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D’après les différents cas que nous avons étudiés dans notre symptomatologie, on peut voir que le traitement présente nettement trois indications et qu'il faut diriger les moyens thérapeutiques :
1° Contre l’hémorrhagie ;
2° Contre l’ulcération consécutive possible; »
3° Contre l’ulcère une fois établi.
1° Contre l’hémorrhagie. — L'hémorrhagie s'étant faite et le malade vomissant, la première indication est de tâcher de modérer et de suspendre l’exhalation sanguine. Dans ce but, on emploiera un traitement rapide, énergique, qui devra être, à la fois, local et général.
Localement, 11 faudra faire sur l’épigastre des applications réfrigérantes telles que cataplasmes froids, vessie remplie de glace pilée ; on mettra, en outre, en permanence sur les membres, des révulsifs, notamment de larges sinapismes et des ventouses sèches.
À l’antérieur, on prescrira des boissons froides ou très légèrement acidulées, telles que l’eau de groseille ou de citron glacée. Ces diverses boissons seront prises en petite quantité, par cuillerée seulement et à environ dix minutes de distance. Si, malgré ces soins, l’hémorrhagie continue, il faudra recourir aux astringents : limonade sulfurique, extrait de ratanhia, cachou, tannin, décoction d’écorce de grenade, l'ergot et l’ergotine, les diverses eaux hémostatiques, une solution albumineuse et, mieux encore, une potion gommeuse contenant un à trois grammes de perchlorure de fer, ou celui-ci, donné à la dose de deux à trois gouttes dans un verre d’eau.
C’est à Trousseau qu'est due la vulgarisation de ce dernier moyen qui est souverain. D’après lui, le perchlorure de fer peut rendre les plus grands services, surtout lorsqu'il peut arriver au contact des parties malades ; il ajoute alors une action astringente à l’action tonique reconstituante qui lui est commune avec tous les ferrugineux. Aussi, son emploi est-1l de première nécessité dans les hémorrhagies du tube digestif. Avant Trousseau, nombre de médecins avaient de la répugnance à employer ce médicament à l'intérieur et ne voulaient l'utiliser que pour l'usage externe ; mais la publication de l’observation que nous avons rapportée en désarma beaucoup qui revinrent de leur prévention contre un médicament aussi utile.
Les malades devront, en outre, garder une position horizontale et l’immobilité la plus absolue. A ces divers moyens nous joindrons le sous-nitrate de bismuüth, qui est surtout utile quand il s'agit de la rupture de petits vaisseaux, déterminant des hémorrhagies en nappe.
Il est presque inutile de dire que les malades seront tenus à une diète rigoureuse, non-seulement pendant la durée de l’hémorrhagie, mais plusieurs jours encore après la cessation de l’exhalation sanguine.
S1 ces moyens, toutefois, échouent, on conseillera la ligature des membres qui, en diminuant la quantité du sang en circulation, arrête facilement les pertes sanguines de quelque nature qu’elles soient. On pourra aussi se servir de la ventouse Junod en veillant toutefois aux syncopes qui peuvent suivre son application.
2° Contre l'ulcération consécutive possible. — L'hémorrhagie arrêtée, 1l est nécessaire d’instituer un traitement préventif en rapport avec les suites possibles de l’hématémèse, c’est-à-dire éviter la production de l’ulcère consécutif. Pour cela, la première indication sera d’immobiliser l'estomac, soit au moyen d'un bandage de corps médiocrement serré, soit au moyen d'une couche épaisse de collodion. Dèslors, l'organe ainsi maintenu n'aura aucune tendance à se déplacer et à gèner une cicatrisation en train de s'effectuer. La seconde indication a trait ay régime alimentaire qui, bien dirigé, est l’indispensable moyen d’action pour éviter la complication ulcé-' reuse. En effet, après une abstinence qui durera encore quelques jours après l’hématémèse, on évitera autant que possible de donner au malade des aliments solides eton commencera pardes bouillons émoll'ents, du lait et plus tard du bouillon ordinaire. Il convient de prendre ces boissons froides et en petite quantité à la fois. On reviendra très lentement aux aliments ordinaires en commençant par ceux dont la digestion est le plus facile
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et qui, sous un petit volume, contiennent beaucoup de principes nutritifs. Eviter les aliments amylacés ou sucrés qui donnent rapidement lieu au développement d’acides qui peuvent faciliter la production de l’ulcére. Les aliments solides sont très nuisibles dans cette période et nous avons vu dans notre observation vit à la suite de l’ingestion d’une tasse de chocolat, des accidents considérés comme guéris, reparaître avec leur intensité primitive. Il est probable qu'ici la plaie de la muqueuse stomacale, presque cicatrisée, au contact de l'aliment se sera de nouveau ouverte en ramenant les hématémèses et tous les symptômes qui primitivement accompagnaient celles-ci. En résumé donc, immobilisation de l’estomacet choix dans l’alimentation, tels sont les moyens préventifs dans le cas que nous étudions. |
3 Contre l’ulcère une fois établi. — Lorsque la lésion d’origine traumatique a dégénéré en ulcère, le traitement ne diffère en aucune manière de celui qui s'emploie contre l’ulcère chronique simple de l'estomac. Et, tout d'abord, la première indication est d'éviter les aliments solides qui peuvent amener une perforation stomacale, ainsi que nous en offre ur exemple l’observation de Poland, que nous avons citée plus haut (Ob. v). Aussi les remplacera-t-on par la diète lactée associée à l’eau de Vichy, qui a réussi dans tous les faits que nous avons rappelés (l’eau de Vichy pourrait également être remplacée par l’eau de chaux). Dans ces cas l’eau de Vichy est utile, en ce que le bi-carbonate de soude qu'elle contient, neutralise l’action des acides de l'estomac et, entre autres, du suc gastrique. Le
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lait est pris chaud ou froid, frais ou bouilli, suivant qu’il est plus ou moins bien digéré dans cet état, Si, comme cela arrive quelquefois, les malades ne peuvent en supporter l’ingestion, il faudra alors le remplacer par des panades et des boissons mucilagineuses.
On peut aussi, à l'exemple de Trousseau, faire prendre, au moins une heure avant le repas, un paquet de 2 où 3 grammes de bismuth,délayé dans un liquide mucilagineux, afin de bien s'étendre sur la surface de l’estomac. Ce médicament agit ici en empêchant le contact direct des aliments avec l’ulcère. Trousseau préconise encore l’azotate d'argent en pilules de 1 centigramme. Il en fait prendre trois ou quatre dans la journée, au moins une heure avant le manger et cela pendant quatre ou cinq jours, puis il revient au bismuth en alternant la série pendant trois ou quatre mois de suite.
S1 les douleurs sont très vives 1l faut chercher à les calmer par l'usage de l’opium sous toutes les formes. Trousseau recommande de l’administrer au moment du repas tandis que d’après Grisolles, absorbé après comme avant, il n’entrave en rien le travail de la digestion. L’opium, non-seulement calme les douleurs vives, mais neutralise les mouvements de l’estomac et favorise la formation d’adhérences circonscrites, qui, dans les cas de rupture, pourrait amener une fistule et empêcher l'épanchement péritonéal.
Le traitement de l'ulcère simple est éminemment chronique et il faut une grande patience pour arriver à guérir cette affection en s’efforçant d'en éviter le retour. Parfois, la guérison étant complète, on voit l'estomac rester inactif et ne pas recouvrer sa tonicité. C’est dans ces conditions que les préparations ferrugineuses, le
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quinquina, une nourriture légèrement stimulante, sont indiquées. Mais il faudra ici agir avec beaucoup de prudence et surveiller attentivement leur administration jusqu’à ce que l'estomac les supportant facilement, on puisse les prescrire avec plus de confiance.
Tel est, en quelques lignes, le traitement de l’ulcère d’origine traumatique. Il nous a semblé inutile d’insister sur tous les détails de ce traitement, attendu que l’on en trouve une description détaillée dans tous les recueils et mémoires qui traitent de ce sujet.
Le point important, néanmoins, est de songer aux accidents terribles qui peuvent survenir à la suite de l'ingestion des aliments solides, c’est-à-dire à la perforation stomacale.
En face de cette complication redoutable, la thérapeutique est presque désarmée et son rôle se borne souvent et malheureusement à donner quelques palliatifs, sans pouvoir espérer arrêter les progrès des accidents suraigus qui suivent l’épanchement du contenu de l’estomac dans la cavité péritonéale. La mort en effet arrive parfois avec une rapidité telle qu'elle ne donne pas le temps d'agir. Toutefois, dès que les symptômes de péritonite se seront déclarés, il faudra instituer le traitement de cette affection, et par l'emploi continu de la glace sur l'abdomen, l'application de sangsues et les larges onctions mercurielles sur cette région, s’efforcer d'enrayer la marche de l'affection. Ajoutons à ces différents moyens l'emploi de l’opium à haute dose et, sile médecin n’a pas obtenu la satisfaction d’une guérison, il aura au moins la conscience d’avoir épuisé, contre une maladie redoutable, toutes les armes que la sience lui fournissait.
GONCEUSIONS
1e Le traumatisme au niveau de l’épigastre, sans intéresser les téguments, peut amener des lésions de la paroi stomacale. Ces lésions sont souvent limitées à la muqueuse.
2° L'évolution consécutive peut amener, soit la cicatrisation rapide, soit un ulcère simple.
3° L’ulcère simple d’origine traumatique paraît se terminer plus favorablement que l’ulcère simple spontané, ce qui nous paraît résulter du bon état antérieur de la muqueuse. |
4° Le traitement qui, d’après les cas que nous avons pu observer, a donné de bons résultats, est le régime lacté, combiné à l’opium et aux eaux alcalines.
QUESTIONS Sur les diverses branches des sciences médicales.
Anatomie générale et histologie. — Des épithéliums et de leurs variétés.
Physiologie. — Lymphe.— Circulation lymphatique.
Physique. — Théorie des sensations auditives et des phénomènes acoustiques qui prennent naissance dans l'organisme humain.
Chimie. — Composés oxygénés et sulfure. — De l’antimoine.
Zoologie et anatomie comparée. — Du tœnia mediocanellata. — Ses transformations et ses migrations.
Matière médicale et botanique. — Décrire les diverses sortes de gommes. — Ovaire. — Sa nature, ses par-
ties, sa position par rapport aux autres organes de la HEURES Pathologie externe. — Des abcès par congestion.
Pathologie interne. — Thrombose et embolie.
Thérapeutique. — Ether sulfurique.
Hygiène. — Du mal des montagnes et du mal des aéronautes.
Accouchements. — Antéversion et antéflexion de l’utérus pendant le travail.
Pathologie générale. — De la contagion et de l'infection.
Ophthalmologie. — Des lésions anatomiques de la
scléro-choroïdite postérieure.
Médecine opératoire. — Des indications et des contre-indications, des amputations en général.
Anatomie. — De l'oreille moyenne.
Maladies cutanées et syhihtiques. — De la stomatite mercurielle.
Anatomie pathologique. — Des lésions dites tuberculeuses. K
Médecine légale. — Distinguer les blessures faites pendant la vie de celles qui ont été produites après la mort.
Médecine expérimentale ef comparée. — Comparaison de la septicémie chirurgicale et des maladies analogues produites expérimentalement chez les animaux.
Clinique médicale. — Des terminaisons des pneumonies. — Valeur clinique des bruits de souffle extracardiaques.
Cluuques chirurgicales. — De l’ablation sous-périostée du calcanéum, indications et résultats au point de vue du fonctionnement du pied. — Des plaies pénétrantes de poitrine.
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