‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 47 sur 48 · ŒUVRES · texte numérisé non relu

ŒUVRES

DE M. SEMPERE

I. Réflexions sur le bon goût dans les sciences et dans les arts, traduction libre de Muratori, avec un Discours sur le goût des Espagnols dans la littérature. Madrid, à l'imprimerie de Sancha , 178a.

M. Sempéré avait puisé dans les Réflexions sur le bon goût, écrites en italien par le savant chanoine Muratori, beaucoup d'idées très utiles pour corriger les vices trop communs dans l'éducation littéraire de la Péninsule, ce qui l'engagea à les traduire librement dans son idiome» et à les publier, accompagnées d'un Discours sur l^-goàt littéraire des Espagnols daus ce temps-là.

II. Mémoire sur la ptudence dans la distribution de Vaumène. Le gouvernement espagnol ayant considéré que Tune des causes qui influent le plus sur la paresse et l'aversion des Espagnols pour le travail dans les arts mécaniques , était la facilité que trouvent les pauvres à recevoir des aumône*, et des secours qui les font vivre et se reposer sans beaucoup de peine, chargea la Société éco-

nomiqae de Madrid , en 178 1, de proposer le prix d'une médaille de quatre onces d'or à l'auteur du ' meilleur mémoire qu'on lui présenterait sur la question suivante. «Si ceux qui pratiquent la vertu de la charité, en faisant l'aumône, ne se croient pas obligés, ou du moins n'auraient pas plus de mérite à là faire, non au premier mendiant livré à la paresse qui se présente à eux, mais à ceux qui se trouvent dans le besoin , faute d'occupation dans leur profession, ou dans.tout autre genre de travail, en leur facilitant les moyens de s'y 'employer, comme aussi en aidant les impotens, les vieillards et les infirmes, et les secourant chez eux, pour qu'ils ne perdent pas la honte de mendier publiquement. »

Plus de trente mémoires sur ce sujet furent présentés à la Société; celui de M. Sempéré obtint le prix proposé par elle. L'auteur reçut aussi le titre de membre de mérite littéraire de la société ; et son mémoire fut imprimé l'an 1784, par ordre du gouvernement , à la tête de quelques autres qui furent jugés dignes d'un accessit. Peu après, ce mémoire fut réimprimé en Italie traduit en italien par le comte Grispi:

III. Essai d'une Bibliothèque espagnole des meilleurs écrivains du règne de Charles III. Six volumes in-8 , imprimés à l'imprimerie royale, depuis 1784 jusqu'à 1789.

L'article Espagne, inséré par M. Bfasson de Morvilliers dans l'Encyclopédie, donna lieu à l'impression de / quelques apologies du mérite des Espagnols et de leur littérature. M. Sempéré pensa que la meilleure apologie de s'a nation serait de faire connaître l'état de sa littérature, en donnant la notice des nombreux écri-

vains du règne de Charles III, peu connus hors de ht Péninsule.

Cet ouyrage fut annoncé par plusieurs journaux de Francs , d'Italie et d'Allemagne , avec de grands éloges. • Les livres espagnols, disait le Journal. Général de Paris ( 3 avril 1787 ), sont très peu connus en France, et même à Paris. Combien d'ouvrages* excellens n'a-t-on pas publiés en Espagne depuis vingt ans , et qui ne sont pas connus en France? Nous avons sous les yeux les deux premiers volumes d'un de ces ouvrages intitulé Essai d'une Bibliothèque espagnole des meilleurs écrivains du règne de Charles III, Si nos occupations nous le permettaient nous traduirions cet Essai , qui voit le jour fort à propos pour nous faire connaître l'état actuel des sciences et des arts dans la Péninsule; et il serait à désirer que quelque littérateur se chargeât de ce travail intéressant.»

Les étrangers qui désirent parler de l'Espagne avec quelque exactitude puisent dans cet ouvrage des renseignemens bien utiles. « C'est ici, dit M. d'Hautefort, dans son Coup-d'cril sur Lisbonne et sur Madrid , le lieu de dire que M. Sempéré est l'auteur d'une Bibliothèque des rcrivains de sa nation qui ont fleuri sous le règne de Charles III, et qui m'a été d'un grand secours pour la rédaction de ma notice sur l'état moderne des sciences •exactes en Espagne. Je me plais à offrir ce tribut de reconnaissance à M. Sempéré , qui maintenant habite Paris , où ceux qui sont à portée de le fréquenter rendent autant de justice à ses talens qu'ils apprécient sa modestie, son affabilité et ses manières obligeantes.

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