‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 28 sur 95 · Dans la défensive, de résister au choc de · texte numérisé non relu

Dans la défensive, de résister au choc de

l'armée aasaîlbnte et de défendre les objets qui sont mis sous sa protection.

Je passe sous silence tout ce qui se raf^Hnte aux moyens de combattre et de vaincre les armées , car ces règles appartenant à la lactique , ne peuvent pas être disculées dans ces Hémoires. Je n'entamerai donc ma dissertation que snr les moyens dont les armées doivent se servirpour couvrir les objets qui sont mis sons leur protection, ou pour s'en rapprocher, ain de s'en emparer.

Il est bcile de se convaiocre que, dans l'offensive , le nJle de l'armée est infiniment plus facile i jouer que dans la détfensive. Dans le premier cas, ayant en sa faveur le choix de Tattaque, elle conserve aussi l'avantage de pouvoir dioisir le bnt de ses opérations et de l'aborderen restant toujours dansl'élatdecuw centration; tandis que l'armée défensive, ayant plusieurs objets d'une égale importance à défendre, ignorant ceoi queles assaiihuits prendront pourbut de leurs opérations, se trouvant dans la nécessité de couvrir une grande seclion de terrain, peut facilementèlre mise dans la cruelle alternative de devoir se disséminer, et n'opposen,par conséquent, que des parties affaiblies contre une masse plus puissante.

La concentration des forces étant , cependant , le plus sâr garant de la victoire , l'armée défensive ayant un vaste échiquier stratégique à défendre, doit chercher à prendre une position qui la mette dans la possibilité de porter son influence sur lesobjets des opérations, sans être réduite à la nécessité désavantageuse de se

Malgré la difficulté du rAle que cette armée est appelée à jouer, la sphère active de ses opérations n'en est pas moins soumise à un certain calcul géométrique, qui peut servir de détermination i l'influenceqn'elle peut avoir sur les objets confiés àsa défense. Cette détermination la guidera dans le choix des positions qu'elle devra prendre, et simplifiera le mode de ses mouvements.

Soit ABC ( Fig. 6 ) , le terrain que l'armée défensive se propose de défendre. Les opérations stratégiques étant, en grande partie , basées sur le calcul du temps et des dislances, c'est sur ce calcul que l'armée défensive devra r^er ses mouvements, afin d'être & même de venir en(»re i temps ponr soustraire les diffé-

HËMOliœS SUA i£S PRINCIPES

rents objets des opéntions à U possesaiOD des

StqiposoDS que le» poinU D, E, G , T, soient les objets qu'Û est lodûpeasable de défiuidre, el la 8ectiou L, H, N, U ligne Troctière vers laquelle les agaaillants dirigeront leurs mouvemeots offensifs; trois objets, Ë, D, G, comme les poinU les plus avancés, seroot ceux qui se trouveront les plus exposés aux attaques des eanemis. Houa avons yq que, dans des cas pareils , une position centnle éiait toujours la plus avantageuse. Voici comment on procédera à sa détermination:

L'ennemi peut se présenter sur deux directions, c'esl-à-dire , vers la section de la frootiëre comprise entre L el H > ou entre M' et N. L'essentiel est de se trouver à la mèmedistance que l'ennemi de l'objet menacé, afin que celui-ci ne puisse s'en rendre maître plus t6t. Supp»- SMs, maintenant, que l'armée offensive, en cboisissant la section des frontières comprise entre H el N, occupe la position P, il est tout simple que, s'il ne s'agit que de la défense de l'objet des opératioasD,tousceuxde la circonférence , comme Q, R, S, ofiriront des positions d'ofi l'anoée défensive conservera toujours sou influence sur l'objet menacé : car la ligne DP, éUnt égaleàDR, DS, ou DQ, l'armée défensive postée même en S ou Q, pourra venir à temps pour soustraire l'objet D à U possession des adversaires. 11 suffit donc de connailre le point où se trouve l'armée assaillante, pour pouvoir déterminer la secLion de terrain , sur laquelle les opérations des défenseurs posséderont une influence directe toutes les fois qu'il s'agira de ne défendre qu'un seul objet des opérations. En (Menant cet objet, comme par exemple D, pour centre , et la dislance de cet objet à celui P où se trouve l'armée «ffeusive, pour rayon, il suffira de tracer une circonférence , qui déterminera la section du terrain oii les défenseurs domineront stratégiquement l'objet des opérations D.

Il n'en est pas de même lorsqu'on a deux objets à défendre , comme , par exemple, D et G. Supposant qu'au commencement des hostilités, l'année offensive se trouve en V, ayant l'alternative de pouvoir menacer cl cboisir pour but de son attaque les deux objets D et G , il faudra que l'armée défensive se place de manière à pouvoir défendre également un objet comme l'autre. En tfaèse générale, celte position ne

pourra être que ceUe ^ sera i 4gkle disUnce destrois objets, D,Vet G, oomne, parcsenqile K. Deux conuHniealions, VD et VG , conhiisent aux deuioli^ets D elG; l'année défeiuive, placée en K , pourra bienUt recommlU* le vni point d'attaque et y venir k temps pow le défendre.

Hais, avant de songer à la défense des objets des opéralions , l'easentid sera de diriger notre attention sur les qualités de l'armée ; car, pour que les opérations acquièrent nn certain équilibre, il est indispensable quel'objetimntédiil soit en état de leur accorder une force positive

L'armée doit se caractériser par sa force numérique , son courage moral et sa capaciU manœuvrière. C'est de ces Irois vertus qu'é> mane l'ascendant lactique qu'une aimée possède sur une autre; c'est cet ascendant auKi qui nous accorde la posaibilité de défendre ou de nous rendre maîtres des objets des opérations. Ceci nous indique qu'il existe des rdilions entre la stratégie el la tactique , rdatiwis, au reste, qu'on a su aussi rendre souvent secondaires, pour ne pas mettre U premièredaas une dépendance trop absidue de la seconde.

En fortifiant les objets des op&ations, on a su leur accorder une puissance indépendante temporaire, et cet étal d'indépendance, qui n'est souvent que de peu de durée, a été d'autant plus nécessaire, quel'année active ne peut pas mettre toujours sous sa protection immédiate tous les objets passifs des opératioos du tbéitre de la guerre. En possédant cependant la foculté de soutenir par eux-mëmea leur étal d'intégrité, ces points ont souvent roidu à la stratégie, des services bien importants.

A l'avantage de pouvoir se soutenir par leur force intrinsèque , ces objets fortifiée joignent une autre {^rogative non moins pvnde, celle de servir d'appui aux armées qui se replient sous leur protection , où elles trouvent tout ce qui est nécessaire pour leur entretien et leur existence.

DBS OBJETS PASSIFS BECOnDAlRES.

LcK objets secondaires des opérations éum ceun qui, dans la défensive , donnent un caractère de stabilité aux opérations, et, dans l'offensive, facilitent la continuation des gran^ opérations et pré^^rent les résultais ultérieurs.

m LA STRAtËGIE.

«lonoit «voir égaleneal une gnade imporlaitce k nos yeax. lia sont wuei les ot^ls coosUats de la dtilmse et de l'alUqne des deux ptrtts bdligérants. Leur possessioD doit donc être eoTieagée coaune le pr^miiuiTe , et la oonquAte de l'objet principal, comme le terme définitif de la gueire.

Les grands résultats qui se ratUcheot à la possession des différents objets dee opérations en ont fait la partie la plus intéressante de la sdence mUitaire. La disposition U>p(^raphiqQe do (béitre de la guerre nous en indique la re- (terche, et met la stratégie eo rapport intime avec le terrain.

En mettant sous les yenx du lecteur la nomenelalure des difiérents objets que lastratégie place danslacatégorie dee objets desopératioBS, cbercbons, par l'explioxtion des grands rësultatsqoi peuvent en dériver pour les différeoiec modnlat^ns de la guerre , à dénumtrer la justesse de leur désignation et à ^ilitiv leur

Nous pouvons mettre dans la catégorie des objets passifs des opérations :

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