La position peut être couverte par un fleuve
2. On en prend une sur le plateau bydro-' graphique, où les eaux se partagent et vont, dans des directions opposées, déverser leurs tributs dans de plus grands fleuves ou bassins;
3. Celle qu'on prend sur un terrain resserre entre deux fleuves , qui offrent des lignes de défense dans différentes directions, en supposant que l'ennemi dirige ses opérations ofien* sives vers les deux flancs de la sphère d'opérations enclavée.
posmons db la f'* catégorie.
Lorsque le fleuve sons la protection duquel on prend position décrit une ligne droite, il n'offre aucun avantage marquant ni pour le défenseur ni pour l'assaillant; les chances deviennent égales. Une ligne dont la convexité est tournée du côté des assaillants offre, au contraire, aux défenseurs qui se trouvent dans la partie concave, de grands avantages pour leurs opérations. Une position centrale, en les rapprochant de tous les points de la ligne de défense , les favorise dans tous leurs desseins. Ils ont les communications les plus courtes en leur fiiveur, et peuvent opposer une défense solide et avantageuse sur tous les points.
Dans le cas présent, le sommet de Fangle est toujours un objet bien important, lldevient le point immédiat de l'attaque des uns, et de la défense des autres. Les assaillants ne peuvent, à peu près, entreprendre aucun mouvement de conversion pour le tourner, sans laisser leurs propres communications à la merci des défenseurs, et sans aller au-devant d'un désavantage stratégique positif. Recourons à un exemple :
Supposons qu'en 1814, au moment où les alliés s'approchaient de Paris, le foyer politique de la France fût transporté ie la capitale derrière la Loire, et que la dissolution de la force mobile des Français pût seule influer sur les circonstances qui amenèrent la paix (i).
Depuis Gandes jusqu'à Nevef%, la Loire forme un angle saillant dont la convexité aurait élé tournée du côté des assaillants. Retirée derrière cette ligne, Farmée française aurait dû néoessairement porter son attention sur Orléans, qui forme le sommet de Fangle. Trois communications principales conduisent de Paris au fleuve. Celle de droite, par Versailles, Rambouillet, Chartres et Vendôme à Blois et Tours ; celle
[i) Voyez la carte de la France dressée par le département des pouls et chaussées, en 1816.
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
dn centre, par Étampes à Orléans, et celle de gauche, par Fontainebleau et Montargisà Gieik. En se portant sur l'une des deux communications de flanc pour tourner Orléans, les assaîl^ lants auraient été, non -seulement entraînés dans des mouvements d'une grande circonférence , mais auraient aussi compromis leurs propres communications avec Paris , que les Français auraient pu, sans rien risquer, intercepter sur Châteaudun ou Montargis.
Lorsque la convexité est tournée du côté des défenseurs, tous les avantages pour le passage sont, au contraire, en faveur des assaillants. Une armée qui défendrait TElbe du côté de Wiltenberg, ne pourrait s'opposer que trèsdifficilement au passage de la masse offensive, qui, basée sur Leipzig, trouverait du coté de Torgau les moyens de franchir la ligne défensive , sans risquer de compromettre ses communications.
Lorsque le passage du fleuve est forcé, alors les afiluenls qui tombent d'équerre, peuvent servir d'abri pour les défenseurs qui trouvent , sous leur protection, des positions de flanc trèsavantageuses. Les grandes prérogatives de ce réseau de courants, se sont fait sentir d'une manière sensible dans la campagne de 1793 , sur le Rhin , par les positions que Tannée républicaine prit successivement derrière la Queich, la Lauter et après la reddition des lignes de Weisenbourg , derrière la Motter et le Zom. Pi*otégées sur leur droite par le Rhin , sur leur gauche par les Vosges , les troupes françaises ne durent leurs premiers échecs qu'à l'inaction de Custine, et la perle des lignes de Weissenbourg, qu'à l'incapacité de Carlen, qui ne sût pas utiliser l'appui que lui offraient les Vosges, et qui se laissa déposler d'une position aussi formidable.
Les points culminants des chaînes, où les fleuves, qui caractérisent les lignes de flanc dont nous venons de parler, prennent leurs sources, deviennent les plus fermes appuis de ces sortes de positions. Ces parties des montagnes revendiquent aussi une attention particulière. Pirmasens et Fischbach, ouvrant les débouchés vers les revers orientaux des Vosges, c'était sur les plateaux du côté de ces deux points que les républicains devaient porter leur attention pour y utiliser leurs efforts défensifs.
Après le combat de Dannigkov, livré le 5 avnl i8I3 , le vice-roi d'Italie, ne possédant plus les moyens de défendre le passage de l'Elbe à force ouverte, prit aussi une position de flanc dans le sens de celles dont nous venons de parler. Le front de la position stratégique était couvert par la Saale, sa gauche s'appuyait au confluent de ce fleuve et de Ffllbe, sa droite à la chaîne du Harz.
11 est cependant indispensable que les points de passage du fleuve principal , en arrière de la position défensive de flanc, soient bien assurés , afin de prévenir le danger d*élre pris à dos. C'est ainsi que l'insouciance du général Carlen , qui ne laissa qu'un demi-bataillon des Pyrénées à Seltz, facilita l'entreprise du prince de Waldeck, qui parvint à forcer le passage du Rhin plus bas que Laulerbourg , à PiitersdorT. Ce n'est qu'aux diffimiltés topographiques qu'il eutàcpmbattre du côté de Modem, que Parmée républicaine fut redevable de la conservation de Lauterbourg et de l'affranchissement de sa ligne de communication avec Strasbourg.
Lorsqu'une place forte eslconstniHe au confluent de deux fleuves, dont l'un tombe d*équerre sur l'autre , de manière à pouvoir dominer les trois débouchés que la configuration des cours nous présentent, la position devient d'autant plus avantageuse que , pouvant manœuvrer avec la môme sécurité sur trois routes différentes, les défenseurs se ménagent trois sphères d'opérations où , pouvant combattre avec une masse concentrée, ils forceront leurs ennemis à diriger leur observation vers toutes les trois, et les obligeront à disséminer leurs forces. Une place forte construite sur un type pareil devient une position centrale d'un tr^ grand avantage.