OBSERVATION N° VII
Hématome sous-dural chez l'enfant.
Fèvre et BERTRAND. Bull. et mém. de la Soc. de Chir. de Paris, 1932, p. 606.
L'enfant B.. (Jean), 4 ans, est transporté d'urgence dans le service du professeur Omrbredanne, le 11 novembre 1930. Ce petit garçon vient d'être victime d’un accident de la rue, et le choc a porté essentiellement sur la région fronto-pariétale droite. Cet enfant arrive à l'hôpital dans un état de demi-coma.
Une ponction lombaire immédiatement pratiquée par l'interne de garde ramène du sang presque pur, qui sort en jet par l'aiguille. Cette exploration évacuatrice détermine une amélioration immédiate, l'enfant reprend conscience et parle. Mais très rapidement il retombe dans une torpeur progressive. Ces trois tableaux de demi-coma, d'amélioration, d’aggravation avec torpeur nouvelle se sont succédés en un très court espace de temps, et c'est une heure environ après l'accident initial que nous voyons l'enfant.
Deux arguments, la déficience progressive de l’état général, l'impulsion d’un enfoncement local ont frappé l'interne de garde Prat — et l'ont conduit à penser à une compression cérébrale et à nous appeler en vue d'une opération immédiate. L'état général devient en effet de plus en plus sérieux. L'enfant ne parle plus, ne répond pas, ne réagit que peu à l'examen. Son obnubilation est progressive et la mort paraît prochaine si on laisse cet état s'aggraver encore. La pâleur impressionnante de l'enfant semble s'accentuer durant l'examen même; le nez est froid, le pouls bat à 80, mais irrégulier; le nombre des mouvements respiratoires atteint 28 à la minute, mais cette respiration rapide est superficielle. L'examen local fait croire à un enfoncement; il existe dans la région frontale droite un hématome à rebord postérieur concave vers la région tomporo-pariétale, en arrière duquel on croit percevoir un enfoncement crânien temporal. Il s'agissait, d'ailleurs, d'une interprétation fausse, cette dépression n'’existant que comparativement au relief des deux saillies de l’hématome frontal en avant et du muscle temporal œdématié en bas.
Le coma n'étant pas absolument complet, l'intervention est exécutée sous anesthésie générale à l’éther. Incision arciforme partant devant l'oreille droite et remontant sur le cuir chevelu, en dessinant une courbe concave en bas et en avant. Le tracé de ce large lambeau à pédicule antéro-inférieur permettra de gagner en avant sur l'hématome frontal si nécessaire. Très acessoirement on peut noter que cette incision sera cachée par les cheveux. On arrive sur la paroi crânienne qui ne présente