‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 57 sur 95 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE L'ARTILLERIE-

SECTION PREMIÈRE

CARÀCTÉBI8TIQDE DE L'iKTILLEUE.

Depuis que le moine Roger Bacon eut deviné It détonation du soufre , du nitre et du charbon ; que Berthold Schwartz nous eut donné les premiers déreloppements de cette invention; que, plus tard, on l'eut adaptée aux bouches à feu , et la science de l'artillerie au calcul mathématique , l'art militaire subit de très-grands changements. Le jet des projectiles ^tant devenu susceptible de se régler à une très-grande étendue et à uD calcul plutdt «xact que variable, nous vîmes une grande partie des probabilités sujettes à de grands doutes , se transformer en résultats moins hypothétiques. Lesgueires reçurent un caractère plus décisif, les résultats en devinrent plus ^ prompts; mais en revanche elles furent aussi plus sanglantes.

La première idée decette invention remonte an commencement du treizième siècle; mais, malgré toutes les recherches les plus scrupuleuses, elles ne nous o(h«nt , pour la dëcou-

(0 Vilbrat, dans «on Hùtoire de France depuit ViUbKuemint de la monarchie Jutqv'au règite de £«HÛ Xir, WMii nppcrte qu'il eiiitait à la chaaibre a «nFnnce un regîitn de l'aDoéc 1538, 'it ans avant ta bataille de Crtc;,

verte de son principe , que des doutes qui se perdent dans les ténèbres de l'antiquité. L«9 Français, qui firent des progris si rapides dans toutes les parties des sciences exactes , ne négligèrent pas la chimie, et le comte de Bei^ thoUet, en augmentant la promptitude de l'inflammation de la poudre et son degré de force, donna à son invention une teinte de perfectioa qu'elle ne possédait pas encore.

L'artdeseservirdelapoudrepour lejet des projectiles ne remonte cependant qu'au commencement du quatorzième siècle, et ce n'csl qu'en 1 530 qu'on se servit d'armes à feu dans les guerresque Venise et Gènes ont soutenues. Mais, en nous rendant à l'assertion de l'aatear do Grand Théâtre hûtorique , il faut faire remonter l'usage du canon à une époque plus antérieure encore. Il nous assure qu'en 1705, on voyait ï Amberg un canon qui avait été coulé en 1303. Si, au contraire, le témoignage de Villani, que Hézeray nous a rapporté , est digne de foi, ce n'est qu'à la bataille de Créer, qu'Edouard III gagna sur Philippe de Valois (année 1346), que les bouches à feu figorèreot pour la première fob (i).

dans leqoel un certain BarthéleniT de Draeh, Utsorler [des guerres, laisait itit de l'argml donné i Hrnri de FamcchoD poar avoir poudre et antres choiea nécessifreg aa\ canons qui étaient derant Guillaume.

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Chaque ptys a eu wa £poque pour le perfectiouDeraent de l'artillerie ; et pour ce qui regarde l'amélioration de la fabrication de la poudre à canon , de la préparation des annes à Ten en généra) , et de la lactique de Tartillerie, les militaires ne sauraient assez reconnaître les travaux assidus de Bertholiet,- Monge, Gribeanyal, Hassenfkabt, La Hartilliëre, Gassendi, Schamhorst, Hoyer, Lespinasse, Unterbei^r^ Horla, etc., etc. A cette série des savants collaborateors de la science de l'artillerie, nous ajouterons encore le nom du suisse Horilz, qui inventa, dans le ««nmencement du seizième siècle, la machine pour forer les canons ; ce qui a donné les moyens de les couler pleins et de les rendre plus solides.

L'artillerie se partage ordinairenkenl en artillerie de siège, dont l'emploi est hors de la ^hère de mon ouvrage . et l'iirUHerie de campagne (i),diHitIescalibre8, dans les différentes années, se réduisent à 4, 6, 8 et iS. Dans lies temps où l'artillerie n'avait encore acqnis aucun pertectionnement, et où on supposait que l'énonnité des pièces devait être leur plus grande vertu , on en fondit dans plusieurs pays d'un calibre énorme , comme la serpentine de Halaga, de quatre-vingts livres de balles, dont le bruil cassait les vitres; la pimentelle de Milan, qui portait à neuf mille pas; le gros canon de Marseille , de cent livres de balles, et pour lequel il fallait soixante hommes pour le r»muer sur son affâl ; le canon de San-Gîago en l*ortugal, dont on fit l'essai en présence du roi don Sébastien , en '1K71 , qui était de quatrevingt-dix livres de balles et portait à seiie cenls pas, etc., etc.; mais la diiBcutté de s'en servir et de les transporter a fait bientôt abandonner «es géants de bouches à feu, qui ne pouvaient tout au plus que servir de sujet de curiosité .

Les premiers canons qu'on fit furent fabri-

(i) C'est au giaéral Gribeauvtl qu'on doit la géparation de l'artillerie de campagne de l'artillerie de siège. C'est lui qui régularisa les différents calibrea et illËgea les affiUs et tout l'attirail de la premièra, de manière 1 ce qu'elle pat «uivie le niouTenieot des troupes.

(1) L'n fondeur de Lyon, nommi Efoierf , avait Imaginé une pièce jumelle. Les deux canons étaient de qua' trc livres de ballei , de la longueur de cinq pieds quatre pouces, (iMidus ensemble et avec nne seule lumière pour les dnii. On pouvait la tirer aussi k boulet romme les

qués de bois, entourés de toUe et d'aï en fer, et se prolongeant en forme coniqne verala bouche de l'arme. Ce n'est que plus tard qu'ils reçurent la forme cylindrique, et fuient faits de barres de fer. Ven la fin du quatoi^ zième siède, on se servit de cuivre et d'élain , el ensuite d'autres métaux (i).

Gustave-Adolphe s'est servi de pièces de cuir bouilli, dont on attribue rinvenlt<m à un baron Melchior de Wurmband. Voici la description qu'Archenboltz en fait dans son Hi»toire de GuMtave-Adolphe-.th» machine entière,

> dit-il, consistait dans un grand tuyau de

> cuivre battu et très-mince. La chambre, de

> même méLal, étail renforcée de quatre fortes

> bandes de fer, de gros cibles et de cordes ,

> autant qu'il en fallait pour donner à la mar

> chine la forme d'un canon, le tout étaitcou-

> vert de cuir ou de toute autre peau teinte d(

> telle couleur qu'on voulait , souvent dorée » par.ci pa>U. On en pouvait tirer coup sur

• coup, sans qu'il fAl besoin de rafraîchir ni 1 de laver la machina (s), qui d'ailleurs était

> montée sur un affAt si léger, que le tout pou- 1 vait être aisément traîné par deux hommes

* partout oij l'on voulait. > Les Suédois cependant n'en firent usage que pendant trois ans, depuis 1628 jusqu'en 1651.

L'invention du canon s'est aussi perdue dans les annales de l'antiquité, et les uns la rapportent aux Chinois, les autres à Albert-le- Grand, évèque de Batisboone. Il possédait des connaissances si profondes en métrique et en physique, que ses contemporains le prenaient pour un sorcier. Il reçut du pape Alexandre IV l'évéché de Hatiabonne, el après en avoir joui pendant deux ans, il se réfugia dans un couvent à Cologne, où il s'abandonna tout k fait aux sciences , et y mourut en 1 280.

Gomme celte époque ne coïncide cependant qu'avec la première découverte de Roger Bacon

autres canons, l'o certain Feutry , avocat de Ljod, îd- Teota aussi ud canon de bronze qui se séparait et s'assemblait en plusieurs pièces, et, par ce moyen, élalt aisé k transporter.

(s) FriDcberillB, au contraire, dans son Bittoirtda dtrniiret eamjtagtut dt CiuIaUï-JdoJpAc, noua dit (pag. 3tS) : ■ Le plus grand mérite de ces canons était

> de pouvoir être transportés aisément dans un jour de

> lialaille; du reste, ils avaient l'inconvénient de a'é- I chaufTer trop lAt, en »ort« qu'après dix ou doue I coups il fallait les laisser refroidir. ■

de U détonation da soufre, du uitre et du charbon , et parait être antérieure à celle du perfectionnement que Berthold Schwartz lui donna, on est en droit de coasidérer cette stq>posilion comme hypothétique.

Hais en n'admettant que ce que les annales les plus positives nous ont fait parvenir, l'iuvention- du canon et sou usage n'auraient eu lieu qu'au quatorzième siècle ; et quoiqu'on l'employât pour battre les mui-ailles en brèche, il paraît qu'on hésita longtemps à se servir de ces moyens meurtriers contre les hommes. Le génénl Servannoa'j rapporte (i) ■ qu'en 1380,

> le. célèbre Carlo Zéno, revenant de Coostan-

> tioople, et commandant pour les Vénitiens, 1 ayant employé le canon contre les Génois , f dans un combat sous la ville de Chiozza

> (Fossa-Claudia], toute l'Italie se récria con- 1 tre ce qu'elle appelait une contravention ■ manifeste aux lois de la bonne guerre. >

L'invention du canon a subi aussi , comme tous les produits de l'imagination humaine, des modifications et des erreurs sensibles. Ce n'est qu'après un certain temps, et comme Je l'ai dit dans le premier chapitre , d'une allure tardive , qu'on se rapprocha du perfectionne> ment de cette arme, et qu'on la mit en action avec raisonnement et avantage.

Le nombre des pièces qu'on employa les joiirs de combats a été sujet à des variations assez grandes. A la bataille de Fornoue, que Charies VIII gagna sur François de Conzague, duc de Hanloue , le roi avait traîné une si forte artillerie avec lui , qu'il fut Irès-embarrassé lorsqu'il fallut franchir l'Apennin (i). Perdant toute espérance de pouvoir la transporter, il voulut l'enclouer pour ne pas la laisser Jk l'ennemi. Mais pour ne pas priver l'armée de sa principale force, les Suisses s'offrirent de la voiturer à force de bras dans les endroits oti les chevaux ne pourraient plqs la traîner, ce qu'ils parvinrent à opérer avec beaucoup de succès.

A la bataille de Gravelines, que le comte d'Egmont, commandant l'armée de Philippe II, gagna sur les Français, commandés par le ma-

(i)£rûl.dM0ticrreideiGau(. eldei Fran;. enllalit.

(s)GuîclurdiD, daasËoaBittoiredetguerTet^lUilU.Boaa ripporle que lorsque Charles Vtll tratera) les Alpes, son armée était forte de 40,000 hommes cl 400 pièces de canon.

réchal de Thermes , les Espagnols n'avaient an contraire que 17 pièces de canon. A celle d'Ivry, l'armée française, qni comptait 8,000 hommes d'infanterie et 2,000- cavaliers sons les armes, n'avait que 4 pièces de canon et 2 coulevrines. Celle de la ligue était de IS.OOO fantassins et 1,000 chevaux, et n'avait aussi que 4 pièces., Gustave-Adolphe avait devant Francfort sur l'Oder un train de 200 pièces de canon grandes et petites. A la bataille de Breitenfeld, il en avait 100, y compris l'arUlle'rie des Saxons; au camp de Nuremberg le roi avait 3d0 canons.

PIm tard, les années devenant plus piûssantés, les trains d'artillerie s'augmentèrent d'après le nombre des troupes, et nous vîmes la quantité des pièces monter à nn nombre surprenant. En 1813, Napoléon pénétra en Russie avec on train d'artillerie de 1,572 pièces de canon (s) et, par conséquent, plus de deux par mille hommes de troupes actives. Au reste , les améliorations qu'on fit aux pièces offrirent aussi les moyens d'en attacher un plus grand nombre aux années , car en diminuant le çmàt autrefois énorme des canons et de leurs rouages, on facilita le transport de l'artillerie, etita pièces étant devenues plus mobiles, on pat s'en servir plus facilement et même sur d» terrains un peu difficiles.

Nous vîmes même l'artillerie, dans les do^ niers temps, sortir hors desdotnaines dans lesquels les propriétés inhâ«ntes i sa nature semblaient circonscrire son action, et s'élever à un degré de gloire surprenant. Les guems de 1809, 1813,1814 et 1815 mirent entièrement eu défaut la prédiction du géoéral LalriUe qui , ayant juré une haine assez implacable à l'artillerie de campagne, voulait renfermer dans les places fortes, f L'attaque et

> la défense des places, disait-il (*) , voilà le

> véritable domaine de l'artillerie. Je me 1 trompe peut-être, ajoula-t-il, mais j'imagine • que le temps viendra on ce sera là son oui-

> que destination. >

L'emploi qu'on a fait de l'artillerie, postérieurement à l'apparition de l'ouvrage du gé-

(s) BUtoire de l'Expédition de Xttuit, par le mvquis de Chambraj .

{*)Contidiralioiunirlaguerre,elpartifitlièrtmeiil lur la dmûèrt guerre, page 318.

I^ TROIS ARMES

oëral UlriU« , « huilment parié coulre m» talent de pràlicateur ; car nmis avons tu celle des Français paraltredansleaplaiDesde Lulzeo, Don-senletnent comme arme préparaUnre et de secours, nuis à peu près comme ann« posa^ dant des propriélës définitiTea ; et Nspoléon nous démontra avec une sorte d'évidence, que la devise que Louis XIV fit graver sur les pièces, et qui portail : Ratio ullima regum, en était nue trïs-péremploire. La bataille de l^itzeji fut à peu près décidée par rartillerie, et cette victoire relarda d'une année la chute de Napoléon et les événements extraordinaires qui en furent la suite.

C'est à GuBtave-Adtdphe que l'artillerie doit en grande partie les premiers développements de la régularité et des avantsges de son action. Ëtait-ce ignorance de son emploi adapté au terrain et anx circonstances; mais dans les luttes les plus décisives qui ont ensanglanté les différents dkamps de bataille de l'Europe depuis le xn* siècle, et qui ont eu le plus d'influence sur les circonstances , nous voyons cette arme n'embrasser qu'un rAle secondaire, et son action y est presque insignifiante. A la bataille de Pavie, François I" avait déjà remporté plus d'un succès, et après avoir rejelé les Iroupeç de don Ferdinand Osliot, il était déjà parvenu i faire [dier cdle du connétable de Bourbon, lorsque Pescaire soutint ce dernier avec 800 arquebusiers qui foudroyèrent la garde du roi et décidb«nt la bataille en faveur des Impériaux. L'artillerie ajouta peut-être au l»uik du combat; mais dl&n'y joua qu'un rAle tout àfaitsecondaire. AlabataiUedeNieupori, que le prince Maurice de Nassau gagna sur l'arcbidoc Albert d'Autriche, ou aperçoit l'artillerie du prince Haurioe, paraître un moment avec dignité et entraver par un feu bien diri^ le mouvement de cavalerie de l'amiral d'Aragon , mais son éclat ne dura véritablement qu'un moment , tandis que celui de la cavalerie du prince Maurice y parut dans tout son jour. A la bataille de Honcuntour, que le duc d'Anjou gagna sur l'amiral dé Colignî , U y en avait trop peu pour faire effet (i) ; i celle d'Ivry, nous remarquons le même défaut.

liais c'est an commencement du xvii* siè(^.

(i) Chacune des deui tnn^ ; pièces de canon.

«disposait que de hi

avec le perfflotionBMBenl de U fcbricalioB des pièces, que nous commençons à remarquer aussi le dével<^pement d'un emploi régulier de l'artillerie. Les pièces autrefois étaient plus ou moins d'une longueur démesurée, ce qui devait nécessairement ravir beaucoup de légèreté à cette arme , dans des actions qui demandaient de la vélocité , et quoique vers la fin du xn* siècle, un certain H. de Linar eût démontré par le fait , qu'une longueur détaiesurée des . pièces n'en augmentait pas la portée, et qu'un canon de ii pieds de longueur et du même calibre, portait tout aussi loin qu'un autre de 15 i 17; ces changements salutaires n'eurent lieu qu'au commencement du xvii" siècle.

Gustave-Adolphe en fit l'expérience en 16S4, et s'étant persuadé de la vérité du fait,' il fit fondre aussitôt pour l'armée suédoise des pièces d'une moindre longueur. Jusqu'à la fin du XVI* siècle, on avait aussi l'habitude dedisperser les pièces devant la première ligne de bataille, sans égard an terrain ni à la position de l'enn^ni , aussi n'en recueittait-on pas les feux collectifs , à peu près les seuls qu'on puisse envisager comme les avant-coureurs de grands résultats. Quoique Guatave-Adolplie sentit la nécessité de lassembler l'artillerie en plus grande masse, et acconUt par là une plus grande efficacité i cette arme, en comparant cependant la distribution des batteries dans ses ordres de bataille , aux positions qu'on leur assigna postérieurement, on reconnaît, dans les dispositions du roi de Suède, plusieurs vices dont j'aurai l'occasion de faire mention, en discutant sur les positions de l'artillerie. Hais si nous remarquons en général un grand perfectionnement qui s'est fait du temps des Condé, des Turenne , des Eugène de Savoie, etc., etc., nous ne pouvMis cependant nous refuser de dire, que c'est k Gustave-Adolphe que l'Europe doit en général la première épuration de la tactique des différentes armes. C'est ce grand homme qui la dégagea de plusieurs de ses abus vicieux, et s'il ne parvint pas à lui accorder un plus grand degré de pureté, c'est que la mort vint l'enlever trop t6t au monde scientifique, et priva l'Europe d'un héros qui l'avait remplie de son nom et de sa gloire {*).

(s) Le général VandoDCOurt (JtmnuU iei teUnee» miUlair«f,7'liTraiu>n,pageM)iielui accorde que le

Du moment où l'on perfectioDna la fabricatioD des bouches k feu, U construclion des aFfûls et l'attelage de l'artillerie, qu'on put imposer I cette arme des mouremeots rapides, qu'on pendit le lir de celte arme plus régulier, et qu'on la rendit susceptible de suivre même les manœuvres de la cavalerie, «n mettant à «^eval les artilleurs des batteries destinées pour manœuvrer avec elles, on fut en état aussi d'augmenter le nombre des bouches à feu; car les prérogatives ci-dessus énoncées leur offraient les moyens de soutenir les combats avec plus d'avantage.

La proportion ordinaire reçue dans les armées européennes pour la composition des armées est, pour l'artillerie à pied, de 9 pièces pour 4,000 bommes (i) , et pour l'artillerie à dbeval, de 4 pièces pour 1,000 cavaliers. Il serait même non-seulement inutile , mais aussi dangereux, d'en augmenter le nombre au-dessus de celui-ci ; car celui des troupes ne serait jamais suffisant pour les défendre, et, dans les cas malheureux d'une retraite précipitée et mêlée de désordre, un trop grand nombre de bouches à feu, en augmentant la confusion, mettrait les troupes et le matériel il la merci de l'ennemi. Dans la continuation d'une guerre, on est même souvent obligé, à cause des pertes réitérées auxquelles les années sont journellement en bntle, de diminuer le matériel . en laissant des batteries dans les parcs de réserve , pour que le nombre des bouches i feu ne surpasse pas le nombre normal de la proportion dont je viens de parler.

Cependant, le nombre démesuré des bouches à feu n'est pas l'unique inconvénient qui nous oblige quelquefois k nous séparer de notre artillerie; la perle du personnel, en temps de guerre, en devient souvent nn bien plus grand encore. L'artillerie étant une arme qui esige da personnel des notions préliminaires indispensables pour san service , peut aisément , à la suite de plusieurs combats qu'elle aorail à

cfaaageiDEDt.dei oioujqacUeD place des lourdes arqaebuses, et l'illifenient de l'artillerie de campagne; mais k qui devoDS-noiu done le premier changemeot de l'oTdonninee de l'inhirtcrie et de la cavalerie , qu'on rangeait lutreloli dsDS U profondeur; ebangemeat uns doute très -important pour la première «oui le rapport des léux qui en résultèrent , et que pour l'inranterie KousaTODS conserrè jusqu'à présent. Le général Schani' horrt a é\.é plus juste «aten c« grand bamme, et le lecteur peut trouver àm dttaib très-inUreasants i ce

soutenir, être pandysée dans plosiears de tes éléments. Ne possédant pas de personnel sur- Duméraire pour remplacer les absents, les cbeb se trouvent quelquefois dans la nécessité de réorganiser les batteries pour les compléter; et le résultat de cette réoi^nisalion prouve qu'on est obligé de laisser plusieurs baUerin dans les parcs de réserve, faute de bras pour les servir.

On conunence ordinairement à remplacer les canonniers mis hors decombat par les artillenn qui conduisent les chevaux , tandis qu'on peut suppléer à l'absence de ceux-ci , par un pareil nombre pris dans les escadrons de la cavalerie. On assignera à ces conducteurs de chevaux désignés pour servir les pièces, les r6les les moiiH difficiles, et on ne s'en servira ni pour pointer, car il faut une grande habitude pour le bien faii-e, ni pour introduire la charge, ni pour l'enfoncer, car il faut beaucoup d'adresse et d'agilité ; mais on s'en servira pour mettre le Ira, ou pour Ater U pièce de dessus son avant-traia.

L'artillerie en général se partage :

1* En artillerie de siège;

3° En artillerie de campagne.

Mon dessein n'étant que de discuter des propriétés et de l'emploi de l'artillerie que nous voyons figurer sur les champs de bataille, il est tout naturel que ma disserUtion ne s'éleade que sur l'artillerie de camp^^. Celle-ci m partage aussi :

i' En artillerie i pied;

3o En artillerie à cheval.

Le but de l'action de l'artillerie est toujoun d'entamer son ennemi , de produire daflotltment dans ses lignes, ou de le déposter de 9 position : pour atteindre un but pareil, il bot que les pièces possèdent une certaine fi»oe destructive, et il devient alors indispensable de sacriGer leur légèreté k la grandeur du calibre nécessaire pour ces sortes d'opératioi». Les pièces de 3 ou de 4 peuvent avoir plus de mobilité pour l'action; mais la p(»lée du tir

sujet dans son ouvrage intitulé : MilUairùcht DftwUrdigkeUe» un terer Zrifnt , tom. u , pag. 1.

(i) Lt général Lespinasse , dans son ouvrage fotitnlé: Enai ntr fOrganUaHon dt Carme de VArtUltrit. an donne trois, dont une pièce se trouve avec les troupes, une dans le parc de réserve, et ta troisième datt les dépôts disposés sur les derrières de l'arnite. Outre ces 3 canons, il accorde encore une pièce de po^tioa(*< pour chaque li,000 b

IV Dm pitaa A

étant peu signifiante , il fant, pour qae ces

pièces produisent quelque «net, qu'on s'approche à une irès-courle distance de son ennemi; et il en résulte qu'on se place dans la sphère la plus meurtrière des pièces de 6, de 8 et de ii qui pairiennent bienlAt à mettre les batteries de petit calibre hors d'élat de soutenir le combat. Dans la campagne de 1815, le partisan Figner avait dans son détachement 6 pièces de 4, et j'ai pu me convaincre aisément combien ces petites bouches à feu sont inutiles dans un combat contre un ennemi qai sa sert de pièces d'un plus grand calibre. Lorsque Napoléon fit une pointe entre l'Elbe et la Hulda pour se rapprocher de Wittemberg, le maréchal Ney, qui commandait lecorpsavancé de l'armée française, ayant attaqué l'avantgarde du comte de Tauentzien, posté à Grtffenbayncben, la rejeta bientdt sur Oranieobanm, et ayant occupé ce boui^, envoya an détachemeiit vers Wœrliti, où se trouvait le colonel Figner avec 5,000 bommes. J'avais été envoyé par le comte Tauentzien pour reconduire le détadiement à Des8au,mais j'arrivai au moment où les troupes étaient engagées. Le feu des canons du colonel Figner ne pnn duisait presque aucun efi'et , tandis que Tarlillerie française faisait un ravage afi'reux dans les rangs des partisans.

Le calibre de 6, de 8 et de 12 est cdui qu'on voit ordinairement dans les années modernes, etcelniaossiquiestleplusproprepour le service des batailles (i) .

(i) L'aairar anoiiTine dn Sjfêtètiu dt farlUUrie à pied, voudrait bannir tout k tait le calibre de 13 comoie pièce de campagne ; mais je crois que son idée , ■Migré toutes les longocs démonstrations qu'il nons en adonnées dans son ouvrage (pag. 98 et soIt.), TeradiSdlement des prostlj tes.

Dins son Sytlitiu d'arlillerit de campagne , le géoirsl Allia aussi vient de se {ffonoacer d'une manière décisive contre le calibre de 13 pour le lerrice de campagne. Il s'est même élev£ une polémique enlre lui et le comité d'artillerie de France, dont nous possédons des échantillons dana le Speclaleur militaire (cahiers de mars, avril et mai), ainsi que dam te Journal det Seineet militairtt det armait de terre et de mrr (cahier de juin 1837).

Malgré toutes les raisons que le général Allii s'efforce de présenter pour discréditer le calibre de 13, il est probable qu'il ne parviendra jamais échanger l'avis de l'Europe entière. Les coups des grands calibres possèdent aust des avantages non équivoques , parce que la vitesse initiale étant plus grande, ta force de projection

Comme les poilées des canons des calibres '

de 6. de 8 et de 13 peuvent s'étendie depuis S,000 jusqu'à 2,800 pas («), des portées pareilles prouvent que les pièces de ces trois calibres suffisent poni- atteindre toutes les dislances dans lesquelles on circonscrit ordinairement l'action des différentes armes, et démontrentévidemmentque si on attache au train des armées des pièces d'un plus grand calibre , et qu'on leur fasse faire le service de campagne, il n'y a qu'une pénurie de bouches i feu de 6 et de 12 qui doive en être la raison. Le lieutenant-colonel Plotbo nous rapporte, qu'en 1813, l'année française a traîné avec elle des pièces de 16. Le colonel Ravichio de Perel»dorif (s) nous assure , au contraire , que i c'est » nne erreur manifeste; mais, ajoute-t-il, elle

> est populaire k l'étranger, et mérite d'être ) reourquée , parce qu'dle montre quels efibla t produisent nos pièces de 13. Il Mlait que 1 ces effets fussent bien funestes à nos en-

> nemis, puisqu'ils les attribuaient à des pièces

> de 16 et de 18 que nous n'avons jamais em- » ployées en campagne , du moins depuis les * temps modernes, i

Au reste, la raison qui aurait pu porter Napoléon à mettre des pièces de 16 en campagne, pouvait être très-naturelle et trouver sa cause dans la nécessité. Ayant, pendant lacampagne de 1813 et les batailles de la KaUbach, de Dennevitz et de Culm, perdu plus de 1,600 bouches ft feu, il pouvait bien arriver que, manquant de pièces de moindre calibre, il

• est plus con^érable , les déviations en devieoDenl moindres et le tir pins exact. J'avoue franchement que les différences de la vitesse Initiale , ainsi que les déviations, ne sont pas les uniques moteurs des victoires; mais il n'est pas moins vrai , qu'elles doivent être d'un grands poids dans toute» les recbercbes que l'on basa sur le calcul mathématique.

(i) Qooiqu'i des dislances pareilles les boulets per dent tout i fait leur force , et ne produisent qu'un effet presque nul ; j'ai cependant voulu indiquer le maiimum do leur portée , pour qu'on puisse calculer toute l'étendue de leurs sphères. La plus grande distance avec laquelle on doit tirer i bonlet avec le canon de campagne , est de SCO toises pour le calibre de S et de 13 , et de IfiO pour celui de 6. Le but en blanc primllifde ces Irois calibres, au contraire, ne va pas au delà de 3 à 300 toises.

(s) Traité éUmenlatre iÀrliUerit à Vviage de* mililairet de toutetarmei, par Decker, traduit de l'allemand par le colonel Raildiio de Fereladorff et le et^~ lalnede Nancy.

ait ordonné de mobUiser des canons de 16.

Je ne vois pas oqd plus pourquoi le colonel Père tsdorff combat avec taot de chaleur un fait pareil. Les succès de la ^erre sont souvent soumis aune anomalie tellement grande, qu'il est difficile de décider d'une manière positive ce qni est vraiment utile et dangereux. 11 a devant les yeaz un exemple qni peut suffire pour engager, sinon à employer définitivement des pièces de gros calibre pour le service de campagne, du moinsàexcuser leur mobilisation, puisqu'une victoire ena été la suite: c'est celui que Frédéric le Grand nous a offert à la bataille de Leuthen (i). Ayant perdu beaucoup d'artil- Iwie i Kolin et à Breslan , le roi Et mobiliser 30 pièces de gros calibre i Gtogau (s). Leur attelage et leur service a coilté beaucoap de peine, il est vrai ; mais atms avons vu les services que ces pièces de gros calibre ont rendus à Frédéric i la bataille de Lenthen.

Au reste , quel que soit le calibre des pièces qu'on emploie dans l'action , pour que l'artillerie produise de grands résultats , il faut absolument qu'elle soit en assez grande niasse, sans qupi ses efforts sont peu eiËcaces et loin d'être aussi dangereux qu'on se le représente. Deux ou trois canons s'épuisent quelquefois à tirer pendant des heures entitevs, sans que les résultats répondent à l'ardeur des artilleurs et i l'effet des pièces, dont le tir, étant soumis à nn calcul mathématique, devrait être plutAt juste que variable. A la bataille de Polotsk , livrée le 6-18 octobre, j'avais été placé par le comte deWittgenaein, avec un bataillon, sur la route qui mène de Polotâk à Witepsk. Ce chemin allait en pente douce, de la ville vers l'endroit où j'avais été placé. Les Français braquèrent 3 pièces de canon contre mon bataillon, et firent pendant plusieurs heures un feu très-vif. Mon attention était toujours dirigée vers la direction des projectiles, et je faisais faii-e à mon bataillon de petits mouvements à droite et i gauche, pour It soustraire à leurs effets. Gomme je devais être relevé par le détachement du général Alexieff , je restai pendant plusieurs heures sous le feu de la batterie en-

(i) Un ginfral lofais, LespitiïJGe, dans Mn Enai fur Vorganiialion de l'arme de [ArlîlUrie, nous issure aussi (p. Si), qu'i l'arnife des Pyrânées-Oceldentaln 11 se tronTait des {lïkes de gros calibre. • AU faiotuse jonnite du 17 pluviAse, dit-it, ) j'aiais 3 pièces de 10 au centre de mon ordre de

Demie, et quel fût le résultat de celle cancunade, qui n'avait pas discontiouéêl J'eus un sons-officier blessé, deux hommes tués, et la crosse du fusil d'un de mes ^«nadiei^ fut mi^ en pièces.

Si la batterie que les ennemis m'avaient opposée avaient été de 13 à 15 pièces de canon, je suis persuadé que je ne m'en smis pas retiré k si bon marché. En menaçant une grande étendue à droite et à gauche de la roule où j'étais placé, pour me soustraire aux projectiles ennemis , j'aurais dA on quitter tout à fait mon poste , ce qui m'avait été expressément défendu, ou laisser exterminer le bataillon que je commandais.

Des caups de canon isolés , cependant, si on choisit le moment opportun, ne sont pas tonjours tout à fait sang efficacité. Dans les vogigements de petits partis, par exemple, un coup de canon, sans faire ressentir quelquefois aucune perte à l'adversaire, produit souvent un effet moral avantageux, en prouvant à l'cDoemi qoe les troupes ne sont pas dâniées d'artillerie. Une conviction pareille rend souvent l'adversaire pins circonspect , et prévient la v^e«r des attaques et l'impétuosité que rennenai aurait peut-^tre déployée dans ses mouvemenb offensif , si une découverte pareille ne vend entraver ses calculs.

Dans le cours d'une bataille , un boulet bien dirigé suffit aussi pour enlever one personne indispensable pour l'ensemble des mouvements de la journée et dont la perte peut entraver le succès. Dans de pareils cas, les chefs de batteries doiventdiriger leur attention sur les groupes que forment les états-majors. A la fameiise bataille de Fehrbellin que l'électeur de Brandebourg gagna sur le comte de Wrangel, un pur hasard et le dévoùment de son écnyer sauvèrent le prince d'une mort cotaioe. Au moment où te combat s'engagea , récuyor de Frédéric-Gui II au me, un certain Froben, ap«-cevant que l'électeur montait un cheval blanc, qui pouvait aisément servir début aux projectiles des ennemis, dansla crainte d'une réponse négative , s'il découvrait i son maître 1« rai-

1 bmme, 3 de 18 t ta droite, et S de 17 et a de 1 4 loDgues ' i la gauche. Ce» batteries rompirent lei 1 colonnes des Espagnols et nous donnèrent h vit-

(1) Beizow, CharMeriHik dtr widU^ttn» MrfitttfMK der tiebergahrigm Kriefei.

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sons qui l'engageaient ï lui taire changer de cheral , l'assura qoe celui que Frédéric-Cnillaume montait, ne lui paraissait pas tout à fait bien portant, ell'engagea àprendre celui qu'il arait sous lui. L'électeur s'y prêta, et le fidèle écuyer n'a qne le temps de cbaoger de cheval, qu'il tombe noyé dans son sang (i). La veille de la bataille de Polotsk, ft-37 août, nos artilleurs araient remarqué un groupe assez nom)M«us, et un cheval blanc qui prêchait les antres. On dirige aussitôt un obus contre ce groupe, et préalablement contre le cheval blanc. Le coup part, le projectile frappe, le groupe se disperse, et nous apprenons le lendemain qne le maréchal Oadinot avait il6 blessé par im éclat d'obus et obligé de qnitter son corps.

Hais tous ces cas peuvent être admissibles, lorsqu'on se trouve dans des plaines ouvertes, tl dans lesquelles les mouvements de l'ennemi peuventèlreobservés. Il peut cependant arriver que l'ennemi se trouveiô>rité par des villages, derrière des broussailles ou dans des ravins et des enfoncements. Les boulets et les cartoudies i balles, n'étant pas assez puissants pour en déposter un adversaire, qui serait résolu de s'y matnlenir avec fermeté , on songea à les en déposler en jetant des projectiles , qui en crevant possédaient la faculté d'incendier les pai^ lies où ils tombaient, et en chassaient ceux qui s'y trouvaient par la flamme qui se propageait ou par les éclats des projectiles qu'on lançait et qui crevaient dans un certain temps. Nous vîmes alors paraître l'obusier , invention plulàt moderne qu'ancienne , et que nous devons aux Hollandais et aui Anglais. Les pre^ miers obnsïers qu'on vit en France furent pris sur les alliés à la bataille de Ncerwinde, que le maréchal de Luxembourg livra en 1693. Ce n'est que S6 ans après, que les premiers ofousiers turent fondus en France, à Douai.

Les formes des bouches & feu ne furent pas cependant les seules qui subirent des variations, le vol des boulets n'en fut pas exempt non plus, et on le rendit à volonté, k toute volée , de plein fouet , de but en blanc et è ricochet. C'est à an bourgeois de Venloo qo'on rapporte l'invention du tir i ricochet. Ce tir, qu'on obtient avec une chaige faible, et lor&-

(i) Les historin» amirent que Im SuAdoia anleot ipiNTit que l'éicctear montait QD ctieral blanc.

qne l'angle de diute n'excède pas 7", doit dater de 1858. Le maréchal de Vauhan s'en servit avec un succès décidé en 1697, au si^ed'Ath.

Danslesbatailles aussi, le tir à ricochet est toujoursd'un grand effet, surtout lorsque le terrain le [Hvtége. Il possède plusieurs propriétés qui sont certainement d'une importance majeure.

Le tir à boulet , en général , ayant la faculté de faire le plus d'effet dans la profondeur, on le dirige ordinairement contre deS' troupes formées en colonnes. Mais lorsqu'on se trouve dans une distance peuéloignée de son ennemi, et que ces troupes présentent des fronts étendus, comme un bataillon déployé en bataille, ou un escadron, l'effet des cartouches à balles est toujours plus avantageux que celui des boulets, quelle que soit la variation qu'on ao corde à leur tir. La charge de la cartouche à balles ayant la propriété de se répandre sur un assez grand développement de front, blessera toujours plus d'individus qu'un boulet , qui ne fait de grands ravages que dans la profondeur.

Oaoique les cai-tonches à balles portent h des distances assez éloignées, et que celles des balles de six onces aillent jusqu'à 400 toises pour les pièces de 12; à 550 pour celles de 8; kii%0, 330 pour celles de 6, et li 300 pour celles de 4; que les cartouches à petites balles portent à 350 toises pour les pièces de 12; à 300'toises pour cellesde8;à270pourcelles de 6 et à 350 pour celles de 4; comme ces distances sont trop grandes pour que les balles puissent faire un efi'et vraiment meurtrier, on a fixé pour le tir des cartouches à balles en campagne , 1 80 à 300 toises pour la pièce de 1 3; 150 toises pour celle de 8; 130 pour le calibre de 6 et 130 pour celui de ï. L'obusier ne possède qu'une très-petlte portée pour les cartouches à balles.

Les effets des cartouches à balles cependant ne sauraient se déterminer d'une manière posir tive; carie nombre des grosses ou petites balles qui vont frapper le but, est trop variable pour pouvoir les désigner irrévocablement. L'expérience dans des cas pareils, étant toujours la meilleure indication pour la détermination de l'hypothèse, je vais offrir le résultat d'une ex- • përience d'un feu de cartouches à balles contre un but de planchede 18 toisesde longueur, sur 1 8 pieds de hauteur, ainsi un peu plus que la moitié de la longueur d'an escadron , et plus du

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double delà hauteur â*un cavalier assis k cheval (i) , et qufl le général Durtubîe nous a offert daos son Manuel de C Artillerie (page 217).

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