‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en RussieChapitre 61 sur 86 · DES POSITIONS DE LA CA¥ALERIE · texte numérisé non relu

DES POSITIONS DE LA CA¥ALERIE

Ayant énuméré dans la section lY du second chapitre , tous les avantages et les propriété des positions sous le rapport purement toijographique, je n'envisagerai maintenant celles de la cavalerie que sous le seul rapport des combats.

Les positions de la cavalerie, par rapport au combat , doivent être envisagées sous trois rapports différents :

i^ Par rapport au choc;

2^ Par rapport au terrain ;

3® Par rapport à l'ordre de bataille.

Les chocs de la cavalerie se faisant dans le même ordre dans lequel elle se trouve placée, car ce n'est pas pendant le mouvement qui précède le choc qu'on peut changer l'ordre de bataille primitif de cette arme , un point essentiel pour la cavalerie est Tordre dans lequel elle doit être formée, et les intervalles qui doivent exister entre les escadrons.

Nous avons vu dans la section II du second chapitre, oii j'ai traité des propriétés de la cavalerie de ligne, que, par rapport aux fo^ mations, le déploiement par escadron formait la base de sa tactique. Par rapport aux inte^ valles, d'après l'ordre normal adopté aux régiments de cavalerie, les escadrons, possèdent dans les différentes armées européennes, de plus ou moins grands intervalles. Mais comme les différentes formations doivent être adaptées aux circonstances , scrutons les moments de l'action de la cavalerie, où les intervalles peuvent être avantageux ou nuisibles.

Dans les combats que la cavalerie soutient»

elle ne possède pas de probabilité plus grande pour la réussite , comme de moments plus dangereux , que lorsqu'elle prend ou est prise en flanc ou à dos; il ne peut donc pas y avoir de formation plus efficace, que celle qui rend (sans cependant tomber dans le défaut de l'excès) , les lignes offensives plus grandes que celles des adversaires, ou bien, si les lignes qui se chargent sont égales, de posséder des

DES TROIS AmSBS.

flaifiietrd dont le dérolr seratt, au moment oè te masses se choquent , de se détacher des partis auxquels ils appartienneat, poiir prendre leurs ennemis en flanc et à dos.

Il est presque certain que celui qui possède une ligne plus étendue , battra son ennemi , et l'expérieDce même nous Fa démcAtré. Les pertes souvent réitérées que la cayalerSe russe a faites en i 81 2 et les campagnes suivantes, avaient rendu les escadrons de beaucoup de régiments si peu nombreux , que plusieurs des ciie6 se virent forcés de les réorganiser deux à deux, ce qui rendît leur ligne par escadron toajews plus étendue que celle des ennemis.

Lear longueur n'étant pas d'une mesure excèssÎTe, oe qui aurait rendu leur mouvement difficile, et en y produisant du flottement , aurait fini par les désorganiser; mais comme elle excédait cependant celle des escadrons ennenris, ee surplus a toujours été employé pour prendre les ennemis en flanc. De cette manière, ' tons les chocs de la cavalerie russe contre la même arme ont été couronnés d'un succès ooBfrfet.

Nous pouTon» donc en conclure que , si les intervalles entre les escadrons sont indispensables, pour ne pas rendre les lignes contiguês trop longues, lorsqu'un régiment de cavalerie s'apprête pour le choc , les intervalles entre ses escadrons doivent être différents. Dans plusieurs arméesi européennes, les escadrons se fonoent deux à deux , ce qu'on nomme ordinairenient division ; ainsi , pour accorder aux lignes qui, chargent, cette étendue qui leur est fi favorable, je croîs* que les intervalles un pcn spacieux , dont la grandeur sera subordonnée aux avantages du terrain, ne- doivent ^ conservés qu'entre les divisions. On n'en ^oeordera que d'assez petits, comnte huit à dix pas, entre les escadrons qui forment les divisions, intervalles à peu près indispensa- Ues,car, ordinairement pendant leur mou veinent, les escadrons se serrent toujours. Ces intervalles obvieront à l'inconvénient d'une déMrganisation et d'une mêlée, produites par ce serrement , toutes les fois que la cavalerie ^^^S^K^*^ dans des mouvements offensifs.

Des intervalles un peu larges entre les divisions et d'aut3res de huit à dix pas entre les escadrons, dont une partie s^évanouira pendant le mouvement, ce qui rendra les escadrons

deux à deux presque contigus, est donc la règle normale pour la formation des régiments de cavalerie rangés en ligne sur un champ de bataille. Ceci est pour les mouvements offensifs.

Pour ce qui regarde ceux de retraite, tout doit se décider d'après le terrain qu'on parcourt. Si les accidents qu'on rencontre sont tels qu'on puisse, sous leur protection, cacher ses mouvements à l'ennemi, rien de plus avantageux que de se mouvoir à grands intervalles.

On trompe son adversaire par la longueur des lignes qui en provient, et on lui^n impose en occupant un terrain dont l'étendue ne peut être ordinairement occupée que par des masses respectables.

Passons maintenant au terrain. Comme il n'y a rien de plus difficile que de réorganiser une cavalerie qui a été mise en déroute, et que pour cette opération épineuse il faut non-seulement du temps, mais aussi un terrain propice pour le rassemblement des cavaliers dispersés, on se gardera bien d'augmenter toutes ces difficultés en plaçant la cavalerie devant des accidents de terrain qui pourraient entraver encore plus sa réorganisation. Rien de plus dangereux lorsque la cavalerie, après avoir essuyé un échec qui lui occasionne déjà assez de mal, par la mêlée qui s'ensuit, se trouve encore culbutée ou sur un village, dans un marais, sur des bouquets , ou sur d'autres accidents pareils. Emportée par la terreur qui suit souvent une défaite et qui s'agrandit par les difficultés qu'elle rencontre et qui s'opposent à son rassemblement, une troupe de cavalerie qu'on place dans une position vicieuse, peut aisément, après un échec, se trouver paralysée pour toute une journée, et surtout pendant les moments où ^on action devient indispensable et dans lesquels ses forces physiques décident de tout.

Dans tous les genres de combats de la cavalei*ie , les attaques les plus décisives et les plus avantageuses étant celles qui s'opèrent d'une manière inopinée , on ne saurait mieux placer la cavalerie, que sous la protection de quelques accidents, au reste faciles à surmonter, mais d'où elle puisse opérer une attaque vigoureuse, dont le résultat sera d'autant plus eJDScacc, si elle est subite et inattendue.

Une attaque inopinée , en ravissant même à l'infanterie , certes la rivale la plus dangereuse

EXAMEN RAISONNÉ

de la caTalerle , les moyens de se mettre en défense, double TeiBcacité du choc. Lorsque la cavalerie se trouve postée daus une position gui la cache aux regards de ses ennemis , et . qu'au moment où elle s'engage, le hasard la dirige contre des troupes de la même arme, le succès est moins douteux encore que lorsqu'elle est assignée pour combattre de Tinfanlerie , qui possède toujours plus de moyens de défense.

Les positions de la cavalerie , protégées par les accidents du terrain, peuvent être envisagées sous deux aspects différents » et mnl:

40 Celles qu'on choisit pour y placer ses 'troupes, qu'on dérobe à la connaissance de l'ennemi, et qu'on nomme embuscades ;

^ Celles dont on profite sur uta terrain vaste, mais varié, que les circonstances ont désignées tM>ur champ de bataille, et dont je vais édaircir l'exécution par deux exemples.

Après la bataille de BauUen , les alliés ayant décidé d'occuper, avec leurs forces, la position de Piilsen près de Schweidnitz, continuaient leur mouvement rétrograde en deux colonnes, dont Tune marchait par Naumbourg, Bunzlau et Haynau, et l'autre par Lauban, Lœwenberg, Goldberg et Sviegau. Les ennemis ne les pouDsuivant que légèrement, la retraite ne s'opérait qu'avec lenteur. Enfin, les Français conçurent l'idée de harceler notre arrièregarde, et, pour les rendre plus circonspects, le maréchal Bliicher décida de mettre un détachement de cavalerie en embuscade. Les environs de Haynau parurent les plus propices pour cette opération.

Entre Haynau et Liegnitz, à un quart d'heure de chemin de la première ville, se trouve le village de Michelsdorf ; de là jusqu'au village de Doberschau, qui se trouve à un quart de mille , on découvre une plaine tout à fait propice aux mouvements offensib de la cavalerie. Les deux accidents qu on rencontre plus loin sont les villages de Pantenau et Steudnitz qui bordent la grande roule. A droite on aperçoit^ i une certaine distance de la plaine, quelques coupures de terrain, des bouquets et le village d'Ueberschar. Cette partie de la plaine se prolonge avec la même uniformité jusqu'au village de Baudmannsdorf.

L'idée principale était de laisser l'arrièregarde, composée de 3 bataillons d'infanterie

et de 5 régimentade cavalerie» devant HâyDaii, jusqu'à ceqae l'ennemi vint pour Vea dépoater; de la faire rétrograder par la grande route qui mène à Liegnitz, et offrir par là à la cavalerie de réserve les moyens de tomber en flanc el à do6.de l'ennemi. Cette cavalerie de réserve était composée de 91 escadrons et 2 batterie» d'artillerie à cheval, et se trouvait flous les ordres du colonel DoUs.

Deux régiments de cuirassiers (iO escadrons) furent placés dans un bas46nd près de Brocksdorf, et, un peu plus loin, entre Schellendorf et Baudmannsdorf, se trouvaient les il derniers escadrons ( 5 escadrons de la divisîMi lé^ gère de la garde, A escadrons des cuirassiera de Silésie et 2 escadrons de cuirassiers de la Prusse orientale). L'incendie d'un moulin I1 vent qui se trouvait près de Baudmannsdorf devait servir de signal pour l'attaque générale.

Au moment où l'ennemi sortit de HajMM pour poursuivre l'arrière -garde des aÛiés, celle-ci, d'après la disposition qui lui avait été donnée, commença son mouvement rétrograde en deux colonnes, dont celle de droite, sous les ordres du général Tschaplita, se dirigeait vers Duberschau, et celle de gaudie* sous le commandement du colonel Mutius, vers Cohlsdorf. Au moment où l'ennemi eût dépassé le village de Michelsdorf, le colonel Dolfis alla au-devant de lui à la tète de sa cavalerie, en laissant 2 régiments de cuirassiers en réserve. Tschaplitz et Mutius aperçurent bioiiét le feu du moulin; et comme c'était le moment convenu pour l'attaque générale, ils s'ayancèffent aussitôt vers l'ennemi pour l'attaquer mi front, tandis que le colonel Dolb le prenait en flanc La première brigade de la division Maison, se voyant attaquée par une nombreuse cavalerie, se forma aussitôt en quatre masses. Le cokmel D0I& tombe à corps perdu sur l'infanterie en* nemie, et, malgré la résbtance vigoureuse qu'elle cherchait k lui opposer, rien ne put la sauver d'une déroule totale.

Cette victoire, toute complète ^'elle ait été, fut pour la cavalerie prussienne Pa&ire d'an si petit espace de temps, que les deux colonnes de l'arrière-garde de l'armée des alliés eurmt à peine celui de venir joindre la cavalerie de rèierve. Les pertes des Français montèrent de 4 à 5,000 hommes tués et blessés, 3 à 400 prisonniers, et ISpièces de canon, mais dont on

DES TROIS ARMES

ne put, fiiiile de ehevaai, emmener qae onze.

Noos puiserons maintenant l'exemple, pour le second cas» dans la bataille de la Katzbach.

Au moment oik le général comte de Sacken aperçut que le flanc gauche des ennemis n^était presque pas appuyé et pouvait être facilement tourné, il enjoignit aux généraux Wassiltschlkof , Lanskôy et Karpof de quitter leur position entre Christianshœhe et Eichholz , et d'aUer se placer dans le flanc de Fenneftii. Les sînuosités du terrain où se trouve le village d'EicUiolz servirent à cacher le mouvement de la cavalerie russe, qui Fopéra avec cette précision qu^on ne voit ordinairement que sur les Gbaaips d^exercice. Elle laissa le village d'EiddKik àgauehe, et se trouva en peu d*in* «Unis arrivée en position près de Klein-Tints et tout à fait dans le flanc ennemi. La charge se bit sans la moindre hésitation , avec cette impétuosité qui ne laisse jamais de doute pour une victoire complète ; et, malgré les eÙ knîs réitérés de la cavalerie des généraux Sottham et Sébastiani , qui essayèrent plusieurs Cms d'arrêter les mouvements ofllensifs de leurs ennemis , la journée fut couronnée d*un succès complet. Le maréchal Bludier l'a dû en grande partie à la belle résolution du général comte de Sacken , de tourner le flanc gauche des ennemis, et aux charges impétueuses et décisives de la cavalerie des généraux Wassiltchikof, Lansfcoy et Karpof.

En général , il faut toujours chereher à placer la cayalerie, ou la faire manœuvrer de manière i ce qu*elle puisse, par des mouvements aussi simples que possible, gagner une des ailes de son ennemi. Elle acquiert toujours une supériorité marquée lorsqu'elle peut chai^r son adversaire en flanc. A la bataille de Talaveyra, les Anglais avaient sur leur gauche une hauteur qui était le point le plus important de la position : les Français Tattaquent à double reprise, et sont deux fois repoussés; enfin, pour pré* venir de semblables tentatives, lord Wellington, aprèsavoireigointè une division d'infanleriedtes'emparerdescoUinesquise trouvaient devant cette position, plaça un corps considérable de cavalerie espagnole et anglaise dans la yallée, et le posta de manière à ce qu'il pût prendre en flanc Tennemi qui se résoudrait encore une fois à vouloir s'emparer des hauteurs de la gauche.

Au moment oft rengagement devint général, Joseph Bonaparte, qui commandait en chef Tarmée française, ne perdant pas de vue Félévation o& était postée la gauche des Anglais, dirigea encore une fois contre elle plusieurs colonnes d'infanterie avec de la cavalerie. Le général anglais Anson se met aussitôt à la tète du 25* de dragons-légers et du régiment des hussards du roi George, et charge les assaillants avec tant d'impétuosité et de succès, qu'il parvint à percer entre les colonnes françaises, et culbuta un régiment de chasseurs à chevaL Quoiqu'il finit par être maltraité aussi, néanmoins le but fiit rempli; il paralysa le mouvement oflénsif des adversaires, et donna k la division espagnole de Bassecourt le temps de venir arrêter tout à fait la fougue des ennemis.

Pour ce qui regarde les positions de là cavalerie par rapport à l'ordre de bataille, il faut les envisager sous deux rapports différents:

4^ Lorsque la cavalerie n'est pas soutenue par l'infanterie, et se trouve par conséquent obligée de jouer le rdie d'arme indépendante;

â® Lorsque là cavalerie ne forme qu'une partie des masses agissantes, et ne doit éëre envisagée que comme partie intégrante de l'ordre de bataille.

Les positions de la cavalerie, pour le premier cas, sont soumises à des règles tout à fait différentes de celles où elle se trouverait amalgamée avec de l'infanterie, qui joue toujours le rôle principal. Assujettie au rôle d'arme indépendante, ressenlielestde choisir des plaines ouvertes, dont les sinuosités peu sensibles ne s'opposent pas à sa libre circulation, et n*entravent pas ses manœuvres ni ses mouvements offensifs, mais dont les élévations cependant soient telles, qu'elles puissent dérober du moins une partie dés troupes aux regards des ennemis.

Lorsque la cavalerie, par quelque cas extraordinaire , se trouve abandonnée par l'infbnterie et obligée de soutenir un combat, alors l'artillerie à cheval attachée aux divisions , et la cavalerie légère, doivent y jouer un grand rôle. La première doit imposer à l'ennemi par des feux bien nourris; la seconde, le fatiguer par des combats partiels , lui faire craindre pour ses flancs et son dos, et apprêter le moment opportun où la cavalerie des lignes de bataille puisse choquer avec avantage.

EXAMEN RAISONNE

Une description pareille nous prouve donc évidemment que c'est Tartillerie el la cavalerie légère qui entament ces sortes de combats, et que la position étant une fois choisie d'api-ès les principes déjà énoncés, on garnit les hau* teurs qu*on trouve parsemées sur le champ de babille de pièces d'artillerie; on cherche à donner aux masses des lignes de bataille une position derrière ces accidents, où, cachés aux yeyx de leurs ennemis , elles puissent n'entra pr^dre de mouvements offensifs qu'au moment où les troupes légères et les feux foudroyants de l'artillerie aient apprêté sur un des points du champ de bataille le moment opportun et décisif. On en retire le quadruple avantage :

1® De manœuvrer avec plus de sécurité ; car plus les mouvements sont secrets et mieux ils réussissent;

^ De pouvoir faire des chocs inopinés; car, comme nous Vavons vu ^ ce sont les plus déci- • sifs et les plus avantageux;

3® De n'entreprendre demouvementsoffensifs contre son ennemi qme dans des circonstances avantageuses et lorsque Fartillerie a produit quelque flottement, ou bien lorsque les troupes légères, par leurs combats partiels, ont su, en fatigant Tennemi, amener le moment opportun ;

4<> Le plus grand de tous, de pouvoir, sous U protection de l'un de ces accidents, à l'instar de la disposition faite par le général comte de Sacken à la bataille de la Katzbach, porter sur un des flancs de son adversaire une masse de troupes suffisante pour décider de la victoire* Au reste , tous ces cas ne peuvent se rapporter qu'à des positions favorisées par la nature , qui présentent des accidents de la catégorie de ceux que je 'viens de désigner. Si la nature, avare de' ses bienfaits, n'en offrait pas sur le champ de bataille, où le hasard ou les circonstances .nous obligent de nous mesurer avec notre adversaire, c'est la cavalerie légère et l'artillerie à cheval qui , par leur action préparatoire, devront, tant que la chose sera possible, nous donner des compensations.

Les troupes désignées pour faire le service de la débandade, ainsi qu'une partie de l'artillerie, seront donc postées en première ligne, le reste de la cavalerie légère et mixte, avec leurs pièces, en seconde, et la cavalerie de

ligne et le reste de rartilteri^* ea réserve (f). Dans tous les combats, la réserve décidant de tout, nous devons, à plus foHe raison, jeter un regard attentif sur sa position dans çeat où on ne peut engager que des troupes qui ont peu de moyens de résistance. H £aiit placer les réserves de manière à ce qu'elles puissent, en dérobant leurs mouvements , venir à Timpro^ viste se placer perpendiculairement sur une des ailes des ennemis.

En général, le devoir de la première ligne, comme des réserves, sera de manœuvrer conjointement avec la seconde ligne, qui possède tous les éléments de la force , et de manière à pouvoir former avec elle Tordre coqrbe, dont le simple mouvement offMisif en fW>nt nous mène à envelopper notre ennemi et procéder 1 la décision de la victoire.

Les positioins de la cavalerie sur des cbamps de bataille où elle se, trouve amalgamée avec d'autres armes, et où, par conséquent, elle ne joue, durant la majeure partie de la journée, que le rôle d'arme de secours, et n'embraose , qu'au moment où le flottement des lignes est prononcé , celui d'arme décisive , sont soumises à des principes autres que ceux qn'elle requiert lorsqu'elle est abandonnée à son unique force impulsive.

i^a différence de r61e qu'elle joue alors dans la même action, exige nécessairement une différence dans la cavalerie et dans la position, par rapport aux lignes de bataille. La cavalerie qui est désignée à être arme de secours, se composera donc de cavalerie mixte , tandis que la masse qui devra porter les coups décisife, sera composée de cavalerie de ligne.

La cavalerie légère et mixte sera postée en troisième ligne dans les intervalles derrière l'infanterie, et le surplus de ces partis, derrière les flancs d'une des deux lignes, selon que le terrain leur sera propice sur l'une ou l'autre aile.

La cavalerie de ligne sera postée en réserve, hors des atteintes de l'artillerie et sur on terrain d'où elle puisse se porter avec mpîdlté vers un champ vaste et découvert , où eHe soit en état de remplir son rôle, celui de eompiéler

(i) Bien entendu qu'on proportionnera le nombre de lignes au nosibre de troupes qa*0D pourra mettre es. l action.

DESTBOiS ARMES.

îlin

une victoire que riiiAiiiieria aura femporléa.

U cavalerie assifpaée aux lignes de bataille» toujours attentive aux succès ainsi qu^aux échecs auxquels ces lignes peuvent ^re en batte, doit , ou les soutenir, si elles commenfaieot à plier sous Tlmpulsion de forces supérieares, ou achever de désorganiser un ennemi qu'on serait parvenu à repousser. Cest ainsi qu'à la bataille de Waterloo» au moment où i!(apoléon , à la suile du triple assaut qu'il avait tait dire sur MontrSaint-Jean , s'était rendu maître de plusieurs hauteurs et avait fait replier U division Picton, le duo de Wellington fit avancer les brigades de cavalerie de Ponsonby, Yandeloer et de Gbigny, i travers TinEainterie des lignes de bataille « et parvint, non seule* Aient à arrêter le mouvement rétrograde des troupes anglaises, mais réussit aussi à déposter le premier corps ennemi qui s'était déjà rendn Joaitre des baateurs,*désorgattisa deux bataillons de la vieille garde, fit plus de 1,000 pri« ««mers, et s'empara d'une aigle ( 45® régi* nient d^infanterié de ligne)*

I4 position d'une partie de la cavalerie lé* gère et mixte derrière les intervalles de la seconde ligne, i^st donc d'une conséqu^iee telkment majeure» qu'on ne doit jamais négliger de jeter un (BU attentif sur cette partie de Tordre de bataille, car le but. principal de chaque disposition doit être de bien utiliser ks troupes.

La position de la cavalerie derrière les ailes des lignes, assure quelquefois l'intégrité des flancs, en soutenant l'infanterie, prévient les débordements , et offre au delà des extrémités des deux ailes, de vastes sphères pour son action, dont l'étendue facilite toujours beaucoup les manœuvres de cette arme.

La cavalerie de ligne , lassemblée en réserve, doit être postée derjrière les lignes de bataille et hors des atteintes des projectiles^ U est c«^ pendant difficile de désigner si sa place est <ians le centre ou derrière un des flancs, cw le terrain doit décider de son enfi^cemeot. Le principal est de la poster en masse derrière quelques accidents de terrain qui la dérobent i la vue des ennemis , et sur un point d*oii elle puisse se porter en masse aussi , avec rapidité et sans être obligée de faire des mouvemenlâ d'une grande circonférence , vers le point oii doit se compléter la victoire. C'est au discer-

nement judieleux du général en chef qu*ap* pnrtient la tàcbe de décider où se trouve le point stratégique du champ de bataille de son adversaire. C'est le général en chef aussi qui doit se réserver le soin, après avoir jeté un coup d'œil attentif sur sa position et celle de son ennemi , de placer sa réserve, qui ne doit jamais entrer en action sans un ordre immédiat de sa part.

Mais la cavalerie qu on place derrière les flancs d'une des deux lignes et celle qui forme la réserve, étant couvertes par les lignes de bataille, ne peuvent, par conséquent, pas se mettre en action sur lespositions mêmes qu'elles occupent. Les chefs, auxquels elles sont subor^ données, sont donc obligés de choisir des ter^ rains où leurs mouvements soient moins gâaés, et les mener, par conséquent, dans des plaines mi peu vastes, unies , et où elles ne risquent pas de se choquer avec d'autres armes. Pour franchir plus rapidement les espaces qu'on aura a parcourir, et pour que les cbe& puissent transporter ces masses avec plus de facilité sur un terrain propice f on formera toujours la cavalerie en colonnes; car son mouvement, qu^le que soit la direction qu'<Hi lui donne , droit devant soi, on obliquement, est toujours moins difficile que celui d'une ligne. Arrivée sur les lieux où l'engagement doit avoir lieu f les chefs font la disposition et procèdent en- . suite au combat, oe dont j'aurai l'occasion de parler dans la section suivante.

Nous pouyons maintenant poser en dernier résumé , que les principes pour les positions de la cavalerie se réduisent aux suivants :

l*" Établir des intervalles assez larges* entre, les divisions, mais dont la grandeur. sera a»* bordonnée aux avantages du terrain;

3^ N'en conserver que de huit à dix pas entre les escadrons, à l'instant du choc, sauf à les augmenter au moment de la rétrogradation, en subordonnant aussi la grandeur de ces inr tervalles aux difficultés du terrain qu'on devra parcourir;

5^ Lui assigner une position derrière quelques sinuosités de terrain, qui la dérobent aux regards des ennemis, d'où elle puisse tomber à l'improviste sur ses adversaires;

4® Partager la cavalerie légère et mixte dans les intervalles derrière la seconde ligne de Tin* fanlerie, ainsi que derrière les flancs d'une

SM

EXAMBN RAISONNA

des deux lignes » ayant soin de placer la majeure partie derrière Faile où le terrain lui offre le

* plus d'action 9 et en colonnes;

5** De mettre la cavalerie de ligne en masse dans la réserve, et postée sur un terrain d'où elle puisse se porter avec rapidité vers le point ou doit se compléter la victoire » et lui assigner

' pour cet effet un terrain ou elle puisse agir avec aisance, et où son action ne soit pas gênée par d'autres armes; car , pour mettre la cavalerie en action, le principal n'est pas d'avoir toujours présente à sa mémoire cette règle que personne n'ignore, qui nous défend de disse* mifeer cette arme , et d'en avoir une masse respectable toujours prête k se porter vers le point décisif : l'essentiel, c'est de savoir lui assigner un terrain propice où elle puisse mar nQBnvrer avec aisanee, et de la mettre en action avec avantage. Une réserve de cavalerie , qui charge à la fin d'une bataille , doit toujours faire effet; car elle peut, par son mouvement rapide, se porter sur un point où l'ennemi ne l'attend pas; et, comme la fin d'un combat est toujours le moment où les forces physiques sont exténuées, si les circonstances et l'ennemi ont rendu possible de ménager la cavalerie de réserve jusqu'à la fin du combat , une attaque inopinée et décisive ne peut jamais rester sans un bon résultat.

SECTION V

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