‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 81 sur 95 · CAMPAGNE D'ITALIE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE D'ITALIE

Je passe malatenaot k l'histoire de la plus mémorable de toutes les campagnes des temps modernes; d'une campagne qui, en moins d'un mois, a décidé du destin de la rëvolutioa française, et, con^équemmentideceluideThumanité en Europe.

Nous y remarquerons ,' d'un côté, les lumières les plus éclatantes; de l'autre, l'aveuglement le plus profond : nous y verrons l'alliance irrésistible de la hardiesse et de la prudence.

Ce que nous n'osions croire, sur la foi des historiens, du passage d'Annibal à travers les Alpes , se trouve réalisé , surpassé , sous nos yeux, par la marche de Bonaparte, qui franchit ses effrayantesbarriëres avec sa cavalerie, son artillerie et ses bagages.

Du haut des monts, il fond sur l'Italie, la subjugue, y rétablit la fortune de la France, et l'élève à un degré de gloire ioconnu. Qui jamais, depuisCésar, eut autant de droits ki'ire comme lui : Veut, vidi, vici?

Sous le rapport purement militaire, cette campagne se distingue par des traits qui ne permettent de rassimiler à aucune autre. On y observe des mouvemeutssi neuË, qu'on peut eu déduire de nouveaux priodpes de guerre.

Le 8 mai (16 floréal), Bonaparte arriva à^

Genève, après avoir recueilli, sur sa roule. les témoignages non équivoques de la confiance qu'avaient inspirée les heureux débuts de son administration. Il eut soin de faire voir au peuple, comme aux armées, qu'il failail conquérir la paix, puisque les ennemis de la France s'y refusaient : jamais on ne sut donner à l'ardeur martiale un mobile plus noble, un but plus glorieux.

Nous ne dédaignerons pas de remarquer que, dès que Bonaparte quitta Paris, toutes les bouches, toutes les papiers, annoncèrenl qu'avant la Bn dumois il serait dans les plaines de la Lombardie, et peut-être dans Milan. Les Autrichiens affectèrent de sourire en entendant ces prédictions : quelques jours s'écoulèrent, elles étaient toutes accomplies.

Sylla et César aimaient beaucoup que I'od crût à leur bonheur, à leur fortune : je ne vois rien dans l'Iiistoire de ces deux hommes extraordinaires, qui soit aussi surprenant que celle série d'événements miraculeux, entassés dans six ans de la vie du héros de la France. La providence protège l'homme qu'elle a choisi pour l'instruraent de ses grands desseins ; la providence a dirigé cette campagne d'Italie, qui, sans cela, demeure inexplicable. Ceri n'est point une phraso de déclamatcur enthou-

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