OBSERVATION XXIX
Tabes : Fracture el Arthropathide du Rachis.
(Extraite de Kroënig. — Zeilschrifft für Kemische Médicin. 1888).
Hœck, 35 ans, boulanger. Depuis 1872, douleurs progressivement accrues dans les membres inférieurs ; paresthésies. En 1882, il glissa en descendant un escalier et dégringola quelques marches. Il aurait à ce moment perçu un c'aquement dans.
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les lombes. Mais il put poursuivre sa marche sans douleur et continua son métier ; cependant la démarche devint peu à peu mal assurée ; il y avait tendance à choir en avant.
En 1884, on constate les symptômes nets du tabes, aucune trace de syphilis, ni de rachitisme.
Thorax repproché du bassin. La distance des crêtes iliaques aux épaules, étant donnée la taille du sujet, devrait être de 38 à 40 centimètres ; or, elle est de 32 cemtimètres ; or, elle est de 32 centimètres. Lordose dorso-lombaire dont la courbe va de la 5° lombaire à la 8° dorsale. Rotation légère du segment lombaire vgrs la gauche, déviation scoliotique à partir de la 10° vertébre dorsale.
Le sujet étant couché sur le côté, on s'aperçoit en cherchant à produire des mouvements passifs du rachis que la colonne lombaire peut aisément subir un glissement de va-etvient sans douleur, s'accompagnant de craquements d'intensité variable ; et cela sans que l’apophys: épineuse de la 5° vertèbre lombaire participe en rien à cette !ranslation. Cette apophyse est le siège d’un épaississement ca:leux, et manifestement déplacée d'avant en arrière. Dans le décubitus dorsal on sent très bien, à plusieurs centimètres au-dessous du niveau des épines iliaques antéro-supérieurs, la dernière lombaire prolabée, en légère rotation à gauche. Aucune inégalté des corps vertébraux lombaires. Dans le sommeil chloroformique, on sent assez bien la cinquième lombaire, débordant le promontoire. Inclinaison du bassin peu modifiée, mensurations du bassin normales, retroversion et concavité légèrement exagérée du sacrum.
Lo sujet se tient incliné en avant, la moitié droite du thorax appuyée sur la erête iliaque cérrespondante.
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OBSERVATION VI (résumée). Ÿ Tabes : Atrophie musculaire el contracture permanente
avec flexion des membres. Fraclures spontanées mulliples. Consolidations de ces fractures, par P. Voisin.
(In Bulletin Société anatomique, 1874, p. 314.)
Calais, Françoise, âgée de 58 ans, couturière, entra Ie 417 octobre 1874 (service de M. Woillez) a la Charité. Ses parents moururent âgés ; sa mère, à To ans, succomba à une hémorrhagie cérébrale ; son père, après avoir été trois ans en enfance, mourut à 78 ans. Sa sœur mourut d’un anévrisme ; son frère a toujours joui d’une bonne santé.
Quoique ayant éprouvé beaucoup de privations, cette femme ne fut jamais malade. Réglée à 19 ans avec beaucoup de douleurs, elle eut 14 enfants dont le dernier a 17 ans. A l’âge de 11 ans, elle eut, à plusieurs reprises des attaques épüleptiformes pendant lesquelles elle perdait complètement ‘connaissance : mais depuis cette époque, elle ne présenta pas d'accidents semblables et nous ne pouvons, dans ses antécédents, trouver de manifestations hystériques. En 1866, cette femme, qui s'était toujours bien portée jusqu'alors fut prise de douleurs gastralgiques qui persistèrent jusqu’à il y a dix-huit mois. Ces douleurs que la malade comparait à une sensation de brûlure ou de déchirure, s’accompagnaient de vomissements glaireux et alimentaires, mais jamais de vomissements sanguins; elles revenaient à peu près tous les 45 jours ct persistaient jusqu'à 24, 36 heures. A cette sensation de brülure et de déchirure s'ajouta bientôt une sensation de constriction qui occupait toutela circonférence de la taille, sensation qui, il y a trois ans, prima toutes les autres et s’accompagna à son tour de douleurs térébrantes très vives dans tous les membres et surtout dans les membres
inférieurs. Presque en même temps, de la faiblesse se manifeste dans ces membres inférieurs sans que la malade présentât auparavant de l'ataxie dans ses mouvements. Elle traînait le: pieds, les glissait sur le sol et croyait marcher sur du coton. A la même époque cette femme qui était d’un fort embompoint, s'aperçut qu'elle maïgrissait et cet amaigrissement se faisait sentir surtout aux membres inférieurs. Enfin, il y a 48 mois, la faiblesse et les douleurs vinrent à un tel degré que la malade fut forcée de garder le lit.
Les membres inférieurs se mirent dans la flexion et depuis six mois, cette malade est dans l'impossibilité d'étendre la jambe ‘sur la cuisse et celle-ci sur le bassin. Le moindre mouvement arrache des cris à la malade. Les articulations ne furent jamais gonflées, quoique très douloureuses,
Les membres supérieurs ne présentèrent jamais Je degré de faiblesse que celui des membres abdominanx. Les douleurs ne furent jamais aussi vives et la flexion permanente ne se manifeste pas de ce côte. Il y a quatre mois seulement, la malade s’aperçut qu’elle était très maladroïite à saisir un objet, qu’elle avait nn peu d'incoordination du mouvement dans les bras. A cette même époque, elle vit se produire une fracture spontanée de la clavicule droite et ressentit pour la première fois du tenesme vésical et rectal, s’accompagnant d'incontinence des matières fécales et urinaires. Auparavant, la constipation était opiniâtre et il n'existait aucun trouble de l'émission des urines.
En outre des douleurs provoquées par la pression au niveau des os, des articulations ou des muscles, la malade éprouve des douleurs spontanées très vives qu'eHe compare à des coups de conteau. Ces douleurs siègent tantôt au niveau des mollets, tantôt au niveau des cuisses, enfin quelquefois au niveau des articulations des genoux. Jamais de douleurs fulgurantes. Atrophie considérable des muscles de la jambe gauche. Nous ne
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— 96 — : OA: à ponvons examiner ceux de la jambe droite, ce membre étant z- 3 dans un appareil plâtré pour une fraclure spontanée des deux a £ os de la jambe au tiers supérieur, Cette fracture eut lieu le 27 se Re ne octobre dernier sans qu'on puisse invoquer aucune cause traü- pee me matique. MR Les articulations ne sont -pas gonflées et on ne perçoit pas . ( 7 Lie TR des craquements dans les mouvements qu'on y provoque ; on | EEE NES constate très bien ces symptômes aux membres supérieurs. sr ey Pi RE ae e Surles points saillants où repose le corps, nous trouvons LEE RE des escharres ; c'est ainsi qu'il y en a au niveau des grands tro- É D es E . Æ chanters aux genoux et aux coudes. Il existe aussi des taches de SU PERS l purpura à la face dorsale de la main droite et du poignet du Les & d è même côté ; sur la jambe gauche, il y a trois taches de la même Rare SU e ee a nature. La clavicule droite à son tiers externe Sn ungon- : rt s #4 c sai flement inégal,non douloureux,qui est le caldelafracturespon- Es Re S Æ 4 tanée qui eut lieu ily a quatre mois. La consolidaiion parait Ps Li re " étre bien établie. La substance nerveuse ne > paraît pas ramollie. : LE âx, F RE À É À la coupe au niveau de. la région Jombaire, M. Damaschino REP FE a 3 constate à l'œil nu et fait voir aux élèves du service, entre la dE. LA Frs
corne postérieure et le sillon médian, un ruban gris banchâtre, = se x Le < qui devient bientôt plus foncé à l'air. Ce ruban est d'autant plus = net qu'on se rapproche dayatrage de la queue de cheval. "344 Eros AU. renflement cervical, on constate à peu près la see
- chose, mais le ruban est moins net, moins De et na se rapprocher davantage du sillon médian.
L'examen des os nous montre que la Sn .
tiers supérieur de la jambe, que les tt vo
une égale hauteur et que les. fragments frais [ les uns avec les autres. Il y avait enc evêt
/ et’ commencement de cal autour de DANCE 08. Lé
r Sralerienle fes remontait à rie hais sit |
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lidée. Le tissu au niveau de cette fracture était dense et bien plus compacte que dans le reste de l'os.
Les autres os, tels que les côtes, les tibias et les fémus étaient flexibles, quand on les pressait entre les doigts, on les sentait fléchir et on faisait sortir un peu de suc à leurs extrémités. Leur volume aussi était diminné et quoique la circonférence de chaque os ne fut pas prise avec un centimètre on peut affirmer qu'elle n'était pas normale. Les cartilages de ces mêmes os n'étaient pas altérés à première vue; leur surface était parfaitement lisse.
OBSERVATION VII Tabes. — Fracture spontanée du fémur chez un alaxique. — par A. Heïideureids. (Cas de Richet).
(Les Bulletins de la Société anatomique. 1874.)
Il s'agit d'un malade, àgé de 38 ans, gainier, entré le 15 février à l'Hôtel-Dieu, salle Sainte-Marthe, (service de M. Richet). Cet homme, voulant enlever sa bottine droite qui était humide, avait posé sa jambe droite sur sà cuisse gauche, et dans le mouvement qu'il avait fait pour détacher sa chaussure, avait entendu un craquement ; il s'était aperçu aussitôt qu'il s'était fracturé la cuisse. En interrogeant les antécédents de cet homme, il fut facile de constater tous les symptômes d'une ataxie locomotrice. Depuis 4 ans, douleurs fulgurantes en ceinture et dans les membres inférieurs ; ces douleurs se sont accentuées surtout depuis deux ans. Depuis un an, démar-
che incertaine, faux-pas répétés, anesthésie des deux membres
inférieurs ; cette insensibilité s’étendait au moment de l'examen
depuis la plante des pieds jusqu’au milieu de la cuisse. Depuis
un an aussi, impuissance absolue, incontinence d'urine et quel-
quefois des matières fécales. Ajoutons que, depuis dix ans, il était dyspeptique et sujet à des vomissements bilieux presque jourpaliers.
La fracture siégeait à droite, vers le milieu de la cuisse ; elle était complète sans plaie aux téguments. La douleur était faible, la cuisse était globuleuse et il existait un épanchement dans le genou. On appliqua au malade un appareil Scultet : sans extension ni contre extension. Cependant il était à peine depuis huit jours dans les salles, qu'il commençait à s’écorcher au sacrum, el il ne tarda pas à présenter en ce point une vaste escharre. D'autre part, il s'affaiblissait à vue d'œil, vomissait tous ses aliments ; enfin une bronchite généralisée se déclara et le malade mourut le 46 mars, c'est-à-dire le 29° jour de sa fracture.
Autopsie. — Congestion des déux poumons avec bronchite intense. À part la mœlle épinière, les autres viscères sont sains, mais offrent en général une consistance molle. La mœælle présente une sclérose des cordons postérieurs bien évidente (teinte gris-perle, induration spéciale, dépression au lieu d'élection), l'examen histologique fait par M. Liouville, confirme l'existence de cette lésion. De plus, on constate que la substance grise a subi dans quelques points, principalement à droite, des atteintes manifestes ; les cellules, celles surtout de la partie moyenne, sont très altérées et le tissu médollaire ambiant ‘offre de nombreux points de désintégration.
L'incision de la cuisse donne lieu à un écoulement considérable de pus épanché autour du foyer de la fracture. Ce pus, qu'on peut évaluer à plus d’un litre, a une couleur café au lait. Le pus est diffus à travers les muscles de la cuisse ; ceux-ci sont ‘amollis. Les fragments sont très pointus, extrêmement obliques, disposés en spirale ; ils sortent à travers un cal volumineux. Les productions osseuses sont développées tant autour de
l'os que dans le canal médullaire. Il existe de plus une esquille unie au fragment inférieur et solidement consolidée. Les extrémités fragmentaires sont creusées profondément de sillons qui indiquent une ostéite intense et l'examen histologique confirme ces conclusions (canalicules de Havers, immenses ostécplastes aplatis, ayant perdu pour la plupart leurs canalicules, granulations graisseuses dans les canaux de Havers). Peut-être cette ostéite est-elle plus intense qu'elle ne l’est d'ordinaire dans les fractures à cette période. Le fémur du côté opposé ne présente pas de lésion appréciable à l'œil nu ; au microscope, on trouve les canalicules de Havers légèrement agrandis et contenant un peu de graisse.
OBSERVATION XXVII Tabes. — Arlhropalhie et fraclure du Rachis
Extraite de Krœænig. — Zeitschriff für Kinischs Medicin, 1888
Heinrich, 52 ans, cocher. En 1865, douleur dans les jambes, surtout à gauche, avec sensation de raideur musculaire. Ensuite surtout à partir de l’année 1868, paresthésies, douleurs fulgurantes, émoussement de la sensibilité plantaire, incertitude de la marche. En 4880, démarche talonnante. En 1883, hissant une caisse sur un lévier, il glisse, ressent une douleur {ombaire violente mais peut néanmoins remonter sur son siège en se faisant un peu soutenir et ne suspend son travail qu'un seul jour. Les douleurs lombaires diminuent peu à peu, mais il subsiste comme une sensation de pression sur le rachis et les lombes ; il semblait au malade que sa colonne vertébrale se séparait de ses reins ; le haut du corps tournait à gauche, le bas -du corps à droite. A partir de ce mement, attitude de plus en plus penchée en avant.