CHAPITRE III
1>E U CAVALEllli:.
SECTION PREMIÈRE
CARACTÉtISTIQUB DB LA CAVALEUI.
Dans la haute anliquiU, et en gënéral avant rinvention de la pondre et des armes à feu, la cavalerie a toujours élë l'arme des victoires. Son influeuce sur l'issue des combats était alors si grande, qu'on briguait même l'alliance du peuple qui en possédait une bonne. C'est ainsi que nous vimes tous les petits étais grecs, recourir à celle des Thessaliens, qui possédaient la meilleure cavalerie de la Grèce.
Sa proportion à l'égard de l'infanterie a été, à différentes époques , soumise a de trè»frandes modificalîoDs. Les Parthes, les Mèdes elles Scythes avaient dans leurs armées plus de cavalerie que d'infanterie : à la bataille du Graniqae , les Perses avaient autant de cavalerie que d'infanterie ; mais plus nous avançons dans les temps postérieurs, plus nous remarquons une diminution très-sensibledanscette proportion, comme, par exemple, cbei les Spartiates et les Albénlens, dans les armées desquels la proportion de la cavalerie à l'infanterie était d'un à dis. Plus tard, dans les armées d'Alexandre, elle fut d'un à sept. Chez les Romains, eUe fut UdI&I d'un à dix , tanldt d'un à douze. Le consul Sempronius, dans la seconde guerre
punique, avait 34,000 fantassins et 3,000 cavaliers.
Dans les temps modernes, la proportion qui s'est conservée le plus longtemps a été d'un k six ; mais la plus forte transition qui s'est (ait sentir dans l'augmentation et la diminution de ces différentes proportions a été k l'époque de l'invasion des Français en Russie, en 1812 , et pendant la campagne qui l'a suivie. Napoléon entra sur notre territoire i la télé de 191,935 fantassins et 96,579 cavaliers, ce qui faisait une proportion d'un k cinq , et nous le voyons reparaître dans les plaines de Lulsen à la tête de 110,000 hommes d'infanterie et de 7,500 cavaliers, combattant par conséquent à la tête d'une armée où la proportion de la cavalerie i l'infanterie- était d'un àquatorze.Songéniemê lilaire ne manqua cejiendant pas de ressource, et nous lé voyons obvier à cette pénurie de cavalerie par une masse imposante d'artillerie, et développer aux yeux de l'Europe étonnée toutes les ressources de cette dernière arme, et accorder à ses effets une empreinte de décision jusqu'alors encore douteuse.
Attraction faite des différentes proportions qui ont eu lieu dans les armées à l'égard de la cavalerie , elle n'encoDserva pas moins le premier rang jusqu'au moment de l'invention de la poudre et des armes k feu. Les victoires
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étaient son ouvragv, et elle était aufsi l'arme favorable des conquérants (i). Ayant depuis l'invenlion de la] poudre, perdu sa plus grande jH^rogaliye, celle d'une sorte d'înTincibililé, tandis <|ue les difficultés de la faire agir avec succèsn'ettderiiirentqueplus compliquées, son importance diminua graduellement, et se serait peut-être évanouie tout à fait si le génie de Se;dlitz ne lai eût rendu momentanément sa force et sa splendeur, La guerre de sept ans nous offre l'époque la plus intéressante de la cavalerie; et c'est dans cette lutte étonnante que nousdevons puiser les vrais principes des vertus comme des défauts de cette arme, ainsi que de son emploi.
En comparant les époques qui ont précédé et suivi celle de la guerre de sept ans, nous remarquerons facilement qu'aucune arme n'a été soumise, dans ses victoires comme dans ses défaites, à desaltematives si différentes, que la cavalerie, qui offre de grandes difficultés pour son action, se désorganise facilement, et se remet difficilement de son désordre. La fougue impérieuse des chevaux, la difficulté de rassembler les cavaliers après un échec, celle de rendre aux escadrons leur formation primitive, sans laqudle ils perdent toutes les vertus inhérentes à cette arme, ainsi que la tension vicieuse des sentiments moraux des individus qui la composent, et qui en est souvent la suite, ont été la cause indubitable de ces mutations étonnantes que nous avons remarquées dans ses actions.
Avec l'invention de la poudre s'évanouit aussi l'irrégularité de l'action de la cavalerie, qui fit place i une lactique r^iementaire. Les armes à fen ayant multiplié d'une manière étonnante les moyens de soumettre la cavalerie, pendant son mouvement, à des pertes sensibles, qui portent toujours atteinte à l'intégrité des lignes offensives, et les désorganisent au moment du choc, il fallut bien songer Raccorder à l'actiondecette arme des règles positives, qui ne pouvaient pas, il est vrai , annuler les torts que les armes i feu lui avaient faits, mais qui lui conservèrent cependant encore un rAle bnllant h jouer.
(i) Ck ctpinples cependant ne sont pas sat» riirep' tion, far nons avons vu Hilliade, Pausinfas et Aristide, aui bataittm 4q Uaralbon et de Datép, rem-
La cavalerie se divise en cavalerie deligne, en cavalorie légère, et en cavalerie miilt, mieux Gonntlesous la dénomination des dragons, La formation de ces derniers a été éprouvée par une grande partie de militairesdistingnéi, et petil>étre que l'expérience même a trop pru parié en leur faveur pour que leur formation acquit de nombreux prosélytes. Leur éducilii» forme leur défaut [trincipal ; et ce défaut coïtfiiste dans l'imposition de deux rties ditntétralement opposés l'un à l'autre, celui de bittassin et de cavalier, et cette complIcalioD d'études les rend médiocres pour l'un comne pour l'autre rôle.
c Les dragons, dit le général Thiébaolt |i|, » ne doivent être que de l'infanterie montée de * manière à parcourir rapidement des espKH
> plus ou moins grands , ou de la simple eaii- 1 lerie, mais vouloir en faire del'infanterieel
> de la cavalerie, c'est avoir de rinfanlerit
> médiocre, qui coûte trois fois plusqaew
> doit coûter la meilleure, et de la civilerie
> qui ne compense plus alors ce qu'elle coùlf;
> c'est exiger , de la plupart des liomroesdoiii
■ on fait des dragons, plus qu'ils ne peutenl » faire et apprendre ; c'est étourdir' ceui ws-
> cjuels on ordonne le matin de porter le hiul
■ du corps en avant, et le soir de porter It
> haut du corps en arrière; c'est démonli^ 1 et rendre aassi faibles cavaliers qoe faiU'^ ) fantassins des hommes auxquds on dit: A
> cheval, aucune infanterie ne peut nous r^ t ter; et à pied, au cmitraire aucune canlcrà
> ne peut nous entamer; enfin, c'est n'avttf. I malgré beaocoup de soins et de dëpcnstf- 1 ni infonlerie, ni cavalerie, i
Les dragona, dans leur première origiH' n'étaient simplement que de l'infanterie qu'en mettait k cheval pour suivre plus aisément b cavalerie. Nous les avons vus remplir ce i^ k la retraite d'Aumale, et rendre des serrin^ signalés Ji Henri IV. Ceux des Impériaux, p^ dant la guerre de trente ans , avaient été for mes dans le même principe ; de li vient ta^ qu'on trouve dans le même temps des pique(ii> achevai. Cette troupe fut introduite dansl^ armées firançaises en 15S0, sous le tip^
porter des victoire* complètes sur les Terses, d If devoir au rouniff de leur inranlcrie.
(t) jraniiel gén. du inrHct de» ÈMt-M^'**, V- ♦*
dbyGoOt^lc
d'Henri II, par le maréchal Brissac [i], lequel, dans la guerre du Piémont , imagina de monter des compagnies d'arquebusiers. Les autres natio^f les imitèrent , et cette formation se conserva jusqu'à nos jours, mais comme nous pouvons nous en convaincre) avec des variations bien sensibles.
Convaincus , par la dilBculté de l'éducation des dragons comme cavaliers el comme fantassins, et des services si rares que celte troupe a été dans le cas de rendre en comballant i pied, plusieurs nations, en conservant cette formation dans leurs armées, paraissent cependant ne {ilus l'envisager, et ne s'en servir que comme cavalerie. Nous avons vu, dans lescampagnes d'Espagne, tous les services signalés que cette troupe a rendus aux Français. Comme troupe combattant à pied, les dragons n'oQt paru que rarement sur la scène. Il est vrai qu'à la bataille de Parme, en ilTii, nous avons vu les dragons du duc de Wiirlemberg mettre pied à terre, combaltre avec beaucoup d'avantage, et parvenir à faire replier la brigade du roi. En 1795, à la bataille de Raiserslauténi, les carabiniers d'élite prussiens mirent aussi p' ^ à terre, et expulsèrent du village d'Erlebac deux bataillons français qui occupaient une enceinte isolée et des jardins. Plus tard, en Espagne, le 14' de dragons de la division de Latoui^Maubourg nous offrit le même eiemple au combat d'Usagre, e( avec le même succès. Hais quelques exemples, tout convainquants qu'îb soient, peuvent- ils servir de preuve en faveur d'une institution que beaucoup d'autres défauts évidents réprouvent?
L'oi^aaisation des dragons combattant à pied et à cheval, pourrait être sans doute très-avanlageuse , si leur éducation et les moyens de parvenir à un bon résultat, n'étaient pas aussi compliqués et aussi difficiles. Dansles mouvements offensife, il peut arriver souvent qu'en reconnaissant, le terrain dans différents sens, les partis de cavalerie, quelque nombreux qu'ils puissentètre, soient arrêtés par quelques fantassins postés à l'entrée d'un défilé, ou désignés pourdéfendreunpont, ou tout autre accident de
<i) ■ Ces dragona du maréchal de Briisae, dit Guibert ■ dans MB Euai général de Taettqite, étaient pro- > preinenl de l'iDraDlerie k cbeval; Ils comervèrent • pendant quelque temps le mousquet el la piqua. On I leur donnait de mauvais cheraui , afin que ta perle
lanature ou de l'art. Si la cavalerie ne possède pas quelques tirailleurs auxquels elle puisse faire mettre pied à terre, elle rencontrera tant d'entraves dans ses expéditions, que les plus grands sacrifices seront inutUes, el elle sera souvent obligée d'y renoncer.
Sans entrer cependant dans des discussions approfondies sur la possibilité ou la difficulté de l'organisation des dragons, discussion qui est étrangère au but' de mon ouvrage, je me contenterai d'en dire mon avis. La cavalerie étant rarement dans le cas de faire mettre pied à terre à un régiment entier, tandis que ceux où quelques hommes qui doivent embrasser le rôle de voltigeurs, peuvent être très-fréquents, on ne saurait mieux faire que d'incorporer dans chaque escadron un peloton de tirailleurs qui soient aguerris à faire les deux services , sur quoi j'aurai encore l'occasion de revenir plus tard. Peut-être n'est-ce pas tant l'impossibilité de former par régiment une centaine de ces amphibies militaires, mais la grande difficulté à surmonter, et d'en oi^aniser des régiments entiers, qui ne peuvent pourtant pas être recrutés en entier par des gens d'une coucepUon facile, d'une aptitude exemplaire, qui se plient avec facilité aux deux services.
Si, cédant à l'opinion du général comte de Bismark, exprimée dans son ouvrage intitulé: le Système det tirailleurë de cavalerie, article u, on trouve une possibilité d'organiser et d'attacher à chaque escadron des régiments de cavalerie un peloton de tirailleurs, qu'on choisira parmi les hommes dont la conception sera la plus saine et le discernement le plus juste , en un mot, capables de surmonter toutes les difficultés de deux rôles aussi différents; la cavalerie acquerra certainement une force motrice ' assez ramifié pour pouvoir , je ne dirai pas vaincre dans toutes les occasions, mais ne pas voir paraivser ses opérations par quelque accident fortuit, qui souvent n'est que de peu de conséquence dans son principe; mais qui en acquiert une grande par le manque d'éléments nécessaires pour lesurmonter.Le général Riible de Lilienstem, dans son Manuel poitr l'Officier,
1 fût moins grande quand ils seraient obligés d« les I abandonner. 11 ne portaient ni belles, ni éperons, el I lorsqu'ils RielUient pied à terre pour eomtnllTe , ■ ils attacbaient leurs chevaui deui i deui. >
2li
tome {*', page 62 , nous raconte qu'en i 81 4, le colonel de Ûarvilz avait or^nisé dans son régiment de landwehrune pelile troupe de chasseurs, qu'il avait fait monter, et qu'il s'en était servi avec beaucoup de succès devant Uagdebou^et Wesel. t Ils étaient, dit>îl, tellemeDt ( aimés par leurs camarades, qu'un cavalier 1 qui était envoyé pour flanquer, se trouvait
> heureux de recevoir un chasseur pareil pour 1 compagnon. >
« Le général Tbiébault, au contraire, nous 1 assure, qu'ayant été chargé en l'an XII d'or-
> ganiser, à Versailles, les 3*, 9* et 19*
> régiments de dragons, l'opinion des chefs
> de ces corps était, qu'un dragon qui ne
> voudrait né^iger aucun de ses devoirs,
> ne pourrait avoir dans la journée, une heure
> pour se reposer et pour manger. > D'après one assertion pareille, il est évident qu'une troupe employée à pied et à cheval ne sera qu'une troupe médiocre; ou bien, si l'on force le dragon à consacrer vingt-trois heures par jour h son éducation et aux soins qu'il doit donner à son cheval et aux effets qui composent son habillement et sa coiffure, ses forces physiques succomberont bientôt sous le poids des fatigues.
Qu'une éducation trop approfondie de l'école du fantassin nuise au développement des qualités du bon cavalier, est une chose qui s'explique facilement, déjà par le manque du temps nécessaire pour parvenir à une sorte de perfectioD dans l'un et l'autre rôle. Hais qu'une connaissance d'une partie de l'éducalion du fantassin soit loin de pouvoir nuire au cavalier, la cavalerie russe l'a prouvé avec évidence ; car l'Europe entière n'a jamais vu paraître sur aucun champ de bataille une cavalerie plus belle et mieux instruite, que celle que la Russie possède actuellement.
Il était réservé à l'empereur Alexandre, dont le génie embrassa avec une perspicacité surprenante tous les principes fondamentaux surles-
(i) Le colonel Harbat, dans son ouvisge intitulé : De la Néetuiti taugmmter la foreei miUlairu de France, nous assure aussi que les Autrichiens ayant reconnu que les meilleurs cavaliers étaient ceui qui connaissent le* exercices d les manceuvres de l'inbnlerle, recrutent leur caialeric parmi les fantas-
(i) Mti Revenu , tom. i , page lOS.
quels repose l'éducation du cavalier, d'intrc» duîre dans son armée comme base de l'étnde du cavalier , une partie de l'éducation du ùatassin , et nous vîmes la cavalerie russe TraiKhir avec une rapidité étonnante, l'espace immense qui sépare une masse de recrues assise àcbenl, d'avec une troupe de cavalerie aguerrie H propre à toutes les manœuvres dont cetteanne est susceptible , et je puis dire sans eiagéntion , qu'un génie comme celui de Seydlibi la tête de la cavalerie russe actuelle, poumit faire revivre avec iacilitéles fameuses jouni^ de Roshach et de Zorndorff, dont les faits sur prenants immortalisèrent tes nombreoi escadrons de Frédéric !e Grand (i).
Les raisons de ces résultats efficaces me paraissent même trop évidentes, pour qu'il soit nécessaire de s'appesantir longtemps sur leur démonstration. Le maréchal de Saie disait (t) : 1 Tout escadron qui ne peut aller deux miBe 1 pas à toutes jambes sans se rompre, c'est 1 jamais propre à la guerre. C'est le point Ion-
> damenlal : quand ils sauront cela, ils seront
> bons, et le reste leur paraîtra facile. ■ D envisageait par conséquent la contiguïté el l'alignement, comme une des bases de la boolt de la cavalerie. Hais cet alignement ne pi«> vient-il pas de celui des épaules , et du tnasàtment adroit de la jambe et du poingT Ce|wadant, si les deux dernières vertus ne peuTest s'acquérir qu'en maniant souvent son cheval, certes que la première ne s'apprendra jamais mieux qu'en donnant au cavalier une position bien droite par rapport à la perpendicalarilé de son corps, et un alignement régulier par rapport à ses épaules, en L'habituant à marcher en ligne étendue.
La cavalerie de ligne , les cuirassiers (;) et la cavalerie légère, les hussards (t) et les lai>ciers (s) , ne remplissent qu'un seul rôle, celui enfin qui forme la nature de cette arme, l'ont presque toujours, et dans toutes les armées de l'Europe, emporté par leur bonté sur ces
(s) L'bUloire ne nous indique pas positif emMl Iw criation. -
(*) Dans leur principe, les hussards n'étaient que iIk milices hongroises, que l'Autriche Gt monter et habilln comme les naturels du pajs.
(») Créés par le marAcbal de Saie. Celle troupe, (Un* «on origine, n'était aussi que la milice palooaiH, qat le maréchal &l monter.
□ igitizedbyGoOglc
avortoiu de la cavalerie dont nous Tenons de parier.
Hais la cavalerie en général qui , avant l'invention de la poudre et des annes à feu, a toujours été , comme je l'ai dit plus haut , l'arme de la victoire (i) , qui , plus tard aussi , en a décidé de si belles, quoique parvenue k on degré de perfection asseï grand pour pouvoir toujours l'emporter sur celle qui recueillit autrefois tant de lauriers, n'a, dans les dernières guerres , participé que partiellement aux différents déBoueroeots des batailles, n'a paru posséder qu'une force négative, et même n'apparut dans plusieurs luttes , que comme masse inaotive (i). Hais d'où provient donc ce défaut, se demande-t-on? Depuis les fameuses journées de Hollvilx, ftosbacb, Zomdorff , etc., la cavalerie a-t-elle perdu de sa force in trinsèquel Non. Les changements qui se sont opéré& dans sa tactique, ont-ils été au détriment de cette armeT Non. La cavalerie est-elle moins aguerrieï Non. L'infanterie plus bravet Non. Que lui manqae»t-il doncT J'emprunte ici les paroles d'un des généraux de cavalerie les plus distingnésde l'Eorope, le comte de Bismark, poor y répondre {s) : unichef pour la conduire.
Le comte de Bismark , dans son Si/ilème de Cavaterie, page 240, en parlant de la nécessité de mettre à la tête de la cavalerie un homme capable de la commander, nous cite resusple de celle de Frédéric le Grand, ayant perdu son cbef , le bmeux Seydlitz, ne put produire que des demi-travaux; et il ajoute : • Les membres
> exigent une tète; c'est dans la télé que doit
■ se réunir la force intellectuelle; chaque f^
■ cullé spirituelle doit, en se personnifiant, se
> reproduire de temps en temps , si on ne veut
> pas qu'elle s'évanouisse tout à Cut. Hais si s cette tête intellectuelle tombe dans l'iaac-
> tionoumeurtjlespartiesperdentlenrliaison
■ organique, el chacune ne vit qoe pour soi et
(i) C'est il cavalerie DncédODîenM qn) décida b iMUUIe du GnniqDfl ; elle reeaeilUt les mémee lanrien à cdle d'Arbile. Les lîTa de l'Bjdispe retentirent aussi de ses baula bits.
(9) hrs aniules des guerres moderaes De nous offrent que peu d'eiemples de batailles et de combats où la cavalerie dCcida de la Tieleire, et qui lont : les baUillet de RoalMch, Zomdorif, Wnrtibanrg, de la Katibach et WalKloo, et let combats de Hayuau et de Fère-Chanpenolse.
> isolément. Parvenu à ce point , il en résulte , » ce que chaque scrutateur trouve dans chaque
> campagne , que la cavalerie n'agit [dus avec
> ensemble, etonn'aperçoitplusquelesparties ■ qui se reproduisent çà et là.
• C'est justement ce que nous trouvons dans 1 la guerre de sept ans. Lorsque après la ba- » taiÛe de Gunersdorf, Seydliu tomba en dis- 1 grâce, et ne reçut plus de commandement,
> on vit aussi s'évanouir les hauts faits de la
> cavalerie. Le roi la rassembla , il est vrai ,
> en masse, lui donna aussi un chef d'un grand
> nom, le duc de Holstein; mais un nom dis-
> tingué n'est pas en état de compenser le
> manque de talent. Le roi voulait punir Seyd-
> liU , et lui prouver qu'il pouvait se passer 1 de lui. Hais qui devint donc la victime de * cette punition? la disgrice qu'a éprouvée
> Seydlitz a manqué de coAter au roi la bataille
> de Torgau (a) . 1
11 est vrai que les terrains qu'on choisit pour champs de bataille sont souvent trop coupés pour pouvoir employer la cavalerie avec succès, et entravent sa libre circulation; mais ces choix, peut-être, sontrils prémédités et fondés justement sur le manque d'un chef habile pour en conduire une grande masse.
La disposition delà cavalerie dans les ordres de bataille du système actuel, rassemblée tonjours en grande masse , favorise les hauts faits de cette arme, et parait être basée sur l'idée d'en avoir une respectable à sa disposition pour l'employer au moment opportun ; tandis que les résultats des batailles el des combats ne nous ont offert bien souvent que des exécutions qui ont cootredit cette Idée primitive.
N'avons-nous pas vu dans des batailles d^ oisives, dans lesquelles tout, jusqu'au dernier bataillon et escadron, devaitêtre utilisé, comme 1 léna , Lutzen , des masses imposantes de cavalerie être des témoins inaclifs de la défaite
(s) Taefiqiu de la CavalerU, pag. 18 A 18, ri $y*-
léHK d< (a Cinubrte , pag. 130.
[*) Li où let connaissiDeei décident de loot , on %gt mûr ou l'aDcienoeté de service ne tnpplteront pas au difaut de talent. K la fameuse bataille de Crécy, le prioce de Galles , fils d'Edouard lli, n'avait atteint que ragedeselieans, et participa cependant , en grude partie , an gain de cette glorieuse journée. Coudé a'»~ *ait encore que 32 ans lorsqu'il remporta la victoire i
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de lears camarades , et ne partager avec eoi que les fatigues des retraites?
La cavalerie , en général, mais préalablement la cavalerie l^ère, est le flambeau de l'armée, car sans elle, les troupes manqueraient de moyens pour s'éclairer à des dislances assez grandes, pour la sécurilé des armées et l'ensemble des mouvements. La bataille de Lutzen cous ofire un exemple de tous les dangers résultant de la pénnrie de la cavalerie. Il n*est pas à supposer qu'un militaire aussi profond que Bonaparte, dont les travaux avaient anticipé sur toutes les époques les plus avancées de la civitisalion militaire, ait pu oublier une des premières obligations de l'art auquel il avait donné lui-même les développements les plus vastes. Les paroles qu'il prononça au moment où il était occupé k suivre le combat que le corps avancé de Lauriston avait engagé dans le faubourg de Lindenau, et où il dit : t Ce t sera une bataille d'Egypte; partout l'infan-
* terie française doit savoir se suffire , et je ne
* crains pasde m'abandonner à la valeur innée > de nos jeunes conscrits (i) , i prouvent que s'il ne fit pas battre l'estrade à sa droite vers ZweDckau elPegau, et à sa gauche vers Mark- Ranstjedt, et qu'il se laissa surprendre en marche, c'était une négligence que nous ne devons pas envisager comme le produit d'un oubli des règles que l'art militaire nous impose; mais comme la suite indubitable de la pénurie totale de cavalerie, dont it n'avait pas osé engager le petit nombre dans ces sortes de reconnaissances, puisqu'il s'était apprêté à livrer batailleuses ennemis au delà de Leipzig (>). Ce défaut , que la négligence ou les circonstances produisirent, a manqué d'attirer à l'armée française une nouvelle représentation de la bataille de Rosbach ; car au moment où toute l'armée alliée, ayant franchi l'Elsterà Pegau, se trouvait déjà en mesure de tomber k cwps perdu sur son adversaire , les Français n'avaient encore que le corps de Ney, qui était en position â Raboa et Gceiscben , à lui opposer.
Cependant les travaux de la cavalerie ne se
(i) jranMETtf dt ml huit cent lrnt« , par le baron FrId, tom. I, p*g. SW.
(i) < L« peu de ctraterie qu'on avait , dit le baron ~ us sa Relalio» cireotuUmeiée dt la
bornent pas seulement à ces sortes de tccobnaissances passives; c'est elle qui achève les combats, qui décide de la grandeur des résultats, et qui en recueiUe les trophées. Ans», dans toutes les batailles où elle a été engagée dV près 1rs vrais principes de la tactique des trois armes, comme à la Katzhach,à Wateiloo.elc., ne remarquons-nous pas la cavalerie ne développer tonte sa force et sa vélocité qu'au moment de la décision, achever de rompre les lignes ennemies, et se mettre à la poursuite des adversaires rétrogradants, pour augmenter et s'emparer des trophéesde la journée.
Hais justement, pour pouvoir imprimer à la cavalerie une sorte de caractère de décision , Onesuffitpasde lui accorder, par son organisation etsoo éducation , les moyens de pouvinr faire usage de ses vertus intrinsèques, 0 est indispensable encore de la subordonner i on chef habile, impétuenx, mais conséquent; car tous les résultats brillants qu'on peut attendre d'une bonne cavalerie , qui sans contredit amit très-nombreux, dépendent :
1° Dn choix du terrain où on l'engage; car, lorsqu'on lui assigne une position entravée par de nombreux accidents, on se met dans la cruelle nécessité de la laisser en inaction. C'est ainsi qu'à la bataille de Cassano , que le doc de Vendôme gagna sur le prince Eugène, le champ de bataille , déchiré par l'Adda et les canaux appelés le grand et te petit Ritlcirto , et la Pendina , ofllnt si peu de facilité pour les manœuvres de la cavalerie, que le seul mouvement qu'on remarque pendant cette affaire n'est que la fuite de trois régiments de dragons espagnols et de quelques autres français, et qui se précipitèrent dansl'Adda, où peu d'hommes échappèrent au trépas. Si au momeal où le prince Eugène se rendit maître du pont de Rittorto, il eûtpu faire charger les troupes françaises rétrogradantes avec une masse imposante de cavalerie, il n'y a pas de doute que le courage des Impériaux aurait été couronné d'un Boccès complet; car l'occupation de la redoute du pont de l'Adda, où les Français n'annieni pu pénétrer qu'en -masses informes, n'aurait
t Campagne dt ifllZ tn Satee, tom. i, pag. n, t»»» 1 insuffisant ; et comme elle coniùtait, pmir la plu ■ gnode partie , seulement fen rAgimeats de la g*tiit, > on U tint toujours en riserve. •
pas pu présenter de si nombreuses difficultés ;
9f Du moment opporltin où on la fait agir;
3° De la décision arec laquelle cliaqua attaque doit être faite.
La cavalerie la mieux aguerrie et la plus instruite ne pourra rien exécuter si elle n'est pas bien dirigée, tout comme le chef le plus instruit, et le plus riche en expédients , ne pourra rien offrir de brillant, si sa cavalerie ne répond pas justement aux éléments de sa vraie nature.
Les dernières guerres surtout ne nous ont offert que rarement le spectacle imposant d'une cavalerie bien dirigée ; quoique ne possédant qu'un noyau peu nombreux de vieux cavaliers, elle n'était pas cependant sans talent ni sans vertu, c'est ce qui a porté.les censeurs sévères à rejeter tout le blâme de cette inaction sur les cbeÀ qui la commandaient. Hurat même, dont l'esistence militaire nous a offert plus, d'une belle action, comme kEckmiilh, à Dresde, etc., n'a cependant pas été non plus exempt de reproches. Les militaires allemands l'ont accusé de n'avoir été qu'un sabreur, et de n'avoir pas possédé les qualités nécessaires pour commander une masse de cavalerie dans une bataille rangée (i). Mais dans une armée commandée par Napoléon , fallait-il plus qu'un sabreur qui sût profiter des vertus intrinsèques de l'arme qu'il meoait au combat T Et chaque chef de cavalerie, dans l'armée de Bouaparto, pouvaitil aussi paraître autre chose, puisque Napoléoa savait se trouver partout où sa présence était nécessaire, et ne quittait le poste qu'après avoir tout ordonné? C'est ainsi qu'à la bataille de Dresde, il sort à six heures du matin de la porte de Freyberg, et aperçoit la lacune que le mouvement des divisions aulricfaiennes de Biancbi et Giulay; en se prolongeant vers leur gauchesur la rive gauche de la Weissrîtz, pour donner place au corps de Klénau , qui était encore en marche, avait occasionnée. Û cbai^ Hurat de tirer partie de cette imprudence de l'ennemi; et après avoir indiqué l'endroit où les coups devaient se frapper, il revient sur ses pas, traverse la ville, et sort par la porte de Dippoldisvalde, et, sûr que ses ordres seront exécntés avec justesse et avantage, il ne s'oc-
(i) Le comte de Bisnarli, Tactique de la Cavalme , et plnsieun autres après lui.
cupe ]dus que des mouvements des corps des maréchaux Saînt-Cyr, Mortier et Marmont. Une confiance pareille, delà part d'un bommetel que Bonaparte, qui savait certainement taxer au juste les talents deses subordonnés, et qui, surtout à la bataille de Dresde, ou le sort de son armée pouvait être décidé par quelque mauvaise disposition et devenir déplorable, n'était pas dans le cas d'abandonner aucune chaoce au hasard , ne prouve-t-elle pas en faveur du chef qui commandait la cavalerie Ifançaise?
Si peut-être Hurat, comme veulent le soutenir plusieurs auteurs allemands, ne possédait pas aussi ce coup d'œil militaire décisif, qui nous fait reconnaître de pnme-abord, sur des terrains variés et d'une vaste étendue, l'endroit où il faut frapper le coup décisif, il est diificile de lui disputer le talent d'avoir su manier avec vigueur et discernement, vertus indispensables d'un chef de cavalerie, des masses imposantes. Pourquoi compterions-nous donc toujours ces coups heureux qu'il a souvent faits, plutôt au nombre des coups de hasard qu'au nombre des coups de génie !
La vigueur du choc étant la vertu primitive de la cavalerie , et ce choc ne pouvant être effectif si les lignes attaquantes ne conservent pas leur alignement et les escadrons leur contiguïté, on ne saurait jeter un regard assez attentif sur cet alignement et cette contiguïté des lignes et des e-scadrons pendant leurs mouvements offensifs. C'est cetLe vertu qui a rendu la cavalerie française, pendant la guerre d'Egypte, si redoutable aux tnaraelouks, qui, corps à corps, ne le céderont certainement à aucune cavalerie de l'Europe ; mais n'étant pas disciplinés, et ne possédant pas Tbabilude de bien charger en ligne contiguS et alignée, leurs charges ne possédaient pas ces ctforls multipliés et ce choc collectif d'où résultent les effets souvent extraordiaairtis d'une charge de cavalerie. De là vient réquilibre quelle g^ néral Bonapaite a établi entre la cavalerie française et les mamelouks égyptiens, et qui a déduit des principes sur lesquels reposent les effets du choc. On ne le conçoit que trop bien lorsqu'il dit (a) < que S mamelouks tenaient léle
(i) Mimmrtt jmAlw'i pur It général Gourgatàd.
dbyGoOt^lc
EXAMEN R\IS0NN
t à 3 Français, parce qu'ils étaient mieux ar- I mes, mieux montés, mieux exercés; mats > que 100 cavaliers français ne craignaient pas
■ ]00 mamelouks; que 500 étaient vainqueurs
■ d'un pareil nombre, et que 4,000 en bat-
■ laienl 1,500. > Si plus tard, dans sa réponse aux Notes eriliijua de Napoléon, page 41 , le général Bogniat nous assure que les mamelouks s'étaient rendus redoutables à la cavalerie Ihinçaiae, l'assertion peut élre vraie , et même déduite de la description que le généra! Bonaparte fait des deux cavaleries. Si on accepte donc que les mamelouks se sont rendus redoutables aux Français dans les engagements des patrouilles, de rencontres, etc., où il n'existe jamais de masses, mais où l'on combat en fourrageurs , il serait difficile de leur accorder cette même supériorité dans les batailles rangées. Si le général Rogniat avait pris la peine de s'étendre sur Ica modifications qu'on pouvait tirer du cas que les deux adversaires débattaient, la dispute aurait pu élre aplanie tout de suite, et jesuppose qu'il aurait fini par être de l'avis de son anlagonisle.
De U vient aussi l'ascendant incalculable que la cavalerie russe a eu de tous les temps sur celle des Turcs. On a vu souvent quelques escadrons battre et mettre en fiiite des milliers de cavaliers.
Si l'inùnterie forme la base de la composition des armées, la cavalerie en est un accessoire dont les travaux sont indispensable pour soutenir avec avantage les engagements dans les grandes plaines , et pour compléter les victoires. Pour ce qui regarde le rôle que cette arme est appelée à jouer en général dans les armées, les subdivisions de ce rôle, sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir plus tard , sont soumises, pour les cas isolés, i une trèsgrande énuméralion.
Pour que cbaqne arme soit en état de remplir le lÂle qu'elle est appelée à jouer, ne reTemiïquoiis d'elle que ce que, d'après les forces et les veKus inhérentes à sa nature, elle est en état de produire. Ne l'employons que dans les cas où elle peut agir avec efficacité, et considérons la cavalerie, dans le service qu'elle remplit dans les batailles, sons deux rapports
(0 Dans la VknXa afltlqtiitt , le coninste qui eiUtait dans r équipement da UTalerics Ihcssalienne, aumide
tout à fait différents. Tant que le point qni doit décider de la victoire en faveur de l'im ou de l'antre parti est encore an pouroirde notre adversaire , et que les troupes qui le défendent s'y maintiennent encore avec ccolenance et supériorité , la cavalerie ne doit itre considérée que comme arme de secours, qn'on emploie pour soutenir l'infanterie et l'artillRie contre les mouvements olTensife de h mime arme, et, en général, si le terrain le permet, dans tous les engagements, ou bien pour compléter la désorganisation de quelque point de la ligne ennemi, si les effets foudroyants de l'artillerie et des masses d'infanterie y ontfrodnil quelque flottement. Si, au contraire, ta victoire n'est que peu douteuse, et qu'il m s'agisse plus que d'un choc pour la comidéler et augmenter les trophées de la journée qa'ellt embrasse sans hésiter le rAle d'arme ind^iendante, et que son mouvement et son choc, semblables à l'éclair et ^ la foudre qui s'enfuil, renversent , ilésorganîseDt et enlèvent ï son ennemi ses aigles et ses canons.
Hais si, faussement instruits de l'emploi de la cavalerie dans les batailles rangées, nous l'employons dans ces moments de crise où lous ses efforts deviennent inutiles, en la soumeltant à des ëches indubitables, nous rendrons non-seulement ses services inutiles, maisinMU lui ravirons aussi cette assurance morale qui double la vraie force de chaque arme, et il suftît souvent, pour la démoralisation d'uu troupe, de la fatale conviction que son ennemi est invincible. De combien d'heureux résullib l'année française n'a-t-elle pas été redevable à ce faux nimbe dont la tête de Napcdéon i paru être couronnée aprts les victoires de Rivoli, Harengo, Austerlitz et lénaT
Pour que la cavalerie arrive justement w but qu'on se propose de lui faire atteindre, il faut noD-seulemen t que son emploi répondels» vertus, mais que son armure et son équipenwal soient en rapport direct avec son service. D'w cité, ne paralysons pas sa vélocité en la sinchangeant de fardeaux inutiles, et de l'autre, ne lui ravissons pas, par quelque manque d'a^ mure et d'équipement , les moyens de déreiapper la force qui est inhérente à sa nature (i}-
et grecque , était frappant. Lea cavillers tbesMlieM " numides étaient à ^eni-nin, sur dei chenui pref^
Sous le rapport de l'anaure de la cavalerie, OD remarque, dans plusieurs armées euroliéenaes, ud inconvénieDl assez grave, en anuant, sous le rapport des armes à feu, àpeu près également tes différenles cavaleries dont le service cepoidant n'est pas du tout homogène. Nous voyons les cuirassiers, les dragons et les hussards, armés de carabines, tandis que le service des premiers et des derniers n'exige jamais d'autre arme pour leurs attaques que le maniement de la palache ou du sabre, et pour les derniers, celle du pistolet aux avant-postes. Pourquoi el à quel usage les surchargerait-on d'une arme dont ils n'ont jamais occasion de faire usage T Qu'on arme de carabines les dragons el les chasseurs à cheval, la chose peut encore s'expliquer par le service pour lequel on suppose que ces troupes seront dans le cas d'être employées, quoique ces cas soient rares; mais il peut arriver qu'au défaut d'infanterie on soit obligé de faire mettre pied à terre à une troupe de dragons ou de chasseurs à cheval, et alors, pour bien remplir leur rôle, il faut qu'ils soient armés de carabines. Hais les cuirassiers et les hussards sont-ils jamais dans le cas d'abandonner lenrs chevaux Tel j'aime à croireque ces carabines ne sontpas destinées pour s'en servir à cheval I
Le comte deBismark, âxii»onSyitèmedeta Cavalerie, page 54, en arme les cavaliers pour s'enserviraux avant-postes, tandis que le pistolet me paraît suffire pour ce service. Comme il est indispensable d'allier plutâl que de rendre plus pesante l'armure de la cavalerie, en calculant, d'après la manière de s'en servir, les cas où on peut en faire usage, les difficultés, les résultats el l'inutilité qui en proviennent, je crois qu'on peut hardiment refuser les carabines aux vedettes, et ne les anner que de pistolets, sans pour cela leur ravir quelque avantage. Croit-on, pour certaine occasion, que la f^avalerie sera dans le cas de faire usage de la carabine? alors, qu'on y emploie des dragons ou des chasseurs à cheval. Pourquoi , par rapport à l'armure de la cavalerie , devrait-on assajettir cette arme aux cas dans lesquels elle
□us aussi , tandis que 1» cataphractairM des Grecs étaient tellement Bceabléasouslepoids de leur armure, que les Iioinnua n'anient aucune adrMie «t lei cbevaai ■nanquaieut de Télorité. Je prendi la liberU de ren- Toyor le lecteur ani ÉUmtnti de Tactique pmr la
peut se trouver, et ne pas soumettre plulAt le choix des difiërentes cavaleries aux occasions diverses dans lesquelles on devra les «nployerT Le major Decker, dans ses InMnetùmi poitr ta Cavalene et t Artillerie à duval (i) , se prononce fortement aussi en faveur des carabines . en disant t qu'après la campagne de 1806, la 1 m^eure partie de la cavalerie prussienne
> perdit les carabines, cl en ressentit amère-
> ment laprivation dans lescampagnesde 1812
> il 1815. > Voici les quatre cas qu'il discute, et dans lesquels cette arme lui parait plus ou moins indiqtensable pour le cavalier :
1" Aux avant-postes i
3* Lorsqu'ils fianquent ;
5'> Si la cavalme agit seule, el se trouve arrêtée par un détachement d'infanterie;
i' Si ta cavalerie se trouve sur la défensive, et se voit obligée de recourir aux avantages du terrain.
Je sens bien que le combat scientifique que j'engage est inégal, puisque je me propose de combattre contre deux autorités; mais
A vaincre uns péril, ou Iriomphe Mua ghilre;
et puisque mon raisonnement et ma conviction m'ont mené à un résultat différent, il est de mon devoir de me prononcer sur ce sujet. Discutons chaque cas séparëmenl.
Aux avant-ptutei. C'est un service de sorveillance, pour lequel, comme nous l'avons vu plus haut, il est avantageux et même indispensable d'amalgamer l'infanterie avec la cavalerie. Les efforts d'un et même de deux cavaliers isolés ne produisent pas de force collective puissante , mais leur présence est indispensable, car l'ennemi peut attaquer nos avant-postes avec de rinEanterie mêlée, et nos cavaliers devront être les soutiens les plus fidèles de nos voltigeurs, et vice vertà. Montés ^r des chevaux , ils seront les porteurs les plus agiles des nouvelles que le commandant des avant-postes voudra faire parvenir au chef de l'a vaut-garde. Les voltigeurs sont donc là pour échanger les coups, les cavaliers pour
Cawtltri», par HotllD de la Bslme, pag. 137; et à r^wat «w CHûtoire générale de tArt vdlUaire , par Carrien-Rists, tou. i, p. 410.
(i) Die Gefidmlehre ier belden verbùndnun Waffin : KanaUtrie undreilenétn Artilltrit,p. 134 et tuiv.
les soutenir. Or, ce soutien ne demande, en aacniie manière, la carabine, mais le sabre; car le cavalier le manie beaucoap jius aisément que la carabine; et s'il parvient à se gliaser à. dos de son ennemi, le pistolet lui suffira pour le coucher à terre.
le ne discute pas le cas de surprise; car placer des avant^ostes dans des endroits où on peut les allaqner à l'improviste est une împéritie inexcusable. Nous savons, au contraire, qae les avant-postes doivent être placés sur des points d'oii l'bomme puisse apercevoir son ennemi, de quelque c6ié qu'il vienne. Le devoir des avant-postes, s'ils voient approcher l'ennemi , est de donner l'alarme ; et si c'est le cavalier qui l'a reconnu le premier, il lui faut use arme pour l'avertissement : soit; mais le pistolet lui suffira, car à 40 ou 50 pas, il a un voisin qui décharge anssi son arme, et dans le même moment toute la chaîne est instruite de l'approche de l'ennemi.
Le» ftanqaeun. t Lorsque des tirailleurs 1 armés de pistolets, dit M. Decker, flanquent
> contre d'autres armés de carabines, les pre-
> miers font toujours volte-face (4). > Je suis contre un avis pareil, et en voici la raison: un cavalier armé d'une carabine ne peut bien tirer qu'en arrêtant son cheval, car il a besoin de l'usage de ses deux bras ; et au moment où il couche en joue, son ennemi, qui bal la plaine, change à chaque instant de place, oblige par conséquent son adversaire de le poursuivre avec le canon de sa carabine dans des directions différentes, et lui ravit tous les
. moyens de bien ajuster. Il -n'y a qu'un pur ha* sard qui peut rendre juste un coup pareil, et le hasard n'est pas toujours Cavorable (1). Pendant ce temps, le tianqueur, anné du pistolet, a eu tout le temps nécessaire pour venir à dos de son ennemi ; et pendant que celui-ci abandonne la carabine pour guider son cheval et faire volte-face , un bon tireur de pistolet la déjà coucfaé <k terre.
Pour ce qui regarde le troisième cas, si nous
(1) t Des ftanqueurs armés de pistolets, dit le comte I de Bismark {Syitime de Camterie, pag, 1*5), ne, ■ SDDt pai du tout daogereui ; je ra'absLieDS aumi d'en
> parler daTantage. 1
(1) Je Tais raérne abslracUon du désavantage qu'un cavalier, qui airila mu cheval , se doone envers un ba- Miin a<froit et bon tireur, et qui trouve dcTaot lui
adoptons l'organisation des tiraillwB de cavalerie, proposée par le comte de Bismark, chaque escadron n'aora donc qu'un peloton armé de carabines, et le reste n'en aura pas besoin.
Cn exemple cité par le génàd Thiébanll dans son Manuel général du tervice det étaitmajort, a porté H. Decker à ériger en principe ce troisième cas qui forme >a quatrième supposition. Le vMci (page 410) : < A la ba>
> taille de Friedland , dit le général Thiânult, 1 le général baron de la Ferrière, commandant
■ la cavalerie du 9* corps, arriva sur le terrain I après avoir fait, au grand trpt, une marche
> de quatre lieoes. Une masse de cavalerie
> fraîche, et en nombre bien supérieur i la
■ sienne, lui faisait face, et s'ébranla pour k 1 chaîner au moment où il se mit en bataille : 1 dans cet eut de choses, ne pouvant lutter 1 de choc, il forma sa ligne derrière un faiUe • obstacle , ht prendre la carabine, et ayant le
> sabre au poignet attendit l'ennemi de pied
> ferme, et le reçut par un feu qui le décida
> à se retirer sans achever sa chai^. >
Je ne vois pas qu'en faveur d'un cas, il faille clianger l'armure d'une cavalerie, et même les raisons qui l'ont nécessité ne sont pas exanptes d'observations : i" Je ne crois pas que ce soit un bon principe que de faire trottM- un régiment de cavalerie, l'espace de quatre lieues; 9° si les circonstances l'ont nécessité, est-il prudent de mettre un régiment aussi fatigué, tout de suite après son arrivée sur le champ de bataille, i la merci d'une attaquede l'ennemi? On le place, au contraire, en réserve , pour lui donner le temps de se remettre un peu de ses fatigues ; car nous savons qoe l'action de la cavalerie de réserve n'a lieu ordinairement qu'à la fin de la bataille. Il est donc aussi inutile de l'armer de carabines. car, après avoir repris haleine, il peut avec succès se servir de l'arme blanche (i).
Le pistolet, au contraire, est une arme de défense et d'avertissement presqu'îndispensaUe
nn but Immobile. Cette asuitlon cependant pwimîl élre encore en ma fiivenr.
(s] Il serait curieux de prendre des Dotions éiacte» sur le nombre des cartouches de carabines que la cavalerie aura consommé dau< une des demiërw eaiB|t)gDCs. Je ne crois pas que les parcs de réserve en aient beaucoup souffert.
DES TROIS ARHES.
pour le ciTalîftr, nuia dont je ne yease p«s qa'oQ puisse se senir dans U mêlée, comme k suppose le général Bismark ( Syitime de eavaLerie , page S4. ) Des coups de feu pareils ne seraientik passouvent au détriment de la troupe qui s'eusertTcarpeat-on répondre que dans une mêlée, où les amis ainsi que les ennemis ont changé de place , la balle perfide en manquant son vrai but, n'aille renrerser un des siens, sans toucber celui pour lequel on la destine T Après le choc, la désorganisation de* escadrons est beancoaptrop grande et la mâée trop ooni' pliqnée poar qu'on soit sur de ses coups.
Ponr ce qui regarde les feux de la cavalerie, on devrait, par exemple, bannir tout k fait l'usage impropre que les chasseurs à cheval ont conservé de nos jours, celui de se servir achevai des feux collectifs, lorsqu'ils sont attaqués par la même arme; tandis que l'expérience a parié tant de fois contre cette institution.
1* Un feu un peu vif ne manque jamais d'effaroucher les chevaux et de faire perdre aux escadrons leur contiguïté et leur alignement;
%' Le manque de temps , si la troupe défensive laisse venir les assaillants k portée de la carabine et surtout à nnedistance d'où les coups paissent être justes, lui ravit les allures progressives, qui précèdent'le dioc et le rendent moins efficace;
3« L'embarras qui résulte dans l'emplac^ ment de la carabine pour mettre le sabre à la main, soumet quelquefois la troupe au désavantage d'attendre l'attaque de pied ferme, au lieu d'alleràla rencontre des assaillants , c« qui est contre toutes les règles de la lactique de la cavalerie ;
4* Les coups sont si peu sûrs, qu'il n'en résulte que des pertes insignifiantes pour les attaquants , qui sont loin de compenser les désavantages des pertes de la contiguïté des escadrons et des. allures progressives, qui précèdent et rendent le choc plus ou moins efficace; ainsi que l'embarras qui résulte du changement des armes.
Je déduis mon priodqe et mes raisons d'un
(i) Acliiclleinent
(i) L« gtnfnd lui-ménie se trouvait à la grande arm**.
(3} Le Ueutcunl-coloDel PloUio , «n raiiant paratlre foa ouvrage «dt )m Campagtiu de 1813 et I8li, doit avoir travaillé sur de but matériaui , on n'a pu s'em-
hlt dont j'ai été tém^n oculaire, et qui m'a prouvé jnsqu'i l'évidence qu'une cavalei-îe qui se sert à cheval des feux collectif, est en désavantage marqué contre uno autre qui l'attaque avec un peu de décision et à l'arme blanche.
Après la fameuse bataille de Dennevitz, le comte de Tauentzien , à la léle du 4* corps pmssien, ayant abandonné l'armée du Nord, s'était porté de Herzberg où il avait été envoyé pour poursuivre les débris de l'armée du maréchal Ney, par Ubigau vers Liebenwerda, pour se joindre à l'arroée de Silésie et coopérer aux attaques que le maréchal Bliicher se proposait de diriger contre Hurat, qui sUtionnait à Grossenhayn. En s' approchant de Liebenwerda, le comte Tauentzien détacha quatre régimentsde cosaques sous les ordres du général Ilowaisky 3* (i), pour éclairer sa droite et pousser ses reconnaissances vers Huhiberg. Lechefdu corps m'enjoignit l'ordre de suivre ce détachement pour lui fair« parvenir les nouvelles quelcgénéral llowaiskay pourrait recueillir. Arrivés près du village de Borac, nos éclaireurs y découvrirent un détachement de cavalerie composé de trois régiments de chasseurs à cheval. Quoique le nôtre ne fût composé que de quatre régiments de cosaques, et que nous manquassions tout à fait d'artillerie, le général Ilowaisky, sûr du dévouement exemplaire et si souvent éprouvé de ses régiments, ne balança pas un seul moment pour attaquer l'ennemi, et fit les dispositions suivantes: la régiment du colonel Bidiarof reçut l'ordre d'attaqueren fourrageur^ cenx du général Ilowaisky 5* et Kouleinikof 6* suivaient en ligne contiguë, n'ayant que peu de distance entre les escadrons , et celui du général Ilowaisky 5* (s), fut envoyé ponr tourner et prendre l'ennemi en flanc et k dos (s).
Les Français s'étaient mis en mesure de nous recevoir, et le combat s'engagea bientAl. Le chef de la cavalerie crut apparemment, que n'ayant que de la cavalerie irrégulîère à combattre, qui n'était pas même soutenue par de l'artillerie, il ne pouvait faire rien de mieux,
pêcher de cédertl'iaflueiiee delà prévenUen nationale, en diceniant rhommir de ce comlwl (page 50S) au général de Dobscbuti. Je puis alteiter que le général llawaiak; n'a partagé les lauriers de telle briUuite afiaire, qu'aTMlea quatre régiomtE qu'il c alors.
dbyGoOt^lc
que de lui envoyer une dà:harge, espérant qu'elle BuflBrait pour arrêter la fougue des Cosaques, et que la r^^larilé de ses attaques suffirait ensuite pour compléter le désordre. 11 fiit bienlàt et cruellement délJrompé, et cette fois^i, la supériorité qu'une troupe régulière possède sur une autre irrëgulière , ue peut néme compenser les désavantages auxquels est açumise une cavalerie qui se sert de ses feux à cheval. Le régiment de Bichatof qui couvrait le mouvement de ceux d'ilowaisky et Kouteinikof , ayant reçu la décharge de la cavalerie ennemie (i), conformément aux ordres reçus du général llowaisky , s'écoula dans les intervalles et vers les deux flancs de la ligne qui le suivait. Celle-ci se met au galop ; et les ennemis, Mnbarrassés de leurs armes et des brides de leurs chevaux, n'eurent presque pas le temps d'aller au-devant de leurs adversaires, et furent pris ctHume en flafp^ut délit. Les cosaques fournirent la charge , qui ne pouvait même pas se comparer i celle qu'une cavalerie régulière et bien exercée peut produire, mais qui cependant parvint à désorganiser la cavalerie ennemie à un tel point, qu'en moins de quinze minutes elle ne présenta plus le moindre vestige d'ordre el d'ensemble (s). Notre butin monta à plus de 800 prisonniers pris avec leurs chevaux, ainsi que plusieurs ofGciers parmi lesquels se trouvait le colonel Talleyrand-Périgord. Le général qui commandaitla division, ne dut son salut qu'à l'escorte qui le défendait et qui le sauva des poursuites de plusieursCosaques,qui avaient été sur le point (^l'atteindre. Ce combat doit, sans contredit, servir d'exemple salutaire pour le danger imminent auquel la cavalerie s'expose en se servant des feus collectifs, et du peu d'effet que ces mimes feux produisent pour la troupe assaillante,
(i) Il n'eut, autant que ]e puis m'en reawuveidr, tout ■u plus que 17 hommes mis bora de combat , ce qui prouTe d'une manière évidente combien les coups sont
(t) Le général Gou^ud, dans )on Eii»nwn critique 4«laCiimp(ijrn«de 1812, publié par le général comte de Ségur (page ISI ), nous fait part aussi de la défaite du 1$* de chaMeura h cheval au combat de Wittct«b. 1 La cavalerie de la garde rosM, dit-il, fmtégéepar • le tta d'une btllerie de 13 jnècee, chargea ce r«gi-
> ment, t la tête duquel était le général Pire. Le ■ 16* de ckasseuK voulut emplejw une roaDonvre qui
> lui avait réutsl pintîeurt fois; il attendit la charge
ce qui rend à peu près leur secours nul (i).
Il faut encore que j'ajoute eu , honneor des cosaques, qui se couvrirent de gloire à celle afiaire, que le terrain qu'ils ont été obligés de parcourir pour en venir aux mains , n'était pas des plus propices pour le moavemeot de la cavalerie. Hais les cosaques, que leur seniee oblige si souvent à battre des plaines menus très-coupées, et qui sont plus accoutumés à se fier sur leur bravoure personnelle que mr ks résultats de la régularité de leur édncatioD, s'inquiétèrent peu des obstacles que leur offinit la nature; et malgré le flottement quis'étiil opéré dans les escadrons , atteignirent complètement le seul but qu'on se propose d'atteindre dans tout engagement, celui de battre son ennemi.
L'habitude de parcourir , en petite ctHonM en grande masse, des terrains un peu conpés, ne peut que rehausser tous les avantages d'uK bonne cavalerie; et conune la nature ne dous présente que rarement des terrains unis, il serait même indispensable pour que , le jourd'aoe bataille, nos masses de cavalerie ne soient pis quelquefois assujetties à une inaction désavantageuse, d'accoutumer cette arme à braver les caprices de la nature, et de l'habituer à conserver, pendant ses attaques, t'alignemral el la contiguïté des rangs dans les escadrons, même sur un terrain désavanta^ux. Une cavalerie qui serait accoutumée à surmonter des obstacles pareils, ferait des prodiges sutub terrain uni et propice à ses mouvemenla.
A la première bataille de Polotsk, livret le 6 — 18 août, le capitaine de Rnorring(tj,^ la tête de l'escadron de réserves des gardes) cheval , ayant remarqué le ravage qu'une bilterie ennemie occasionnait dans rinfanlerie dt noire centre, se porte en avant; et en clurgeanl
1 sans s'ébranler, et i 50 pas de distance, fit no ho di
> carabine. La vélocité de la caralerie russe ne pat p» I étrearrélée par ce feu, qui ne fit q}io causer du dbt ordre dans les rangs du 16'. >
(s) Le maréchal de Saie nous dit aussi, Amf Réveriei, tom. I, pag. 84 : • Le hu delà cavalerie n'»t
> pas fort redoutable , et j'ai toujours oui dire que lov ■ ceui qui s'avisaient de tirer étaient battns. ■
Le général Rohle de Lilienslcrn , dans son JHoimk' dt l'OffMer, tom. i, pag. 49, n'accorde aussi aui h" de la cavalerie, que peu ou presque pu de r^Ital.
(4) Actuellement général-major et commindani n" r^iment de cuirassiers de la garde i Varsovie.
l'aTtillerie enosmie, reucoDtre un ruTÏn sec, nuis asseï profond, et telleowiit lai^, qu'en le franchissant, plusieurs clipvaux s'abattirent el y restèrent avec leurs cavaliers. (Ravins dont le champ de bataille était déchiré en tout sens.) Il surmonte cet obstacle, et parvient à enlever doue pièces de canons i l'ennemi. Loin de se contenter de cet exploit, il s'arrête un moment pour rallier son escadron, et ayant aperçu un régiment de chasseurs à cheval , il court à de nouveaux dangers el i une nouvelle {^oire. Les difficultés du terrain qu'il devait parcourir étaient plus grandes enrore k surmonler; mais tel est l'avantage incalculable d'une cavalerie accoutumée à manœuvrer sur des sites inégaux , qu'aucun accident de terrain ne fut assez grand pour cet escadron d'élite , qui, après s'être rendu maître d'une batterie de douze pièces de canon , mit encore un ré> gimentde cavalerie en fuite.
Avant de finir cet article, je ne puis m'empécber d'émettre un dernier sentiment sur le changement que je crois utile de faire dans U cavalerie, par rapport à son armure. Ce changement me parait d'autant plus nécessaire , qu'il imprimerût à la cavalerie un caractère de force, qu'elle est encore loin de posséder. A mon avis, ce n'est pas tout que d'dier aux cuirassiers et aux hussards leurs carabines, il faut leur accorder des lances. L'expérience même nousa démontré tous les effets salutaires de cet armement. Quelques mois avant l'ouverture de la vztnfagae de 1 6 1 2 , nos régiments de hussards reçurent des lances. On en arma tous les premiers rangs des escadrons, tandis que les seconds conservèrent le sabre.
On devrait croire qu'un temps aussi court fût insuffisant pour pousser le maniement de U pique jusqu'à une sorte d'habileté; mais tel est Temptre de U nécessité de se défendre , que pendant les hostilités, nos hussards s'en servaient déjà avec cette dextérité qui caractérise l'homme habile. Cette arme leur a été surtout d'une grande utilité contre les tirailleurs français, qui avaient l'habitude de se
(i) GuitMTt nous donae une dirivalioD bien paradoiale de l'institution de U pique, Cmoi g^n^ml de Taetiqtu, tom. i, pag. IBO: i Quand la valeur d'un
• peuple baisse, dit-il, on allonge les armes , on prend > désarmes de jet, on cherche a mettre le plus d'inter-
• valle qu'on peut cuire l'ennemi et soi. t Combien «e
jeter à terre an moment où ils se voyaient attaqués par nos cavaliers. Celui de nos hussards qui ne possédait pas de pique, devait se contenter de (iroisser un peu son adversaire sons les pieds de son cheval y celui , au contraire , qui en possédait une, était sùrd'élendre son ennemi à ses pieds (i).
Dans les attaques, les hommes du second rang qnt étaient armés de sabres, pouvaient être envisagés comme les assistants de ceux du premier; et s'il arrivait que dans le choc, l'homme armé de la pique manquât son coup , tandis qu'il cherchait à réparer cette faute en frappant un des ennemis du second rang de la troupe adversaire , son assistant le protégeait avec son sabre contre les atteintes de l'ennemi qui se trouvait devant lui. Les hussards du corps du comte de Wittgensteia, que j'ai été dans le cas d'interroger sur les prérogatives de l'une ou de l'autre aime, m'assurèrent que jamais il n'avaient eu autant d'assurance et de probabilité pour la réussite du choc, que d^ puis qu'on les avait armés de la pique. Abstraction faite des prérogatives, que pour le choc, la pique a sur le sabre , déjà l'effet moral que cet armement avait produit snr ces vétérans, et la persuasion de la supériorité effective qu'ils avaient acquise sur leurs adver> saires, étaient d'un avantage incalculable.
L'acquisition d'une bonne cavalerie étant non-seulement très-difficile, mais même trè»coùteuse, il est indispensable de donner à son organisation, ainsi qu'à son armement, les soins les plus atlentifo, pour que les énormes dépenses ne soient point faîtes en vain. Mais si même sa bonté a été portée à ce degré élevé qu'on exige d'elle, qu'on se garde bien de la subordonner à un chef inhabile et incapable de la manier. En l'employant sur des terrains désavantageux, DU dans des moments où elle risque de tout perdra sans rien gagner, on la démoralise, et, comme le dit le comte de Bismark [Sytlème de Cavalerie, page 45) , < elle > se décourage et devient si timide, qu'il est 1 difficile de U séparer de l'infanterie, à la-
serait-il trompé s'il avait pu jamais supposer que ries DB pouvait égaler ta bravoure des vainqueurs de Fofttenof , de Ilaucoui et de Lawreld , lesquels , il est frai . ignoraieDl peut-élra le maniement de la pique. !(ous pourrions leur offrir, dans les vainqueurs de la Kalibach et de Leipiig, Aes rivaui bien dangercui.
dbyGdOt^lc
1 quelle elle s'attache comme l'eDdot à sa > nourrice, i
BES PROPRIÉTÉS DE LA CAVALERIE, EN CÉNÉBAL, -ET DE CELLE DE LA CAVALERIE DE LIGNE, EN PARTICULIER.
Les grands avantages de la cavalerie en général, coosislent dans la vélocité de son mouvement et la force de son choc; mais comme son eouploi à plusieurs buts différents, qui multiplient les éléments de son éducation et ses propriélés, ce qui a même nécessité deux cavaleries, nous devons aussi l'envisager sous deux rapports différents.
La cavalerie de ligne est celle qui ne se bat qu'en lignes, mais en grandes comme en petites masses ; c'est celle qui compose ordinairement la réserve. La cavalerie légère se bat en ligne «omme en débandade, et forme les partis qu'on assigne aux lignes de bataille et qu'on place derrière leurs Sancs, ainsi que ceux qu'on place derrière les intervalles des bataillons de la seconde ligne. La première est destinée à compléter les victoires et à les rendre décisives; la seconde, à soutenir l'infanterie dans ses engagements offensiis ou défensife, jusqu'au moment delà décision de la bataille, ainsi qu'à défendre l'artillerie contre les attaques de la même arme.
Sans vouloir approfondir encore une fois une chose qui a été si souvent discutée par le général R<^niat, le colonel Harbot, le comte de Bismark, et plusieurs autres, et me prononcer sur l'oiganisation de ces deux cavaleries de réserve et légionnaire, je ne veux maintenant m'étendre que sur leurs propriétés.
La cavalerie, en général, ne possède pas, comme l'infanterie, des formations offensives et défensives dont l'emploi puisse la mener à des résultats différents. Si dans son étal passif, et par conséquent tout à fait hors de la sphère active de l'artillerie, comme par exemple, dans les réserves, la cavalerie estformée en colonnes par escadrons ou par divisions , ce qui lui offre les moyens de se transporter avec plus de rapi-
(i) La supMtirité des propriétés de la cavalerie consiste dans le choc et le lijaDkmcDl du sabre ; mais elle ne peut en faire usage qu'au moment où elle
dite snrlepointdés^Dé,dausgonélatoabsi; on ne la trouve ordinairement que déployée, possédant quelqiiefois des colonnes de canlerie pour réserve, qui ne conservent nonpla leur formation, tant qu'elles n'ont pas écbai^ leur état passif contre l'offensif.
Nous voyons donc que le déploiement pv escadrons forme la base de la tactique de U cavalerie, et que le ploiement enc<doime,fa^ mationqui favorise le mouvement pour franchii les espaces, o'ejl qu'une modification qui ak calcul du temps et la facilité du monvemeiil pour principe.
La cavalerie , quoique arme purement ofltosive , ne possède que rarement , comme bok l'avons TU plus haut, ses moments d'indépendance , et ne peut, en général, être considérée que comme arme de secours. PïKir pouiw donc profiter de ses propriétés, i'essenUel tsl toujours de ne l'engager qu'au moment opp«tun, et ce moment est-il arrivé , de ne \ai le laisser échapper par une indëcisioii nnisiiilc. La vraie propriété de la cavalerie , qui ne d^ vrait jamais souffrir de modification, est celle de renverser par son choc tout ce qui voadnit s'opposer à son pass^, véritable aspect soiu lequd nousl'avons vueparaitre dans lesteœpj anciens, ce qui la rmdait nécessai renient l'en- Demie la plus dangereuse des lignes de tulaille; car leur maintien ne dépend que d'une contiguïté intacte.
D'après l'ot^aoisatioo et l'armement dei différentes armes, les moyens défensifs et offensifs de l'infanterie et de la cavalerie, dc son' en aucune manière en équilibre, et la première possédant plus de moyens de défense qac \> seconde n'en a pour la vaincre [i] , son actiot doit reposer sur une loi invariable, cdie de ne pas l'engager dans un moment désavantageui. où ses propriétés sont insuffisantes pour viinoe son ennemi.
Le choc composant la vraie force de la cavalerie, on doit le rendre aussi impétueuique possible. 11 est non-seulement indispensable, au moment où on sonne la charge défînili'e. de lâcher la bride pour donner aux cbeviiu on liberté entière ; quelques coups d'éperon?
se bal corps à corps av fautassio tait usage de s dislance.
son ennemi, tandis quel' I arme k une très-granJ*
aiuaî ne penvent pas giter la cbooc (i). Hais poar que les escadrons conserrent lesr alignement, d'oti dépend la réussite do choc, qnî a* doit être qu'une force «rilectÎTe , il duL que les chevaux conservent les mêmes allnree , et que, par conséquent, les cavaliers soient animés du même esprit, qni se caractérise pour tous par l'oubli de soi-même.
I Le mouvement, dit le comte de Bismark
■ dans son SgUème de la Cavaime { p. 231 ) ,
> est l'âément de la cavalerie; il recèle toute
■ sa force. Mais ce mouvement, qui nous mena
■ aux vrais exploits» ne peut être que celui
> qui, dominé par une passion indomptable 1 de la glaire, soit en même temps dirigé par 1 une idée profonde, et procède au dénoû-
> ment , soutenu par une confianee sans bornes * et on courage décidé. *
Si la troupe, animée d'un esprit pareil, est conduite pu- nu cbef intelligent qui sache découvrir le point vninérable de son ennoni, et profiter du moment opportun , les propriétés de la cavalerie se développent alors soui le point de vne le {Ans favorable. Que cette cavalerie paraisse sur les cbamps de bataille comme arHM de secours ou comme arme indépendante , pourvu que son action corresponde au sens de ses propriétés et de sa tactique, les résultats de son action ce peuvent manquer d'étonner les militaires observateurs.
Comme ame de secoon, nous l'avons vne paraître avee éclat à la bataille de Petemraradin. L'inlaDterie du flanc droit des Impériaux ayant été rominie par le corps des janissaires , abaiidt»utait aux vainqueurs le terrain qu'elle avait d^ gagné, et les redoutes, sous la protection desquelles elle venait de conbatre avec tant d'avant^es. Le prince Eugène voit s'évaDoair nMHnentanémenl à ses yeux l'espérance de la victoire ; car malgré les exhortations des généraux Lanken , Bonneval et WeUenatein , qui s'efforçaient de s'opposer au désordre , les batvilkMis désorganisés des Impériaux abandonnaient avec {H^pitation le terrain qu'ils
(i) Lh tndilioDS UKieoiMS Ro»,r«pport«iil qn'i la bataille que Posthuiaim livra »a\ Latina , près du l*c de RegillR , il poussa les carablnaisoDS de l'augmeotatioo àt la force du cboc, jusqu'k 6tcr In brides k sa cavalerie , pour ntir aui cavaliers tons les moyens de paralyser la fougue impMuenH des ammaui. C'était, il est vrai, le DcillMir nojta «usl de ravir i 1« eava^
devaient défendre. Ricbe eu expédients, le prince Eugène ne se laissa pas décourager par uniécfaec pareil. Ayant aperçu que, s^abandonnanl à une poursuite téméraire et désordonnée , les janissaires prétalent le flanc aux Impériaux, U ordonne au comte de Palfi*de détacher 2,000 chevaux de la gauche pour passer i la droite, et charge en flanc les janissaires, occupés déji à forcer le second retranchement, derrière lequel la moitié de l'infanterie impériale, qui avait été rompue, s'était réfugiée, et où elle n'aurait pas pu opposer une longue résistance, vu le nombre des ennemis qui l'attaquaient. Le choc s'exécute; les -3,000 chevaux impériaux tombent à bride abattue sur les bataillons des janissaires, et en désorganisent plusieurs. Pendant cette mêlée, l'infanterie de la première et de la seconde ligne des Impériaux se reforme, et se remet de nouveau en ligne. Le prince Eugène fiit avancer la réserve. Les conps qu'on porte aux Musulmans sont réitérés; ils prennent la fuite, et les Impérianx finissent par remporter une vicloire complète.
Plus tard , à la bataille de Guastalla , nous la voyons moissonner des lauriers non moins grands. A la suite de^ pertes nombreuses et si •onvent réitérées que les Impériaux avaient essuyées, ils venaient de suspendre leurs attaques et se préparaient à abandonner le champ de bataille, lorsqu'un heureux hasard vint seconder leurs efforts et parut leur promettre nne victoire, en faveur de laquelle ils venaient de faire tant de sawifices.
Denx escadrons impérianx, postés dans une plaine entre deux chaussées, voulaient gagner la prairie au ddi de TAi^nello , et se joindre au corps principal de cavalerie. Ils paraissent sur l'Aiipnello et aperçoivent les deux brigades de Leroi et de Souvré qui flanquaient un buisson. Ils tombent dessca et les mettent en déroule. Le général Sonvré est blessé, et privés de leur chef, ses régiments se débandent. La cavalerie impériale poursuit sott mou-
lerletOM les moyens den)aD(eaTnr,et,p3r consAqueut, la paralyser tout à hit, en donoant ani ckevau les moyens de pouvoir te diriger aussi dans un sena con- Iraire du point où onannitToaln tes mener. Au reste, loutrs ces sortes de traditions paraissent possédw tant d'hypothèses laboleuses, qu'il est souvent pemf s de < ne pas y «jouter foi.
iw
vpment et amv« sur la prairie; mais, apercevant Lottte la masse de la cavalerie eunemie, elle se réfugie dans un b^-fond qui se pnn longe le long de l'ArgiDello vers GuasUdla. L'infanterie des alliés ayant reconnu celte poignée de cavaliers ennemis, suppose leur cavalerie en position près du Po, battue et rejelée, et que celle des Impériaux les attaque à dos. Une terreur panique s'en empare , et la plus grande paftie des bataillons du Oanc gauche des alliés, se débande et ^t vers Guastalla.
L'équilibre venait donc d'être rétabli , il ne s'agissait plus que d'en profiler. Si, dans un momeni aussi opportun, le comte de Kœnigseck avait soutenu ses escadrons, il n'y a pas de doute que la victoire n'aurait pas balancé un moment à se déclarer en faveur des Impériaux. Hais rien de tout ce que, dans des cas pareils, les règles de la tactique prescrivent, ne fut exécuté, et ces escadrons isolés , privés de secours, en récompense d'un dévoùmest aussi beau, finirent encore par être trèsnnaltrailés par les troupes alliées.
Comme arme indépendante, nous voyons la cavalerie, à la bataille de Friedberg, franchir lesbomesde l'ordinaire et se rapprocher même du merveilleux. Je crois ne pas pouvoir mieux faire que de rapporter à ce sujet la narration de Frédéric le Grand lui-même (i).
* Dès que M. de Nassau eut formé son aile t (la gauche), dil-il, il donna sur ce qu'il y
> avait encore de cavalerie ennemie devant Ini
* et la mit en déroute. Le général Polentz ■ contribua beaucoup à ce succès; il s'était
* glissé arec son infanterie dans le village de
> Fegebeutel, d'où il enfilait la cavalerie au- 1 trichiennei quelques décharges qu'elle reçut
> en flanc, la mirent en confusion et préparé-
> rent sa défaite. H. de Gésier, qui commandait
* la seconde ligne, voyant qu'il n'y avait là 1 aucun laurier à cueillir, se tourna vers l'iib-
> fanterie prussienne , et trouvant les Autri-
* chi^is eh confusion , il fit ouvrir l'infanterie » pour y passer, et ae formant sur trois co-
> lonnes, il fondit sur ces Autrichiens avec
* UM vivacité iooroyable; les dragons (20 es-
(i) HiMoirc de mon fmpi , tom. i, pag. .Ï30. (t) L« Journal militaire prussien (MiUtair-Wochin- ■Nall) nous a transmi* (anntt 18SS, psg. 2ti£iO), la pa-
1 cadrons des régiments de Bueulh, Kolltn*
> burg et Itonin), en massacrèrent un gnnd » nombre; ils firent prisonniers 2t balailkiiii 1 des régiments de Marchai, Graun, Tungen,
> Traun , Golowrad , Wurmband et d'an ré^- • meot encore, dont le nom nous manque; il
> yen eutbeauconpdeluéB;etcepaidint()nfii » 4,000 prisonniers et on s'empara de 66 dn- 1 peaux;uiiraitauBsiglorieuxmérited'£treMt
> enlettresd'ordanslesrastespntssien]M£(«).) Nous voyons , d'après crttc description, qae
le général Gésier saisit en militaire savant, c'est-à-dire, dès qu'il aperçut de la confu^oo dauBrinfanlerie autrichienne , le moment dV gager sa cavalerie, et accorda par là, à ses propriétés, tous les avantages qu'elles possèdent
Rapportons maintenant un exemple d'un r^ sultat diamétralement opposé'à celui quejt viens de citer, et en développant les causes de la réussite de l'un et du revers si marquinl de l'autre, tlcbons de déduire un résané définitif des propriétés de la cavalerie de ligne. Prenons la bataille de Leipzig.
Les alliés venaient d'abandonner Wacïim in pouvoir de leurs ennemis, qui poursaivaiecl leur succès avec énergie. Le prince de V)u^ temberg qui s'hait replié vers Gossa et «foi était beaucoup plus faible en infanterie cl ti artillerie qne ses adversaires, aperçut bitniol une forte masse de cavalerie devant lai. EU^ se dirige aussitàt vers Gossa, charge rinlanterie des alliés qui s'était mise en mesure de recevoir le choc , et malgré l'impétuosité de li cavalerie ennemie , V infonlerie russe lail bomit contenance et se maintient dans sa posilion. Une partie de cette cavalerie parvient cependant à franchir nos lignes et les cbai^ à dos- IjB division légère de la cavalerie de la garde russe en souffrit, mais l'infanterie resta cependant intacte.
Une masse assez respectable des ennenis conçut ia témérité de se porter vers une *■ vation près de Gossa, où se trouvaient l'empereur de Russie et le roi de Prusse. Vtmffreur Alexandre ordonne aussitôt aux Cosaques de la garde de.chai^r, pour mettre fin à li confusion que cette apparition spontanée de
tente que le roi aceorda au régiment de ingoas itt Bartulh. Comme file est curleuse.sous hoiucoup drnrports.JBprendslalibertéd'} flier l'alteotÎMiduledeur
dbyGoot^lc
DES TROIS ARUES.
Si7
la cavalerie ennemie avait produite dans celle de noire centre. L'aidede camp géo^^ comte Orloff-Denissor, à la télé de cette poignée de braves, tombe à corps perdu sur ces ennemis téméraires, et parvient non-seulement à arrêter leur fougue impétueuse, mais à reprendre aussi 21 pièces de canon, dont les ennemis li'élaieDl rendus maîtres.
I>eDdaDl que les Cosaques arrêtaient le mouvement offensif de la cavalerie ennemie, la division de la cavalerie légère de la garde avait employé ce temps à se reformer, et, soutenue par 2 r^iments de cavalerie prussienne, que le général comte de Pahlen venait d'envoyer au secuurs du point menacé, elle parvint à rejeter les ennemis hors de la sphère active de nos lignes de bataille. Le général en chef, cherchant aussitôt à réparer tous les torts que l'attaque de la cavalerie avait pu faire, renforça le corps du prince de Wurtemberg par les grenadiers russes, fit avancer devant Gossa une ballerie de 80 pièces de canon, et plaça derrière ce poste les réserves des gardes pru^ sienne et rut-se.
Telle fut l'issue de cette attaque audacieuse que la cavalerie française fit contre notre centra , et dont le résultat fut loin de répondre au courage et au dévoiïmeot qu'elle y avait déployés. Si, avant de la faire tomber sur le corps du prince de Wurtemberg, on avait commencé par saluer notre infanterie i)ar quelques coups de canon bien ajustés, et qu'on eût envoyé la cavalerie à la charge, au moment ou les feux de l'artillerie auraient produit du flottement dans les masses de l'infanterie russe, il n'y a pas de doute que le succès de celte attaque aurait été complet et les résultats d'autant plus funestes pour les alliés, que la cavalerie ennemie , au lieu d'aller cbe^ cher des lauriers sur des points aussi difliciles à subjuguer (du cdLé de n(» réserves) , serait parvenue à rejeter notre infanterie des deux premières lignes sur la cavalerie de réserve; un succès pareil aurait dégarni entièrement notre centre, et un mouvement décisif prononcé du câté de Gossa par les réserves françaises , qui auraient pu ensuite s'étendre vers la droite et vers la gauche , pour prendre les positions de Crabeni et Libertwolkovitz à revers, aurait pu donner à cette journée la tournure la plus désavantageuse pour les alliés.
Le chef de la cavalerie française anticipa sur les momenls de l'action de cette arme , et voulut lui faire jouer, avant que le moment opportun fût encore arrivé, le rôle d'arme indépendante, et la mena à sa ruine: c'est ce qui arrivera toutes les fois que, avant de faire charger la cavalerie, on ne cherchera pas, par l'intensité des feux de l'artillerie, à ravir 4 l'infanterie sa contenance et sa fermeté. Si, ii la bataille de ZorndorlT, le fameux Seydlilz ne fit pas usage des feux de l'artillerie , et s'en reposa sur te seul effet de sa cavalerie, c'est que son attaque sur le tlanc droit des Kusses, postés près du marais de Hopfen, avait été dirigée avant sur la cavalerie, qu'il rejeta sur l'infanterie ennemie, et prépara juRlcment cet élat de désordre dont la cavalerie doit toujours profiter, et qui assure sa victoire. Au moment où Seydiitz reforma sa troupe, il dirigea les r^menls des gardes-du-corps rt des gendarmes contre le front de cette masse informe, où il venait de porter la confusion , tandis que le riment des cuirassiers de Seydiitz et ceux des hussards de Zielben et de Halachowsky l'attaquaient à dos. La plus grande partie des Russes tomba sous le glaive inexorable de la cavalerie prussienne, tandis qne le reste se réfugia sous la protection du ruisseau qui tombe près de Quartschen dans la Hilzel.
Nous serons toujours en défaut, si nous considérons la cavalerie de ligne comme l'arme qui doit gagner les batailles, et non comme celle qui doit les compléter, en profilant des succès remportés par l'infanterie. C'est agir en sens contraire de sa lactique, et exiger de ses propriétés plus de vertus qu'elles n'en possi^ dent , que de l'engager dans des attaques aussi di£5ciles et d'un succès aussi peu certain que celles contre une infanterie qui s'est préparée k recevoir le choc , sans avoir cherché avant à l'ébranler par le feu foudroyant de l'arttDerîe, ou à la désorganiser en rejetant sur elle sa cavalerie; en un mot, la cavalerie peut embrasser le râle d'arme indépendante, mais ce n'est qu'au moment où les lignes de bataille sont ébranlées.
Nous voyons, en dernier résumé, qoc si les propriétés de la cavalerie de ligne sonl loin d'égaler celles de l'infanterie, cette arme n'en conserve pas moins une qui lui appartient exclusivement, celle de compléter Icsvictoires et
EXAHEN RAlSfMNMÉ
de les rendre décisives ; propriété qu'on ne
saurait priser assez haut, car ce n'esl que snr le degré de désoi^anisalion de l'armée batlue, et le temps nécessaire pour la réorganiser, que les vaincus peuvent calculer la reprise de leurs opérations offensives ultérieures.
Les avantages que nous rapporte la tactique sont souvent d'autant plus grands, qu'ils réparent souvent réquilil»« que des opérations stratégiques nous font perdre quelquefois, il ne laat, après une victoire, que savoir profiter ' des circonstances : c'était justement le grand secret des opérations de Frédéric U et de Napoléon, qui savaient livrer bataille à propos, les rendaient décisives, et ressaisissaient les avantages qne des mouvements stratégiques antérieurs leur fiaisaient perdre quelquefois. H n'y a pas de doute que si même il est possible de vaincre son ennemi sans le secours de la cavalerie, il est impossible de s'attmdre i de grands résultats sans sa participation. La bataille de Ugny, livrée le 46 juin 481 S, nous en offre tout de suite un exemple. La victoire que les Français ont remportée a été sans contredit complète. Les Prussiens y perdirent beaucoup de monde en tués et blessés, ce qui ne lait que prouver qu'ils se sont bien battus; mais lés seuls trophées que l'armée française conquit, n'ont été qne tes IS pièces de canon que les Prussiens furent obligés d'abandonner au moment où ils commencèrent leur mouvement rétrograde après la dernière attaque de cavalerie, dans laquelle le maréchal Uiicber manqua d'être (ait prisonnier. Si l'armée française avait été composée comme elle l'a été en 1805, 1806, 1807, 4809 et 184S, il n'y a pas de doute qu'une charge d'une masse de cavalerie de ligne opérée au dénoùment aurait porté la confusion de l'année prussienne au plus haut degré , et une poursuite bien dirigée par une autre masse imposante de cavalerie légère, et, comme on dit vulgairement, sur les talons de l'ennemi , aurait sans doute ravi aux Prussiens tous les moyens d'entrer en ligne deux jours plu» lard sur le champ de bataille de Waterloo. Hais à l'époque dont nous parlons, la cavalerie française comptait trop peu de vétérans dans ses rangs, auxquels appai^ lient l'honneur de rendre les victoires décisives, et, d'un autre cAté, elle était en trop pcUt nombre pour pouvoir tfulBre à tous les
engagements auxqu^ ^e doit participer du» les batailles.
DES PBOPUÉTiS »B LA CAVALBKUt LifitlI.
Le service delà cavalerie légère est âe bancoup plus compliqué que celui de la cavalerie de ligne; mais comme les grandes vertos de cette arme en général gisent dans le cboc.lei propriétés de la cavalerie légère ne penvent pas être, sous les mêmes rapports, d'un effet aussi efficace que celles de la cavalerie de ligne ; eepeudant la cavalerie légère possède â'vitta prérogatives qui la rendent quelquefois mènr dangereuse à celle-ci.
Quoique tout ce qui se rappcHle i U surreillance de l'année, comme service d'avaDl-posles. des patrouilles, des reconnaissances, des anit et arrière-gardes, etc., etc., etc., soitdu ressort de la cavalerie l^;ère , nous l'avons vne cqmdant se joindre souvent aussi aux travaui éclatants de la cavalerie de ligne , et moissomurdts lauriers tout aussi nombreux qu'elle.
Un service aussi ctynpliqaé , et souvent fi épineux et si diflbile, exige, pour la coaiposltion de la cavalerie légère , des gens possédant des prérogatives mt^ales et {^Tsiqw marquées, et qai soient non-seulment d'an ooorage fougueux, mais inteUigents, aclifetl fins.
Dans beaucoup d'occasions, la cavalerie légère , mais dans une acception beaucoup pi» vaste par rapport à l'étendue du teminsur lequel elle peut agir, doit tenir à l'année l« même rang que les tirailleurs. La difficnllé k son service cependant e^ infiniment plD grande, â cause de la sphère étendue que M" service doit embrasser et des entraves miAipliées que les différentes variétés du tetnio ofikvnt il son action. Le cavalier, loin de pa" tager toutes les prérogatives et la fadlité^ l'action d'an fantassin isolé, dont j'ai p^ avec détail dans la troisième et la sqitîètf section du second chapitre, est soumis i<n service dont les difficultés se multiplient pari) circonscription de la sphère de ses vertus.
Hais les entraves que la cavalerie 1^**^ rencontre dans son service sont qoelqueRK' compensées par la vélocité de cette arme. Cetu
DES TROIS ARHES.
verln loi offlre les moyoïa de donner plus de dëveloppeiDent k son service, et odui des avant-postes ou des patrouilles faites sur de grandes étendues, lui est moins dangereni. que pour l'infanterie, dont le mouremeat lent la soumet à des dtfailes désastreuses lorsqu'elle se trouve attaquée par au ennemi bien plus poissant.
Les services que peut rendre la cavalerie léf^n, envoyée pour reconnaître les mouTemenla de l'ennemi, sont souvent incalculables. La liKilîté avec laquelle cette ame otenace les parties les pins vulnérables de ses ennemis, ainsi que la rapidité avec laqudk die se porte sur les flancs et à dos de ses adversaires, sont souvent auiBBantes pour retarder leurs mouv^ ments offensifs, et donner i l'armée défeosive le temps de se préparer pour les recevoir. C'est U que le chef qui commande la cavalerie lég^ doit déployer la vàste spfaère de son génie; et si, dans des cas pareils, la bravoure impétueuse dont les cbocs ordinaires de la cavalerie de ligne doivent porter l'empreinte, est également requise de la cavalerie légère pour ses chocs en lignes, l'iatelligence, la circonspection et la finesse doivent présider i son action lorsqu'il s'^t de combattre en débandade.
Comme ces reconnaissances se font souvent à de grandes distances de la masse primitive de l'armée, et appartiennent principalement au domaine des'opérations secondaires de la guerre, dies reposent presque toutes sur le service des troupes légères, et la cavalerie 1^ gère y développe aussi toute la vaste qthèrede ses propriétés.
Un moyen très-efficace pour accorder aux ' troupes Itères toale la force inhérente k leur nature, est sans doute celui de soutenir l'action de la cavalerie légère par celle des tirailleurs. Leur soutien mutuel double leur force réciproque, et accorde surtout à la cavalerie l^ère, assez pauvre en forces intrinsèques, les moyens de se soutenir plus facilement sur des terrains où, abandonnée à sa seule impulsion , elle n'aurait que des revers i attendre. Un tirailleur bien posté , en occupant son adversaire et en attirant sur lui l'effet de son arme, accorde au flanqueur un moment propice pour tomber siu* leur ennemi commun, et le cavalier, en voltigeant autour du tirailleur ennemi, lui ravit cette tiroide contenance qui
ccmstitue un des principes de la justesse du tir.
Le général Duhesme , dans son Euai kûtoriqae tur F Infanterie légire, nous assure que la combinaison de l'action des tirailleurs avec celle de la cavalerie légère, a été une des grandes causes de la victoire que Dumouriez remporta dans les plaines de Jemmapes. « Il lança , dit- 1 il, des bataillons tout entière en tirailloore, 1 et les soutenant par de la cavalerie légère , 1 il leur fit faire merveille : ils entourèreul les « redoutes des Autrichiens, et firent pleuvoir 1 sur leure canonnière une grêle de balles * si violente, qu'ils les forcèrent d'abandon- > ner leore piiwes. Ce nouveau genre de com- » bat contribua au succès de celle brillante » journée. >
Dans tous les engagements qui appartiennent i l'action des opérations secondaires de la guerre, où on fait usage de la débandade, le cavalier et le tirailleur doivent donc être des unis inséparables, et on doit baser l'efficacité des résultats de leur service sur la réciprocité de leur soutien.
La cavalerie légère peat quelquefois, à l'instar des tirailleurs, couvrir aussi sur les champs de bataille les grands mouvements des armées, et, s^étendanl sur le fhmt de leure lignes de bataille, préparer leur action, et faciliter leurs succès. A' la bataille de Dennevils, j'ai été témoin d'un mouvement fait dans le sens de cette tactique ; et si l'action prépara toire de la cavalerie légère , et qui avait si bien réussi , avait été soutenue par quelque mouvement décisif des masses qui formsient les lignes de bataille de l'armée française , il n'y a pas de doute que, ponrreudre la victoire aussi complète qu'elle Ta été, les généraux prussiens (i) auraient été obligés de demander de nouveaux secours au prince royal deSuède. Je vais remonter à des faits antécédents pour rendre ma narration plus claire.
Le corps du comte de Tauectzien , qui avait passé la nuit sur les hauteura en avant d'Inlerbock , venait , par une marche de flanc par la droite, d'occuper la position entre le bois situé non loin de Nieder-Cœrsdorff et les hauteurs devant la ville. Depuis sept heures du matin jusqu'à une heure après midi, il soutint avec une Eermeté inébranlable l'impulsion d'un
(t) Comla da Taueatiiea et talow.
eonemi ^iple en force. Enfin, vers ce temps, nous vîmes le corps du générai Bulow déboucher du bois et vers notre droite. Sa cavalerie, composée de i régiments (t), formée en colonne profonde par escadrons, marchait sur son flanc gauche (i). C'est an moment où le corps du général Bulow vint se ranger sur notre droite, et était déjà entré en ligne (s) , que nous vîmes une masse assez imposante de cavalerie se détacher de la ligne ennemie, se débander sur un vaste front, et venir au pas vers noire prf»nière ligne , en se dirigeant sur le flanc droit du corps du comte de Taueotzien et l'aile gauche de celui du général Butow.
Le général Tauentzien envoie un escadron du régiment des hussards noirs , qui formait la tête de la colonne de cavalerie, pour reconoaitre ce mouvement. Au moment où l'escadron prussien s'avance assez près pour pottroir faire une reconnaissance, le chef d'escadron détache ses flanqiiears , qiû s'avancent hardiment contre l'ennemi ; mais à l'instant où ils voulaient en venir aux mains, la ligne débandée s'élance à hride abattue sur nos lignes de bataille, se rassemble par masses informes dans les intervalles entre les bataillons, traverse nos deux lignes et revient nous attaquer i dos. Cette apparition subite d'une force de cavaliers ennemis , assez téméraires ponr franchir deux lignes d'infanterie , et ia conviction de les avoir à dos ne manqua pas de produire une mauvaise sensation , car plusieurs bataillons commencèrent déjk à se débander. Le comte de Tauenizien , qui se trouvait près de
(i) Les dragons de Bnndembourg, ceui de la Itcine, le 1" rfgiment des hussards noirs et les hnlans delà Prusse orientale.
(*) C'est k tort qoe l'auteor de 1* narraliou de cette bataille, que nous trourons instrée dans un journal piriodiqua intitulé : Det^ieiidigtetten pir aie EriegikunstundKriegsgeschichle.toia. vi, pag, 161, met la cavalerie du corps du général Bulow en position près de WœlmsdorlT. II n'j arait de ce cMé que le régiment des hussards de Poméranie, cornmandé par le colonel Thumen , tandis que le reste de la cavalerie se trouvait sur l'eitrémilé du Oudc gauche , se joignant au 2* régiment de réserve, commandé alors par le colonel Creilsheim, et qui forntait l'extrême droite du corps du général Taucnliien. Les notices que je couchai dans le temps sur le papier , en partie sur les cliumps de bataille et en partie tout de suile après les actions. m'olTreot tout les moyeiis d'awtrcr le lecteur de la vê-
la colonne de cavalerie, employa aussilôt toutes les mesures nécessaires pour réparer le mal. Il détacha plusieurs escadrons des dragons du prince Guillaume et des hnlans de la Prusse orientale, qui firent vulte-face et entourèrent ces ennemis isolés, dont nous fîmes prisonniers la plus grande partie.
Au moment où cette cavalerie était parvenue k percer à travers dos lignes, et y avait, il est vrai , produit momentanément une mêlée trèsgrande, car il était même difficile de reconnaître les amis d'avec les ennemis, si le maréchal Ney avait soutenu ce mouvement par un autre vigonreosement prononcé snr dos lignes de bataille, il n'y a pas de doute qu'une partie des corps dn comte de Tauentiien et de celui de Bulow aurait fini par succomber à la coïncidence de ces deux attaques , et la débandade qui avait commencé i se manifester dans plusieurs bataillons, aurait sans donle fini, pour ces mêmes bataillons, par une fuite désordonnée. Ils venaient de perdre les vrais éléments de la résistance, l'ordre et la compacité des masses. Hais le maréchal Ney se cootnita denouscanonnerun peu, et de loin, et donna aux Prussiens le temps nécessaire de reprendre haleine et de reformer leurs bataillons désor^ ganisés, ainsi que leurs lignes de bataille.
Comme le mouvement de la cavalerie polonaise n'a été qu'une opération partielle, on peut le ranger dans la catégorie des mouvements faux; mais s'il avait été soutenu comme il devait l'être, nous auriims pu nous convaincre aisément que la célérité et la décision des
racité des faits que j'eipose. Le lieuteuaDt-coIoDel Plolho tombe dans la même erreur.
(s) C'est aussi k tort que le même auteur fait précéder l'arrivée et le déploiement du corps du géaéral Bulow, par cette attaque de la cavalerie polonaise dMt je veux parler. Elle n'a ni précédi, ni coinddé, mats elle a eu lieu au moment où le corps du général Rnlow fut déjà entré no ligne. Ce qui le prouve avec plus d'évidence encore . et comme le lecteur le verr^ p^r la suite, c'est qne la cavalerie ennemie fut vaincue par des régiments qui appartenaiml au corps dn général Bulow. J'avais l'honneur de coniMUre ptusleon cbcfe de ces régiments de cavalerie , et je m'entreteBais avrr le comte Lottum, commandant alors les dragoos du prince Guillaume, lorsque j'aperçus les hulans de I>Ofnbrowsky se détacher de la ligne ennemie, i'allai en avertir le comte de Tanentiien, que je trouvât près du régiment du colonel Crellsbeim.
mouvements de la cavalerie légère peuvent engeudrer de grands résnltala et servir aussi de préliminaires à la victoire. 11 n'y avait pas eu et il ne pouvait pas y avoir de choc collectir, car l'attaque a été faite en dtJbandade ; mais celte cavalerie légère, à l'instar des propriétés des troupes légères, avait supérieoremeni bien rempli son rôle : car celle roanceuvre, qui pouvait servir de ridean aux mouvements offensifs que les lignes de bataille des ennemis devaient prononcer, facilitait, par )e flottement que cette atlaque avait déjà produit, le choc qui devait leur succéder. Il ne dépendait que du maréchal Ney d'en profiter; il ne le fit pas, et ne fut que trop cruellement puni pour cette négligence. Il finit par perdre le moment opportun qui pouvait décider de la victoire en faveur des Français, ainsi que les 3 régiments polonais qui s'étaient si généreusement sacrifiés, dont une partie fut sabrée, et le reste fait prisonnier. Le nombre de ces derniers a été de plus de 500 horamea montés.
Un exemple pareil nous démontre évidemment que, faisant abstraction des cas où la cavalerie légère combat en lignes et embrasse par conséquent le râle de la cavalerie de ligne, sous le rapport du service des troupes légères, ses propriétés sont, dans beaucoup d'occasiima, homogtoes avec celles de l'infanterie légère, «t que, dans une partie des occasions , on doit ne l'envisager que comme arme do surveillance et préparatoire.
La difficulté de son action est cependant subordonnée à beaucoup plus d'entraves que celle de l'infanterie légère, à cause des grandes difficultés que le terrain lui offre et que le cavalier ne peut pas toujours surmonter avec son cheval, et le peu de moyens qu'il possède de pouvoir se couvrir à l'iustar du tiraiUeur, par les avantages du terrain qu'il parcourt et d'en tirer parti. Ces différents obstacles, qui entravent l'action préparatoire de la cavalerie légère, doivent nous servir de raisons préremptoires, pour ne nous porter que rarement, et dans des cas d'urgence seulement, à nous servir de cette arme dans les batailles rangées d'après les principes de l'action des tirailleurs, et si même l'occasion nous favorise, à entremêler de l'infanterie légère, pour accorder aux flanqueurs plus d'assurance et moins de danger dans leurs mouvements offensiis.
Hais , c'est surtout dans des expéditions lointaines, dont les mouvements demandent de la célérité, pour pouvoir tomber a l'improviste sur son ennemi , que la cavalerie légère démontre jusqu'à quel point cette arme est nécessaire dans les armées. Une apparition subite d'un détachement un peu nombreux, au moment où l'ennemi n'a pas encore fait les dispositions que les circonstances nécessitent et ne se trouve pas en état de résister, a été plus d'une fois l'avant-coureur de la dissolution des troupes, comme de la paralysation des moyens de résistance,
A la bataille de Saint-Quentin , que le duc de Savoie gagna sur le connétable de Montmorency, ce dernier avait engagé son armée dans un défilé étroit, qu'il fallait traverser avant de pouvoir mettre ses troupes en sArelé. Cette imprudence n'échappa point à la connaissance du duc de Savoie, qui assembla sur-le-champ son conseil de guerre , pour déterminer le parti qu'il avait à prendre. Plusieurs officiers furent d'avis de laisser retirer le connétable ; mais le comte d'Egmont, général de la cavalerie, soutint qu'il était possible de l'entamer dans sa retraite. Le duc de Savoie approuve le plan du comte d'Ëgmont et le chai^ de l'exécuter. D'Egmoot s'avance à la tète de sa cavalerie; il est suivi par le duc de Savoie qui conduit l'infiinterie. Les Français n'étaient pas préparés à cette attaque, et furent mis anssilAt en déroute. Le comte d'Egroont chai^ avec une telle imp^uosité , que le connétable ne put jamais parvenir à rétablir le combat. Il fut fait prisonnier avec ses deux fils. La perte des Français monta à 3,000 hommes tués et blessés, et à peu près 6,000 prisonniers.
A la bataille de Gembloux que don Juan d'Autriche gagna sur les Flamands, ayant appris que ces derniers se repliaient sur Cemblonx dans le dessein de s'y retrancher et se porter ensuite sur Bruxelles , il envoya Octave de Gonzague, commandant la cavalerie, aveo ordre de tomber sur l' arrière-garde des ennemis. Gonzague se mit à la tète de la cavalerie et atteignit les ennemis à Gembloux. 11 y fut joint après par 1,500 hommes d'infanterie que le comte de Ma nsfeld envoya à son secours. Les Flamands, rassemblés dans le village de Saint-Martin, hâtaient alors les dispositions de lenr retraite. Ils marchant en trois divi-
dons fcmnées d'infaoterie. La cavalerie faisait l'arri^v-garde. Ayant joint ses ennemis, Gon< zague envoya ses arquebusiers. contre eux, qai, après avoir Eiil leur décharge, D'ouvrirent pour laisser paasw les gendarnies. Malgré la courageuse résistance dn prince de Parme, la cav»^ lerie flamande fut renversée et rejetée sur Vinfanierie de l'anière-garde qu'elle rompit et mît en fuite. Don Juan arriva aussi avec le reste de ses troupes et augmenta le carnage. Strada foil ntonter la perte des confédérés à 10,000 hommes. Mais ce qu'il y a de plus frappant, c'est que 600 hommes de l'armée esptgnole commencèrent L'action, et qne leur nombre montait Jt peine ii 1,300, quand elle fut décidée en leur faveur.
En 1691, le maréchal de Luxembourg, en levant son camp de Renaix pour en établir an prësd'Hérinnes,avaitenjoint i H.deManilly, auquel il donna iOO chevaux , de lui faire im rapport exact snr les mouvements des ennemis. Ayant appris dans la nuit, qu'ils se proposaient de décamper le lendemain matin , le maréchal se mit à la tète de 70 escadrons, espérant rejoindre du moins leur arrière-garde. Il prit le diemitt de Tournai i Hons, qu'il suivit jusqu'à ftaffe, et le laissant ensuite k droite, il alla passer auprès de Ville-au-Puis, qu'il laissa à gaocbe , et Tourpe à droite, pour entrer dans la plaine qne les ennemis occupaient entre le ruisseau de Leuze et celui de la Catoire.
Les ennemis avaient, en effet, commencé leur mouvement rétrograde, et en arrivant dans la plaine de Leme, le marâchal de Luxembourg n'y trouva que la cavalerie eânemie, qui apparemment y avait été laissée pour protéger la retraite de l'infanterie.
Au moment on la cavalerie du maréchal de Luxembourg fut rassemblée, il ordonna l'attaque. Le combat fut très-vif, néanmoins la cavalerie française remporta une victoire complète. Hais le maréchal , s'apercevant que les ememis rappelaient leur in&nterie , qui commençait d^à à border le ruisseau de Blicquy, et ^orieux surtout d'avoir remporté une victoire complète sur ses ennemis, ne voulut pas comprtmiettre plus longtemps ses troupes, et les ramena à Tournai.
La campagne de 1813, nous fournit aussi des exemples tout aussi favorables pour la cavalerie légiste et tout aussi convainquants, par
les courses qne le général Zscheniidirf elh lieutenant-ctdonel de Harvita , firent k Ciswl et k Bmnsnkk.
DES posrriOMS me i
, CAVALEWE.
Ayant énnméré dans la section IV dn secood chapitre, tous les avantages et les propri^és des positions sous le rapport purement to|ii>graphique, je n'envisagerai maintenant ceHa de la caval^e que sous le seul rapport ia combats.
Les positions de la cavalerie, par rapportan combat, doivent être envisagées sous lioii rapports différents :
1" Par rapport au choc;
9° Par rapport au terrain ;
3° Par rapport k l'ordre de bataille.
Les chocs de la cavalerie se faisant diulï même ordre dans lequel elle se trouve placée, car ce n'est pas pendant le mouvement qui prf cède le choc qu'on peut changer l'ordre de bataille primitif de cette arme , un pcnnl aaentiel pour la cavalerie est l'ordre dans leqad elle doit être formée, et les intervalles <pi doivent exister entre les escadrons.
Nous avons vu dans la section II du second chapitre, oh j'ai traité des propriétés àt h cavalerie de ligne, qoe, par rapport ara (l)> mations, le déploiement par escadron fbnuH la base de sa tactique. Par rapport aux wVf vallea , d'après l'ordre normal adopté auir^ ments de cavalerie, les escadrons possèdenl dans les différentes armées earopéëniies, de {dus ou moins grands intervalles. Mais ctxnnie les différentes formations doivent être adapta aux circonstances, serutons les moments de l'action de It cavalerie, nk les intervalle peuvent être avantageux on nuisibles.
Dans les combats que la cavalerie sonliml. elle ne possède pas de probabilité plus gnnde pour la réusdte , comme de moments plus dangereux , que lorsqu'elle prend on est prix o flanc ou k dos ; il ne peut donc pas y avoir de fiïrmation plus efficace, que celle qui rtoi (sans cependant tomber dans le défaut de l'excès), les lignes offensives plus grande qoe celles des adversaires, on bien, si les lignes qui se chargent sont ^[aks, de posséder de
flanqueurs dont l« deroir serait, où les masses se choquent, de se détacher des partis auiquek ils appartiennent, pour prendre leurs ennemis en flanc et t dos.
H est presque certain que cdui qui possUe une ligne plus étendue , battra son ennemi , et l'expérience même nous l'a démontré. Lra pertes souvent réitérées que la cavalerie russe a faites en 1812 et les campagnes suivantes, avaient rendu les escadrons de beaucoup de régiments si peu nombreux, que plusieurs des chefs se virent forcés de les rétnfaniser deux à deux , ce qui rendit leur ligne par escadron toujours plus étendue que celle des ennemis. Leur longueur n'étant pas d'une mesure excessive , ce qui aurait rendu leur mouvement difficile, et en y produisant du flottement, aurait fini par les désorganiser; mais comme elle excédait cependant celle des escadrons ennemis, ce surplus a toujours été employé pour prendre les ennemis en Qanc De cette manière, tous les chocs de la cavalerie russe contre la même arme ont été couronnés d'un succès complet.
Nous pouvons donc en conclure que , si les intervalles entre les escadrons sont indispensables, pour ne pas rendre les lignes contigués trop longues, lorsqu'un riment de cavalerie s'apprête pour le dioc, les intervalles entre ses escadrons doivent être différents. Dans plusieurs armées européennes, les escadrons se forment deux à deux, ce qu'on nomme ordinairement division; ainsi, pour accorder aux lignes qui chargent, cette étendue qui leur est si favorable, je crois que les intervalles nn peu spacieux, dont la grandeur sera subordonnée aux avantages du terrain , ne doivent être conservés qu'entre les divisions. On n'en accordera que d'aasez petits, comme huit i dix pas, entre les escadrons qui forment les divisions, intervalles à peu près indispensables , car, ordinairement pendant leur mouv^ ment, les escadrons se serrent toujours. Ces intervalles obvieront i l'inconvénient d'une désorganisation et d'une mêlée, produites par ce serrement, toutes les fois que la cavalerie s'engagera dans des mouvements offensifs.
Des intervalles un peu larges entre les divisions et d'antres de huit k dix pas entre les escadr(»is, dont une partie s'évanouira pendant le mouvement, ce qui rendra les escadrons
deux à deux presque conllgos, est donc la règle normale pour la formation des régiments de cavalerie rangés en ligne sur un champ de bataille. Ceci est pour les mouvements offensif.
Pour ce qui regarde ceux de retraite, tout doit se décider d'après le terrain qu'on par» court. Si les accidents qu'on rencontre sont tels qu'on puisse, sous leur protection, cacher ses mouventents & l'ennemi , rien de plus avantageux que de se mouvoir i grands intervalles. On trompe son adversaire par la longueur des lignes qui en provient, et on lui en impose en occupant un terrain dont l'étendue ne peut être ordinairement occupée que par des masses respectables.
Passons maintenant au terrain. Comme il n'y a rien de plus difficile que de réoi^aniser une cavalerie qni a été mise en déroute, et que pour cette opération épineuse il faut non-seulement du temps, mais aussi un terrain propice pour le rassemblement des cavaliers disperéés, on se gardera bien d'angmenter toutes ces ditficultés en plaçant la cavalerie devant des accidents de terrain qui pourraient entraver encore plus sa réorganisation. Rien de plus dangereux lorsque la cavalerie, après avoir essoyéun échec qui lui occasionne déjà assez de mal, par la mêlée qui s'ensuit, se trouve encore culbutée ou sur un village, dans un marais, sur des bouquets , ou sur d'autres acddenls pareils. Emportée par la terreur qui soit souvent une défaite et qui s'agrandit par les difficultés ^qu'elle rencontre et qui s'opposent à son rassemblement , une troupe de cavalerie qu'on place dans une position vicieuse, peut aisément, après nn échec, se trouver paralysée pour toute une journée , et surtout pendant les moments où son action devient indispensable et dans lesquels ses forces physiques décident de tout.
Dans tous les genres de combats de la cavalerie , les attaques les plus décisives et les plus avantageuses étant celles qui s'opèrent d'une manière inopinée, on ne saurait mieux placer là cavalerie, que sous la protection de quelques accidents, au reste faciles ï surmonter, mais d'oii elle puisse opérer une attaque vigoureuse, dont le résultat sera d'autant plus efficace, si elle est subite et inattendue.
Une attaque inopinée, en ravissant même à rinfanlerie , certes la rivale la idus dangereuse
byGoot^lc
su
EXAHEH RAISONNÉ
de la cavalerie , tes moyeiu de se mettre eo défense, double l'efficacité du choc. Lorsque la cavalerie se trouve postée dans une position qui la cache aux regarda de ses eoneinis , et qu'au moment où elle s'engage, le hasard la dirige contre des troupes de la même arme, le succès eal moins douteux encore que lorsqu'elle est' assignée pour combattre de l'infanterie , qui possède toujours plus de moyens de défense.
Le.s positions de la cavalerie , protégées par les accidents du terrain, peuvent être envisagées sous deux aspects différents , et sont:
1<* Celles qu'on choisît pour y placer ses troupes, qu'on dérobe i la connaisBaoce de l'ennemi, et qu'on nomme embuscades ;
2° Celles dont on pro&te sur un terrain vaste, mais varié , que iea circonstances ont désignées pour cbampde bataille, et dont je vaisédaircir l'exécution par deux exemples.
Après la bataille de Bautzen , les alliés ayant décidé d*oocnper, avec leurs forces, la posititm de PuUen près de Schweidniti, continuaient leor mouvement rétrograde en deux colonnes, dont l'une mardiait par Nanodiourg , Bunzlau et Haynau, et l'autre par Lauban, Lœwenberg, Goldberg et Sviegau. Les ennemis ne les poui> suivant que légèrement, la retraite ne s'opérait qu'avec lenteur. Enfin, les Français conçurent l'idée de harceler notre arrièregarde, et, pour les rendre plus circonq>ect8. le maréchal Ùiicher décida de mettre un détachement dç cavalerie en embuscade. Les environs de Haynau parurent les plus propices pour cette opération.
Entre Haynau et Liegnilz, à un quart d'heure de chemin de la première ville, se trouve le village de Uichelsdorf ; de U jusqu'au village de Doberschau, qui se trouve à un quart de mille , on découvre une plaine tout à ^t propice aux mouvements offensib de la cavalerie. Les deux accidents qu'on rencontre {dus loin sont Jes villages de Pantenau et Steudnitz qui bordent la grande route. A droite on aperçoit, à une certaine distance de la plaine, quelqnescoupuresde terrain, des botiquets et le village d'Ueberscbar. Cette partie de la plaine se prolonge avec la même nnilbrmilé jusqu'au village de Baudmannsdorf.
L'idée priudpale était de laisser l'arrièregarde, composée de 3 balailloos d'infantttie
et de 3 régiments de cavalerie , devant R^Ban, jusqu'à ce que l'ennemi vint pour l'en d^ioMer; de U faire rétrograder par la grande route qui mène à Liegnilz, et offirir par U àla cavalerie de réserve les moyens de tomber en flanc et à dos de l'ennemi. Cette cavalerie de réserra était composée de SI escadrons et S baUoies d'artillerie à cheval, et se trouvait sous les ordres du colonel DoUb.
Deux régiments de cuirassiers (10 escadrons^ furent placés dans un bas-fond pite de Brocksdorf, et, un peu plus loin, entre Scbetleodorf et Baudmannsdorf, se trouvaient les 11 derniers escadrons ( 5 escadrons de la divisioa légère de la garde, i escadrons des cuirassien de Silésie et S escadrons de cuirassiers de U Prusse orientale). L'incendie d'un moulin à vent qui se trouvait près de BaudmannsdoK devait servir de signal ponr l'attaque géniale.
Au m<Hnent où l'ennemi sortît de Haynau pour poursuivre l'arriëre-garde des aUiés, celle-ci, d'après la disposition qui lai avait été donnée, commença soa mouvement rétrograde en deux colonnes, dont celle de droite, sous les ordres du général Tschaplitz, se dirigeait vers Diiberschau, et celle de gaticbe, sons le commandement du colonel Hutius, vos Gohlsdorf. Au moment où l'ennemi eût Aépatff le village de Uichelsdorf, le colonel Dol& alb au-devant de lui à la tête de sa cavalerie, co laissant 2 régiments de cuirassiers ea résem. Tschaplitz et Hotius aperçurent bientAl le fen du moulin; et comme c'était le moment coavenu pour l'attaque générale, ils s'avanccial auasitdt vers l'enneni pour l'attaquer en fntit, tandis que le colonel UoUs le prenait en flaK. La première brigade de la division Maison , se voyant attaquée par une nombreuse camdmc, se forma ausùtât en quatre masses. Le ootoad Dolfs tombe à corps perdu sur l'infanterie e>nemie, et, malgré la résistance vigomcue qu'elle cherchait i lui opposer, ri^ ne put la sauver d'une déroute totale.
Cette victoire, toute com[dète qu'elle aitélé. fut pour la cavalerie prussienne l'afiaûf! d'an si petit espace de temps , que les deux colonBes de l'arrière^arde de l'armée des alliés eurent à peine celui de venir joindre la cavalerie de r^rve. Les pertes des Français mmLèrent de i à S,000 hommes tués et Uessés, 3 à 400 prisonniers, et ISpièces de canon, maia dont on
DBSTKOIS ARMES.
ne put, faute de cheranz, emineDer que onse. Noas puiserons maintenant l'ezMBple, pour le second eu, dans U bataille de la Katzbach. Au montent où le géoëral comte de Sacken aperçut que le flanc gauche des ennemis n'était presque pas appuyé et pouvait être facilement tourné, il enjoignit aux généranz Wassill»chikof , Lanskoy et Karpof de quitter leur position entre Christianghœhe et Eichhols, et d'aller se placer dans le flanc de l'ennemi, Lee sinuofùtés du terrain où se tAïuve le TÏUage d'Eichboh servirent i cacher le mouvement de la cavalerie msae, qui Tupéra avec cette précision qa*<Hi se voit ordinairement qne sur les champs d'exercice. Elle laissa le village d'Eichboh à gauche, et se trouva en peu d'instante arrivée en position près de Klein-Tinli et tout k fait dans le flanc ennemi. La charge se fait sans la moindre hésitation , avec cette impétuosité qui ne laisse jamais de doute pour une victoire complète ; el, malgré les efforts réitérés de la cavalerie des généraux SouhametSébastiani, qui essayèrent plusieurs fois d'arrêter les monvements offensifs de leurs ennemis , la journée Ait couronnée d'un succès complet. Le marécbal Bliîcher l'a dû en grande partie à la belle résolution du général comte de Sacken , de tourner le flanc gandie des ennemis, et aux charges impétueuses et décisives de la cavalerie des généraux Wassillchikof, Lan^oy et Karpof.
En général , il faut toujours chercher k placer la cavalme, ou la faire manœuvrer de manière à ce qu'elle puisse, par des mouvements aussi simples que possible, g^;ner une des ailes de son ennemi. Elle acquiert toujours une supériorité marquée lorsqu'elle peut cliarger son adversaire en flanc. A la bataille de Talaveyra, tes Anglais avaient sur leur gauche une hauteur qui était le point le plus important de la position : les Français l'attaquent k double reprise, et sont deux fois repoussés; enfin, pour prévenir de semblables tentatives, lord Wellington, aprèsavotrenjointàune division d'infanteriedes'emparerdescollinesquise trouvaient devant cette position, plaça un corps considérable de cavalerie espagnole et anglaise dans la vallée , et le posta de manière à ce qu'il pût prendre en flanc l'ennemi qui se résoudrait encore une (bis à vouloir s'emparer des hauteurs de la gauche.
An mooMDt où rengagement devint géoëral, lOiBfh Bonaparte, qui commandait en chef Tannée française, ne perdant pas de vue l'élévation où. était postée la gauche des Anglais, dirigea encore une fois contre elle plusietuv colonnes d'in^terie avec de la cavalerie. Le général an^is Anson se met aussitôt i la tète du 23* de dragons-légers el dn régiment des hussards dn roi George, et chai^ les assaillants avec tant d'impétuosité et de succès, qu'il parvint à percer entre les «donnes françaises, et culbuta un riment de chasseurs k cheval. Quoiqu'il finit par être maltraité aussi, néanmoins le but fut rempli ; il paralysa le n^uvement offensif des adversaires, et donna à la division espagnole de Bassecourt le temps de venir arrêter tout à fait la fougue des ennemis.
Pdur ce qui regarde les positions de la cavalerie par rapport à l'ordre de bataille , il faut les envis^er sous deux rapports différents :
1° Lorsque la cavalerie n'est pas soutenue par l'infanterie, et se trouve par conséquent obligée de jouer le rAle d'arme indépendante;
9** Lorsque la cavalerie ne forme qu'une partie des masses agissantes, et ne doit être envisagée qne comme partie intégrante de l'ordre de bataUle.
Les positions de la cavalerie, pour le premier cas, sont soumises à des règles tout à fait différentes de celles où elle se Irooverait amalgamée avec de l'infanterie, qui joue toujours le réle principal. Assujettie an rdle d'arme indépendante, l'essentiel est de cboisîrdes plaines ^ouvertes, dont les sinuosités peu sensibles ne s'opposent pas k sa libre circulation, et n'entravent pas ses manœuvres ni ses mouvements offensifs, mais dont les élévations cependant soient tdles, qu'elles puissent dérober du moins une partie des troupes aux regards des ennemis.
Lorsque la cavalerie, par quelque cas extraordinaire , se trouve abandonnée par l'infanterie et obligée de soutenir un combat, alors l'artillerie à cheval atUchée aux divisions , et la cavalerie légère, doivent y jouer un grand rAle. La première doit imposer i l'ennemi par des feux bien nourris; la seconde, le fatiguer par des combats partiels , lui faire craindre pour ses Bancs el son dos, et apprêter le moment o[^Kwtun où la cavalerie des lignes de bataille puisse choquer avec avantage.
EXAMEN RAISONHâ
Une description pareille nous prouve donc évidemment que c'est l'artillerie et la cavalerie légère qui entament ces sortes de combats, et que la posîlion étant une fois choisie d'après les principes déjà énoncés, on gandl les hauteurs qu'on trouve parsemées sur le champ de bataille de pièces d'arlilterie ; on cherche à donner aux masses des lignes de bataille une position derrière ces accidents, ou , cachés aux yeux de leurs ennemis, elles puissent n'entreprendre de mouvements olFensib qu'au moment où les troupes légères et tes feux fondrojanls de l'artillerie aient apprêté sur un des points du champ de bataille le moment opportun et décisif. On en retire le quadruple avantage :
1' De manœuvrer avec plus de sécnritë ; car plus les mouve-ments sont secrets et mieux ils réussissent;
3° De pouvoir Ciire des chocs inopinés; car, comme nous l'avons vu , ce sont les plus décîsils et les plus avantageux;
3°Den'entreprendredemouvementsoffensife contre son ennemi que dans des circonstances «vantageuses et lorsque l'artillerie a produit quelque flottement, ou bien lorsque les troupes légères, par leurs combats partieb, ont su, en fatigant l'ennemi, amener le moment opportun ;
4" Le plus grand de tous, de pouvoir, sous laprolectiondel'undeces accidents, à l'instar de la disposition faite par le général comte de Sacken à la bataille de la Katzbach, porter sur an des flancs de son adversaire une masse de troupes suffisante pour décider de la victoire. Au reste, tous ces cas ne peuvent se rapporter qu'à des positions favorisées par la nature , qui présentent des accidents de la catégwie de ceux que je viens de désigner. Si la nature, avare de ses bîenfoils, n'en offrait pas sur le champ de bataille, où le iiasard ou les circonstances nous obligent de nous mesurer avec notre adversaire, c'est la cavalerie légère et l'artill^e à cheval qui , par leur action préparatoire, devront, tant que la chose sera possible, nous donner des compensations.
Les troupes désignées pour faire le service de la débandade, ainsi qu'une partie de l'artillerie, seront donc postées en pTemière ligne, le reste de la cavalerie légère et mixte, avec leurs pièces , en seconde , et la cavalerie de
ligne et le reste de L'artillerie, en réserve (i). Dans tous les combats , la réserve décidant de tout, nous devons, À pins forte raison, jeter un regard attentif sur sa position dans ceux où on ne pent engager que des troupes qui ont peu de moyens de résistance. II faut placer les réserves de manière à ce qu'elles poissent, en dérobant leurs mouvements , venir à l'improviste se [dacer perpendicalaîr«nent sor une des ailes des ennemis.
En général, le devoir de la première ligne, comme des réserves, sera de manceuvrer conjointement avec la seconde ligne, qui possède tous les éléments de la force, et de manière à pouvoir former avec elle l'ordre coarbe , dont le simple mouvement oBîensif en front nous mène à envelopper notre ennemi et procéder k la décision de la victoire.
Les positions de la cavalerie sur des diamps de bataille où elle se trouve amalgamée avec d'autres armes, et où, par conséquent, elle ne joue, durant la majeure partie de la journée, que le rAle d'arme de secours , et n'embrasse , qu'au moment où le flottement des lignes est prononcé , celui d'arme décisive , sont soumises à des principes antres que ceux qu'elle requîot lorsqu'elle est abandonnée à son unique force impulsive. '
|ja différence de réle qu'elle joue alors dans la même action, exige nécessair^nent une différence dans la cavalerie et dans la position, par rapport auxlignes de bataille. La cavalerie qui est désignée à être arme de secoon, se composera donc de cavalerie mixte , tandis qM la masse qui devra porter les coups dëcisils , sera composée de cavalerie de ligne.
La cavalerie légère et mixte sera postée co troisième ligne dans les intervalles derrière rinfanterie, et le surpins de ces partis , dei^ riëre les flancs d'une des deux lignes, sdw ' que le terrain leur sera propice sor Fane ou l'autre aile.
La cavalerie de ligne sera postée va réserve, hors des atteintes de l'artillerie et sur an terrain d'où elle puisse se porter avec rapidité vers un champ vaste et découvert, où die soit en état de remplir son rôle, celui de compléter
I (i) Bien entendu qu'on proportionDera le noiabrt de 1 lifnes au Douibrc de troupes qu'on pourra metin «s I action.
une victoire que l'isfanterie aura remporlte.
La caTalerifl assignée anx lignes do bataille, toujours attentive anx niccis ainsi qa'aox échecs auxquels ces lignes peuvent être en butte, doit, ou les soutenir, si elles commençaient Il plier sous Timpulsion de forces supérieures,ou acbeverde désorganiser un ennemi qu'on serait parvenu à repousser. C'est ainsi qu'à la bataille de Waterloo, au moment où Napoléon , à la suite du triple assaut qn'il avait Tait taire sur Mont-Saint-J«an , s'était rendu loailredeplusienTs hauteurs et avait fait replier la division Picton, le duc de Wellington fit avancer les brigades de cavalerie de Ponsonby, Vandeloer et de Chigny, à travers l'infanlerie des lignes de bataille, et parvint, non seulement à arrêter le mouvement rétrograde des troupes an^ises, mais réussit aussi à déposter le premier corps ennemi qui s'éuit déjà rendu maître des hauteurs, désorganisa deux bataillons de la vieille garde, fit plus de 1,000 prisonniers, et s'empara d'une aigle (45" Triment d'infanterie de ligne).
La positioB d'une partie de la cavalerie légère et miite derrière les intervalles de la seconde ligne, est donc d'une conséquence tellement majeure , qu'on ne doit jamais négliger de jeter on œil attentif sur cette partie de l'ordre de bataille, car le but principal de diaqne di^sition doit être de lùen utiliser les troupes.
La position de la cavalerie derrière les ailes des lignes, assure quelquefois l'intégrité des flancs, en soutenant l'infanterie, prévient les débordements, et of&e au delà des exlrémités des deux ailes, dévastes sphères pour son action , dont l'étendue facilite toujours beaucoup les manœuvres de cette arme.
Lacavaleriede ligne, rassemblée en réserve, doit être postée derrière les lignes de bataille et hors des atteintes des projectiles. Il est cependant diiBcile de désigner si sa place est dans le centre ou derrière un des flancs, car le terrain doit décider de son emplacement. Le principal est de la poster en masse derrière quelques accidents de terrain qui la dérobent à la vue des ennemis , et sur un point d'où elle puisse se porter en masse aussi, avec rapidité et sans être obligée de faire des mouvemenls d'une grande circonférence, vers le point où doit se compléter la victoire. Cest an discer-
nement judicieux du général en chef qu'appartient la tâche de décider oîi se trouve le point stratégique du champ de bataille de son adversaire. C'est le général en chef aussi qui doit se réserver le soin, après avoir jeté un coup d'oeil attentif sur sa position et celle de son ennemi , de placer sa réserve, qui ne doit jamais entrer en action sans un ordre immédiat de sa part.
Mais la cavalerie qu'on place derrière les flancs d'une des deux lignes et celle qui forme la réserve, étant couvertes par les lignes de bataille, ne peuvent, par conséquent, pas se . mettre en action sur les positions mêmes qu'elles occupent. Les chefs, auxquels elles sont suhor>données, sont donc obligés de choisir des ter> rains où leurs mouvements soient moins gênés, et les mener, par conséquent, dans des plaines un peu vastes, unies , et où elles ne risquent pas de se (Moquer avec d'autres armes. Pour franchir plus rapidement les espaces qu'on aura à parcourir , et pour que les che& puissent transporter ces masses avec pins de facilité sur un terrain propice , on formera toujours la cavalerie en colonnes; car son mouvement, quelle que soit la direction qu'on lui donne, droit devant soi, ou obliquement, est toujours moins difficile que celui d'une Ligne. Arrivée sur les lieux où l'engagement doit avoir» lieu, les cbels font la disposition et procèdent ensuite au combat, ce dont j'aurai l'occasion de parler dans la section suivante.
Nous pouvons maintenant poser en dernier résumé, que les principes pour les positions de la cavalerie se réduisent aux suivants :
1° Établir des intervalles assez larges entre les divisions, mais dont la grandeur sera subordonnée aux avantages du terrain ;
2° N'en conserver que de huit à dix pas entre les escadrons, à l'instant du choc, sauf à les augmenter au moment de la rétrogradation, en subordonnant aussi la grandeur de ces intervalles aux difficultés du terrain qu'on devra parcourir;
3° Lui assigner une pt^ition derrière quelques sinuosités de terrain, qui la dérobent aux regards des ennemis, d'où elle puisse tomber à l'improviste sur ses adversaires;
i" Partager la cavalerie légère et mixte dans les intervalles derrière la seconde ligne de l'iobutterie, ainsi que derrière les flancs d'une
des deux lignes , syaal soinde placer la outjeare partie derrière l'aile oii le terrain lui oBîte le plus d'action, et en colonnes;
5* De mettre la cavalerie de ligne en masse dans la réserve , et postée sur un terrain d'où elle puisse se porter avec rapidité vers le point où doit se Gomidétn la victoire , et lui assigner pour cet effet un terrain ob elle puisse ^^ avec aisance, et oh son action ne soit pas gênée par d'autres armes ; car , ponr mettre la cavalerie en action , le principal n'est pas d'avoir toujours présente à sa mémoire cette règle que personne n'ignore , qui nous défend de disséminer cette arme , et d'en avoir une masse respectable toujours prête h se porter ven le point décisif : l'essentiel, c'est de savoir lui assigner un terrain propice où elle puisse manœuvrer avec aisance, et de la mettre en action avec avantage. Une réserve de cavalerie , qui charge à la fin d'une batulle , doit toujours faire effet; car elle peut, par son mouvement rapide, se porter sur un point où l'eanemi ne l'attend pas ; et, comme la fin d'un combat est toujours le moment où les forces physiques s<mt exténuées, si les circonstances et L'ennemi ont rendu possible de ménager la cavalerie de réserve jusqu'à la fin du combat , une altaqtie inopinée et décisive ne peut jamais rester sans un bon résultat.
SECTION V
DE L'ACTIOn DB LA. CAVALBUI BK UGNE.
L'action de la cavalerie de ligne consiste dans le <^oc ; le choc est basé sur la contiguïté des escadrons, l'alignement des lignes et l'impéluosité avec laquelle on tombe sur son ennemi , tandis que les grands résultats des mouvements offensifs consistent dans l'accablement de son ennemi etdans un ralliement des partis désoi^anisés aussi exact que prompt.
Lorsqu'il s'agira de mettre la cavalerie de ligne en action, il faudra préalablement lui assigner un terrain vaste, uni, et où elle puisse agir avec aisance et hardiesse; mais puisque les mouvements de celte arme doivent être hardis , il faut bien se garder de la faire manœavrer sur un terrain dilBcile et où elle puisse mente se choquer avec d'autres armes qui potnraient entraver ses mouvements. Si le
moment où eUe doit agir est arrivé, et nous en connaissons les différentes époques par les discussions précédentes, qu'alors elle s'érige, selon la circonstance, en arme de secoun on indépendante, et qu'on lui assigne un terrain où eue soll en état de ne démentir ni sa nature, ni ses vertus intrinsèques, ni les résultats qu'on en attend.
Pour poutoir reeaeillir un résultat avantageux, le prindpal est toujours de suivre la loi de la nature de chaque arme, et ne pas travailler en contradictiui avec ses éléments. De faux mouvements pour la cavalerie sont d'aulaut [dus dangereux, que l'hannonie de son action étant une fois détruite, il fout, j'ose l'attester, plus que du génie pour rëtaUir l'ordre nécessaire, sans lequel toute arme, et la cavalerie plus encore, tombe dans une sorte d'anéantissement ; il faut do bonheur. Désirons donc, si le commandement de la cavalerie tombe en partage à un chef, dont la tête s'étourdisse facilement par le mouvement d'orn trentaine d'escadrons, qu'il soit do iikmds, comme dit le proveriw, plia heureux que Mage,
Cette harmonie , indispensable pour l'action de la cavalerie, étant si diflScile à maintenir, gardons^ous d'en roulliplier les entraves par des mouvements bien compliqués, ou en l'engageant dans des combats où tous ses efibrts ne peuvent que se briser contre les difficultés qu'elle aurait à surmonter. En général , beaucoup de mouvements sont pernicieux pour ta cavalerie , car on la fatigue inutilement , et eOe devient incapable de rien produire lorsque le mtHuent de la décision arrive.
Tant que le moment opportun pour l'actioo de la cavderie n'est pas encore arrivé , tenmi»la toujours en masse, et ne nous laïssfms pas éblouir par le spectacle séduisant d'une infinité d'escadrons déployés en parade et occupant unevaste étendue de terrain; n'oublions jamais que , pour être elBcace , le cboc doit posséder une certaine force collective, et que les troupes qu'on rassemble sur les champs de bataille M s'y réunissent pas pour flatter les regards des curieux , mais pour terrasser leurs adversaires. Le moment de la faire agir est-il arrivét reportons-la avec la rapidité de l'éclair vers le point décisif, et ne nous occupons encore que de son déploiement; car il est toujours dangereux d'anticiper sur les différentes époques qui