D'un taUeau des ressources que les grandes
opérations en retirent , considérées comme base des mouvements qu'engendrent les propriétés et les avantages du terrain.
La première est la partie passive de la strat^ie, la secoade en est la partie executive. La première établit et règle le principe, la seconde ne s'occupe que du résultat.
La partie politique règle rinfluence que ses effets peuvent avoir sor la guerre; celle de la statistique discute sur le dénombrement des ressources des deux gouvernements, tandis que la partie topographique s'occape des propriétés et des avantages intrinsèques de la ligne frontière,des bases alimentaires et d'opérations, de la désignation du triangle stratégique, limitation qui sert à régler le choix des lignes alimentaires et d'opérations, enfin des objets des opérations parsemés sur le théâtre delà guerre. Nous devons envisager cette partie du plan de la guerre, comme on résumé scientifique des principes de la partie géograptàifue de la stratégie.
La parlie opéralive discute sur les avantages que les grandes opérations retirent des propriétés et de l'ensemble des objets passifs ; cette partie opéralive est la conséquence immédiate de la partie passive. La première sert de hase i'Ia seconde.
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Les grandes manœuvres étant ordinairemenl offensives ou défensives, il s'ensuit que la partie executive du plan général de la guerre s'occupe des grandes opérations offensives el défensives.
CetLepartie, que j'ai désignée dans mon premier Mémoire, pour élre l'idéologie de la stratégie, est aussi la plus susceptible de variations, par son contact constant avec la tactique, mais elle n'est pas tout à fait dénuée d'utilité et d'intérêt par la régularité qu'elle imprime aux grandes opérations , et k laquelle les succès tactiques peuvent , si facilement, donner un caractère de stabilité. Si l'anomalie à laquelle les grandes opérations sont soumises, ne nous permet pas d*en régler toujours le cours, si dans cette partie hypothétique nous sommes souvent réduits à n'en effleurer, pour ainsi dire, que les sommités, nous en retirons du moins t'avantage de nous familiariser arec les ressources du terrain qu'on veut attaquer ou défendre, et avec les moyens qui doivent guider nos mouvements offensifs ou appuyer nos opérations défensives.
La partie politique, quoique n'agissant que de loin, d'une manière simulée el souvent perfide, n'en possède pas moins nne influence positive sur la guerre.
Les armées ne pouvant opérer avec avantage que lorsqu'il existe un certain équilibre entre les moyens matériels et physiques des puissances briligérantes, il n'est pas indifférent àl'Ëlal qui s'engage dans une lutte sanglante, de n'avoir dans ses voisins que des peuples amis on, du moins, neutres. Un état aussi favorable de noire politique, en ne nous imposant qu'un seul but à remplir, nous oSVe aussi les moyens d'accorder plus de franchise aux opérations, et ne nous oblige pas de donner à nos mouv^nents offensifs et défensifs, une extension qui pourrait, quelquefois, surpasser nos moyens.
Toutes les sections du terrain limitrophes d'un pays neutre ou ami, ne nous soumettent
(i) Le génèralJomini vieot de faire paratlrc unTableau analytique des grandes cotnbinaisons de la guerre, dans lequel il a consacré deui chapitres tout à fait remarquables! la politique et la pbilosaphie de la guerre. Envisageant ce tablsiu eomme une introduction de son Trailé dt$ fframia opéTaiio<M, Il ■ cru ne pM devoir traiter k fond let principes qu'il renrermc, ntait iodt-
aloTs à aucun danger réel , et peuvent élre envisagées comme des sphères Favorables, tandis que ces mêmes sphères peuvent devenir pe^ nicieuses si, la politique changeant de face, nous suscitait un nouvel ennemi à combattre et de nouveaux périls à affronter.
La campagne de 1813, en Allemagne. In opérations des alliés avant l'armistice, el l'influence que le changement de la politique du cabinet de Vienne a eu sur le théâtre de U guerre, en général, nous offrent un exemple bien instructif, et qu'on ne saurait assez méditer. Que le lecteur compare avec atienlbn les deux échiquiers stratégiques des armées françaises avant et après l'armistice [PL ^). et il y trouvera un terrain bien fertile pours» méditations (i).
La partie tiaiittique s'occupe du dénombrement des trésoi^ matériels et du calcul des forces mobiles qui sont, comme nous l'avons vu, l'agent actif des opéraUons. Un tableau exact des ressources du pays auquel on fait ta guerre, peut servir de base à nos propres calculs, et quoique ce tableau , comme je l'ai dit dans le treizième Mémoire, ne pouvait être qu'un calcul approximatif, il ne cesse jamab d'avoir une valeur positive parmi tes pr^taralils nombreux de la guerre.
Ia partie topographique est une des pins importantes du plan général de la guerre. Tontes les ressources que nous pouvons puiser dans la stratégie, n'étant basées que sur les avantages du terrain , la science ne manqnerait p» de perdre de sa valeur et de son efficacité, si nous n'interrogions avec exactitude le (errain. et que nous n'exploitions tous les avantag» intrinsèques que les différents objets possèdent pareuK-mémesetdansl'ensemble delà création.
La partie militaire étant la partie hypothétique delà guerre, est aussi la plus difficile à manier. C'est dans le développement de celle idéologie militaire que se caractérisent le génie et les ressources intellectuelles el scientifiques de celui qui est appelé à commander les arquer seuleoMnt lea grande» combinaiKHis de la icinte militaire. Il est k regretter que deui arttele* an» dir- Qciles k traiter, n'aient pas t\,é dételoppfspar la méaw plume savante qui les a esquisse, car un boa ouvrage sur ces deux parties est encore une lacune dans IddIk les bibtiotbèque» miltlaires.
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DK L\ STRATÉGIE.
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inées. Nous avons tu plus haut le râle que retle idéologie esl appelée à jouer dans la guerre, et malgré l'incerlitude qui place sur ses élémenU, nous ne l'eu envifiagerODS pas uioina comme uae partie esseutielle et dont l'utilité est sansréplique. Elle sert à rassembler dans le même cadre les moyens de l'attaque et les ressources de la défense, et familiarise l'bomme avec les différentes chances de la guerre. Eu embrassant toutes les combinaisons dont l'échiquier stratégique esl susceptible, elle concourra à nous mettre au faîldesgrandes Opérations offensiveset défensives qui pourront en provenir, et nous fera voir ce que nous avons à craindre ou à espérer.
Pour rendre la rédaclion du plan général d'une guerre complète et l'utilité de ce type réelle , il devra élre composé :
1. D'un aperçu général du théâtre de la guerre, qui présentera non-seulement l'ensemble géographique des deux pays belligérants, mais aussi un tableau raisonné des rapports politiques du gouvernement avec les pays limitrophes, ainsi que des notions sur les ressources matérielles et physiques des armées combattantes ;
2. D'un examen stratégique des fronLiëres des pays qu'on veut attaquer ou défendre, en déduisant de leur contiguration , de leurs propriélés el de leur valeur intrinsèque, tous les avantages qui en jailliront pour les opérations préliminaires de la guerre;
3. D'un tableau de la division: stratégique ilii théâtre de la guerre, que les grandes difli-
cultés de U nature ou l'extension du théâtre de la guerre, partagent si souvent en spbères d'opérations indépendantes l'une de l'autre; afin de connaître l'influence positive ou négative que les opérations de ces sphères peuvent avoir les unes sur les autres ;
4. D'une détermination des lignes qui serviront de bases d'approvisionnements pour alimenter la guerre;
5. D'une énumération détaillée des objets des opérations , avec un examen raisonné de leur valeur intrinsèque et de l'influence qu'ils auront sur l'échiquier qu'ils formeront;
6. D'une description des bases d'opérations, formées par la liaison des objetsdes opérations, et que nous envisageons comme la charpente du théâtre de la guerre;
7. D'une indication du triangle strat^ique formé par la hase d'approvisionnement et l'objet principal des opérations, qui nous servira à déterminer :
8. Les lignes alimentaires et d'opérations, les plus sûres et les pins avantageuses.
Le reste sera consacré èi la partie opérative, et contiendra :
9. Un tableau synoptique de la composition des armées actives;
10. La désignation des points qui serviront de positions préliminaires aux armées;