nant nous allons nous occuper de l'origine et de la nature
des anciennes lois d'Espagne. M. Sempéré a traité en pas* sant de cette matière avec un talent qui nous fait regretter qull ne s'en soit pas occupé sérieusement. Malgré l'utilhé des notices -publiées par Llorente et Marina , Fétude des antiquités légales de l'Espagne se trouve encore dans l'enfance ; et les loisirs de M. Sempéré lni ont servi à pouvoir écrire un histoire exacte des lois espagnoles qui serait également agréable à ses compatriotes et aux étrangers. »
XI. Mémoires pour Fhistoire des constitutions Espagnoles. Mémoire premier , sur la constitution Goth'Espagnole , Paris de l'imprimerie de P. N. Rougeron ; i vol. in -8°. Toutes les nations sont ordinairement imbues de préjugés relativement à Pidée<le l'optimisme des lois et des coutumes de leurs ancêtres, mais les Espagnols le sont beaucoup plus encore. M. Sempéré a toujours cru que malgré que ce préjugé puisse être utile quelquefois , il est au fend une erreur , et les erreurs relativement aux opinions sur les lois et les institutions anciennes peuvent d'un antre côté être de grands obstacles stux changemens qu'il convient d*y opérer à des époques bien différentes1. Afin de démontrer d'une manière plus efficace la fausseté d'un te! pré* jugé, il écrivit et publia à Paris ce mémoire en l'année i&ao , peu après que le nouveau gouvernement constitutionnel fut établi à Madrid.
XII. Histoire des Rentes Ecclésiastiques de l'Espagne, Madrid , imprimerie dé Sancba. 1822. 1 vol. in-8°.
XIII. Histoire du Droit Espagnol, Madrid à l'imprimerie royale. Années* 1822 et 1823, deux volumes in-40. M. Sempéré avait déjà esquissé cet quvrage dans ses Notés pour
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f histoire de la Jurisprudence Espagnole, publiées dans le second volume de sa Bibliothèque espagnole Economico-politique, Tannée i8o4; et dans son Mémoire sur la constitution goéh-espagnole , imprimé à Paris en 1 8 ao. Le gouvernement constitutionnel ayant dressé un nouveau plan des études pour les universités, dont l'enseignement du Droit espagnol, et de son histoire, devait être une partie, M. Sempéré écrivit alors \* Histoire du Droit Espagnol ; il la présenta au ministre de l'intérieur , et quoiqu'il fut taché de servile, on ordonna son impression aux frais du trésor public Le premier -volume fut publié en Tannée i8a»', mais l'impression du deuxième n'ayant été terminée qu'après l'entrée des troupes françaises dans la Péninsule, et rétablissement de la nouvelle régence, Ton défendit sa publication , et 1 a vente du premier. . M. Sempéré ayant lu le Prospectus de l'histoire générait d'Espagne d'après Mariana et d'autres historiens Espagnols , annoncée par MM. Raoul-Rochette, Saint Martin et Després , et convaincu à cette lecture que les auteurs* manquaient de beaucoup de matériaux très nécessaires pour une telle entreprise, leur envoya des exemplaires de ses derniers ouvrages , avec la lettre suivante.
MlSSIBV&S,
J'ai lu avec plaisir le Prospectus de votre Histoire générale d'Espagne , et je crois que vous remplirez bien votre promesse. Mais je vois que dans l'indication que vous faites des écrits dont vous vous êtes servis pour cette vaste entreprise, vous ne faites mention ni des lois espagnoles,
ni des Conciles gothiques , ni des Cahiers des Cortès , ni des diplômes et autres documens très nécessaires r our bien- comprendre l'esprit , les mœurs , et les trop fréquentes variations 'arrivées dans le gouvernement Espagnol , et dont la connaissance doit être le but principal .de l'histoire politique de toutes les nations.
'Cela ne m'étonne pas : ni Zurita, ni Mariana , ni Ferreras, ni Masden , ni les autres écrivains que vous citez , quoiqu'ils aient été plus à même que vous de les connaître et de les étudier , ne les ont pas consultés. C'est pourquoi tous chercheriez en vain dans leurs ouvrages des idées exactes sur les causes des variations des constitutions Espagnoles anciennes, ni sur celles de la prépondérance du clergé dans le gouvernement civil; ni sur les vicissitudes des droits féodaux et de l'autorité royale; ni sur l'influence des moines français dans l'altération de h. discipline gothique, et les progrès d« la puissance des papes dans la Péninsule ; ni sur les diverses époques et les différentes formes des- Certes, du Conseil royal et de la magistrature; ni sur le Jïuero-Jiizgo , les Partiras, la Recopilacion, et d'autres codes Espagnols; ni dur les pétitions des assemblées nationales pour la réformation de plusieurs abus ; ni sur les améliorations faites par la dynastie actuelle des Bourbons dans la littérature , dans l'administration économique, et dans toutes les branches du gouvernement temporel et spirituel , etc., etc. Et qu'est-ee^jue l'histoire d'Espagne , dénuée de toutes ces connaissances ?
Nommé procureur du roi en 1790, victime de la malheureuse révolution de 1808, et réfugié en France plusieurs années, j'ai eu plus de motifs et de loisir pour mûrir
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jra peu plus met connaissances hors de ma patrie.. J'ai décrit l'Histoire des Certes d'Espagne , imprimée à Bordeaux en i8i5; les Memorias para ta historia de las eorutitvcionçs EspanoUs, Paris 1820, et V Historia del derecho EspaàoL Madrid i8ta et i8*3, s volumes in-4°.
Je crois que ees ouvrages pourront tous être utiles pour le votre. Je m'intéresse beaucoup à la réussite de celui-ci, et c'est dans ce but que j'ai l'honneur de vous en. offrir trois exemplaires ci-joints , et de tous assurer que je suis votre serviteur très humble,
Je\n Sexpéré.
Ces savane écrivains répondirent à la lettre précédente par celle dont la teneur soit :
Moksiïub, ~~
Ce n'est que ces jours-ci que j'ai reçu la lettre dont vous m'tvea honoré , moi et mes collaborateurs, en date du 8 octobre t8a3. Je m'empresse de vous. en témoigner» en leur nom et au mien , tonte ma reconnaissance. L'hom* mage que vous nous faites de divers ouvrages de votre composition ne mérite pas moins de gratitude , et il ne peut que nous être infiniment utile de recueillir oea fruits d'une si longue et ai respectable expérience. Votre Histoire du Droit espagnol nous sera surtout d'un grand secours. Je ne la connaissais pas encore» attendu le peu de commerce littéraire qui existe malheureusement en* tre l'Espagne et la France t et puis» parce que ce livre
est encore bien récemment publié. Mais si j'en juge d'après ce que j'ai déjà été à même d'en lire , et surtout d'après l'honorable réputation que d'autres travaux Vlu même genre ont acquis à son auteur, c'est un véritable présent qné vous nous avez fait, Monsieur, et j'y suis, pour ma part , on ne peut plus sensible.
U est bien vrai que nous manquons en France de la plupart des secours qui seraient nécessaires pour écrire une bonne histoire politique de l'Espagne. Je ne sais même si l'on trouverait en Espagne des ressources et des facilités suffisantes pour un pareil ouvrage. La plupart de vos historiens sont des chroniqueurs et des annalistes bien minutieux, bien froids, entre les mains desquels les faits principaux disparaissent presque entièrement sous l'abondance stérile des détails; ou des narrateurs, quelquefois éloquens, des grands évènemens publics. Très peu se sont occupés de rexamen philosophique des institutions : l'abondance des documens, la difficulté de les employer, peut-être aussi la tournure de leur esprit, qui était plutôt porté à raconter des faits qu'à raisonner sur les lois; tout cela a fait, sans doute, que les anciens historiens de votre nation se sont bornés au rôle d'écri» vains exacts et scrupuleux, mais nullement philosophes on légistes; et parmi les auteurs modernes, la plupart, témoin Mariana, n'ont vu, dans un amas de faits souvent contradictoires, de chartes, de documens législatifs, que des facilités plus ou moins grandes pour produire des systèmes plus on moins spécieux. Je ne crois pas qu'il y ait au monde une personne capable de dépouiller complètement les archives espagnoles, ces archives fussent-
elles aussi accessibles qu'elles le sont peu; et ensuite d'y puiser les élémens d'une histoire constitutionnelle de l'Espagne, qui satisfît tous les esprits et dissipât tous les doutes. La seule chose qui soit possible , dans l'état actuel de nos connaissances et de nos ressources , c'est de combiner tous lei travaux déjà faits, de les comparer, de les vérifier l'un par l'autre, assez bien pour en tirer un Récit historique, exact, intéressant et concis. Telle est du moins la tâche que nous avons entreprise, sans nous flatter, à beaucoup près, de la remplir aussi bien que vous en auriez le désir. Tous les historiens de votre nation seront mis à contribution; et votre Histoire du Droit espagnol y en nous offrant les résultats tout préparés de recherches exactes et approfondies, nous sera, je le répète , de la plus grande utilité.
Je finis cette lettre, comme je l'ai commencée, en vous remerciant de l'ovcasûra que tous avez bien voulu me fournir de rendre grâce à votre bonté, et justice à vos utiles travaux. Il me serait bien agréable de continuer avec vous, Monsieur, des relations que vous-même avez commencées, et de vous adresser des questions sur votre histoire , vos mœurs et vos institutions ; questions auxquelles votre expérience et vos lumières vous mettent à même de répondre mieux que personne. Mon travail y gagnerait, et ma reconnaissance s'en augmenterait. Je serais aussi bien flatté d'être mis par vous en relation avec ceux de vos confrères de l'Académie d'histoire de Madrid , que vous jugeriez propres à m'aider de leurs conseils, et à m'éclairer de leurs lumières. Vous voyez, Monsieur, avec quelle franchise j'use , et j'abuse, peut-
être, de la bienveillance que vous m'avez témoignée; mais si c'est une indiscrétion que je commets ici, permets tez-moi de tous offrir, comme une excuse, cette bienveillance elle-même qui a produit mon tort.
Agréez, Monsieur, mes très humbles complimens et jna plus haute considération.
Raoul-Eochbttk,
Conservateur-administrateur de la Bibliothèque du Roi, membre de l'Institut de France.