‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en RussieChapitre 44 sur 86 · SUB LA COMPOSITION DES ARMÉES ACTIVES · texte numérisé non relu

SUB LA COMPOSITION DES ARMÉES ACTIVES

Nous tTons eu Focoûion de nous convaincre de la valeur des armées , et du rôle imporlant qu'elles sont appelées à jouer pendant les hostilités. EUes sont les agents mobiles, ainsi que les objets immédiats des opérations, car leur action maintient Tinlégrité des points qu^elles attaquent et du théâtre de la guerre en gêné* rai. La composition des armées , destinées à euTahir ou à défendre un pays , est donc d'une importance qui ne saurait assez attirer notre attention.

A quoi nous serviraient les places fortes, les camps retranchés et les bases d'opérations, s'il n'y avait pas assez de troupes pour en défiendre les approches? Avoir même une armée , mais dool la force ne soit ni en rapport avec celle qu*elle doit combattre, ni avec le nombre des objets, dont elle doit s'emparer ou qu'elle veut défendre, c'est marcher à grands pas vers sa ruine. Tel est l'exemple que nous offre la campagne des Français en 1814.

Le nombre effectif des hommes n'est pas la seule vertu que doit posséder une armée ; elle doit briller aussi par son organisation et la bonté des individus qui la composent. A combien de graves et pénibles réflexions ne se sent -on pas porté, lorsqu'on songe qu'une journée suffit quelquefois pour démoraliser ou pour détruire une armée? Et cependant l'issue d'une journée aussi fatale et aussi étonnante

ne dépend pas toujours du nombre, mais det vertus intrinsèques des troubles qui en sont les aribitres.

Que les qualités sloïques du chef qui doit les commander soient aussi en rapport avec criles qui caractériseront les armées. C'est le plus sur moyen de prévenir les désastres flétrissants des capitulations d'Ulm et de Baylen. Heureusement, ces cas sont rares dans l'histoire, qui, en bien plus grand nombre , ne nous cite que des beaux faits et des actes de dévouement.

Qu'on n'oublie pas que les années ne se battent bien que lorsqu'elles sont bien conduites, et que les guerres décident souvent du sort des états.

Battre ses ennemis et s'emparer des objets des opérations , tels sont les devoirs qu'on impose à une armée qu'on met en campagne.

Lorsqu'on procède à la composition de la force mobile, deux notions essentielles deviennent indispensables :

d. Le nombre des forces effectives que les ennemis peuvent utiliser, et les ressources que le pays leur offre pour en compléter le déficit;

â. Une donnée exacte du nombre et de la valeur intrinsèque des objets des opérations, dont les assaillants devront se rendre maîtres et que l'armée défensive devra placer sous sa protection immédiate.

MÉM0IBE8 sua LES PRIISGIPES

La première de ces données ne peut ordinairement être soumise qu'à un calcul approxi- «u^; caries ressources des pays sont rarement susceptibles d*un examen sûr et invariable.

L'austérité des circonstances leur accorde quelquefois des développements qu'il est difficile de prévoir et dont il est plus difficMe encore de calculer Textension. Au reste, ce calcul, quand même il ne serait qu'approximatif , pourvu qu'il soit fait avec une sorte de probabilité, ne pouvant pas nous entraîner dans de trop graves erreurs, pourra servir de base à celui auquel nous voudrons soumettre les forces effectives des ennemis.

Il en est tout à fait autrement des objets passifs des opérations; leur nature d'immutabilité en facilite la stricte observation. En interrogeant la carte, on se met bientôt au fait de leur nombre; en les soumettant à une reconnaissance et un examen même furtiCs, on se trouve à même d'en apprécier la valeur inlriDsèque.

Parmi ks objets passifs des opérations fui devront servir de base à la formation des forées actives, nous mettrons :

1. Les places fontes, dont une partie, comme nuus Tavons vu plus haut (i) , influent d'une naoière directe, et Tautre d'une manièpe âidifecte sur les opérations offensives, ei dont les premières swont soumises à des siégea ou das blocus, tandis que les secondes devieiidront les objets de simple observations;

2. Les points qui, sans être fortifiés, iafluent sur les grandes opérations , par les avantages de leur assiette et les grandes préroga<tives que nous relirons de leur possession.

Mks sont les villes qui nous livrent le passage des grands fleuves, les points qui nous mettent en possession de rentras des chaînes de mon-

(i) Yas^et le siidLèniS Mémoire.

tagnes, les noeuds des grandes routes, etc.;

3. Les lignes qui servent de voie aux opérations et au charriage des approvisionnements, car en avançant dans le pays auquel on fait la guerre, on allonge la directrice ainsi que les lignes de coopérations et alimentaires, et, pour en mainiemr l'inli^ité, on est obligé de les échelonner avec des détachements (s).

Le nombre et la valeur intrinsk[ue des objets des opérations étant reconnus et appréciés, ils serviront de guide pour le calcul des forces effectives nécessaires pour s'emparer des objets des opérations lorsqu'on est dans l'offensive, et pour maintenir leur intégrité lorsqu'on est sur la défensive»

Les deux données dont je viens de parler serviront de base à la composition des années qu'on voudra mettre en campagne, et les grands résultats qui proviendront de leurs opérations ne manqueront pas de servir d'indication salutaire à l'attention sévère et réfléchie qu'on doit accorder à leBrcorapositiesi.

Le nombre de troupes de chaque arme qu'on doit mettre en campagne étaot soamis à des modifications d'aires la nature (opograpkique du terrain où on se prafK>se de £aîre la guerre , rend h compositsen des armées, sons ie rap* port de la propoitioii qui doit exister oitre rinfimterîe, la cavalerie etrartiUerîe, trop hypothétique pour vouloir en préciser réDoné*> ration. Il est cependant tout simple qoe , dans un pays de montagnes, cette composition sera basée préalablement sur le calcul de l'infanterie, et que, dans des cmitrées où la nature n'offre pas de grandes dificuliés à vaincre, cette profiortion entfe les trois armes se fiera d'api*ès les règles de la grande tactique, ressorts de laquelle cette déteraûnation parait appartenir exclosivement.

(s) Voyex le onzième Mémoire.

DE LA STRàTÉCffi.

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SÊ^mmamBsstaÊtte^i

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