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Le mijor Decker , an cootraire , dans son Traité ilémentmre iFÀrtiUerie, nous offre, d'expériences faites avec soin , le r&ultat suivanl:
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En comparant ces d^ux tableaux , mi i«iurque, par exeoqtlepour le méioe calibre, pour la mânie cha^ et k peu près pour la même distance , une très-grande variété dans le nombre de balles qui frappent le but. Que mainlenaQL on mette d'un câté tontes les chances positives qu'on recueille de la mesure du terrain et des sinuosités sur lesquels on place les batteries et le temps qu'on prend pour viser avec r^idarite, précautions qu'ordinairement oo ne néglige pas dans les camps d'instruction, et de l'autre l'impossibilité de le faire avec la même exactitude sur le champ de bataille; diffiodié à laquelle on ajoutera plusieurs défaut» pnn venant de la fabrication des pièces , de la confection des char^ et de l'opposition si variable produite parla pesanteur et l'épaisseur de l'air, etoo verra toute l'incertitude du tir des fvojecUles en général, et surtout des cartoodtes à balles , et le peu d'effet qu'elles font en ooi^ paraiaon dn nombre qu'on en lance. En no mol, on peut dire que le tir des projectites. en général, est encore un mélange de calculs, d'erreurs et d'hypothèses prtd)lémaliques. La grandeuret la justesse des trajectoires variant d'après les plus petits accidents du terrain où on place l'artillerie, rendent les atteintes d« but tellement différentes, que de plusieurs coups lancé de la même pièce, sur le même terrain et sous le même angle de projection, il n'y en aurait pas deux qui produiraient le même résultat et mettraimt par conséquent tous les calculs balistiques en défaut.
La cavalerie est l'arme qui peut toujoars le plus souffrir des feux de l'artillerie , car la grandeur de l'homme assis sur le cheval , donne plus de prise au but des projectiles ; mais, d'un autre calé , elle est aussi celle dont la poeititm éloignée, peut le moins être nuisible i l'heureuse issue des combats , car elle peut toujours se transporter avec vitesse vers l'endroit menacé, aussi est-elle l'arme qu'on cherche toujours i soustraire aux feux de l'artillerie ennemie. L'infanterie n'en souffre jamais autant, et la raison en est toute simple. Pourvu que les batteries soient placées sur une étévalion qui paraîtrait même insensible , la plus grande partie des projectiles passera par-dessus les
(i) Dont la hauteur s'ertime ordïnairemeat 47 pMs e pouces.
lèles de la première ligne et viendra on ricocher entre la première et la seconde , on frapper la seconde avec une justesse à peu près né^live.
Le lecleor ne s'étonnera pas maintenant lorsqu'il lira dans les Mémoirei de Napoléon, qu'à la bataille de Leipzig , le nombre de coups de l'artillerie seule, sans compter ceux de l'infanterie, montèrent i plus de ISO.OOO (i) , tandis que toute la perte des alli^ n'a été que de 21 i 22,000 hommes.
Hais malgré l'anomalie et la variété du lir des projectiles, l'artillerie n'en sera pas moins toujours un de ces moyens le plus efficace qui augmente la force inhérente à la nature de l'inranlerie et de la cavalerie, et quoique par elle-mémeelle soit d'une nature défensive, elle est cependant le meilleur moyen qu'on puisse employer pour préparer et assurer les succès des mouvements offensifs des deux autres armes. Cest pourquoi on voit l'artillerie partager avec l'infanterie et la cavalerie tous les périls des combats, el se soutenir réciproquement dans leurs moments de crise.
Hais l'artillerie à pied, ne pouvant suivre la cavalerie avec la même vitesse, on institua Tartillerie à cheval , dont l'origine est déjà trop connue pour le répéter encore. Cette ai^ tillerie, qui pouvait suivre la cavalerie dans tousses mouvements avec la même vélocité, et arriver avec une vitesse prodigieuse pour occuper quelque point menacé, fat d'un secours si grand , qu'on songea blenlAt k en augmenter le nombre.
Jusqu'en i79J , les Français ne possédaient d'artillerie dite volante, que celle qu'ils avaient imitée des Impériaux , qui transportaient leurs canonniers sur une espèce de voiture, appelée Wnrts- Wagen , et sur laquelle on plaçait tes ariilleurs dans l'attitude de l'homme 1 cheval. En 1791 , H. Duportail, ministre de ta guerre, fit former 2 compagnies de canonniers à cheval, et le succès de celte épreuve répondit parfaitement aux avantages qu'on s'en promettait. En 1792, H. de Narbonne ayant succédé k H. Duportail, perfectionna et agrandit le nombre des batteries i cheval, de manière qu'au commencement des campagnes de la révolu-
(OOdeleben, ittu m RtlalUm àrconttancUe de la Campagiude 1813 m 5&re, tome n , page 34 , en fkit monter le nombre à plu d« 300,000.
lion, on fit monter le nombre des 9 compagnies 1 S régiments , et c'est à cette artillerie volante que les français doiventen grande partie la victoire que le général Tuncq remporta en 4793 i Luçon, sur l'armée royale commandée par Charette, et dont la perte monta de 6k 7,000 hommes morts (i).
Cette espèce d'artillerie, dans plusieurs armées, ne possède en général qu'un seul désavantage, et c'est celui du calibre; car les Prussiens et les Autrichiens n'ont accordée l'artillerie à cheval que des pièces de 6, et les Français de 8; cequi les mellrait en désavantage marqué, si elles étaient obligées de soutenir pendant un certain temps le feu d^unebatteriede 12. L'essai que firent les Russes en laisant monter à cheval les artilleurs des pièces de position, leur réussit si bien, qu'on incorpora plusieura batteries de 12 dans l'artillerie à cheval , sans que la pesan leur des pièces paralysât en quelque chose la vélocité de leurs mouvements, on rendit ces batteries moins mobiles que celles de 6.
L'expérience des guerres modernes développa en général le vrai caractère de force , inhérent à la nature de l'artillerie, et on peut bien hasarder de dire que ce fut nne de ces causes matérielles , la nécessité , qui développa les vrais effets que peuvent produire les batteriespour le gain des batailles. Héme Napoléon, qui , pendant les derniers actes de son existence militaire, imprimai cette anne une 'force dont on ne sut pas tirer parti avant, combattit pendant quinie années, envisageant l'artillerie sous un rapport beaucoup moins efficace.
Pendant les campagnes de 1815, H et 15, dans lesquelles l'artillerie parut avec un écbt si brillant et d'un effet si décisif, cette arme, qui jusqu'alors n'avait possédé qu'une puissance accessoire , fut bientôt envisagée, noivseulement comnie arme de secours et préparatoire, mais presqu'aussi comme arme définitive pour le gain des batailles.
On assujettit plus tard son action i un sy^ tème nouveau, et sur ce sujet, les militaires ne sauraient priser trop haut les travaux laborieux de l'auteur anonyme du Syitème de l'Artillerie à cheoal et à pied (s).
(i) Voyei, peur la relation, le Dictionnaire Mùlorigtu dtt tafaillti , lorae ii , pifo SKO.
(!) Syiien dir rtUenden Ârlitltri» . LHpcfg t8S3. Sytlem dtr Feldartillerie su Fhu, Ldpi^, it»S.
Si , emporté par une prédilecUon injuste en foreur de l'arme dont i'anleur anonyme développait la nature, la force cl l'action, il a, de temps en temps , accordé à l'artillerie plus de puissance qu'elle n'en possède véritablement (i) et dont l'auteur d'un autre ouvrage (a) a relevé les petits défauts, ces systèmes n'en sont pas moins les produits estimables de la littérature militaire.
Les extrêmes dans toutes les choses, en faisant tort à la vérité, retardent aussi les justes développements des sciences. Affirmer, comme le général Lalrille, qat l'unique domaine de i'ariillerie soit les places fortes, et, par conséquent, mettre en doute l'efficacité de cette arme en campagne est aussi préjudiciable que de supposer que ['artillerie peut jouer dans les batailles le rAle d'une arme indépendante, et qu'on peut gagner des batailles arec son seul secours. Le juste milieu entre ces deux exagérations, c'est d'envisager l'artillerie sons deux rapports différents, et s'en servir comme arme de secours et comme arme préparatoire; deux propriétés dont je donnerai les développements dans la section suivante.
La force des armées actuelles, la facilité avec laquelle elles sont susceptibles d'être maniées , et la possibilité qui en est provenue , d'y attacher i pièces par 1,000 hommes, sans paralyser pour cela la' mobilité de ces masses prodigieuses , ainsi que l'idée de tenir toujours en réserve une certaine quantité de pièces qu'on met en batterie au moment opportun, ont été, en quelque manière , les premiers indices de la vraie force et des effets surprenants de l'artillerie. Supposant même qu'en mettant plus de pièces en action, on risque d'en perdre une plus grande quantité , pourvu que les batteries n'aient pas été passives, on fait aussi essuyer des pertes plus grandes à son ennemi. Qu'arrive-t-il ensuite? à l'engagement suivant, on prend sa revanche ; car l'arUllerie risquant tou t si elle n'a pas un nomhv respectable de défenseurs, les adversaires ayant les forces physiques en leur faveur, prâséderont toujours les chances les plus favorables pour écraser leurs ennemis et leur enlever leurs pièces.
(i) Par «innplc, 11 dit, (Sytfntt der nUntden Artillerie, pag.9) :> Le but da cet feuilles est de ■ prouver reiisteoee de rartîUerie à cheial coninie • inne ipdipendantc. ■ Plu» tard (page 35), il lai
Ce grand nomlH* d'utillerie eit cqieDdiiU plutdt nuisible pendant les maicbes et pour les colonnes manœuvres , que pemieieni sur k champ de bataille, où les espaces sont ma vastes pour pouvoir en utiliser un très-gmij nombre. Dans les colonnes de route, CODUDC manœuvres, au contraire, cette arme alloogeln files et paralyse beaucoup le mouvemenl des troupes. Leur direction les conduit-elle sditout i travers un défilé, les conséquences peuvent souvent en devenir fatales. L'ennenii «1^ intelligent et prompt pour attaquer les ttoufa avant qu'dles ne l'aient franchi , on perd b moyens d'utiliser l'artillerie , et la défaile itf troupes, ainsi que la perte du matériel, ea «t .la suite indubitable. La bataille de Hobenlioilni nous en offre un exemple bien frappant. Ptndant que le général Richepanse soutenait ifec assez de succès du c6tédeHattenpœt,uiicoii}bat assez inégal, le général Ney avait attiqw la colonne du centre des Impériaux, qui voulait se faire jour vers Bohenlinden. Çaii énorme colonne n'ayant pu utiliser qu'uu partie de ses troupes , et embarrassée par k grand nombre de son matériel qn'on ne pal mettre en action, fut bientôt rompue, précipitée dans le défilé et mise en déstjf dre. Toair l'artillerie de la colonne qui ne put rebrousser chemin pour se soustraire aux poursuites d^ ennemis , qui étaient au nombre de 87 pièces de canon, tomba au pouvoir des Fn>çais. Si les Impériaux ne s'étaient pas bis' surprendre , il n'y a pas de doute que ceU( | même artillerie qu'il leur fut impossible d'itiliser, aurait pu être justement nn nova efficace pour contenir l'enneniî et sontai l'action des deux autres armes.
Sur le champ de bataille, le seul inconn- I nient de ces masses d'artillerie, c'est de tnover toujours un terrain qui |H^lége lar i mouvement et leur emplacement, au mooiHl où on veut en mettre un grand nombre ib I fois en action; car un terrain trop coupé K manque jamais d'en entraver la marche, el«> les. désunissant sur la position, leurravillt' avantages des feux collectif.
accorde mtiiM plus de vélocité qu'à la cavalerie. tK-
(t) Betraektungen ilber du Syilffli der rnfc»** ' Arailfrit.
ses
DES PBOroiËTÉS DB l'aBTILLSBIE BH GÉHÉKAL ET DE CELLES DE l'aBTILLEBIB A PIED KM PARTICIIUER. ^
Les propriétés de l'artil erie coDsisteot dans l'effet des boaches à feu et la possibilité d'ébranler, ■ de grandes distances, soa enDemi. Ces effets peureat être envisagés sous plusieurs rapports différeDts; et voici les cas où cette arme peut les déployer avec avantage, et produire les résultats qui correspondent & sa nature:
K'Oo. peut paralyser ou même arrêter un mouvement offensif qui se prononcerait avec tropde vignenr;
9* On protège le déploiement des troupes;
5» Leur mouvement rétrograde ;
4* On opère du flottement dans les lignes enoemies, et on facilite par là l'action des autres armes;
5° On augmente la force impulsive des troupes assaillantes.
Cinq prérogatives pareilles proavent nécessairemenl qu'on doit accorder \ l'artillerie un grand poids dans la balance des combats; et si cette arme ne possède pas les vertus d'une arme indépendante, conune arme secondaire, elle peut rendre de très-grands services toutes les fois qu'«Dn saura l'employer, en se conformant aux avantages du terrain et \ l'opporlunilé du moment.
En considérant arec attention les cinq cas dans lesquels nous avons circanscrit les propriétés de rarlillerie, nous verrons qu'elle D'apparait dans les combats qne comme arme de secourset préparatoire, et que le premier, le troisième cl le cinquième cas se rapportent à sa première vertu, tandis que le deuxième et le quatri^e se rapportent à sa seconde.
Des batteries avanUgensement placées et capables de se servir de feux rasants et surtout bien nourris, qui sont toujours les plus dan- (ereux pour toutes sortes de troupes formées aimasses profondes, peuvent facilement, en les soumettant Ji des pertes sensibles, paralyser M même arrêter on mouvement offensif qui se Rrait même prononcé avec une sorte de vî- [uenr. A la première bataille de Polotsk, livrée 1 6-18 août, le marécbal Saint-Cyr ayant atllqué le corps du comte Wittgenstein , avait
prononcé par sa droite un moavemeniqui portait d^ l'empreinte de l'impétuosité. Les troupes bavaroises, qui formaient cette aile, furent assaillies par un feu de 56 pièces de canon (i), qui firent un ravage tellement grand dans les rangs ennemis, que les che& qui conduisaient les colonnes furent obligés de suspendre le mouvement pour réorganiser les bataillons qui avaient été les premiers exposés aux foudroyants de notre artillerie. Jamais le maréchal Wrède, qui commandait ces troupes, ne sérail parvenu à remporter le moindre succès, si le général Katatscbkoffsky, qui se trouvait sur notre aile gauche, ne se fàt laissé subjuguer par l'impétuDsilé de son courage. Apercevant l'ennemi dans laproximité de nos lignes, U fait avancer le régiment du prince Guillaume de Prusse, à la tête duquel il voulut charger l'ennemi à la baïonnette; ne faisant pas attention, sans donte, au tort qu'il faisait au feu de notre artillerie, n parvint bien têt dans lasphère active de nos bouches à feu , qui voyant leurs troupes avancer contre les ennemis, suspendirent leurs feux et donnèrent par là aux Bavarois le temps et les moyens de déployer leurs bataillons, pour nous recevoir par un feu de file meurtrier; manœuvre dont j'ai eu l'occasion de parler dans la section n, chapitre il.
L'inhnterie se Irouve-t-elle battue et forcée d'interrompre une lut te souvent inhale et quelquefois mal ordonnée, sa retraite ne peut pas mieux se diriger que vers l'artillerie, et sa reformation ne peut se faire avec plus de seccès que BOUS la protection de ses feux. A la bataille de Vimeiro, l'infanterie du général Kellennann, qui fivmait la réserve de l'armée, avait été détachée contre la partie de la ligne ennemie qui débordait la droite des troupes employées à l'attaque de la gauche des An^ais : repoussée et vainement soutenue par le chef de la réserve , elle se vil bientôt obligée de céder le terrain à ses ennemis. Le général Kellermann Gt replier ses troupes sous la protection d'une batterie qu'un aide de camp du général Taviel venait de mettre en position. Le feu de ces bouches fiit tellement bien ordonné, qu'il ao corda \ l'infanterie rétrogradante tout le temps nécessaire pour adiever son ralliement, et à la
(i) 11 y «Tait dm» InittcriM de 13 commtodtei par les colonels HourousietAotropor, «tune iMtterie de 6 commaDdie par le colonel de Périn.
dbyGoot^lc
cxTalerie dn géafnX Msrgaron, celui d'wcoartr encore À temps pour arrête^: défiaitivemeiit le mourement offensif des ennemis.
Le déploiement des colonnes manoeuTTes et-il été re(ardé,et les circonstances nous forcentelles de Topérer dans la proximité de l'ennemi , une forte batterie, par un fen bien nourri et sortout bien dirigé peut en bciliter l'exécution. A la bataille de la Katzbach, ie maréchal Hacdonald, ayant franchi la Katzbach, rencontra les corps des généraux comte de Sacken et d'York, qui s'tTançaienl en colonnes manœuvres.
Une heureuse inspiration avait engagé le général York, au moment de sondépartde Belvrîtihoff, à retirer de la réserve deux batteries de 12 , qu'il Et marcher en t£te de sa colonne , dans l'intention de pouvoir les mettre plus tAt en aotion , s'il venait à rencontrer l'ennemi surlarive gauche de la Katiback. Au moment nùil aperçut les troupes ennemies, ï) fit occuper, par son artillerie , les hauteurs da terrain où il devait ranger son corps de bataille, et son feu ayant sfcrpassé celui que l'ennemi pouvait lui opposer, facilita ie déploiement de ses divisions , quis'opéra avec autant dejNromptitude quedesnccis.
S'agit-il de faciliter l'action des autres armes, préparer du flottement dans des troupes avantageusement postées, et rendre par là l'action de l'infanterie plus aisée, on se servira aussi d'artillerie. Pour que cette action préliminaire ne devienne pas un succès isolé, et soit l'avaut-coureur d'une victoire, comme ce n'est pas un point ou quelques bataillons qu'il s'agit de déposter, mais entamer un des flancs ou le centre de bataille, il faudra employer une masse d'artillerie imposante. Les grandes batteries, en battant en brtdie de grands espaces de terrain, parviennent à déposter une masse assez majeure pour que son flottemwtt ou sa rétrogradation Fassent un tort réel i l'ordre de bataille, et deviennent le préliminaire de la défaite complète des Iroapes désorganisées ou dépostées.
A la bataille de Lutzeii, jusqu'à sept benres dusoir, toutes les chances de la victoireélaient en faveur des alliés. La plus grande partie des pointsd'appoi que le champ de bataille offrait aux ennemis , étaient au pouvoir des ftusso- Prussiena; ils s'étaient rendus maîtres et s'étalent maîntenns dans les villages de Rahna, Kaja.Gross et Klein-Gcerschen, elle second
corps d'armée russe, commandé par le prioct Eugène de Wurtemberg , s'avançait déji tm Eisdorf pour tourner la gauche des Frinpis. Le 11* corps d'ann^, sous les ordres du duc deTarente, qu'on avait dirigé de Haii-Rin- 8t»dtv«s le champ de bataille, venuld'u^ river , et Napoléon l'o)q>osa 1 celui du prisct Eugène de Wurtemberg. Ayant occupéleaicp tournant des alliés, et l'ayant même Nigagé sur ce point avec des troupes dont les tgna physiques surpassaient cdles du corps nx, il tourna de nouveau ses regards vers le caitic des lignes ennemies.
Les alliés y occupaient les quatre vSligB ci -dessus désignés, et Napolécm s'était oùvaincu qu'il fallait un mobile plus grand qoe la force impulsive de l'infanterie pour les leur enlever. 11 fait donc avancer 80 pîkes dt canon, sa vieille garde et sa cavalerie dtnserve. Accablés par un nombre inouï de projectiles qui rompaient les rangs et porlaieri des atteintes cruelles à la compacité de b» ses, les alliés se virent obligés d'abandonBab première ligne des villages ( K^ja et Ekù- GtBTscfaen). Les Français y prcHooncect Iw mouvement offensif, et s'en rendent mailm. Plus tard, les villages de Rahna et de Gra» Goerscben subissent le même sort ; mail ks alliés ne se virent forcés d'abandonner enticnment le champ de bataille que sur la nounllt qu'on vint kur annoncer de l'occiqMtioi k Leipzig par les ennemis.
C'est du momenlofi on amalgama l'artilkM avec l'infanterie et avec la cavalerie, qu'i» imprima à son action une force positive; c'ct en étendant la ^thèrede son activité, en liwsant suivre el partager les dangers et en fédéral tous les nkouvemenls et les engagcinnU qui précèdent ordinairement les chocs dtsiax armes, qu'on parvint à développer les vrais propriétés de cette arme, et en oônoerantrirl de l'employer d'après les vertus inbéieoia > sa nature, on apprit aussi à coonaUre touslci effets dont elle est susceptible.
L'habitude qu'on avait autrefois de paneaff les boucbes à feu devant les premières Upifi de bataille , en ravissant par Ûi à l'arUlleneW effets des feux collectifs, les seals efficaces, t> priva aussi des vertus inhérentes i sa taixn, et la fît (H^inairement paraître sous un uf^ désavantageux pour elle. Ce n'est pal VtSH '»
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DES TR(»S ARUeS.
diTidnei du caaoD qui wl Traîmeat icraindra; mais c'est cetU liaûoB des buucbcs à feu «n graodes batteries , dont les feux peuvent battre en brèche , non des points isolés, mais des masses dont la rétrogradatios, comme je l'ai dit plus haut, pouvait titre envisage comme l'avant -coureur d'un édiec, qui peut à son lour être le prâUmioaire d'une défaite.
Cette ignorance de l'emploi de l'artillerie^ qui faisait évanouir aussi les vraies propriétés de cette arme, et qui portait même les jugea compél«ntBà dépriffleri'usage d'eo attacher un grand nombre aux anqées actives , s'est conser» Tée pendant ua asses long espace de temps; car Guibert, qui fit paraître son Etsat général de Tactique vers la fin du xvui* siècle , prit la peise de consacrer un article entier à démontrer les inconvénients d'une nombreuse artillerie.
Hais, ponr que toutes les [vopriélésqaenoas venons d'accorder à l'artillerie, et qu'elle possède en effet, ne soient pas des qualités inutÛes, semblables à une mine prodigue , mais dont on ignore l'exploiUtton , il but que l'artillerie soit bi^i dirigée, et il est tout aussi indispensable, et peut-être même plus epoore, qu'elle soit bien servie. Des trois armes, c'est l'unique où le seul courage et quelques qualités gyntnastiques, «omme l'agilité, la forceet l'adrrâse, tout en laLsant une partie des vwtus du bon artilleur, ne seraient encore que des moteurs trop matériels, et ne suffiraient pas pour le développeoaent des vraies propriétés de cette arme.
Tout c« qui regarde la direction des batteries vers les points qu'il est indispensable de garnir, leur position, envisagée par rapport à l'ordre de bataille, et le nombre de bouches à feu c]ue le moment et la circonstance exigent de mettre en batterie, pour en retirer le nombre de feux collectifs nécessaires pour ébranler la masse de troupes qu'on se propose de battre en brèche, tout ceci appartientauxdispodtions du chef qui commande l'artillerie; mais lorsque le terrain où les pièces doivent être placées et les buts différents sont indiqués, alors commeace le r61e des artilleurs, et cdui-ci exige les notions suivantes :
1° L'appréciation & vue des distances;
2* L'effet des projectiles, calculé d'aprte les angle» de projection;
3° Une idëo juste des trajectoires;
À" Les propriétés des différents tirs ;
K° L'emploi des différents tirs;
6° Le maoiementadnulei juste de la vis de pointage.
Tous les fibïa dent l'artillaîe peut être susoeptiUe étant basés sur une profonde connaissance des sis points ct-dessua énoncés, chaque artilleur ne saurait en approfondir assez la théorie. Mais si celte théorie est nécessaire, la pratique, dans ce cas, est plus nécessaire eoc(»«; car, comme je l'ai dit plus haut , le terrain , le temps, l'air, etc., mettant souvent tous les problèmes balistiques en défaut, il est indispeisabie que l'expérience rectifie ce que ^Dsieura accidents, qu'il n'est pas donné i l'homme de pouvoir subjuguer, mettent en défaut.
Mais lorsque la théorie, appuyée par l'expérience, a produit de la science une sorte d'habitude dans l'artilleur, et que le chef qui commande cette arme et ses subordonnés savent bien diriger, bien servir, mettre en position et détenniner, d'après le momeni et la circonstance, le uombre de bouches à feu qu'on doit mettre en batterie, c'est vAon que celle arme devient vraiment redoutable, car ses effets peuvent être envisagés comme le produit de l'espace dans lequel elle peut atteindre sou ennemi et de sa force destructive.
Si les artilleurs, au contraire, ne savent pas justement apprécier les distances et ne pointent qu'an hasard, les tirs ne seront junais justes, et l'artillerie perdra sa propriété primitive.
Pour rendre plus sensible eacon la nécessité de baser la théorie , si même elle n'était que superficidle, sur une expérience bien approfondie, et les effets sidulaires qui en résultent, je comparerai l'artillerie de l'année russe i celle des Impériaux. Peut-être que la science théorique de cette arme est plus approfondie dans l'armée autrichienne que dans l'armée russe ; mais que l'artillerie de cette dernière soit toujours plus terrible que celle des Impériaux , tous les ennemis des Russes et qui l'ont été des Autrichiens l'avoueront franchement. Les raisons de ces deux résultats sont tout à fait simples. Le calcul du jet des projectiles peut sans doute nous conduire avec plus de justMse à atteindre le bai; mais ce calcul en-
EXAlfEN RAISONNÉ
traîne dans une perte de temps incompatible avec la vivacité des différentes modulations des combats. En nu mot, si, un jour de bataille, nous fondons l'emploi de l'artillerie snr les notions physiques, chimiques et techniques qui s'y rattachent, nous rendrons ses effets ^ tout aussi peu positife que si les connaissances de l'artilleur ne s'étendaient pas au delà de celles que l'expérience, dénuée de théorie, peut lui faire acquérir.
Pour ce qui se rapporte aux feux, comme plus le but CfUitre lequel on dirige les boulets et les obus a de profondeur, et |dus on a de probabilité de réussite, les tirs les plus efficaces seront les tirs obliques ; car en prenant l'ennemid'écharpe, le projectile rencontre plus d'objets et possède, par conséquent, plus de probabilités en faveur des coups qu'il porte. Si ta position des pièces est cependant telle qu'on puisse même se servir du feu d'enfilade, leur effet s'augmente saturellemmt encore. Mais le feu le plus dangereux est toujours le feu croisé. Ces feux , que nous pouvons nommer aussi concentriques, possèdent la propriété de battre en brèche avec un pins grand nombre de projectiles, et possèdent, par conséquent, des vertus efficaces et des résultats infaillibles.
Le' tir des différents projectiles doit être soumis à la position de l'ennemi, tant sous le rapport topographîque, que sous celui de la distance dans laquelle il se trouve. Pour parvenir à faire un tort sensible à son ennemi, et même le déposter en se servant de boulets, il f^ut nécessairement l'apercevoir, car ces sortes de projectiles ne produisent d'effet que lorsqu'ils frappent l'objer. Si l'ennemi parvenait cependant à se poster derrière un accident de l'art ou de la nature , qui le dérobât tout à fait aux regards des arUlleurs, comme dans un basfond, une cavée, derrière une haie, dans un village, etc., etc., on emploiera alors des obus pour l'en chasser. Il suffit, pour cette sorte de projectile, de découvrir seulement l'endroit oii l'enneuii s'est abrité, pour l'en déposter, ou par les éclats qu'ils produisent et qui sont si nuisibles pour les masses de troupes , infanterie comme cavalerie, on par tes incendies qu'ils occasionnent dans les endroits combustibles.
Il n'y a rien de plus (kcile que de chasser momenlanémcnt l'ennemi d'un village; mais
si le moment de sa retraite n'a pas été oiii profit, qu'en résulte-t-il? Il revient se loger derrière les décombres, et l'opération, pour m rendre de nouveau maître du poste, deriesl presqu'aussi difficile qu'au commencemeoL Les ramnenls d'embrlsement étant cependant tout aussi peu favorables pour l'un comme pour Vautra parti, il faut bien se garderde n'incendier les villages que dans les momoils d'une nécessité urgente; et si cette nëceaûtéi vraiment lieu, le meilleur moyen de consemr un point pareil sera de prononcer par les dtui flancs du village un mouvement offeosir, co cherchant i laisser le poste derrière les misse offensives, prêtes i tomber sur l'ennemi qii voudrait s^en approcher.
A. la baUille de Dennevitz , les Prussiens s'é- Uienl déjà emparés du village de Denneviu; G«elsdorff venait de tomber au pouvoir i» général Borstelt; mais celui de Rohibeck.oà s'appuyait la droite des Français, était eneore occupé pat eux. Pour leur ravir ce point d'ippui, le comte de Tauentzîen résidât de piononcer un mouvement décisif par sa gaodic- II forma quatre colonnes d'infanterie et El avancer une batterie russe de 13, commudée par le colonel de Dîedrichs. Il fil jela quelques obus , et, en moins de deux ninato, le village était en flammes. L'ennemi se ii obligé de l'abandonner, et Taueotiien jmSlant de sa retraite , fit avancer ces qDatre colonnes au pas de chaîne eu les dirigeant |W les deux flancs du village. Il parvint ainsi, sans perte sensible, à s'emparer d'un posU qui aurait pu lui coûter plusieurs centaine d'hommes et beaucoup de temps, s'il anil voulu s'en rendre maltro en cngageanl k combat avec les tirailleurs. Au reste, je ne ven pas oublier d'ajouter que, dans cette drconslance, l'incendie de ce village était pardonnable , car sa possession couvrait la retraite i" flanc droitennemi, et il fïdiaitdoncs'en rendre maître aussitdt que possible.
Si un obus tombe dans une colonne et ! crève , non-seulemoil la perte en hommes et grande , mais l'effet moral en rend le mal pli» sensible encore. Contre la cavalerie, lesiA» sont d'un effet surprenant. Abstraction 6tle des pertes qu'ils occasionnent, ils efbn>ucb«>l tellement les chevaux , que si on pouvait IMjours faire coïncider le choc avec le monB'