SUR LA COHPOSITION DES ARMÉES ACTIVES
Nous avons eu l'oceasiofi de nous convaincre de la valeur des, armées , et du rôle important qu'elles aonl appelées à jouer pendant les faostilités. Elles sont les agents mobiles, ainsi que les objeU immédiats des opérations, car leur action maintient l'inlégrilé des points qu'elles attaquent et du théâtre de la guerre en général. La composition des armées , destinées à envahir ou à dérendre un pays , est donc d'une importance qui ne saurait assez attirer notre attention.
A quoi nous serviraient les places Tortes , les camps retranchés et les bases d'opérations, s'il n'y avait pas assez de troupes pour en défendre les approches? Avoir même une année, mais dont la force ne soit ni eu rapport avec celle qu'elle doit combattre, ni avec le nombre des objets dont elle doit s'emparer ou qu'elle veut défendre, c'est marcher à grands pas vers sa mine. Tel est l'exemple qne nous offre la campagne des Français en 1814.
L$ nombre effeclif des hommes n'est pas la seule vertu que doit posséder une armée; elle doit briller aussi par son oi^anisation et la bonté des individus qui la composent. A combien de graves et pénibles réflexions ne se seot-oD pas porté, lorsqu'on songe qu'une journée sufBl quelquefois pour démoraliser ou pour détruire une armée? Et cependant l'issue d'une journée aussi fatale et aussi étonnante
ne dépend pas toujours du nombre, mais de* vertos intrinsèques des troupes qui en sont les arbitres.
Que les qualités stoïques du chef qui doit les commander soient aussi en rapport avec celles qui caractériseront les armées. C'est le plus sâr moyen de prévenir les désastres flétrissants des capitulations d'Ulm et de Baylen. Heureusement, ces cas sont rares dans l'histoire, qui, en bien plus grand nombre , ne nous cite que des beaux faits et des actes de dévouement. Qu'on n'oublie pas que les armées ne se battent bien que lorsqu'elles sont bien conduites, et que les guerres décident souvent du sort des états.
Battre ses ennemis et s'emparer des objets des opérations , tds sont les devoirs qu'on impose k une armée qu'on met en campagne. Lorsqu'on procède à la composition de la force mobile, deux notions essentielles deviennent indispensables :
1. Le nombre des forces effectives que les ennemis peuvent utiliser, et les ressources que le pays leur offre pour en compléter le déficit;
â. Une donnée exacte du nombre et de la valeur intrinsèque des objets des opérations, dont les assaillants devront se rendre maîtres et que l'armée défensive devra placer sous sa protection immédiate.
HÉMOmES SUR US PRINUPES
La première de ces données ne peut ordinairement être soumise qu'i un calcul approximatif ; car les resBoarces des pa^s sontraranent scscepiibles d'un exameu sûr et invariable. L'austérité des circonstances leur accorde quelquefois des développements qu'il est difficile de prévoir et dont il est plus difBcile encore de calculer l'eitension. Au resle, ce calcul, quand même il ne serait qu'approximatif, pourvu qu'il soit Fait avec une sorte de probabilité, ne pouvant pas nous entraîner dans de trop graves erreurs, pourra servir de base à celui auquel nous voudrons soumettre les forces effectives des ennemis.
Il en est tout à fait autrement des objets passiEs des opérations; leur nature d'immutabilité en facilite la stricte observation. En interrogeant la carte, on se met bientôt au fait de leur nombre; en les soumettant à uoe recounaissance et un examen même furtifs, on se trouve à même d'en apprécier la valeur intrinsèque.
Parmi les objets passife des opérations qui devront servir de base à la formation des forces actives, nous mettrons :
i. Les places (brtes, dont une partie, comme nous l'avons vu plus haut (i), induent d'une manière directe, et l'antre d'une manière indirecte sur les opérations offensives, et dont les premières seront soamiMs à des sièges ou des blocus , tandis que les secondes deviendront les objets de simples observations;
3. Les points qui, sans être fortifiés, influent Bor les grandes opérations , par les avanttfei de leur assiette et les grandes prérogatives que nous retirons de leur possession. Telles sont les villes qui nous livrent le passage des grands fleuves, les points qui nous mettent en possession de l'entrée des chaînes de mon-
(i) royn letltlAHW Hénairg.
tagnes, les nœuds des grandes roales, etc.;
5. Les lignes qui servent de voie aux opérations et au charriage des approvisMWMiBeDU, car en avançant dans le pays auquel on fait la guerre, on allonge la directrice ainsi que les lignes de coopérations et alimentaires, et, pour en maintenir l'intégrité, oo est obligé de les échelonner avec des détachements (s) .
Le nombre et la valeur intrinsèque des objets des opérations étant reconnus et appréciés, ils serviront de guide pour le calcul des fonm efl'ectives nécessaires pours'emparer des objets des opérations lorsqu'on est dans l'offensive, et pour maintenir leur intégrité lorsqu'on est sur la défensive.
Les deux données dont je viens de parier serviront de base à la composition des armées qu'on voudra mettre en campagne, et les grands résultats qui proviendront de leurs opérations ne manqueront pas de servir d'indication salutaire à l'attention sévère et réfléchie qu'cfn doit accorder k leur composition.
Le nombre de troupes de chaque artne qu'on doit mettre en campagne étant soumis k des tnodiËcalions d'après la nature topographiqne du terrain où on se propose de faire la guerre , rend la composition des armées, sous Le rapport de la propOTtion qui doit exister entre l'infanterie, la cavalerie etl'artillerie, troph^ pothétique pour vouloir en préciser l'énumération. Il est cependant tout simple que, dans un pays de montagnes, cette composition sera basée préalablement sor te calcul de L'infanterie, et que, dans des contrées où la nature n'offre pas de grandes difficultés à vaincre, cette proportion entre les trois armes se fiw» d'après les r^les de la grande lactique, mx ressorts de laquelle cette détermination ne paraît appartenir exclusivement.
(i) Toytx le oui
DE USnUTÉCIE.