‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 2 sur 95 · partie méridionale de ces mèoMS marais, jusqu'à la mer Noire · texte numérisé non relu

partie méridionale de ces mèoMS marais, jusqu'à la mer Noire

Je les distinguerai par la sphère d'opérations du Nord et celle du Midi (i).

Ces deux sphère» d'opérations, d'après la direction des communications principales qui conduisent dans le cœur de l'empire, donnent deux modes particuliers de lignes d'opérations, et dont la différence est d'une iaHuence majeure sur les opérations stratégiques. La {H«mlère offre des lignes d'opérations parallèles à la frontière.

Chacune de ces deux sphères possède ses défauts comme ses avantages. Si celle du nord a deslignes d'opérations moins étendues , le pays qu'on doit parcourir fournil moins de ressources, par la pauvreté de la contrée. La sphère d'opérations du midi, au contraire, présente une étendue de 36 myriamètres de plus à parcourir pour atteindre l'objet principal des opérations; mais en revanche elle offre un climat moins sévère (i), un pays infiniment plus fertile, et par conséquent des ressources beaucoup plus abondantes.

La sphère d'opérations du nord a une frontière plus étendue, celle du midi, une autre plus rétrécie (a). La première donne donc moins de moyens de couper la retraite à l'armée envahissante, la seconde n'iMige pas les défenseurs à occuper une grande extension de terrain et à disséminer leurs forces , pour en garder les passages principaux. La première possède une plus grande ramification de communications, par conséquent plus de facilités pour les opérations concentriques et le rassemblement des forces physiques sur les points stratégiques; la seconde présente un terrain

principale dn Danc ganche, ï Krasnosta* et Ootehany; pour ceUe du centre, i Lemlierg et Boosk ; pour les tnjupes de l'aile droite, t Brjejanj et Famopol. Les points de passage des frontières seront, pour ia colonne delà gauche, i Ousiiloug; pour celle du centre, i Brody; pour celle de la droite, 1 ^olotschlsk. Les colennes hitermédlaires et de sûreté auront leon points de ruMmbIcneat i Sanunn, Tomaaehev, Belge . Gol- Uer «t ZlotacbeT, a teim points d'inn^n aéraient HiUatin, Beresteschko et Sbarage.

11 n'est pas i prèsamer qu'un ennemi qui, en venant d'ADemagne, se propose de faire une invasion en Itusue en choisissant la sphère du midi pour les opérations , aiHeranemliler ses troupes dansIaBukotiae et s'éloigne toloBtaireHent des ptnats olÔMtifc, b«l dea opérations.

m lA GUERRE DE 181S.

' mois» coapë et plus de Tacilités pour les loonvemeoU.

Ea franchÎBSaat la Bérésina et le Dnepre, on dépasse l'obstacle naturel des marais du PripeL, et celte barrière, qui partage si distioct^nent les gouvememenlafroDtières de la Russie en deux sphères d'opëratioDS, s'évanouit; et c'est justement alors que , dans la sphère d'opérations du midi, la ligne d'opérations parallMe à la frontière , prend sa nouvelle direction et continue de même jusqu'à Moscou.

Examen da frantière*. — La frontière de la s]dière d'opérations du nurd, donne un développement d'environ 63 myriamètres, et s'étend depuis Polangen par Kovno , GrodDo jusqu'à Brest-Litovskoy. Les opérations oBensives d'un ennemi qui la franchirait sur un des points entre Polangen et Brest - Litovskoy , offrant deux buts dillërenls, Péteisbourg et Moscou, présentent deux sections de terrain pour les opàations offensives, dont l'une se base sur l'espace compris entre Polangen el Kovno, et l'autre sur l'étendue marquée par les points de Kovno, Grodno et Brest-Litovskoy.

La^iremièredeces deux sections, en entrai* Dant les armées dans des opérations et sur un terrain qui les rapprochent de la mer et les mettent en butte àde grands dangers, sera rarement choisie pour être le théitre principal de la guerre , et ne sera ordinairement destinée que {Ktor des opérations secondaires, qu'on envisagera comme corollaire de celles qui auront Moscou pour but. D'après les avantages des localités, Moscou sera donc ordinairement l'objet {H^ncipal des opérations. Voilà pourquoi je n'étendrai ma dissertation que sur la section dont les opérations seront basées sur l'espace compris entre Kovno et Brest-Litovskoy.

Depuis Grodno jusqu'à 10 kilomètres plus bas qae Jourbourg, la frontière est décrite par le Niémen, et en s'avançant par le midi, elle l'est par-Ie Bobf et le Boug. Ces trois fleuves forment U [««mîère ligne de défense pour la Russie.

Ces lignes du Niémen , du Bobr et du Boug , ne sont renforcées par aucun point d'appui permanent, et ayant égard à une aussi grande étendue, ne présentent, quant à l'invasion du lerriloire, presqu'aucune difficulté aux assaillants. De plus , les affluents du Niémen , comme la Mnvtchanka, la WilUa, la Névëgea, la

Doùbissa , la Joura , ainsi qu'im& partie du Niémen même , depuis sa source jusqu'à Grodno, d'où il prend par un changement subit, sa direction vers le nord , en tombant perpendiculairement à 1) frontière , qui aurait pu , si cette frontière possédait quelques points fortifiés, offrir sous leur protection des positions de flanc très-favorahles , ne présentent , au contraire, dans l'hypothèse existante, aucun avantage au système défensif , mais en diminuent encore les ressources.

La partie de la frontière comprise entre Kovno et Brest-Litovskoy , suit le Niémen depuis Kovno jusqu'à Grodno, gagne de lï le Bobr, le suit jusqu'au village de Rouss, d'oii elle longe le Narev jusqu'à Sourage, et se trouve marquée ensuite par leNonretz, affluent du Boug, et ensuite par ce dernier fleuve jusqu'à Brest-Litovskoy.

Depuis le point de Pojour , jusqu'à celui de Gonionds, la frontière forme un angle rentrant, dont les points de Kovno et Grodno sont les plus importants pour l'invasion et les mouvements offensifs ultérieurs des ennemis ; ces deux points sont d'autant plus à considérer, que si, d'après les di^sîtions générales , les assail* lants sont parvenus à franchir la frontière sur l'un et sur l'autre points, ils prennent de grands espaces de terrain à revers. Dans la section entre Fotangeo et Kovno , les ennemis obligent les défenseurs à céder sur la ligne d'opérations de Tilsit à Riga , le terrain jusqu'à Schawly et dans celle entre Kovno et Brest- Litovskoy, en se rendant maîtres de Grodno, ils éclairent le mouvement offensif de leur extrême droite jusqu'à Wolkovisk, isolent le poste de Bialistok et foreent les défenseurs à se replier avec leur gauche jusque derrière la Rossa.

Ces considérations sont suffisantes pour démontrer que les opérations offensives d'une armée qui franchit la frontière , surtout au moment oii l'équilibre des forces physiques est en sa faveur, comme le cas que nous offre la campagne de 1813, ne sont entravées par aucun obstacle majeur. Les opérations défensives , au contraire , n'en deviennent que plus diOiciles à être soutenues.

Da ligne* ci det bâta d'opératiom. — Ce sont ordinairement les communications les plus courtes, les plus praticables et les plus

CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

avantagenses . qai constitaent les lignes d'opéralions. C'est donc dans les voies les plus faciles, que nousdevons rechercher les meilleures.

La section des Avntières entre Kovno et Bresl-LilOTskoy nous oflre six points principaux d'intersection et d'invasion , qui sont : Kovno, Grodno, Chorochtch, Tséchanoretz , Drogyezyn et Brest-Litovskoy.

LÀ communication de la gauche qui, avec ses ramifications, conduit aux vallées de la Uuna et de la Bérésina, en partant de Kovno, va à Wilna , d'où elle se partage en deux branches principales, dont l'uno va par Hikali- Bchky, conduit de là par Jaschkouny, Danilovitchy et Cioubokoé vers la vallée de la Duna.

La seconde hranche, ea quittan t Wilna, passe par Smorgony; de Smorgony elle aboutit à la vallée de la Bërésina , par deux directions différentes. La première conduit par Narotch, Wil^a et Dokschitzy, d'où ceLte nouvelle branche se partage encore en cinq directions, dont l'une mène à Gloubokoé, la seconde par Prosorky à Pototzk, la Iroisième par Lepell, Tschaschniky, Tchereja, Oboltzy et KokhanoviOrcha. Les deux dernières mènent, l'une par Begomlia et l'autre par Pleschtchenilzy à ZembJD , et plus tard à Borissov.

Dans la secondedireclion, en quittant Smor^ gony, elle va i Noiodetcbno, d'où elle se rejoint par Borky et Wileïka à celle qui conduit vers la hante Bérésina, et en passant par Minsk et Borissov, y conpe les vallées du Swîslocz et de la Bérésina, et aboutit par Orcha i Smolensk.

La seconde communication principale, en partant de Grodno, passe par Novogroudek, rejoint la première î Minsk, et continue de même jusqu'à Smolensk.

La troisième conduit par Biaiistok, d'où elle se partage en deux branches principales, dont la première va rejoindre Grodno en passant par Sokolka, et la seconde va par Wolkovisk ; d'où, prenant deux directions difi'érentes, elle aboutit à la seconde communication principale par le point de Kamionka et continue par Slonim, d'où elle va de nouveau se rejoindre par Belitza et Novogroudek à la seconde, et continue par Neswige à Minsk.

Cette même route en quittant la direction septentrionale à Neswige, passe par Bobrouisk et par Hohilev, d'où elle se parta^ anssi en

deux branches , dont Tune aboutit par ScUtlov à Orcha et rentre dans la grande commanication de Borissov, et l'autre passe par Hslidav i Smolensk.

La quatrième , en partant de TiekanoTitx , passe par Belsk , d'où elle va en deux directions couper la vallée du Narev, à IHosky et Narev, et rejoibt la troisième i Biaiistok et Jalavka.

La cinquième , en quittant Dragycz^n , rejoint la quatrième lur deux points , & Belsk et Narev.

Enfin la sixième, en partant de Brest-Litovskoy, se partage en deux branches i Kobrin, dont l'une va par Proujany, d'où eUe ren> tre par les points de Wolkovisk et Slonim dans la troisième, et l'autre par Pinsk , se concentrant l'une et l'autre au point de Nesmge , et aboutissant par les deux directions ci-dessus mentionnées à Orcha et Smolensk.

De cette dernière ville, une seule commnni- ' cation principale, qui passe par Wiasma et Mojaisk, conduit à Moscou.

Les communications secondaires parallèles à celles-ci, que le général Vaudoncourt a trèsbien désignées par la dénomination de lignes de coopération, sont:de Kovno, par^oronly, Wilna, Swentziany, Padouiyschky, Postavy; et ayant coupé entre ce dernier endroit et Kovsiany, le vallon de la Louchaïka, elle rentre dans la communication principale qui aboutit à Gloubokoé. Ensuite celle d'Olita, par Janonschichky, Hovoï-Troky, Wilna, OIschany, Wologin , Rakov et Minsk ; d'où , dans l'hypothèse que la ligne d'opérations ira par Wilna et Minsk, elle continuera par Zembin, Kolopenitchy , Oboltzy ; elle pent revenir de U sur la grande communication à Kokanov, ou bien en continuant jusqu'à Mitkovschisna, elle formera l'échelon stratégique de la gauche du point central d'Orcha. Enfin, celle qui, parlant de Gonionds, passe par Janov, Kousnilza, Wotpa, Piasky et Dsenzol. d'où elle va rejoindre la communication principale de Grodno à Novogroudek.

Enfin, les routes transversalesquiserveot de communication d'un flanc à l'autre et facilitent les déploiements stratégiques, sont : de Kovno, par Herelch, Grodno, Biaiistok, Belsk et Sématiche; de Wilkomir, par Wilna, Wassilisdiky, Kamionka ou Scbt<ïiouchin , Hosty,

DE lA GUERRE DE iSiS.

WoUovbk et Proujany; de WOna aussi par Lida, Belitza, ^onim et Besdege; d'OschmiaDy, par Okchany, Ivié, Novogroudek i SloDim; de Sweotziauy, par Hikhalischky, Smorgony, Vologiu d'où elle va par Novograudek i SIodiid ou par Neswîge à Pinsk , de PosLavy, par Wileïka el Minsk à Neswîge; de Gloobokoé par Dokscbitzy, Pleetcheniliy à BorJGSov; d'Onchatch , par Lepell, Kolopenîtcby et Btihf, de Boudilovo par Senna et Kokanov à Hohilev; de Witebsk par Babinoviczy à Orcha, et enfin de Poretchié à Smoleosk.

D'après cet exposé , il est facile de se con- TaÎDCre que la section de la sphère d'opérations du nord, dont Moscou est l'objet principal, possède six points de départ qui forment six lignes différentes d'invasion, lesquelles, en se confondant l'nne dans l'autre, offrent deux directions pour pénétrer dans le cœur de l'empire, dont l'une, en tournant laBérésina presqn'àsa source, passe par l'entre-deux de ce fleuve et de la Duna , et l'autre en passant pv Minsk , coupe la vallée de la Bérésina à Borissov el aboutit à Smoleosk.

Les lignes d'opérations qui en proviennent sont: pour la première direction, celle qui, en partant de Kovno, passe par Wilna, Smorgony, Wileïka, Dokscbitzy et plus loinàOrcba. Les autres, dont on peut en compter autant que de points d'invasion, vont se confondre l'une dans l'autre et se concentrent toutes dans le point de Minsk, qui fwme ainsi le foyer d'où partent les conunnnications principales qui mènent Jk la frontière.

Les deux points de Dokschilzy el de Minsk deviennent donc pour le terrain compris entre le Niémen et la Bérésina, des points centrais de la plus haute conséquence stratégique.

Des différentes lignes d'opérations que je riens de désigner, celle qui , en quittant Wilna, aboutit par Dokscbitzy k Smoleosk, en conduisant tes assaillants par un terrain moins diflicile, en tournant presque i sa source la vallée marécageuse de la Bérésina, et leur offrant, par conséquent, nwins de difficultés topographiqnes à vaincre, devrait aussi âtre la meilleure. Cependant plusieurs inconvénients lui ravissent beaucoup de ses avantages. Étant sur l'extrême gauche de la base d'opérations des ennemis, elle se trouvera toi^ours en danger d'être interceptée par une opération basée

sur le point défensif de Dunabourg ; opération qui paralysera tous les mouvements offcusib des troupes qui voudront opérer dans cette direction.

La concavité de la base d'opérations des défenseurs , formée par les ligues de la Duna et de la Bérésina, en favorise même l'exécution. Le point de Dunabourg étant plus rapproché de celui d'invasion (Kovno), que ne le sont ceux de la ligne de la Bérésina, qui forment le centre de la base du même point, consolidera ces opérations avantageuses. Voudra-t-on assurer l'intégrité de cette ligne d'opérations, il faudra se laisser entraîner dans des mouvements excentriques toujours dangereux; car en constituant celle communication en ligne d'opérations, il est indispensable d'avoir un corps détaché, qu'on fera manoeuvrer dans la section des frontières entre Tilsit el Kovno , qui éclairera la gauche et prot^era l'opération principale.

Dans le cas où la base d'opérations des ennemis s'étendra depuis Kovno jusqu'à Brest- Lîtovskoy, la ligne d'opérations offensive la plus sûre sera celle de Grodno à Minsk. Les communications de Wilna et de Bialistok seront les lignes de flanc et de coopération.

En adoptant ta ligne de Grodno comme ligne centrale , les opérations seront d'autant mieux assurées que les points extrêmes de la hase d'opérations des ennemis, comme Kovno et Bialistok, forment avec le point central commun, Minsk, untriangle stratégique à peu près rectangle, dans lequel la ligne d'opérations principale , en se trouvant établie à peu prèA sur le centre de la base, conservera facilement son intégrité.

Hais cette ligne d'opérations, dont les avantages principaux sont trop palpables pour qu'il soit nécessaire eacon de les approfondir davantage, n'est pas cependant exempte de défauts, qui lui ravissent à peu près toute sota efficacité. Premièrement, elle est plus longue que celle dont nous avons déjà parlé, et si même ce désavantage n'était pas mis au rang des plus majeurs, car la différence n'est pas très-forte, son plus grand défaut serait celui de traverser un terrain boisé, marécageiu, offrant des défilés difficiles à franchir, et ne possédant, comme nous venons de nous en convaincre , que peu de roules parallèles ou de

CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

cof^ration. Les grands taillis qu'on y rencontre forment des masses imposantes de résistance en faveur des défenseurs, et augmentent les diSîcullés des opérations offensives. Ces mêmes obstacles de terrain paralysent aussi tout contact entre les colonnes de roule, et augmentent les difficultés des mouvementsconcentriques.

La ligne de Brest-Litovskoy étant la plus éloignée de l'objet principal, cdtoyant un terrain difi^ile et même dangereux, ne sera, dans tous les cas, qu'une ligne d'opérations secondaire, et ne servira que pour une opération de flanc.

Da ofg'e» dopératiûfu. — Il existe en Russie deux objets principaux d'opérations, Pétersbourg et Moscou. L'assiette du premier, situé à l'eitrémilé septentrionale de la Russie, adossé au golfe de Finlande et entouré par tes provinces les moins fertiles de la Russie, ne présente aux deux partis que des dangers, sous le rapport topographique. II ajK partient exclusivement au système de guerre basé sur la section comprise entre Tilsit et Wilna.

Le second, Moscou, est situé au cceur de l'empire, au milieu des provinces tes plus fei^ tiles, qui offrent une extension suffisante pour les opérations, et on y parvient sans courir les mêmes dangers qu'en se dirigeant sur Pétersbourg.

L'éloignement dans lequel ces deux objets principaux se trouvent des frontières (i) ; le peu de temps que dure la saison tempérée pendant laquelle on peut faire la guerre dans le cœur de la Russie, sans que la lutte soit au détriment de la santé du soldat, et ne menât sans ressource les armées envahissantes à leur destruction , sont des raisons péremptotres pour ne pas toujours fonder les résultats définitil^ de la guerre sur l'espace trop court de quelques mois , que peut durer la saison tempérée. Quel que soit donc l'objet qu'on choisisse pour le but des opérations, deux campagnes deviennent presque indispensables.

Abstraction faite de ces deux objets principaux, l'armée offensive rencontre d'autres

(i) Dans la ïphère du nord, Pétersbourg est iiSOmp riamètret, Homou t pins de 90 d» frontières. D*ns la sphère dn raidi, Moscou est i 15sE myriamètrrs.

points qui ne sont guère moins inqtortanls, et dont la possession est la condition expresse de la continuation des hostilités ; ce sont les objets intermédiaires.

En quittant la ligne du Niémen , l'armée offensive rencontre au passage de la Willia , Wilna sur sa gauche , et au passage du Niémen , Belitza dans son centre. Ces deux points forment les flancs de la ligne stratégique transversale dont Lida est l'échelon intermédiaire. Ici la concavité de la base des défenseurs oblige les assaillants, comme nous l'avons vu, à un mouvement excentrique pour la gauche.

Maîtresse de Wilna et de Belitza , le but de i'armée offensive doit être de dominer toujours les cours de la Willia et du Niémen ; elle doit donc chercher à atteindre promptement avec la gauche , d'un côté Hikhalischky , etdet'antre Smorgony. Le centre et la droite convei^eront par NovogToudek et Neswige sur Novoï-Swergen, et occuperont ainsi la troisième ligoe transversale entre Swentzîany et Neswige. Le point d'interposition sera Wologin.

Ayantoccupéla troisième ligne transversale, l'armée offensive trouvera moins d'obstacles sur son flanc gauche, qu'au centre et sur l'aile droite. La ligne d'opérations sur la gauche prend à revers à peu près tout le cours de la Bérésina , tandis que le centre el ta droite rencontrent les obstacles formés par les grands taillis , en avant de Minsk , un terrain souvent aquatique, et les lignes de Swislocz et de la Bérésina, qu'ils doivent attaquer de front. Les grands efforts devront donc se porter vers la gauche, dont les opérations faciliteront celles dirigées contre Minsk et Borissov.

De Mikhalischky et Smorgony, la gauche devra se porter avec rapidité vers Cloubokoé et Dokschitzy, pour prendre k revers la ligne de la Bérésina , et forcer ainsi les défenseurs d'abandonner leur base temporaire. Il ne reste plus en avant de Smolensk que trois points qui puissent couvrir cette ville : c'est Babinoviczy, Oreha et Mohilev; le second achevai sarla ligne d'opérations principale, appuyé au Dnepre, peut facilement faire échouer l'opération offensive.Les mouvements latéraux sur Babinoviciy el Mohilev, remplissent plus facilement l'objet principal. Prenant d'un càté le point central d'Orcha à revers, et livrant de l'autre un point favorable sur le Dnepre, ils consolideront

DE lA GUERRE DE 181S.

ptutdt l« mouTement concentrique sur Smolensk. Le second rependant, en séparant les inasites offensives par la vallée du Dnepre, et les forçant par conséquent d'opérer sur les deux rives du fleuve , sera toujours moins avantageui que le premier.

L'extrême gauche , dont le premier devoir est de prévenir tout mouvement offensif basé sur le point de Dunabourg, devra aussi nettoyer les deux rives de laDuna, dont le cours, parallèle aux lignes d'ojiératioDS principales, offre toujours une ligne défensive flanquante, dangereuse pour les mouvements offensib ultérieurs.

Smolensk devenant le dernier objet stralégique majeur, qu'on rencontre en avançant vers Moscou , c'est là où doivent se rassembler tous les moyens matériels, les foi-ces physiques et les efforts des défenseurs pour en conserver la possession. Avec la reddition de Smolensk, on fraye le chemin jusqu'à Moscou, et si le terrain de 37 à 38 myriamëlres, compris entre Smolensk et Moscou, offre plusieurs avantages tactiques, ceux de la stratégie, quant à la conservation de la capitale, but des opérations, deviennent presque nuls.

On avait employé pour le camp de Drissa beaucoup de moyens matériels, mais qui ne furent d'aucune utilité. Ce point n'avait pas été heureu.<;emeDt choisi, car il n'était d'aucune importance stratégique. L'assiette de Drissa, (losle latéral à la li^e d'opérations natureUe, ne présentait pas même de position de flanc pour une défense indirecte de l'objet primitif des opérations, ni de champ de bataille avantageux, où l'armée défensive, sans risquer de perdre ses communications avec Smolensk, put recevoir ou livrer une bataille. Dans le cas d'une défaite et d'un mouvement rétrograde, si même le passage sur la rive droite de la Duna fût assuré par tes ponts qui se trouvaient sous la proleclion immédiate des fortiflcalions du camp, le désavantage le plus grand était, que l'armée rétrogradante se trouvait rejetée sur Sébcge , et par conséquent tout à fait hors de la ligne d'opérations naturelle par Smolensk à Moscou.

Le poste de Smolensk, au contraire, mis à l'abri d'une attaque irrégulière, offrait aux défenseurs tous les moyens Av. prolonger les opérations avec avantage sur la ligue du Dnepre.

Smolensk est le point central où aboutissent huit routes différentes , dont cinq mènent vers l'est et le midi de la Russie. La ville dominant la vallée du Dnepre, offre des moyens faciles de manœuvrer sur les deux rives. L'armée rassemblée sous ses murs, livrant bataille sous la protection des retranchements, a tous les avantages lactiques en sa faveur, et celui incalculable de manœuvrer d'un point central, contre une position demi -circulaire, et parconséquent étendue. Avec de pareils avantages, une affaire générale sous Smolensk aurait pu offrir facilement un pendant à la bataille de Dresde. Smolensk étant l'objectif principal de l'armée ennemie, devait aussi attirer l'attention des défenseurs. L^'était, en un mot, la clef de Moscou , du cœur de l'empire , qui a été et sera toujours de la plus haute conséquence pour les mouvements stratégiques d'une guerre faite dans la section de la sphère d'opérations du nord, et dont Moscou serait le but principal.

Det points ilralégiffuei. — D'après l'esquisse que je viens d'offrir, nous venons de voir que les lignes d'opérations de la sphère du nord avec leurs subdivisions qui se confondent l'une dans l'autre , et qui conduisent à Moscou , se réduisent à celles de Kovno par Wilna, d'où ellesse partagent et atteignent les rives de la Bérésinapar Dokschitty et Borissov ; de Crodno par Novogroudek; de Bialistok par Wolkovisk, et de Bresl-Lilovskoy par Kobrin.

Les points centrais les plus importants, sont : Wilna, Grudno, Bialistok, Betsk, Wolkovisk Kamionka, Mikhalischky, W'ologin, Slonim, Neswige, Molodetchno, Wileïka, Dokschitzy, Minsk, Orcha et Smolensk. Les lignes secondaires qui servent de voies pour les mouvements concentriques, qui joignent aussi les différents points d'intersection des frontières avec les points centrais, ainsi que ceux qui marquent les lignes transversales, ont été déjà récapitulés plus haut.

Sur toute l'étendue de la frontière , ainsi qun dans l'espace compris entre le Niémen, la Duna et la Bérésina , le pays étant abordable en tout sens, il serait difficile de désigner des points qui puissent répondre entièrement à toutes les conditîonsquel'art militaire impose à un point stratégique; mais ceuxoù convergent les routes principales qui conduisent dans l'intérieur de l'empire, et qui servent de rassemblement aux

dbyGoOt^lc

CONSIDÉRATIONS SUR LES .OPÉRATIONS

s colonnes, cevx d^iotersection des lignes perpendiculaires el tranSTersales, où s'opèrent lesdéveloppemenU stratégiques, ainsi que ceux qui nous livrent les passages des grandes rivières, etc., peuvent toujours être mis dans la catégorie de ceux que nous recherchons main tenant.

Nous avons sur la Routière comprise entre Kovno et Brest-Litovskoy, huit points importants qui sont : Kovno, Olita, Grodno, Qonionds, Cfaorochtsch, Tzekanovitz , Drogycz>rn et Rresl-Utovsko;; tous les huit sans défense, el par conséquent ne pouvant s'opposer à l'invasion des ennemis. Dans l'hypothèse que les assaillants choisiront pour ligne d'opérations, celle qui mène de Kovno par Wilna à Dokschiliy, une pointe de leur paît vers Dunabourg, devient indispensable pour éclairer la gauche et paralyser tous les mouvements offensifs que les défenseurs pourraient faire en se basant sur cette place.

Cette observation sur lagauche devientd'aulant plus essentielle, que la ligne de Dnnaboui^ à WUna, en tombant à peu près perpendiculairement sur celle de Kovno par Wilna, et k peu près à son départ, rendrait toutes les opérations ultérieures des assaillants, trop précaires, s*ils D'en conservaient l'inlégrité.

Le mouvement offensif des défenseurs, basé sur Dunaboorg, doit nécessairement se lier avec celui vers Wilna, et cette double opération acquerra par là l'avantage d'être concentrique, tandis que celle des ennemis sera excentrique. Un mouvement offensif vers Wilkomir, et plus tard dans la direction de Jauovo, peut facilement mettre le flanc gauche du déploiement stratégique de l'ennemi en défaut, ce qui le forcera, sinon & abandonner tout à fait son «^ration sur Wilna, du moins à s'engager dans un mouvement excentrique sur les deux rives de la Willia ; tandis que les défenseurs possèdent par les points de Schirvinty et GedroTIzy, des points d'interposition pour )e rassemblement de leurs forces sur l'une ou l'autre communication, ce qui pourrait établir un équilibre avantageux dans les forces physiques, et consoliderait le mouvement offensif vers Kovno.

Dans la direction de Kovno h Dokschitzy, lesgrandesopérationsdes assaillants se lieront avec celles de la ligne flanquante vers Duna-

bourg, par le point de Hikhalischky, d'où cette corrélation doit cependant s'évanouir par la divergence des mouvements qui en proviennent, ce qui n'en faisant à peu près que deux opérations isolées, les rendra d'autant plus dangereuses. La ligne de contact, quoique imparfaite, étant celle qui mène de Mikhaliscbky par Danilovitcby à Gloubokoé, toute l'attention des assaillants en quittant la ligne de déploiement stratégique de Swentziany par Mikbalischky i Smoi^ony, devra donc tendre à ce qu'aucun corps des défenseurs ne vienne intercepter la seule ligne de contact qu'ils possèdent, et ne s'empare d'aucun des points d'interposition qui existent entre les deux lignes principales, comme Jaschkouny, Galbavtchisna ou Gh>iibokoé.

En prenant Grodno comme point de départ de l'invasion, les opérations préliminaires, potjr ne pas être trop isolées, doivent être circonscrites dans le triangle stratégique marqué par les points de Kovno, Hinsk et Bialistok. Le flanc droit de la ligne de Grodno étant asscx bien défendu pour les assaillants, par le cours 'du Niémen, celle de Bialistok à Wolkovisk peut n'être envisagée que comme ligne flanquante , et ne servira que pour un détachement d'observation. Les forces majeures se rassembleront donc entre Kovno et Grodno, et manœuvreront dans l'en tre-deux de la WiUia et du Niémen supérieur.

Les points de contact entre les deux lignes qui serviront de voies aux grandes opérations, seront Germouny, Lida, Ivië, OIschany, Wologin et Ko'idanov.

A l'inspection de la carte et de la position des forces majeures défensives , il est aisé de se convaincre que le point de Wilna est un 4es points les plus importants de la ligne stratégique transversale. L'occupation de ce poste par les assaillants, rend la position du centre des défenseurs trop précaire, et le forcera à se replier sur la Gavia; tandis que l'aile gauche chei'chera à se maintenir sur le Niémen supérieur jusqu'à Belitza. Des mouvements décisiEs de la part des ennemis devront donc se faire dans la direction de Wilna.

Après l'abandon de ce point , la seconde ligne de déploiement stratégique des troupes défensives, sera donc entre Mikbalischky el Novogroudek. Les points de Hikhalischky, Smor-

m hk GUERRE DE 1612.

grmy, Olschany et Ivlé, dont les deux premiers conduisent coDrenlriquemenl par Narslch à Dokschiliy et les deux 'derniers par Wologin au point central Minsk, deviennent d'une considération majeure. Le poste de Bélitza, nœud des roules de Grodno, Bîallstok et Bresl-Litovskoy, livrant aussi le passage du Niémen supérieur, ne manquera pas d'être sur le flanc gauche des défenseurs, en butte à l'effort concentré des troupes offensives qui viendront dans ces directions.

Maltresse de ces différents points, le but de l'année offensive sera de prendre poasesdon de la vallée de la Bérésina , et de s'ouvrir parla un chemin facile verscelledu Borysthène.

Les points de Dokschilzy, Plestchenitzy et Minsk, formeront la troisième ligne de déploiement stratégique des défenseurs. Mais ne présentant sur la droite qu'un flanc mal assuré, ils devront se prolonger vers Cloubokoé, comme point latéral et de sûreté. Celte précaution devient d'autant [dus nécessaire, que le mouvement des assaillants, par leur droite, étant désavantageux , parce qu'il se présenlede

front vers la ligne de la Bérésina où elle n'offre que des défilés difficiles à franchir, les portera sans doule i prononcer un mouvement décisif par leur gauche. Ce mouvement a denx avantages réels, celui de tourner la vallée marécageuse de la Bérésina , en la prenant à revers presqu'i sa source, et de diriger l'armée offensive par un terrain plus facile.

Le mouvement stratégique principal ayant été prononcé vers Dokschitzy , et plus loin vers Lepeli, enlève au point de Borissov, à peu près tons ses avantages, en menaçant un des objectifs principaux, Smolensk. Ici tous les mouvements offensifs deviennent concentriques, et pour ne pas rendre les opérations des deux ailes trop isolées, les assaillants devront plutôt concentrer leurs forces principales sur la rive droite du Borysthène, d'où ils pourront, avec plus de facilité, menacer la ligne principale d'opérations qui conduit de Smolensk à Moscou, et forcer peut-être les défenseurs ^ abandonner cette ville, dont la possession lève le dernier obstacle stratégique qui s'oppose ao offensif vers la capitale.

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CONSIDËlUTiONS SUR I£S PPÉRAHONS

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