‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 12 sur 95 · Sous celui des contreforts · texte numérisé non relu

Sous celui des contreforts

La direction tortueuse des chaînes principales, en déterminant la forme des revers, doit, par la configuration qui en provient, influer nécessairement sur les déterminations de la stratégie et en multiplier les combinaisons. Les angles saillants ou rentrants que fonnent les chaînes, en découpant des sections de terrain de U même forme , offrent k leura possesseurs tant de moyens Tacites d'en défendre lea approches , que ce n'est ordinairement qu'à U suite de profond es combinaisons et d'une gruide cûconspection,qnele8 assaillants parviennent à les forcer, sans courir les chances désavantageuses d'un débordement ou d'une attaque inopinée.

L'escalade des pelles, enparalysastdansles assaillants les acuités de la défense . mérite une attention d'autant plus grande, que la dire4> tion de ces pentes , détermine aussi celle des enfonc^nenu , et sert de guide dans le choix des voies le^plussûreeetles plus avantageuses.

Après avoir surmonté de grandes difficultés, c'est le nœud des vallées qui devient le lieu de repos et de raBseoAlement des troupes. Ces

Dœuds éUDt aussi les foyers où aboutissent plusieurs rayons , sont , ordinairement , lea points les plus importants de la âéf«isÎTe , où les réserves peuvent se rassembler, et qui décident de l'issu du passage. On peut tes envisager comme tes points lactiques du système de montagnes.

Les points culminants sont les points stratégiques des chaînes. Les commandements qu'ils prennent sur les passages, leur accordent une importance majeure dans la guerre de montagnes. On peut les envisager , en général , comme les noyaux des chaînes; et en les occupant avec discernement et ensemble , les avantages qu'on en recueille soûl incalc niables.

Les contreforts, en formant lesvallées trans* versâtes, en font autant de positions de flanc, qui sont tes plus fermes appuis de la défensive , et dont ta possession devient le line ifuà non des Dkouvements offensifs.

Nous voyons donc , qu'eu général, ces sortes de remparts que ta nature semble avoir élevés pour servir de boulevard aux empireset contre lesquels les efforts de l'homme viennent souventse briser, sont d'un avantage positif pour la défensive, et peuvent être considérés comme les barrières naturelles qui offrent le plus de difficultés à surmonter.

Les taillis d'une grande dimensioD ont quelque analogie avec le système de montagnes , car leurs entrées et leurs éclaircies ont les mêmes propriétés que les cols et les nœuds des vallées.

Tous ces produits de la création delà nature, comme fleuves, système de montagnes, forêts , etc., dont nous venons de parler, tout en influant d'une manière positive sur les combinaisons de la stratégie, ne sont pas cependant des objets contre lesquels le militaire se voie «Aligé de lutter toujours de front , car les fleuves et les forêts peuvent souvent être tournés, le système de montagnes peut quelquefois être évité , et, dans ce cas, ces objets ne conservent plus une influence directe sur les résultats stratégiques.

Le réseau des communications que la main de riiomme a étendu sur la surface de la terre doit , an contraire , être considéré comme la base de toutes les combinaisons stratégiques, qui ne peuvent être eSîectBées que par des mouvements. Les routes sont, pour ainsi dire.

les oignes vitaux de la strat^e ; car ce mit elles qui conduisent aux objets de ta posaesùon desquels dépend souvent le soK de ta guerre. Les routes unissent les capitales avec les villes, les villes avec les villages, les vQlages avec lea terrains environnants. Elles coupent dans tous les sens les chaînes de montagnes, les foréti, les fleuves et les plaines, en ^(alisant les surfaces des parties de terrain qu'elles travenoit et mettent ainsi , par des communications faciles, toutes les parties de 1^ surface du ^obe en contact entre elles.

Lea routes que ta stratégie peut considérer comme applicables à la science , sont celles qui sont praticables pour toutes sortes de voitures, et surtout pour l'artillerie. Leur tailleur, quoiqu'étant d'un grand avantage pour les mouvements, n'est pas cependant une de ces prérogatives dont on ne puisse se passer, lorsqaele terrain est d'une solidité constante, poomi que ces routes ne soient pas de ces chenûos accidentels, qui aiUent se perdre dans des forêts ou dans des terrains impraticables.

Cest ainsi que, dans la contexlure de la nI^ face du globe, nous voyons s'ofl'rir à notre attention et à notre perspicacité les premières lois de la stratégie, auxquelles te géoie de l'homme a su donner une force positive, et dont son esprit investigateur a su multiplier les ressources et régulariser les éléments.

En approfondissant les lois primitives de la création, comment l'esprit attentif de l'homme n'y reconnaîtrait-il pas des objets dignes de sa constante admiration T Presque tout est sublime dans la nature, il ne manque souvent que te génie de l'homme pour en développer les

Si, dans l'ossature de la terre, nous rema> quons souvent des formes bizarres, des relief d'une nature hideuse, une configuration toujours irrégulière, des régions de terrain d'alluvion, dont le sol barbare a ravi toutes les propriétés; telle que la zone sabloneuse qui. depuis le cap Bojador jusqu'au delà de l'Indus, traverse l'Afrique et l'Asie, produits non douteux des convulsions fréquentes auxquelles le globe a été soumis; d'un autre cd té, nous ne pouvons néanmoins y méconnaître des dispositions positives, auxquelles se rattachent, en général, les richesses des nations et l'équilibre politiaue des peuples.

DE LA STRAI^IE

Considérons aussi comme un bienfait àa créatenr le râle qu'il a laissé à l'homme, au génie duquel il était réservé d'obtenir de fréquenta triomphes sur cette nature inerte; mais dont les ressources sont si nombreuses, qu'elles

ont échappé, pendant longtemps, aux calculs les plus subtils, et ne se sont reproduites qu'à la suite de méditations profondes, constantes et consacrées par des siècles de travaux assidus.

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MÉMOIRES SUR US PRINCIPES

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