‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 11 sur 95 · Comme ligne de défense · texte numérisé non relu

Comme ligne de défense

Les plateaux hydrographiques de ces masses d'eau se trouvant, ordinairement, sur des terrains élevés,' serviront aussi d'intjication pour la recheitihe des points culmânants , dont les avantages sont d'autant pins grands, qu'en dominant sur les terrains environnants, la natnre semUe leur avpir accordé désavantages incontestables , que la tactique ne peut que rendre plus positifs encore.

Tout ce qui regarde les principaux changements dedirection des fleuves, les affluents qui, en déchirant la surface de la terre en sens Htférenls , circonscriveni des sections différentes aussi; les berges, les gués, etc., tous ces objets appartenait aux détaUs, nous font un devoir d'y revenir plus tard.

En avançant vers l'ouest, l'attention du militaire se voit attirée par les fameux marais du Pripet, terrain inculte , dont les eanx stagnantes et basses, rendent tout moyeu naturel de communicaliun impossible. Reœerrée entre le Dnèpre et ie Niémen , cette ccéati<m vicieuse partage la partie de la Russie OMnpriso entre le Niémen, la Duna et le Dnèpre en deux sphères, qui pourraient rester inconnues l'une ■i l'autre, si la main de l'homme n'avait pas employé les secours de l'art pour ae frayer d«s voies , qui n'en restent pas moins aussi difficiles que rares. Par rapport i la stratégie, cette barrière naturelle fcu'mée par un terrain aqueux, n'offrant que des diOlcnlIés i surmonter, des communications très-rares et dénuées de propriétés, nous fait une loi de l'éviter, et rend les deux sections du nord et du midi de la Russie, il peu près étrangères l'une à l'autre, et les constitue en sphères indépendantes, dont l'intégrité repose siir les pr<^iété6 qua la u*ture a fait tomber i cfancune d'dle» m partage.

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En franchidsaDt le Niémeo pour iller cbercber de Douveaux'phénomèDes et puiser de nouvelles idées, le miliUire parcourt de vastes plaÎDes, où son œU ne rencontre d'autres ob»- Ucles, pour les embrasser dans leur ensemble, que des forêts dont l' éleva lion les cache à sa vue . quelquefois dans leur totalité, souvent danslenrs parties. En franchissant ces taillis, il remarque les propriétés du sol sur lequel ils reposent. L'égalité de la surface du terrain qu'il parcourt, la faci^të avec laquelle U franchit ces rideaux, déterminent i son esprit leurs propriétés, qui consistent plutôt dans la possibilité de cacber les mouvements, que d'apporter des difficultés pour s' j opposer. Les plaines que la main de l'hoinme a arrachées à leur état de barbarie , étant les terrains où les grandes masses peuvenl se rassembler, se mouvoir avec facilité , et où L'homme trouve plusieurs abris pour se défendre contre son adversaire, devieur dront ces champs de carnage ou le cboc des belligérants décidera la querelle en faveur de l'un ou de l'autre parti.

En changeant de direction vers le sud, le militaire se voit amété par la chaîne des monts Krapacks, qui servent aux pays autrichiens de rempart contre l'invasion des peuples du nord de rAllemagne. Leurs flancs ceignent la Hongrie , la Moravie , se joignent au Riesengebirge et à l'Erz, ain^ qu'aux sillons latéraux du Picbtelberg et dn Harz, et forment un système rantinu qui s'étend d'un eôté vers l'ouest et de l'autre vers le nord.

Ces masses de terrain en boursouflure , restes antiques des premières cristallisations, que l'œil observateur de l'homme ne saurait cependant saisir que dans leur ensemble, etdontles détails, par leur com[^cation et leur irrégularité, échappent aux combinaisons les plus savanles et les plus subtiles, ne manquent pas de se caractériser par rapport à la stratégie par des propriétés distinctes, qui dérivent de leur configuration, des difficultés qu'elles engendrent et de la résistance qu'elles peuvent favoriser.

Véritables labyrinthes, les chaînes de montagnes se trouvent rarement isolées; mais se n-produisent ordinairement par des chaînes latérales ou divergentes. N'étant soumises à ancnn ordre détenniné, nous les voyons se l'roiser dans des directions différentes, former

des nodosités d'où jailltasent de nouveaux sil* -

Ions, lier souvent ensemble plusieurs système* de montagnes, qui forment un rempart hérissé de difficultés, que la barbarie de la nature ne fait que multiplier.

L'élévation des sommets, l'abaioaeBteDt des vallées , rendent , en général , ce terrain diiBcile à franchir, tandis que l'angustie des enfoncements s'oppose à la facilité du passage pour un certain nombre d'hommes. La diractimi irrégulière de ces vallées, qui suivent les chaînes dans leur divergence, qui décrivent des lignes tortueuses et souvent croisées, en rend la connaissance détaillée très^difficUe , et leur attaque dangereuse contre un ennemi vigilant et circonspect.

Les chaînes de montagnes par rapport i U stratégie doivent être envisagées sous cùaq points de vue différents :

1 . Sous le rapport de la direction des chaînes principales, qui déLenuine la fume des revers;

3. Sous le rapport de ta direction des versants auxquels sont subordonnées la difficulté ou ia facilité des pentes;

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