‹ Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnoleChapitre 5 sur 48 · VI · texte numérisé non relu

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primer et à la discréditer en obscurcissant l'influence de l'Espagne sur les progrès de l'entendement humain, de l'industrie, de la richesse et du bonheur des deux mondes.

Moi ,bien instruit par les leçons d'un des plus savans espagnols, de l'importance de Fhistoire, (i) pour les autres sciences; j'ajoutai

Yettuios dans «n discourt qui fat ta à l'académie de l'Histoire de Madrid en 1780. « Ou trouve à peine dans nos chroniques, nos histoires, nos annales, nos abrégés, ou nos mémoires, quelques faits qni paissent contribuer k donner une juste idée sur les époques que ces ouvrages rappellent. Or y trouve, sans doute, force relation de guerres , de nataules, de commotions, de pertes, de désolations, de merveilles, de prophéties, de superstitions ; enfin tout ce qui est inutile , absurde ou nuisible dans le champ de la vérité. Mais aucune de nos histoires civiles n'explique l'origine , les progrès et les altérations de notre constitution, de notre hiérarchie politique et civile,, de notre législation, de nos actions glorieuses ou de nos

misères. Bibliothèque des meilleurs auteurs du règne de

Charles III. art. hwellanos.

(1) Etenim vùi omnesdocti consentiuttt , rudes çmwno

à mes premières études de la théologie et de la jurisprudence, celle de l'histoire ecclésiastique et civile, et celle des antiquités de l'Espagne; et j'éprouvai bientôt l'utilité de ma méthode.

Vers la fin du règne de Charles III, on avait projeté un nouveau costume espagnol. Ce fut ce motif qui m'engagea à écrire VHis* toire du liuçe et des lois sômptuaires de l'Espagne, où je démontrai l'inefficacité de pareilles lois pour réprimer le luxe, et les graves inconvéniens qui étaient résultés d'un autre coté en diminuant le travail des artisans par les prohibitions et les restrictions des modes dans l'habillement, dans la parure, etc., ordonnées par de telles lois. Je présentai mon ouvrage au comte de Floridablanca , alors

esse theologos ïllos, in quorum lucubraUonrbus historia muta est. Mihi quidem, non theologi solum , sed nulli satis •ruditi videntur, quibus res olim gestce ignotœ sunt. P. Cano , de loris theoîogicis , lib. XL

ministre des relations extérieures, et de Grâce et Justice , qui bien qu'il fut l'auteur de . ce projet, se désista du dessein de le réaliser, et me récompensa même en engageant Charles IV à me nommer son procurèi^r à la chancellerie de Grenade, charge , dont Ja principale obligation est de défendre les droits de la couronne contre les abus trop fréquens des classes privilégiées. Je m'en acquittai tellement que l'an 1 797 Charles IV rémunéra mes services extraordinaires avec les grâces de membre honoraire du conseil des finances, et une pension annuelle de cinq mille francs, dont je jouis jusqu'à ce que la révolution de 1808 me força à quitter ma patrie, et à me réfugier en France.

Mon long séjour dans ce royaume m'a

prêté plus de loisir pour m'adonner à l'étude

de l'histoire de mon pays, et pour écrire quelques ouvrages sur l'histoire des Cortès, sur celle des constitutions, et de plusieurs

autres institutions anciennes ; je viens d'écrire aussi mes Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence de la monarchie espagnole , où Ton trouvera beaucoup de renseignemens bien rares et bien utiles pour l'histoire ecclésiastique, civile, littéraire et économique de l'Espagne, et même quelques anecdotes très curieuses et très intéressantes pour celle de la France.

Mon travail sera peut-être mal accueilli par ceux qui, intéressés aux abus, en demandent la prolongation. Mais je conserve encore l'esprit de mon ancien et noble office ; et je suis bien persuadé qu'en développant les causes les plus radicales de la grandeur et de la décadence de la monarchie Espagnole, j'ai rendu un bon service à mon roi , et à ma patrie.

Ne me fiant point à mes talens pour écrire cet ouvrage en français, j'ai chargé de sa traduction, deux de mes amis, français très

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verses dans la connaissance des deux langues. Cet avertissement pourra m'excuser en quelque sorte si, malgré mes bonnes intentions on y remarquait quelques fautes dans la pureté du style.

, Les Cortès ayant été une des institutions les plus remarquables de l'Espagne , et de celles qui eurent la plus* grande influence sur son ancien gouvernement, j'ai mis, à la fin de mes Considérations , un abrégé de X Histoire des Cortès cF Espagne que je publiai à Bordeaux, en i8i5.

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