‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en RussieChapitre 47 sur 86 · De prendre possession du pays auquel on fait la guerre · texte numérisé non relu

De prendre possession du pays auquel on fait la guerre

Tout ce qui se rapporte à Part de mener avec sagacité un engagement général à un heureux résultat, appartenant à la tactique, ne peut être le sujet de nos discussions actuelles (i) ; il ne s^agit donc ici que de développer les moyens de prendre possession du pays auquel on fait la guerre , envisagés sous le rapport des grandes opérations stratégiques.

Nous avons eu l'occasion de voir que pour s^emparer d'une section de terrain et pour y dominer avec une sorte de prépondérance, il est indispensable de se rendre maître graduellement des bases d'opérations. L'attaque des objets et des bases d'opérations, est donc le vrai but d'une opération offensive, comme leur défense est celui d'une opération défensive.

Quel que soit l'échiquier qu'on se propose de défendre ou d'altaquer, ce sont toigours les frontières qui sont le premier objet qui attire l'attention des défenseurs comme des assaillants. Nous avons vu, dans le sixième Mémoire,

(i) Le lecteur pourra trouver tous les développements nécessaires pour cette partie de Tari militaire dans mon ouvrage intitulé : Examen raùonné des proprié-

que deux points principaux influaient sur leur attaque ou leur défense :

i. Leur conGguration;

â. Les propriétés qui proviennent de leur nature.

D'après le caractère synthétique que nous avons cru reconnaître dans les éléments de la stratégie, et dont le lecteur se sera sans doute convaincu aussi , il s'ensuit que l'attaque ou la défense des frontières doit être faite avec cette sage prévoyance que revendique la haute importance de cette opération, et l'influence salutaire ou nuisible qu'elles peuvent avoir sur les modulations de la guerre.

Le mouvement offensif contre la ligne frontière ayant été prononcé, ou l'emplacement des armées défensives ayant été décidé, on n'est plus tocyours le maître de changer à son gré l'ordre des mouvements qu'on aura établi. On devient esclave des directions qu'on aura choisies , et malheur à celui qui les aura prises en contravention avec les règles du $y$lème géographique d'où nous puisons la juste appréciation du terrain, ou du système opéralif qui décide de l'emplacement des années.

Faisons-en l'application au terrain , et pre-

lés des trois armes di/férentes, de leur emploi dans les batailles et de leur rapport entre elles.

DE U STIATÉGIE.

MHS FouYeiiure de U campagne de 1806*

La ligne des (roniières des Prusaiens^àoeUe ^Mique, décrivaii un arc convexe» qui s'a{H poyail par la gaucbe à Eger, et passant par Nuremberg» Cobonig, Hildbour|^ausen et Heiniingen, oontournail réleclorat de Uease el aboutissait par sa droite à Emden«

Deux lignes de jonctions principales, que noua avons nonuné lignes directrices » indiquent les pointa vulnérables par où Tennenû pouvait pénétrer. Sur la droite » c'est celle qui » parlant de Dosseldorf , passe par Paderbom» Cassel, Hagddioupg, et aboutit à Berlin ; sui* la gaucbe, celle qui, partant de Mayence, passe yvFulde, Weimar, Leîpaig et conduit à la capitale.

La première présente trois lignes de défense à franchir. Celle du Weser, la cbaine du Harz et TElbe, sans pouvoir les prendre à revers et édbapper à leurs difficultés.

Cfdle de gauche en offre le même nombre , qui sont : la Saale , la Muide et TElbe. Hais CD s'éiabiissant militairement sur celle du Mayn jusqu'à Banl>erg, en se prolongeant par la droite jusqu'à Nuremberg et en masquant la Tburinge par un corps d'observation, cette position suffisait, non-seulement pour tourner les deuiL premières; mais elle mettait ausri rarmée française en possession des lignes de joneticm les plus courtes qui mènent à la capitale.

Cette position stratégique offrait , en outre , Tavantage d'avoir les deux flancs du déploie» ment bien appuyés. L'aile droite à la chaîne des naenlagnes de Fichiel et de T^n , qui con* toursait un pays devenu neutre à cette époque, la gauche au Rhin, qui formait la frontière de hFraace.

Abstraction dite des ressources et des désa^* fmtagg'i territoriaux pour les Français et pour les Pruasieos, le rassemblement des armées de Napoléon à Bamberg, Amberg, Konigsboffen, Nuremberg, Wiîrtabourg et Cronadi, servait d'indication à la direction que Napoléon voubil flonner à ces opérations.

Un autre avantage non moins grand , rendait cette direction importante : c'était la possibi- Ulé de se présenter paraUèlement à la directrice des opérations des Prussiens, et de pouvoir menacer plusieurs de ses pointa à la fois. La poesoision du défilé de Hof et de la ligne de

jonciîrm qui, parZwickau, mène à Laipatg, prenait aussi une grande section de terrain à revers, et forçait les Prussiens à se replier der^ rière l'Elster.

Les rouies qui , de la partie méridionale de la ligne frontière, conduisent vers r£lfae,sont:

Page 1