INTRODUCTION
C'est à l'occasion de deux fractures observées récemment par nous au cours du tabes et dont nous avons pu suivre l'entière évolution clinique que nous avons songé à faire de pareils accidents, l’objet de notre dissertation inaugurale.
Les fractures dans le tabes ! Voilà certes un sujet qui n’est pas neuf. Depuis déjà vingt ans, l'attention a été fixée sur ce pointet maintenantArthropathies et Fractures chez les ataxiques, tout cela est de notion vulgaire.
Pourtant on reconnaitra sans peine avec nous que le
dernier mot n’est pas dit sur cette question. Si le tableau
clinique a été tracé de main de maitre au point qu'il serait
impossible d'y rien effacer, à coup sürilreste place encore
pour tracer de nouvelles localisations du mal, aux corps des vertibres par exemple.
Considérant maintenant la parenté que les troubles trophiques du tabes affectent avec ceux qu’on observe dans ?
AO
la syringomycélie ou bien même dans la paralysie générale, n'est-il pas nécessaire d'ores et déjà de nous demander si les fractures que nous nous proposons d'étudier dans le tabes ne peuvent se rencontrer ailleurs et avec les mêmes caractères.
Arthropathies et fractures ont un droit immuablement acquis dans le grand cortège symptomatique du tabes mais ont-elles vraiment un cachet de spécificité et tout ce que nous allons dire ou rappeler, ne peut-il s'appliquer à d’autres scléroses de l’axe encéphalo médullaire ?
Enfin par sa pathogénie la question dont il s’agit soulève un des problèmes les plus difficiles à résoudre pour les neuropathologistes. Nous verrons que, tout recemment et depuis quelques années de nouvelles doctrines ont vu le jour qui permettent d'entrevoir, sous un jour nouveau, les troubles trophiques du tabes. Peut-être l'heure n'est pas éloignée où la lumière se fera et mettra fin à toute polémique. Loin de nous la prétention de trancher le litige, mais il n’est peut-être pas sans intérêt de rappeler ici comment on peut, au point de vue pathogénique, interprèter les lésions osseuses du tabes.
Voilà pourquoi, et d'après ces quelques considérations, pour si banal que puisse paraitre le titre de ce travail nous croyons utile de revenir sur un terrain déjà battu. Nous avons rassemblé un assez grand nombre d'observations; toutes ont été choisies parmi les plus typiques. Réunies en faisceaux celles ci nous amèneront à quelques considérations générales, tel est le but de ce modeste travail. -
Mais avant d'entrer dans le cœur de notre sujet, que
M. Le Professeur Straus nous permette de lui témoigner toute notre reconnaissance pour avoir bien voulu accepter la présidence de notre thèse.
Nous tenons encore à remercier tous nos autres maitres dans nos hôpitaux, M. le Professeur Proust et M. le Professeur Potain ainsi que les docteurs Reclus, Topret, Besnier pour les soins qu'ils nous ont prodigués pendant tout le cours de nos études médicales.