AVANT-PROPOS
dans mon Couri de lactique (i) sur la nature, les propriétés et l'emploi de l'artillerie dans les batailles, ce que, plus lard , mon expérience me suggérera de nouveau à sou sujet. La première édition de ce Cour* fut publiée en 1836. Depuis, je fis deux campagnes, celle de Turquie et de Pologne. Je suivis avec attention l'action et les effets de cette arme, pour me convaincre si ce que j'en avais dit devait £tre moD dernier mot, et je m'aperçus que je pouvais en parler encore , en discutant des pi'Opriétés que je n'avais pas cru pouvoir lui accorder, et sur lesquelles j'avais gardé un silence profond.
J'ai vu l'artillerie , au fameux assaut de Varsovie, sortir du domaine que je lui avais assigné, et je conçus de suite l'idée de communiquer mes obsep'ations au monde scientifique. Hais, mon temps ayant été absorbé par te travail de la campagne de Pologne , je dus remettre à des moments plus libres Fouvrage que j'ofire maintenant au public.
Huit années se sont écoulées depuis que mon Cour» de tactique parut au jour ; je relus avec attention toutes mes réflexions sur l'artillerie, et je crois pouvoir en ajouter d'assez importantes pour leur consacrer quelques lignes.
le leur ai voué un intérêt majeur, et le titre de mon Mémoire le prouve. Je vais soulever une des plus importantes questionsdela grande tactique moderne , et c'est sans doute une idée bien bardie que de faire subir un cbangemenl quelconque au système déjà adapté; mais convaincu comme je l'ai été par les effets surprenants de l'artillerie russe , l'entreprise ne me paraît pas impossible.
J'avertis le lecteur que tout ce que je vais lui dire sera basé sur des actes dont j'ai été le
(i) ExamenraUontiédetpTopTièlétdatToiiaTmet, l' infanterie, la eavaUrit H l'arlillerie, dt leur emploi
dam lc> batailles , ri de leur rapport entre elle/.
témoin oculaire , et que mon point de départ oe ser« pas une hypothèse q»éciease, funeste abus de mon imagination. Qu'il ne croie pas, qu'en lui racontant des faits qui sortiront du domaine des choses ordinaires, je veuille lui en imposer pour relever la gloire de l'ann^ russe etcelleducbefqni l'a commandée; non. Je me dépouille du rAle de panégyriste , l'intérêt de la science sera mon seul guide, et la vérité mon unique flambeau.
Je suis loin de vouloir retrouver dam des méditations plus profondes, ou dans une imagination plus riche, la raison par laquelle un Russe a pu être plus fécond dans ses recherches scientifiques qu'un officier d'une autre nation, ce serait un amour-propre mal placé, quiac mériterait que dédain pour salaire. CelteraisoD, je la retrouve, au contraire, dans des faits dutériels, produits des circonstances ; en ud mol, dans les dernières guerres auxquelles am avons assisté, pendant que le reste de l'Europe était eu paix. Nous avons pu être léraoiiis de résultats qui ne s'étaient piis reproduits dans les luttes précédentes, et je me plais à dire qw si un officier d'une autre nation, méditant sur la science militaire, eâl vu avant moi ce doii> je ne me suis convaincu que dans l'année ISjI. mon Mémoire aurait pu n'élre qu'une répétition monotone qui ne mériterait plus d'attirer l'attention des militaires instruits.
Avant decommencer ma dissertation, je doi» avertir le lecteur qui connaît mon Coariit toclt^ue, qu'il remarquera, dans ce nouveau travail, plusieurs idées contraires à celles que j'avais énoncées autrefois ; mais la raison en est toute simple : dans mon premier ouvrage, j^avais attribué un râle à l'artillerie , et j'avais présenté mes réflexions comme coQséquei>ce: maintenant je lui accorde, ou plutôt j'en e^ig^ une action plus grande et des efl'ets plo^ dé cisifs; il est juste que les résuluts chm^tiii avec le principe.
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MEMOIRE