En échiquier forliiié par la nature
4. Knéchiquier fortifié par l'art et la nature. Le secours des armées estindispensahie pour
tous les quatre , mais jamuis ce secours ne devient plus nécessaire et plus efficace , que Lorsqu'on veut défendre un échiquier de li première calégorie ou attaquer ceux des troi» dernières. La facilité d'aborder le premier et de défendre les trois derniers, ainsi que la difficulté de défendre l'un et d'attaquer les autres, rendent la présence de l'agent mobile indispensable.
L'échiquier de la première catégorie étant celui qui ne possède ni grands fleuves, ni chaîne de montagnes , ni points fortifiés, est san» doute le plus difficile à défendre el le plus facile à attaquer. Ne possédant aucun des éléments de la force passive, c'est la forcemobilc qui seule décide de son sort. Quoique celte
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mrte d'édiiquier se préKiite raremeDl sor la surface de latFirt!, nous en trouvons cependant un exemple dans la partie orientale de la Bulgarie. Limitée to^ Tesl par la mer Noire, vers le nord par la ligne du Danube, et vers le | midi par la chaîne des Balkan» , cette section [ de terrain, enclavée entreces trois grandes diflicoltés, n'ofl^par elle-m&ne aui années qui y opèrent , aucun obstacle de la nature ou de l'art <fni pnsaent multiplier les difficultés de Tattaque ou Ibciliter les moyens de la déCense.
La ligne du Danube une fois franciiiG ( et quel est le Iteuve d'une grande étendue , lorsque le point que les asBailIants dwisissent pour but de leur attaque est inconnu, donton puisse prévenir le passage), oa ne trouve que des ]tlaines ouvertes qui vont à perte de vue. Tous In fleuves qui pourraient entrava: un peu les mouvements offensiCi , y sont si peu fertiles que , peudaut les grandes chaleurs, on peut à peu près les pawier partout à gué. Prenant leurs sources dans les Balkans, ik vont se jeter dans le Danube, et, se présentant parallèlement au mouvement des armées assaillantes, ils paralysent les dernières ressources dn système défensif.
Une ligne fortifiée comme te Danube, lorsqu'il s'y trouve, pour la défendre, une force mobile qui possède tes vertus nécessaires pour roDstituer une bonne armée, peut être envisaf/ée comme une base d'opérations trës-avantagense. Mais elle perd tout à fait son efficacité lorsqu'elle est défendue par une armée ottonune. Organisées sur un type vicieiii, ne possédant aucune persévérance dans le courage, et étrangères aux savantes manœuvres de la lactique, les troupes turques devraient touj')urR plutôt se restreindre à la défense des Balkans que , par l'infériorité de leur tactique, je considère comme leur ligne stratégique frontière.
Sur (les échiquiers de cette catégorie, les balailW sont plus fréquentes, car l'an des manœuvres y trouve trop peu d'appui et de resKourcos. I^ laeliqiic y domine sur la stratégie, et le olioc des forces mobiles décide de leur possession.
Les Turcs ne pouvant jamais résister au choc des troupes européennes, ne peuvent s'y attendre qu'à des désastres et à la destruction (le leurs forces mobiles, La défaite de l'agent
actif étant une fois consommée, qu'arrive-t-ilf La chaîne d» Balkans, qui doit être la vraie base des manœuvres stratégiques des Ottomans, réduite à ses ressources intrinsèques, ne devient plus un obstacle aussi difficile à franchir.
Tel est l'exemple que nous offre la campagne de i 8 J9 , et les résulUts de la baUille de Koulevtcba.
L'échiquier de la seconde cat^orie possède sans doute de grandes prért^alives par la force des points de défense permanente qui s'y trouvent; mais, d'un autre c6lé, tous ces points étant sous la sauve-garde des farces mobiles, en paralysent un si grand nombre, que souvent l'Ëtat qui est défendu par des lignes fortifiées , est obligé de mettre sur pied des armées qui surpassent ses moyens.
Pour un homme dont l'esprit est riche en conceptions et en ressources, c'est un terrain avantageux. Conduisant les forces mobiles à travers ce labyrinthe de places fortes, trouvant dans chacune d'eUes un appui pour ses opérations, cet échiquier lui offre plus de moyens pour opérer offensive ment. Une guerre pareille et sans doute très-dispeadieose pour l'État; mais ces modulations en deviennent du moins phis efficaces.
La partie du nord-est des frontières de la France nous en présente un exemple, et quoique cet Ëtat ait été vaincu en 1814, il ne faut pas oublier que la France avait à s'opposer au choc d'une coalition dont les forces nombreuses s'étaient appesanties sur son territoire. Napoléon a su cependant, avec une poignée de braves, résister pendant près de trois mois I des années quadruples en force, qui avaient franchi la ligne frontière sur plusieurs points.
Un échiquier de la troisième catégorie est une section de teriain qui possède une chaîne de montagnes et dç grands fleuves qui se présentent transversalement au mouvement offensif des enuemia , et mettent des entraves à ses opérations. Ces remparts naturels servent à couvrir les pusitions stratégiques et tactiques, qu'on prend sous leur protection, et leur prêtent une force majeure positive, dont les prérogatives paraissent dans tout leur jour au moment d'un engagement général. La défensive y rencontre de grandes ressources pour ses opérations, l'offensive, au contraire, y épuise souvent le&
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HËHOIRES SUR I£S PRINaPES
fliGDDes et trouve dans les entraves qu'elle est obligée de vaincre, des obstacles périlleux pour ses opëralioQS. Ces difficultés naturelles se présentent à ses efforts comme des masses de ré* sistance que la stratégie, secourue par la lactique, rend souvent indomptables.
Tel est l'échiquier que l'armée de Bohême avaitchoisi, en 1S15, pour ses opérations. La chaîne de l'Erz, TEger et la Moldau, formaient une triple ligne de résistance, qui ofirait aux alliés trois positions défensives stratégiques, derrière lesquelles ils pouvaient s'opposer avec facilité aux efforts offensifs des Français. Ces abris, sous la protection desquels les alliés conservaient la faculté de soustraire leurs projets aux ennemis , leur offraient les moyens de profiter de chaque inadvertance que ceux-ci pouvaient commettre, pour tomber sur leurs lignes de jonctions.
L'échiquier de la quatrième catégorie est celui qui possède le plus de forces intrinsèques. C'est le terrain le plna avantageux pour les opérations de la stratégie, dont toutes les ciiances sont en sa faveur. L'armée y opère, trouvant, pour ainsi dire, à chaque pas et dans toutes les directions, des positions avantageuses sous le rapport de la défense , où elle peut y soutenir le choc de ses adversaires avec une prépondérance marquée et un avantage que même les lijccès tactiques de ses ennemis ne sauraient paralyser, encore moins anéanlir.
Telle a été, avant la paix de Paris, la partie orientale des frontières de la France , comprise entre Hayence et Bile. Les avantages de la nature , renforcés par ceux de l'art , y sont tellement grands, qu'une armée chargée de sa défense aurait pu s'y maintenir avec succès
contre une force quadruple qui aurait voulu l'attaquer de front.
Tels sont les caractères des quatre diSérenb échiquiers que la main de la nature et les prérogatives de l'art oflï«nt à nos manœuvres. L* juste appréciation de leurs avantages, comme de leur faiblesse, nous met à même d'y utiliser les forces mobiles de manière à pouvoir nous y maintenir avec bciitté. Les ressources de la nature et de l'art étant les plus fermes appuis de l'a^ient actif, chaque ligne stratégique lui servira de barrière protectrice contre les teatatives des ennemis. C'est aussi en considération de ces grands avantages que ces appuis sont ordinairement les pivots des grandes opérations. Les vertus intrinsèques de ces bues étant une fois bien comprises et bien dévdoppées, rendent les modifications que les malencontres nous obligent à appwter an plan général de la guerre, d'nn danger temporaire. Si un désastre tactique oblige l'année défensive à abandonner une base d'opérations qu'elle croyait pouvoir défendre avec succès, elle se replie sur une autre, y retrouve tout aussi bien la faculté de se reformer et de profiter d'un moment opportun pour reprendre l'offensive.
Une fois que l'appréciation de l'édiiquier strat^ique a été développée avec exactitude, et qu'jin se soit familiarisé avec les éléments de l'altaque et de la défense, on se met en mesure d'y faire manceuvrer les forces mobiles. Ces manœuvres étant offensives ou défensives, appartiennent au mécanisme des grandes opérations de ces deux modes , auxquels je me fais un devoir de consacrer des articles séparés.
En attendant, je jetterai à la hâte mes idées sur la composition des armées actives et sur leurs positions préliminaires.
DE lA STRATÉGIE.