‹ Considérations sur les fractures du crâne chez l'enfantChapitre 15 sur 19 · OBSERVATION N° VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° VI

Epanchement sanguin intra-crânien traumatique chez une enfant de 4 ans.

J. HOCHE. — Revue médicale de l'Est, 15 juin 1932, n° 12, p. 480-483.

Douze jours auparavant, l'enfant est tombée de son lit sur un sol dallé. La mère se précipite pour la relever ; elle était évanouie. Sa connaissance revient quelques instants après. L'enfant peut marcher, mais elle était maussade, se plaignant de la tête, demandant à se coucher ou à s'asseoir. Les parents l'emmenèrent cependant en voyage. Comme la mauvaise humeur et l’apathie de la fillette augmentaient de jour en jour et qu'une tuméfaction était apparue en arrière du pavillon de l'oreille gauche, un médecin fut consulté. Il posa le diagnostic d'adénite mastoïdienne suppurée et conseilla aux parents de consulter un chirurgien dès leur retour.

Nous voyons alors un enfant maussade, apathique, refusant de marcher. Sa mère la portait constamment et la station debout paraissait péniblement possible. L'abcès mastoïdien nous parut suspect ; il ne présentait pas la rougeur et l'empâtement habituels. Il était formé d'une zone fiuctuante centrale peu étendue et dépressible ; bordée d’une couronne dure peu épaisse comme un Céphalhématome. Aussi, nous avons préféré à l’incision une ponction exploration à l'aiguille; il en sortit du sang pur. Nous pûmes vider complètement l’hématome et constater que la croûte crânienne n'était le siège d'aucune dépression.

Deux jours après, la mère nous ramène l'enfant, l’hématome Sétait reproduit et l'enfant refusait totalement de se tenir debout.

Une nouvelle ponction ramena encore du sang et un examen de la mobilité nous permit de constater une hémiparésie droite très nette.

C'est sur ces signes que nous avons diagnostiqué l'épanche-

ment sanguin intracrânien et décidé l'opération. Elle fut faite le lendemain à l’anesthésie générale au chloroforme.

L'intervention fut très simple. Incision demi-circulaire partant de la mastoïde. Aussitôt, nous tombons dans une vaste hématome, dont le fond est formé par l'écaille temporale, de haut en bas. La trépanation fut faite simplement avec de forts ciseaux courbes. Après avoir fait un orifice, d'un diamètre de 3 cm. environ, nous nous trouvions devant un vaste hématome extra-dure-mèrien, rempli de caïllots adhérents à la dure-mère que nous enlevons à la curette. L'hématome avait la forme d'une grosse lentille de 6 em. d'épaisseur. C'est alors qu'apparut sur la dure-mère la branche postérieure de l'artère méningée moyenne, partiellement rompue.

Par transfixion de la dure-mère avec une aiguille, elle fut liée au-dessus et au-dessous de la rupture.

Suture avec drainage filiforme. Guérison.…

Dès le lendemain de l'intervention, l'hémiparésie avait beaucoup régressé et l'enfant reprenait sa gaieté ; à l’ablation des cuirs, dix jours plus tard, elle pouvait marcher sans aucune difficulté. Nous l'avons revue deux ans après, tout à fait normale. L'orifice de la trépanation, encore perceptible, admettait à peine l'extrémité du petit doigt.

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