‹ Considérations sur les fractures spontanéesChapitre 20 sur 28 · AO · texte numérisé non relu

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quelques années plus tard. Il y a deux ans, a{hropalhie du genou gauche; cette affection a présenté soil comme début, soit conne marche, les mêmes particularités que celles bien souvent signalées par M. Charcot, indolence, absence de tuméfaction, de rougeur de la peau, etc. Deux mois après, arthropathie de l'épaule gauche ; un jour la malade, en faisant un mouvement dans son lit, se fit une luxation. Au mois d'août dernier, Laisiet rentre dans l'infirmerie avec des phénomènes inflammatoires, très accusés dans le genou et dans l'épaule, siège des arthropathies en même temps l'état général devint mauvais; au bout de deux jours, elle mourut.

A l'autopsie, on constata que les deux articulations, celle du genou et celle de l'épaule, renfermaient du pus, rouge lie de vin, abondant, la jambe et la cuisse étaient un peu œdématies ; en un mot, il s'était développé une véritable arthrite purulente. On peut l'expliquer, en tenant compte de la particularité suivante : la malade était assez profondément anesthésique des membres inférieurs et de plus elle avait une ataxie de mouvements très marqués ; d'après son dire, elle s’est donnée wn coup très violent sur le genou en marchant.

Après macération, les os qui composent les deux articulations malades, se présentent avec les caractères suivants ; d'une -manière générale, on peut dire que le processus qui les atteint est un processus de destruction, un processus atrophique sans tendance à la formation de produits nouveaux. Cette atrophie s'est effectuée suivant le sens de la pression comme il est facile de le comprendre, ainsi il en resulte que les têtes des os longs ont complètement disparu, et que les cavités des osseuses n'existent plus qu'à l’état de vestiges ; leur rebord circulaire en particulier est complètement détruit, ainsi pour la cavité glénoïde. L'humurus est effilé et si l'on ne voyait que cette extré-

mité il serait impossible de reconnaître à quel os on a affaire, il n’y a plus traces de la tête, ni des tubérosités.

Les os du genou présentent les mêmes particularités, présentent les mêmes particularités, point ou presque point de condyles et les facettes planes du tibia, surtout l’externe sont aussi résorbées ; la rotule a diminué de volume dans tous les sens surtout de haut én bas.

Les ligaments articulaires ont disparu, il persiste à leur place du tissn cellulaire épaissi, formant membrane et entamant irrégulièrement l'articulation.

Les muscles pépiphériques sont atrophiés, quelquefois un peu graisseux à leur face profonde, mais jamais ces altérations ne sont très marquées ; la peau est toujours normale.

L'examen de la moelle épinière a confirmé le diagnostic porté pendant la vie, il s'agissait bien d’une sclérose complète des cordons postérieurs.

Cette malade présentait encore une autre particularité intéressante ; elle avait une atrophie de la moitié droite de la langue; cette atrophie était survenue à la suite de douleurs fulgurantes dans la face, dans la langue.

OBSERVATION XIII Tabes. — Arthropathies. — Fractures mulliples.

In. Bulletin de Société anatomique, 1875. — Lessires osseuses de l’ataxie locomotrice progressive, par Raymond, 1878.

La deuxième malade s'appelait Coteret, c'était une des ataxiques les plus intéressantes de la Salpêtrière. Elle est morte subitement à la suite de la rupture d'un anévrisme de l’aoste. Chez elle, il y avait des arthropathies et des fractures ; mais c'est surtout par ses fractures qu’elle est intéressante.

Je rappellerai simplement que les os des articulations, siège des arthropathies, présentent les mêmes caractères que ceux de la nommée Laisiet et en général que les os de tous les ataxiques. Les deux fémurs présentent encore une particularité bien remarquable, outre {a disparition de la tête et la déformation spéciale de l'extrémité supérieure qui en résulte ; c'ést que le fémur droit a 0,50 centimètres de long et le gauehe 0,19 seulement.

M. Charcot explique ce fait ainsi et c'est certainement la seule explication plausible qu’on puisse en donner : ce fémur a élè fracturé ; presque tout le fragment supérieur s’est détruit par atrophie et ce qui en reste s’est soudé avec le fragment inférieur ; on voit bien, quoiqu'il soit peu volumineux, le cal qui a servi à leur réunion. Mais ce sont surtout les os atteints de fractures qui sont remarquables ; cette malheureuse malade ne pouvait pas faire un mouvement un peu violent dans son lit,sans se fractlurer un os et dans les derniers temps de sa vie, elle avait des craquements manifestes dans les vertèbres cervicales. Toutes ces fractures ont pour caractère général d’être consolidées et toutes le sont par un cal volumineux, exmubérant; ainsi les deux avant-bras, il y a même sur le droit une jetée osseuse entre le radius et le cubitus ; le cal est parfaitement définitif et solide.

Les fractures se font généralement au lieu d'élection; ainsi pour les deux scapulums, le trait de fracture passe dans la fosse sous épineuse parallèlement à l’épine de l'omoplate, de même pour les deux avant-bras et les fémurs.

Je signalerai encore l’état pour ainsi dire ostéomalacique des extrémités inférieures des deux fémurs : il suftit d'imprimer le doigt un peu fortement sur les faces externes et internes des condyles pour sentir une crépitation parcheminée et le tissu osseux cède facilement.

L'examen de la moelle épinière, après durcissement convenable montre la lésion caractérisque de la sclérose des cordons postérieurs.

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