I. En base d'approvisionnement
S. En bases d'opérations.
La première est celle qui contiendra les dépdts de tout ce qui peut être nécessaire à l'armée pour faire la guerre, tandis que les secondes serviront de pivot et d'appui aux opérations. Dans l'offeosive , on quitte la base
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des opératioDs, toodis qne, dans la défenÛTe, OD ibandonae ta dwnière pour se replier sur la première.
C'est ainri qu'en 1813 l'arma de Bobéme aTait a> base d'approTisiounement sur la UtAdau, et celle d'opérations sur l'Eger et les revers septentrionaux des montagnes de l'Ers. Le maréchal Bliicber, dans la même campagne, avait sa base d'approvisionnement sur l'Oder et ses bases d'opérations altematiremeot sur la Kalziuit, la Queiss et la Neisse. Dans la guerre que les Russes ont soutenu contre les Tores en 1828 el 1839, celte différence do base devient plus palpable encore. Odessa a été la base d^ approvisionnement, tandis que l'année tarait en Bulgarie , et plus tard en Roumélie.
La base d'approvisionnement étant celle qui alimente et soutient la guerre en génà^ , doit contenir les dépôts des munitions de guerre et de bouche, des armes, des habillements et même la masse des recrues qui com{dètent les troupes. Comme l'agent aclif des opérations, l'armée, dénuée de toutes ces ressources, peut être facilement paralysée, il est tout juste de les mettre tellement à l'abri , que l'ennemi ne puisse 7 parvenir, ou même en atteignant ces différents dépôts, ne puisse s'en rendre maître. L'armée qui les défend doit songer à les sou»traire aus désavantages du premier cas , tandis que le choix des points oii se font les rassemblements doivent être k l'abri d'un coup de main, c'est-à-dire, dans des places fortes. Les forteresses se construisant ordinairement sur les grands fleuves, dout la masse des eaus offre à ces points défensib beaucoup de stabilité et de facilité de communication , tes bases d'approvisionnements sont, par le fait même , choisies ordinairement sur des fleuves fortifiés.
Le nombre de ces places doit être multiple pour posséder plus de UgoesdecoiamuDicationa avec l'armée et pour faciliter les transports.
Noos considérerons l'armée comme l'agent défensif immédiat de outre base d'approvisionnement , el Les secours de l'art comme le complémmtde ses propriélés.
Lorsque la based' approvisionnement, renl<»cée par l'art, se trouve aussi sous la protection immédiate de l'armée qui opère sur une ligne avancée, U est tout juste qu'une base pareille est i l'abri de toute atteîirie. Héue un eiutenû
andaeieiu , bisaat abstraction de tontet les considératitma qui doiventguîderseso pérations stratéfiqaes , se porterait-il vers la base et s'engagerait-il dans un mouvement lointain, la punition suivrait de près. En se portant h dos des défenseurs , en masse ou avec une partie de l'armée assaillante , il est tout simple que, dans le premier cas, il découvre tout à Elit l'objet de sa propre défense et le livre aux atteintes de ses adversaires, et, dans le second, il affaiblit , en la disséminant , la masse qui le défend et met ses parties à la merci d'une défaite. Ces sortes de mouvements »mt très-dangereux et souvent pins pernicieux qu'utiles.
Nous avons sous les yeux un exemple bien terrible : et, quoiqu'un exemple ne soit quelquefms qu'une règle exceptionnelle; mais le résultat en a été lellement immense et étonnant, qu'il peut servir d'indication pour ce qu'il faut craindre dans de pareils cas. C'est celui que nous ottie la campagne de 1814 et le mouvement de Napoléon sur Saint-Df lier et Joinville. Il dissémina les troupes qui défendaient Paris, pour se porter contre la base des alliés , exposa l'objet priocipal des opérations en affaiblissant l'armée qui le couvrait, et mit ainsi ses fractions à la merci d'une défaite complète. Le résultat de ces manœuvres nous est connu.
Si la base d'approvisionnement , dans la direction de laquelle se trouve ordinairement aussi l'objet principal des op^ations, n'est pas renforcée par l'art, certes qu'une attaque des ennemis peut U mettre plus l6t en danger; mais, dans UD cas pareil aussi, ai elle se trouve sons la protection immédiate de l'armée, il n'est pas toujours convenaMe de risquer de est grands mouvements de conversions pour s'en rai^irodier, en laissanL l'armée défensive dans le flanc. Le plus avantageux est toujours de manoeuvrer de nlanière i déposter cette armée, de la rejeter dans un sens inverse de ses direotîonsnaturelles, et de s'ouvrir, de celte manière, une voie sàre et facile vers la base de ses ennemis. Les résultats de pareilles manœuvres sont ordinairement très-grands , et décident quelquefois d'une campagne entière. La guerre que les Français ont soutenue contre les Autrichiens, en 1809, en oSn un exemple. Après la défaite d'Eckmfihl , l'archidao ayant été rejeté en sens inverse de sa direction naturelto
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HÉHOUtfS SUR US PRIKCIPES
et de twa buea <l'«}téralionB et d'approrkkaH nemeats , se vil; obligé de s» jeter ea Bohé«e pow Atteindre l'objet priiici|Ml , Vie&ne , et ouvrit «insi i se» eanettis des voie* sitre§ et fmlea po«r v«nir meaaoer la capitale, et pour se mettre es pwaesskiD da foyer d'où rejiillùskieot tous les âànents. qui pouvuent souteiûr la guerre.
Ces grands résultais sont, sao» doute, difficiles i atteindre, et il n'apparlieot qu'à ud géule JMsi transcendaut qu'était celui de Napoléo», de nous en donner un exec^le.
Ce cas aussi n'est admissible, qoc lorsque la base d'approvisioimeinent ne possède aucune force défeuûve intrinsèque. Hais alors on doit «bercbw à la déreadrepard' autres moyens, et ou y laisse de gros détaehemenla, ou l'axaiéede réserve, s'il en existe une.
Si, au conlrain , cette baae cet fortiBée , et par conséquent chacun de ses points ï l'abri d'uD coup de maiu, les malheurs auxquels l'année déposiée de ses directiwis Hstnrelles ponrriûl élre en butte , ne seraient que inompstanés. En rejoignaoL sa base sur une autre direction, elle en trouverait les points défeoà& intacts, dont dhacua servirait de pivot à ses opérations et de soutien coutre son adversaire.
La longueur delà base d'approvisionacment doitse déterroiaer par les points d'intersections qui servent de points de départ aux différentes directions. Gomme elle doit alimente* la guerre, il est juste que toutes les lignes de communications qui partent des points d'i^erscctiMis , deiivent tendre vers les vrais objets dos opàatiOBS; car.àquot servirait-il d'étendre sa base, li saligaedeâommuoicatioonièMeDseascoDtrairedel'ot^t qu'on veut atteindre? LesFran- («ift, eo se basant sur le Bhin pour porter la guwre eu Allemagne , peuvent ne pas étendre téur base d'approvisionnement sur le Oanc droit, plus loin que Vieux - Brisaeh, surle«r fl«nc gauche, plus loin que Cobleula ; car les «onuiuuticatMns qui partait des autres poists d'intcMMlionfl du Bbia, vont plulit en sens divergent des lignes principales de jonctions qui conduisent vers Leipzig et la vallée du Danube.
Tout ce qui regarde la configuration des bases d'approvisionnements, me parait être pivtdtde l'idéob^iie et que l'expérience ne jus-
ti6e jamais. Que ta ligne qni famé la baae soit eoiieare> convexe on drmie, comme cette ligm ne se défend pas elle-mAme, mais se trouve sous la protection immédiale de l'armée active^ toutes ces différentes configuntions ne pourrokt jamais la sauver, si les défensean srat battus, ni aggraver se» sort tant que l'amiée ■e maintiendra dans ses positions. Avant de parvenir i la baae , il budra se mesurer avec les troupes défensives, et si elles réststnit, elles pourront toujours ««pécher les assaiUaoti d'attendre les points de dépto- Si, au cootraire, elles succooibeDt, alors la base peut être caocave , convexe on droite , elle finira par étn envahie.
Une règle pbs essentielle , c'est de ne pas établir de hase d'a^rovisiooneuaent sur des points qui soient séparé» de la ^tbère d'opéra> tions de l'armée active , par des obstacles naturels, qui rendent pénibles ses lignes de joeotioDS.Commela base d'appvovisionoentent dait alimenter la gaerre, il est tout juste que le pays par lequel l'armée doit communiquer avec elle soit facile à parcourir; car les grands retards, surtout dans les manitimis de gnoTR, paralysent tout à fait les facultés défensives et offensives des troupes.
Nous trouvons un exemple d'un choix aassi vicieux dans celui que nous oSrt ta campagM de 1800 des Franfaisen Italie. Leur base d'approvisionnement se trouvait à Genève, s^tarëf du tbéAtre de la guerre par des difficultés aussi grandes que la chaîne des Alpes Pennines, ce qui rendait les communications difficilee et peu sûres. Cette base ne pouvant être tran^MvIée temporairement qu'à Milan , si le général Nflas s'était trouvé, comme il pouvait Ea<»lemeut le foire, sur le Tésin, l'armée firançaise aurait pu, à la longue, ressentir une grande péRimedans les munitions de guerre {*).
La base d'approrisionnenient étant la Ugat qui contient tout ce qui peut être néeessaiie pour faire la guerre , chaque état , pour être vraiment dangereux à ses voisins , doit chepeher à cimstituer ses frontières de manière à ce qu'elles puissent servir do base d'approvFsioanement. Dans ce cas , l'année moÛle, en s'y rassemblant dans ses places, prend l'ollîeii-
(ij Je nippose qne le pa^s aurait pu lai limr penda^ un csruio tempa Its muaitlons de bouche.
m lA STRATlilGK.
sive sur la ligne défensivfl U plus avancée du territoire, la quitte pour eutrer dans le pays eonemi , où elle va dieicber d'jwtres «ppuia pour ses «^rations. Tel était, sous NapoléoD, le grand avaolage de la France dans ses guerres contre l'Allemagne. La ligne du Rhin lui servait de base d'approvisionnement, et sa force était le garant de ses avantages. En quittant ses places frontières, qui servaient de rassemblement à ses troupes et de dépôts aux approvisionnenMQts, il y prenait l'offensive, et portait la guerre dans le pays étranger, où il allait chercher des bases pour les opérations.
La multiplicité des bases d'apim>viaîannements est une r^le sans réplique ; car l'armée offensive, par exemple, en avançant dans le pays ennemi , pourrait tellement s'en éloigner que ses dépAts lui devinssent inutiles. Il est tout naturel que ces nouveUes bases ne pourront jamais avoir la stabilité de la première et ne seront que des bases temporaires , dont l'intégrité sera mise sous la protection immédiate de l'armée. Elles ne peuvent pas être mieux établies que sur les bases d'opérations sur Isaquelles l'armée offensive aura manœuvré' et qu'elle aura abandonné pour s'avancer dans la pays ennemi. Ces sortes de lignes , comme nous le verrons plus tard , possédant des prérogatives que l'art ou la nature leur donnent, seront tom'ours les plus susoeptibies de répondre à plusieurs des propriétés des bases d'approvi- Honnements, telles que les règles l'exigent.
L'éloignement de ces bases temporaires entre elles, sera donc désigné par la nature mAme des bases d'opérations que parcourra l'année offensive, et que nous offre la configuration du terrain , ainsi que par les besoins que revendiqueront les troupes, lesquelles, engagées dans
des mouvements offensifo, s'éloigneront plus ou moins de leur basé d'approvisionnement.
Nous eu conclurons nuinleoant qu'use base d'approvisionnement doit avoir les propriétés suivantes :
1. Les points qui servent de dépôts doivent être à l'abri d'un coup de main;
3. La basa d'approvisionnement doit être choisie de manière à ce que toutes les communications qui , des dépôts mènent vers l'armée, soient faciles, silreS et conduisent droit àl'objet dont l'année veut se rendre maîtresse. Voilà pourquoi de grands obstacles de la nature ne doivent pas séparer l'armée de la base;