A MON PRÉSIDENT DE THÈSE
Moxstur Le Proresseur OLLIER
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En donnant à notre travail pour titre : Considérations sur les contusions de l'estomac, nous avons voulu parler de quelques complications qui succèdent au traumatisme stomacal, complications rappelant l’ulcère simple de l'estomac et sur lesquelles, jusqu’à présent, les au-
teurs ne se sont pas appesantis.
Les contusions de la paroi abdominale sont fréquentes et 1l se passe peu de jours que l’on n'ait l’occasion d'en observer quelques cas dans les hôpitaux. Cependant, soit que le peu de gravité apparent de l'accident ait empêché l'attention de s’y arrêter, soit que l’occasion de
—.(f — suivre ou d'observer commodément les malades ait manqué, l'historique est très pauvre en documents à ce sujet et, à part quelques rares observations éparses dans les différents recueils, les classiques ne nous donnent que peu ou point de renseignements à cet égard.
C’est d’ailleurs l'opinion qu'émet, dans une publication récente, M. le professeur Duplay, chirurgien en chef de Lariboisière (Arch. génér. de Médecine 1881, vol. 2, pag. 339), lorsqu'il commence son travail par ces mots : « Les effets de la contusion de l'estomac sont « peu connus ou du moins l’attention des observateurs « ne paraît pas avoir été attirée d’une façon particulière « sur certains accidents immédiats ou consécutifs qui
« peuvent succéder à ce genre de traumatisme. »
En effet, au point de vue historique, nous pouvons dire que c’est au professeur Potain (1) que revient l’honneur d'avoir fait connaître, en 1856, le traumatisme comme cause possible de l’ulcère de l'estomac, dans une
observation détaillée que nous relatons plus loin.
Auparavant, Vidal de Cassis, Valleix, Boyer, Nélaton, Poland en Angleterre, s'étaient occupés des contusions de l'estomac ; mais tous avaient en:vue les plaies et les ruptures de cet organe.
(1) Bulletin de la Société anat. 1856, 31: année, 2° série, tome |, pages 38580.)
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Depuis l'observation de M. Potain, cette idée d’ul- -cère traumatique a été reprise par différents auteurs. Luton la mentionnait en 1858 dans un rapport à la Société médicale d'observation de Paris. Caubet, en 1870, dans sa thèse inaugurale (1) (Contribution à Z'lustoire de l'hématémèse, considérée au point de vue étioloptque), émettant d’une façon générale l'opinion qui consiste à considérer certains ulcères simples, comme le résultat du traumatisme de la région épigastrique, disait : « La contusion peut produire le même résultat en « étant le point de départ d’un ulcère qui donnera lieu « à des hémorrhagies successives. » Enfin, plus récemment encore, nous arrivons à la thèse de M. Derouet en 1879, thèse qui a pour titre : Æfude sur Pulcère simple de l'estomac, d'origine traumatique, et dans laquelle il
examine longuement ce genre de cause.
Sans nous restreindre absolument à l'étude de l’ulcère traumatique, nous avons voulu, en reprenant ce sujet et en négligeant strictement les cas dans lesquels il y a rupture totale de l'estomac, montrer que les résultats des contusions de cet organe pouvaient présenter différents degrés allant depuis la simple érosion de la muqueuse, suivie d’une guérison rapide, jusqu'à la perforation, conséquence d’un ulcère consécutif à la déchi-
rure et présentant des caractères cliniques bien tran-
PSE chés. Nous avons pensé qu'il y aurait un certain intérêt à réunir dans une même monographie tout ce que nous pourrions trouver dans les livres concernant le sujet, et c'est en grande partie à l’aide d'observations recueillies un peu partout, que nous avons tenté de traiter cette question des contusions de l'estomac au point de vue particulier de certaines complications qu’elles peuvent
présenter.
À M. Duplay, nous avons emprunté trois observations d’ulcères consécutifs à un traumatisme. La première en date a été recueillie par M. Levrat, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lyon, dans le service de M. Cruveilhier, chirurgien de la maison de santé de Paris. Les deux autres observations, proviennent du service de M. Duplay et, sur celles-ci, M. Levrat qui était alors interne de ce chirurgien, a
pu nous donner quelques renseignements.
Nos autres observations sont dues à Trousseau, Pinel, Potain et enfin à M. Derouet, dans la thèse de qui nous avons choisi les cas qui paraissaient le mieux convenir à notre sujet. Nous y ajouterons un cas que nous avons personnellement observé dans le service de M. le professeur Ollier, alors suppléé par M. Levrat.
N'ayant pas eu l’occasion de pratiquer l’autopsie de
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malades atteints de cette affection, nous avons cru devoir suppléer à ce manque de matériaux par quelques expériences, tant personnelles qu'empruntées aux auteurs, expériences destinces à expliquer le mécanisme de la lésion et à élucider quelques points obscurs de l’anatomie pathologique.
Enfin, du groupement de ces faits, nous tâcherons de tirer quelques conclusions au point de vue des différents degrés et de la marche des accidents.
” En terminant ces considérations préliminaires, nous prions M. le professeur agrégé Levrat, qui nous a suggéré l’idée de notre thèse et dont les excellents conseils sont venus en aide à notre inexpérience, de vouloir bien agréer, à titre de reconnaissance, l’hommage de notre modeste travail.
Que M. le docteur Augagneur, chef de clinique à la Faculté de Lyon, veuille bien aussi recevoir publi-
quement nos plus sincères remerciements.
Qu'il nous soit permis de remercier enfin M. le professeur Ollier de l'honneur qu'il a bien voulu nous
faire en acceptant la présidence de notre thèse.
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Nous avons divisé notre sujet ainsi qu'il suit :