‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 77 sur 95 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

sue

de rimmense expédilioa entreprise par le vainqueur de l'Asie, un des plus babiles Ihéortstes du »ède dernier (i) :

■ Par U lecture qne j'ai faite d'Arien , voici

• comme j'ai compris le projet d'Alexandre

• pour Aiire la conquête de l'Asie. Ce projet a

• eu pour fondement de commencer, après

• le passage de l'Hellespont , par se rendre

> maître de toutesIesviUesmaritimesdescAtes

■ de l'Asie et de l'Egypte, dont la frfuparl

> étaient sans ftortifications, afin d*Ater par U

■ aux Perses le pouvoir d'entretenir une flotte » dans la Hëdîlerranée.

> Par ce moyen , Alexandre assure la corn-

• monicalion de son armée dans l'Asie avec la

> Grèce , poar en tirer les secours nécessaires :

• ainsi, dès qu'il a passé l'Hellespont, il suit 1 ce projet, il bal les Perses an passage du

> Graniqae. Au lieu de les poursuivre comme

> un jeune conquérant qui suit son courage

> plotdt que la voie qui conduit 1 l'exécution

■ de ses desseins, il occupe son armée à faire ) la conquête des places maritimes les unes

> après les autres, el de proche en proche, 1 comme elles sont situées.

> Alexandre ne s'écarle point dn but qu'il » s'est proposé, en faisant la conquête do la

> Lycie et de la Pamphilie, afin d'assojettir

> loul« la eàte,

> Le héros arrive i Tarses , et peu après se

• donne la bataille d'Issus, oîi il défait entiè-

> rement l'armée de Darius; mais an tien de

> le poursuivre, il ne se dérange pas en la

> moindre chose de la marche qu'il s'est Ira-

> cée, et continue de prendre ]les villes mari-

> times , parce qu'il connaît que c'est le seul

> moyen d'assurer toutes les conquêtes qu'il

> a prémédité de faire : en conséquence , il

> assiège Tyr. >

( Dans tous les temps, ajoute le maréchal de Puyséeur, ceux qui ont entrepris des conquêtes en avant , «a>u prendre Ut m^mej précau-

(i) L« rasTéelial de Pujstgur: Art de la '(guerre, tonu I", chap. I" art. *i.

ttoni (fue prit Alexandre pour auurer let nennei, dès qu'ils ont connu que l'ennemi était assez fort pour se mettre entr'eux et leur pays, ont été obligés de les abandonner pour se rapprocher, et souvent contraints de donner bataille , c'esl-i-dire, de s'exposer à tout perdre. Noos en avons bien des exemples dans l'histoire. >

D'après cet exposé , il est évident qu'Alexandre ne voulut marcher en avant, qu'après s'être assuré de ses derrières, et avoir formé là ligne, qui tervail de bote à leiopératiom, aussi étendue que possible.

César montra-t-il moins de science, moins de sagacité dans son admirable campagne de Catalogne contre Afranius (i) 1

Ces principes tiennent si intimement à la théorie de la guerre, que, chez les aociens, comme chez les modernes , on aurait peine k Ironver un seul général , ua seul auteur militaire, qui ne les ait pratiqués ou enseignés. Parmi les premiers, ilsufStdeciterXénophon, Polybe, César; parmi les seconds, Hontécuculli, Folard, Puys^r, GuiBchardt, etc. Ils n'emploient pas, il est vrai, dans leur* définitions, les termes géométriques dont fait usage l'auteur prussien; mais, quand ils vous recommandent de veiller sur vos flancs , de vous assurer du pays qui est derrière vous, d'en entretenir les communications aussi libres el aussi nombreuses que possible, et de les couvrir, en calculant avec précision les marches . que l'ennemi peut faire pour les intercepter, ainsi que celles qu'il faudra entreprendre pour s'y opposer: quand ils vous ont dévoilé, eu un mol , tous les secrets du grand art de la guerre, n'ont-ils pas Aie à leurs successeurs le droit de réclamer, comme une découverte , ce qui n'est au fond que le fruit de leurs exemples et de leurs préceptes? Peut-on, enfin, se dire l'inventeur d'une théorie , parce qu'on l'a rédigée ou présenlée dans des formes nouvelles t

(s) Voya ses Commentaira -. De bello Hv. hb. i.

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