L4 SOUABE, LA BAVIÈRE ET L'AUTRICHE K
Au commeneetnent de 1600, le général d^arlilierie {feldzeugmeitter) baron de Kray, fut rappelé dltalie, où il s'était éminemment distingué. L'Empereurle nomma général en chef, en Allemagne, à la place de l'archidnc Charles. On lui donna pour conseil le général de Chasteler et le colonel de Weyrotter, tous deux officiers d^un talent reconnu. Mais l'archiduc fut universellement regretté ; et les généraux , phis anciens que Kray, ne déguisèrent pas leur dépit de le voir placé à leur tête.
L'armée autrichienne, accrue des troupes de l'Empire, et de celles livrées par divers princes, en vertu des subsides de l'Angleterre, offrait une niasse imposante de 180 bataillons et de 190 escadrons, c'est-à-dire, de 114 à 115,000 hommes dMnfanterie, et de 25 à 26,000 hommes de cayalerie.
L'artillerie était proportionnée i cette redoutable force ; elle consistait en 520 pièces de canon.
Le corps d'armée principal occupait les environs de VilHngen et Doneschingen ; le corps
• (i) CM écrit mM fédigé, pendant lacampagne même, par OB officier des treupes de Wurlembeig, employé dans Tétat-major de rarroée Impériale. Témoin oculaire des évéuemeuts, il était, de plus, à portée de se procurer des reosei^oements qui auraient manqué k uo officier particulier. 11 est même à observer que Ton doit mieax ao^forer de son Impartialité , qa*on ne poomil
dû réserve, ceux de Stokach. Quatre avantgarde9 étaient disposées dans la vallée du Rhin, de la manière suivante :
La première, commandée par le lieutenant feld-maréchal Kienmayer, était placée vis-à-vis le fort de Kehl, en avant des gorges de la vallée de Kintzig et du Renchthal.
La deuxième, commandée par' le généralmajor comte de Giulay, dans la partie de Fri* bourg, Vieux-Brisach , en avant des gorges du val d'Enfer.
La troisième, sous le général-major archiduc Ferdinand, dans les environs des quatre villes forestières etdeBâle.
La quatrième, sous le général^major prince Joseph de Lorraine (prince dé Vaudémont), sur les bords du Rhin , entre le lac de Rattolfzell et Schaffhouse.
Ces diverses avant-gardes observaient le cours du Rhin, gardaient les gorges des montagnes, et communiquaient entre elles, en même temps qu'avec le corps d'armée du génértfl Starray. Ce dernier occupait la partie de Heidelbejng et
le tkïn de celle d'nn sojel-né de Tempereiir, ou d*«i officier attaché iamédiatement à son service.
Je me suis attaché, en traduisant cette relation; à o« conserver, autant que possible, que les faits purs et simples; et j*ai pensé qu*il serait intéressant de les comparer avec ceux présentés et commentés par Tauteur de rounage précédent. {Note du Traducttw.)
ÂM
PRÉCIS
de Brachsa], gardait le Rhin jusqu'eux envivoDB de Rastadt, et se rejoignait au corps du baron d'Albini, qui était posté sur le Mein.
Le corps d'armée du prince de Reuss, auquel s'étaient joints 15 i 46,000 hommes d'excellentes milices du Tyrol» tenait le pays des Grisons. 11 occupait les importants défilés de Feldkircb, Bregentz, Reuti, Schamitz , Achenthal et Kuifstein. Il lui était toujours libre d'entretenir, le long de la rive septentrionale du lac de Constance, une relation active avec le corp» de réserve, stationné à Stockaclk.
La citadelle de Wiirtzbourg , et les forteresses de Philipsbourg et d'Ingolsladt , étaient en état de défense : on avait construit à Ulm tous tes ouvrages qui pouvaient en faire, sinon une place de guerre du premier ordre, du moins un entrepôt général et assuré des principaux magasins de l'armée; mais la plupart de ces magasins étaient imprudemment établis dans des endroits ouverts, tels que Stockach, et autres sur rUler, le Danube supérieur^ et le Necker. •
La simple inspection de la carte peut convaincre tout militaire exercé, que les divers corp^ détachés étaient en parfaite conjonction avec la grande armée, et qu'ils étaient même disposés de manière à prendre de revers les opérations de l'ennemi.
En effet, la ligne du Rhin^ çur laquelle l'ennemi doit baser ses différentes attaques, embrasse la plus grande partie de la forêt Noire : ainsi, les positions prises par les Impériaux à Villingen etDoneschingen, faisaient le milieude la corde de l'arc occupé par les Français; elles se trouvaient au point de jonction des grandes roules tracées dans toutes les directions, et pouvaient, conséquemmenl, être considérées coit^me le véritable centre des opérat^ns,8oit offensives, soit défensives.
Telle étaitla position de Tannée autrichienne et de ses corps détachés, lorsque les Français rassemblèrent leurs troupes entre Bâle, Schaffhûuse et Strasbourg.
Le 25 avril, ils s'avancèrent, sur trois coloanes; de Bâle, Vieux-fi^îsach et Kehi. Cette dernière parut n'avoirpour objet qu'une fausse démonstration , et repassa le Rhin presqu'aussitêt, après avoir cependant livré, comme celle du Vîeux-Brisach : quelques combats fort vifs dans les gorges de la forêt Noire. La {Hremière
prit poste en avant des défilés de Gander et do Wiesenlhal.
Le prince de Vaudémont se retira dès le commencement de l'action : il se manifesta un teldésordre, dans cette avant-garde, que le régiment de Clairfayt fut oublié dansla presqu^tle de Peters-Hausen , et ne put se retirer qu'avec une perte considérable. Les troupes qui avaient affaire aux Français sortis du camp du Petit- Bàle , furent prises de revers. Le général Moreau , qui commandait en personne dans cette partie, se trouva maître du .terrain jusqu'à Waldkirch et Ëlzach.
Kray rassembla son armée dans les camps de Villingen et Doneschingen , et fit avancer le corps de Starray sur la Murg; mais ce génâal ' abandonna bientôt cette vallée, et revint sur Pforzheim , le 50.
Le même jour, Tennemi se trouvait, avec cinq divisions sur la ligne de Fribourg et Tengen, tandis que l'aile droite, sous le général Lecourbe, occupait déjà les environs de Scbaffhoose. .
Ce ne fut que le i«' mai, jour ou Ton avait résolu de reconnaître l'ennemi sur la Schwazbach , qu'il cocamença à développer son flan.
Le général Lecourbe passa le Rhin à Paradis et Stein, avec toute son aile, et rejetsi derrière rÂach les débris du corps du prince de Yd»démoQt. En même temps, le centre et la gauche des Français s'étaient mis en mouvement vers Neukirch, Stublingen, Bondorf et Neustadt; le 3 mai, ib occupaient déjà les positions de Rattolfszell , Hohentwiel, Bliunfeldet Tengen. ^
Kray se détermina, en conséquence, à se replier sur Engen. Le général Moreau en ayant été instruit , et sachant que la position de Slookach n'était que faiblement défendue, résolut de faire manc^^vI)Br son aile droite -vers ce point, de favoriser ce mouvement en marchant au-devant de l'armée autrichienne avec le reste de la sienne, et d'atteindre les hauteurs dominantes d'Âach et de Hohenheben.
En exécution de ce plan , le général Lecourbe, avec trois divisions envirafei, se porta si rapidement de droiteet de ganiche sur Stockach , qu^il enveloppa et prit la plus grande partie des troupes stationnées en cet endroit ; il s'empara de la boulangerie de campagne» de bagages et d'immenses magasins qu'on y avait
imprudemment 4uMis. De ce moment, Ten- Dcnd se "vit maHre du {ilateau de StodLadi avec UmteBses poiilioiie.
Son centre rencontra les avant-fiardes autridiiennes détadiées en reconnaissance, et les déposta des hauteurs de Mulhausen et Wei« teriingen, jusqu'à Weèschingen.
Les colonnes de sa.gancbe s'étaient en même temps avancées jusque sur les hauteure de HohenMben, et, par-là, les Françaisavaient atteint le but qu'ils s'étaient proposé.
Les Autrichiens voulurent leur disputer les deux poules d'Engen et Welsdiingen, mais, après plusieurs attaques très-sanglantes, les Françaia les en délogèrent.
Cependant, le général Kray avait été informé des événements de Slockach, et cette nouvelle, plus encore que Taffaire d'Engoi, le détermina à se porter, à marches forcées, par la contrée de Liptingen, sur Moeskirch-, où il assit son camp, dans la nuit du 4 au 5 mai, et rouvrit sa commanication principale avec Ulm.
Dès le 5, au matin, la droite des Français pamt devant les avant-postes autridûens.
Ceux-ci se replièrent inunédiatement sur le gms de l'armée.
Malgré le fen lerriUe de l'artillerie autri- Ghienne, le général Moreau prit poste devant Moeskircb, passa de droite et de gauche le ravin dans lequel est situé ce boui^ , et engagea principalement le combat à Heudorf , au pied du camp occupé par l'armée. Par là se trouvait interrompue, non-seulement, la communication avec l'arohiduc Ferdinand, à Neuhausen, mais encore celle avec PMIendorf et Sigmaringen. Heudorf, occupé par les Français^ fat attaqué et repris , mais perdu une seconde fins; les manœuvres entreprises contre leur flanc gauche n'eurent point plus de succès.
Mais le corps du général Giulay, et la brigade bavaroise, ayant disputé à l'ennemi les hautoirs de fiuehenbeiig, Wonnendorf, etc., et l'cKtiémîté de la gauche des Français n'ayant pu avancer que dîilcilement, à cause du terrain, l'ardiiduc Ferdinand eut le temps d'effectuer sa retraite de Neuhausen, de dégager l'aile droite de l'armée impériale, et d'opérer sa jonction avec elle.
La nuit vint mettre fin à ces combats partieh : ils étaient peu dédsib en eux-^némes ; mais Kray, réfléchissant sur l'état physique et
morid de mn armée , ne voulut pas l'exposer à de nouvelles attaques, et se retira, dans la nuit, vers Sigmaringen , sur la rive gauche du Danube. Des officiers qui se prétendent très-bien instruits, affirment que ce général, en livrant ce combat de Moedtirch , avait compté sur les généraux Starray et Nauendorf, auxquds il avait donné, pour le rejoindre, des ordres qui ne furent point exécutés. Il parait aussi qu'il ne reçut pas du prince de Reuss l'assistance qu'il en attendait; que ce prince ne fit point, en Suisse, la diversion qui lui était prescrite, qu'il n'envoya pas, comme il l'aurait dé, la moitié de ses troupes au secours de l'armée, le long du lac de Constance. L'extrême sévérité avec laquelle fut jugé Kray, dans le temps, doit engager tout lecteur impartial à rechercher tout ce qui peut jeter du jour sur sa conduite , dans cette malheureuse campagne..
Quoi qu'il en soit, l'armée impériale, pour ne point perdre ses communications avec la rive droite do Danube, Biberach et Memraingen, vint camper, le 8 mai, à Biberach, derrière la Ries.
L'arrière-garde, dès le même jour, fut attaquée par Tavant-garde française.
Le lendemain, le général Leoourbe parut sur les hauteurs d'Amach et de Reichenhofen : les éclaireurs de son flanc droit s'approchèrent de Wangen, Issni, Lindau et Ravensbourg, afin d'observer le prince de Reuâs. Le général Moreau s'avança par Buchau et Sleinhausen , snr Biberach, repoussa, dans la vallée de Ries, tout ce qu'il trouva devant loi, et porta quelques divisions sur le centre et la droite des Autrichiens. Cette manœuvre, et les désavantages du terrain, contraignirent Kray à se retirer en hâte, pour aller se poster derrière riUer , à Memmingen.
L'armée autrichienne y arriva le 40, dans un extrême épuisement, el avec ^e le corpet du général Lecourbe, qui, malgré les ponts rompus sur l'IUer, força le passage de cette rivière , et engagea aussitôt le combat avec Tarrière-garde campée à Memmingen. La nuit 9^ai*ales oondmttants.
Kray, persuadé que l'ennemi renouvellerait le lendemain ses attaques, et ne jugeant point son armée en état d'y résister, se hâta de gagner Ulm y par une marche forcée de dix
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heures : il y passa le Danube , et campa sous le canon de la place.
Starray arrivait, dans le même temps, i Blaubeuren, el Gt ensuite sa jonclion àSœfiingen , avec le général en chef.
Dix-neuf jours seulement s'étaient écoulés depuis le commencement des hostilités, et déjà Tarmée de l'Empereur, celte armée si nombreuse , si formidable , éprouvait tous les maux, résultat d'une longue campagne : sii marches forcées, sept nuits sans sommeil, quatre combats sanglants, la perte de presque tous ses magasins, Tavaient accablée de souffi*ances de tout genre. Elle était diminuée, de 12,000 hommes au moins, morts, prisonniers ou égarés. Trente lieues du pays étaient abandonnées aux Français.
La vérité historique fait un devoir à tout écrivaifi impartial de. remarquer, que la conduite du général Starray et celle du prince de Reuss contribuèrent singulièrement à tant de désastres. Plus de 50,000 hommes, qu'ils avaient sous leurs ordres , furent tenus par eux dans une, inactivité totale.
Le premier ne cessait de parcourir en tous sens le Rheinthal et le duché de Wurtemberg, ne s'approchant jamais de Tennemi, et faisant un mouvement rétrograde à la nouvelle du plus léger échec.
Quant au prince de Reuss, il resta immobile dans ses positions, sur les frontières du Vorarl- .berg et des Grisons, et quelque instants que fussent les ordres du général Kray, il refésa constamment de faire sa jonclion avec lui, ou de le dégager par une diversion , ce qui eût mieux valu encore.
La grande armée vintdonccampersousUlm, c'est-à-dire, derrière le Blauthal et le Lauter^ thaï, sur les hauteurs de Jungingen, Loebr, Ëlchingen et le moht Saint-MidieL
Les avant-gardes étaient postées au delà des ruisseaux de Blau et de Lauter, derrière Ërbach et Blaubeuren.
Un corps de flanc fut établi à Guntzbourg, pouih couvrir les chemins d'Augsbourg et de Donawerth.
L'armée française s'était avancée, par sa droite, les il, 12 et 13, jusqu'à Kempten et la rivière d'Aacb , entre Memmingen et Groenenbacb. Son centre poussa des détachements jusqu'à Laupheim , Ulereicheim, Babheim, Bran-
denbourg et le haut, et bas Urdibeiv. L'aik gaudie resta dans sa position de Steuaslingen*
Ce fut, le 12 mai , que le général Moreau détacha de son armée un corps considérable , qui passa les Alpes, et fit partie de la grande expédition de Bonaparte en Italie.
Cette marche soudaine des Autrichiens vers Ulm, parut avoir été ai peu prévue par le général Moreau , qu'il manœuvra les jours salivants , c'est-à-dire , le 14 el le 15 , comme s'il n'en avait point connaissance.
Hais, le 16, il fil des dispositions toutes bou* veUes. Le corps du général Sainte-Susaone se trouvait seul faisait tète à l'armée autrichienne ; il était sans appui, et même sans communica' lion avec le centre. Le général Moreau la rétablit , en faisant avancer une partie de ses forces entre l'Iller et le Danube.
Alors, il porta successivement son année sur la rive gauche du Danube : le 20, ilavait déjà concentré le gros de ses troupes dans les positions de Blaubeuren et de Hauenstein; et, par là, l'armée impériale se vit menacée d'une attaque générale.
Mais une victoire ne pouvait avoir d'autres suites, pour les Français , que de resserrer leur ennemi sous le canon d'Ulm ; tandis qu'une défaite les aurait infailliblement exposa aux plus terribles désastres.
En conséquence, Moreau, la nuit soivanla, ramena son armée sur la rive droite du Danube, dana ses positions sur l'IUer et la Guntz supérieure.
A l'approche de Tennemi , le général Kray avait déjà pris la résolution de se replier jua* que sur la Mindel,à Burgau, et même derrière le Leeh, suivant les circonslanoes. Un camp de repos était d^à préféré à Giinzbourg : mais Tarmée ne parfit point.
Les Français s'étaient postés de manière à entretenir la communication la plus directe avecSchaffhouse; ils menaçaient presque toutes celles des Autrichiens avec Ulm, et occupaient les principaux chemins qui conduisent du Vorarlberg sur k Lech, et notamment à Augsbourg. Ils étaient donc à Kray tout espoir de réunir le prince de Reuss à lui : enfin, toute la Souabe supérieure était en leur pouvoir.
Le poste de Giiutzbourg étant de la plus haute importance pour les Impériaux, comme
le point d'ioUnectioii des roules d'Aogshourg et de Donawerth à Ulm, le (éaéral Ktay le fil renferoer, et en confia le oommaiideineiil an gâiérat Starray«
L'tvanl-garde.de rarmée fut poussée jusqu'à Erbacb , et diliteents iMirtJB volants f oreai envoyés fort loin derrière Veniienii.
Cest ici qu^il est intéressant de fixer uo regvd attentif sur les deux années , opposées rmie à Tantre » ou plulài entrelacées d'une manièffe inouïe jusqu'alors. Chacune d'elles, plus occupée à intercaler les conununications de son adversaire qu^à conserver les siennes, semUsit aspirer à meltre fin à Teiluâion du saag, par une des plus savantes guerres de manœuvres^ Le connaisseur « qui préfère les caleids el la naiCbe du .génie, aux scènes terribles de batailles souveniindéc^ses, regardera saos doute le moment dont il s'agit comme le plus beau, le plus instructif, de celle mémorable campagne.
Le général Morean« dans Tespoir de contraindre les Impériaux à abandonner Ulm»
redoubla dîefforts pour leur enlever leur com^ iDonicalion avrec Angsbourg.
Le â4 mai, il entreprit une fojte rec^mnaissaiiee dans le Guntzthal, sur Weltenhausen.
Le comte de Giulay, commandant Tavanlgttde autrichienne, s'y opposa avec beaucoup d'habileté«
Mais, le â7, une colonne française se porta 8iir Landsberg, une autre sur Schwabmonchen , une troisième sur Thanhausen , et , le 38 , celle de Sohwabmumchen pénétra jusqu'à Aug&boiirg , et même jusqu'à Friedberg : les troupes Itères des Autrichiens avaient été culbutées sur tous les points»
Le général Kray, faute d'avis certains, s'imaginant que l'ennemi n'avait exécuté ces mouvements qu'avec des partis volants , se contenta de détacher le comte de Meerfeld sur le Lech , avec â régiments de cavalerie. Gel officier passa la rivièi^ à Rain, s'avança dans les envimns d'Aichach et d'Eurathsbourg , et com- Biença à efiectuer sa jonction avec les avant* postes du prince de Reuas, qui. a valent été repousses jusqu'au delà de Schoengau.
Le génial Starray reçut des renforts considérables, prit poste à Rîeden et Ichenhausen^ et pcrussa son avani-garde à Roggenbourg et Weisseohom , évacués par rennemi.
Mais lorsque Kray, mieux informé, sut que la majeure partie de Faile droite de Moreau s'était portée sur le Lech, il forma le projet, digne d'éloges , de profiter du vide occasionné dans la ligne ennemie par ces gros détachements : it combina donc une attaque sur les positions de son aile gauche.
Il y avait pour lui d'autant plus d'espoir de succès, qu'il avait reçu d'immenses renforts, tels que le corps de Starray en entier, une brigade de 6,000 Bavarois, el un nouveau corps de 4,000 Wurtembergeois.
Les Français, au contraire, étaient seosiblement aifaiblis par le départ des troupes , que le premier consul avait ordonné de lui envoyer en Italie.
Les apprêts et dispoailions pour un mouve* ment en avant d'Ulm , furent faits avec si peu de secret, el avec tant de lenteur, que les reconnaissances entreprises, du i<^|^ au 5 juin, en remontant l'Uler, avertirent suffisamment les Français qu'ils devaient se concentrer.
En effet,' leur droite abandonna, le 3 juin , les bords du Lech, se retirant par Mindel, Kamlach, Guntz, en côtoyant le corps du. général Starray, qui s'était déjà avancé jusqu*à Rieden et Wetlenhausen.
Le centre de l'armée française se porta pareiUemenl sur l'Ilier, par sa gauche, lorsque les Autrichiens se répandirent en forces, le 5, entre l'IUcr et Ries. La tète de leur colonne de droite obtint un avantage assez marqué à Beuren; celle de gauche, sous le comte Baillet de la Tour, atteignit aussi , quoique plus lard, les environs de Kirchberg et de Sinningen.
Mais les Français ayant passé, avec une division , le pont de l'Uler à Kelimuntz ( au-dessous de Bless) , celte colonne du comte Baillet fut bientôt repoussée jusqu'à Dietenheim et Brandenbourg.
Kray se décida, pour lors , à aller reprendre sa position sous le canon d'UIm.
11 doit être permis à un écrivain allemand de faire ici une réfiexion, que les Français ont faile eux-mêmes; ils observèrent, avec étonnemenl, qu'on n'avait point cherché à les amuser et les retenir dans leurs positions d'Oberrodt, de Babenhausen, etc. Ils demandèrent pourquoi le corps de Starray, fort de 12 bataillons et 24 escadrons, resta dans Tinaction,
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et pourquoi le prince de Reass ne déboucha point du Vorarlberg.
Cependant, les 13, 13 et 44 juin, ce prince ayant poussé de forts détachements dans la partie de Scfaoengau, Oberndorf et Nesselwang, Tarmée française fit de- nouveau un mouvement général. Son aile droite repoussa ces détachements, occupa Schoengau, et rentra dans Augsbourg et Landsberg.
Le centre et la gauche prirent poste à Krumbach, Roggenbourg, Weissenhorn , TUerberg, Nikelsweiler, Bourgrieden, et rejetèrent les avant-gardes autrichiennes jusque sur Ulm, Wettenhausen et Burgau.
Le 1 5 , le général Starray, encore renforcé de 4 régiments de cuirassiers et de plusieurs bataillons , reprit poste sur la rive droite du Danube, à Giintzbonrg.
Cependant le général Lecourbe s'était déjà porté d^Àugsbourg à Zusmarshausen , sor la
Zusam .
Le centre de l'armée française était arrivé sur la Mindel, la Kamlach et la Guntz, jusqu'aux environs de Bnrtenbaeh, Edelstetten et Waldstetlen, tandis que l'observation de Tarmée autrichienne, sous Ulm, était confiée à la seule division Richepanse, postée à Wizîghausen et Brandenbourg.
A peine le corps de Starray avait^il pris poste , que l'ennemi engagea le combat avec î'avant-garde du comte de Giulay, tant dans les vallées de la Guntz et de la Kamlach , que sur les hauteurs environnantes. Starray ren« força cette avant-garde, et entretint un feu très-vif de canon et de tirailleurs jusqu'à 7 heures du soir. Alors les Français, dont l'aile droite s'était avancée de la Zusam dans la position entre Burgau, Aislingen et Glatt, et était venue, le long de la vallée de Mindel, se réunir à la division engagée dans le combat, firent plier I'avant-garde autrichienne de toutes parts, et la rejetèrent presque dans le camp de Giintzbonrg.
Le général Starray , se voyant pressé par une force aussi imposante, n'osa attendre les Français dans son camp retranché : en conséquence, il repassa le Danube, dans la nuit du 45 au 46 juin, et brâla les ponts derrière
lui.
De ce moment, le général Moreau fut maître de toute la rive droite du Danube, et se vil en
' mesure d'entreprendre le passage de ee fleuve, avec unb grande partie de ses forées.
Les reconnaissances qv*tl fil faire , le 46 et le 47, l'extension de son aile droite jusqu'au dessous de Fristlingen , et sa fausse attaque du 48, au pottide Billingen, indiquaient asseï son dessein.
Il était donc essentiel de renforcer considérablement le général Starray , et c'est dans cet instant que nous le voyons, au contraire, soit par ordre, soft de son propre gré, renvoyer, partie à Tamée, partie à Leipbeim, tous les renforts qu'il avait reçus le 45. il ne lui resta pluscpie 8 bataillons et 5 escadrons, qu'il plaça à Gundelfingen; il établit le géiié^ raf Devaux à Donavrerth^ avec S bataillons et 3 escadrons; c'est**à*4ire, qu'avee 8 ou 9,000 hommes, Starray Ait chargé on se chargea de défendre le coi»rsdn Dannbe» dans un espace de 49 lieues, depuis GiinUboorg jusqn'an-dessous de Donawerth.
Le 46 juin, au point du jour, les Français firent passer 80 nageurs déterminés, près du pont de Grembheim ; ils tombèrent sur les piquets d'infanterie autrichienne postés sur l'autre bord, «les dissipèrent, et rétablirent pvomptement le pont de bois. Leurs troupes en firent aussitôt usage, et enveloppèrent rapidement 2 bataillons autrichiens et i bataillon wurtembergeoîs : de ce côté, les Français }ioussëfent jusqu'à Donawerth.
Au-dessus de Grembheim , ils s'emparèrent aussi de Biindheim^ et se portèrent sur Hcsdistett, où ils rencontrent le corps commandé par Starray lui-même.
Un gros de cavalerie autrichienne chargea, mais sans effet. L'artillerie et les tirailleois entretenaient un feu trèe-vif, lorsque les Français firent raine de vouloir percer entre Hœdkstett et Schresheim. Le générai Starray se replia aussitôt sur la chaussée, yen DIllîDgen; mais 3 régiments de cavalerie française, manœuvrant pour prendre son inhnterie de revers, et menaçant de la couper de GundeUfan gen et de Breniz, il se hita de fkire sa retraite par la plaine de Lavingen. Il trouTa à Gnndelfingen 43 escadrons ée cuirassiers, que le général Kray lui avait envoyés. Ces cnirasners chargèrent les Français; mais ils ftirent repoossésaveepertejusque derrière le petit Medlingen.
De nouvelles oelonnes françinses aimtail
DE LA CAMPAGNE DE I80a
paaié le fleure à DiBingen. Les Impériaux perdireot , dans celte journée , plusieurs milliers de prisonuiera, iO pièces de canon, et un gros convoi délivres» qui tomba àDonawerthdans les mains de Tennemi.
L'année française se trouvait donc à dos de Tarmée autrichienne. Aussi celle-ci abandonnat-eUe, dès le SO» son camp sous Ulm; le Si , elle se porta de Langenau et d*Albek, pendant toute la nuit, et par dea-cbemins non frayés, sur Heidenheim. Après quelques beures de repos » elle marcha vers Neresheim, et arriva enfin, le â5, dans un épuisement total, au camp de Nordlinguen.
Dans Tespoir de donner à ses troupes le tempe de se refaire de tant'de fatigues, le général en chef les disposa en ordre de bataille, le 34, sur les hauteurs qui dominent Nordlinguen : la première n'était qu'à une portée de canon des avant-postes français, et des défilés par lesquels Fennemi aurait pu déboucher.
Le même jour, parvint à Kray la nouvelle de la défaite et de la convention de Marengo; il fit aussitôt proposer au général Horeau de négocier avec lui un armistice de même nature.
Le général français s'y refusa, et fit marcher une partie de son aile gauche, qui débusqua les Autrichiens des postes de Trochtelfingen et BopSngen , pendant que toute son armée se rapprochait de celle de Kray. Ce général se vit donc contraint à décamper, dans la nuit du 24 an 25, et à se porter par Wembdingen sur Monheim.
Cependant, Moreau avait détaché un corps considérable, qui avait ordre de se porter, à marches forcées, sur Munich, par Hoechstetl, Augsbourg et Dachau : c'était un moyen de rendre plus difficiles encore les communications de son adversaire avec le Tyrol. Le gros de Tannée française s'étendit, le 25, sur la rive droite de la Wemitz.
Le 26, au point du jour, le général Kray quitta son camp de Monheim, et gagna Neubourg par Ranerzhofen , après une marche de dix heures. Dans cette position , il se trouva placé à cheval sur le Danube, et prévint l'ennemi dans ses projets.
Le 27 juin , une division de la droite des Français s'avança sur les roules de Rain et de Strass; une autre se dirigea de Pœtmes sur la
partie de l'armée impériale stationnée sur la rive droite du Danube. Le centre occupait Rain, et l'aOe gauche, Donawerth.
Les avant-postes autrichiens furent prompiraïait rejetés sur Tarmée : les Français gagnèrent Ober et Unterhausen , et mémelahau« teurprès Neubourg, qui dominait la position des Impériaux.
Ce fut alors que les officiers les plus éclairés de l'armée autrichienne s'attendirent tous à une action de haute importance. Ils prétendaient unanimement que le général Moreau était situé de manière à offirir les chances les plus favorables à son ennemi. Ils faisaient remarquer, qu'il était facile à la gauche des Autrichiens de reprendre les hauteurs de Neubourg : que celle des Français , à Donawerth, était éloignée du centre de deux lieues, et séparée de lui par deux rivières; que la droite, engagée avec l'armée impériale, était à Rain, à quatre lieues du centre, et, pour ainsi dire, en l'air; de plus, que le corps détaché sur l'iser était à i 5 lieues de dislance, et sans nul appui.
Quoi qu'il en puisse être du plus ou moins de vérité de ces observations, le général Kray fit avancer la droite de la première ligne et une partie du centre , contre l'ennemi. Après un combat excessivement opiniâtre de plusieurs heures , les Français se replièrent sur Unlerhausen. La division qu'ils avaient portée sur Pœtmes, eut affaire à une nombreuse cavalerie, et n'eut pas plus de succès.
L'avantage qu'avait remporté l'armée autrichienne, en ce jour, n'empêcha point que, le lendemain , elle se dirigea vers Ingolstadl , en marchant sur les deux rives du Danube.
Après y avoir jclé une garnison suffisante, elle alla camper, le 50 juin, à Siegcnbourg, et arriva, le 1 ^' juillet, à Landshut : elle y passa riser, et occupa la rive droite.
Les retraites continuelles à marches forcées, l'excessive chaleur et le manque de vivres, avaient épuisé le soldat autrichien : l'armée s'affaiblissait journellement par la désertion, les maladies, et peut-être plus encore par le^ découragement qui y régnait. Le général en chef se détermina , en conséquence, à lui donner un jour de repos.
Cependant, la droite des Français s'avança sur Pœtmes et Schrobenhausen , le centre sur les hauteurs de Neubourg, la gauche dans les
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environs de Strass; une division était restée sur le Schellenbei^.
Le général Decaen, était entré» le S7, à Munich.
Le !«' juillet, Tannée française prit les po^ silions de Adlschag, Nassenfeis, Weihering, Popenhausen, Hohenwarl et Woelznach sur riser. Le 2 , elle s'étendit le long de cette rivière » depuis Reicherlbausen jusqu'à Vohbourg.
Les jours suivants, le général Moreau fit divers mouvements : le 7 juillet, il s'établit sur les deux rives de Tlser, depuis Munich jusqu'à LandshuL II prit poste sur le Danube à Neustadt, investit aussitôt Ingolstadl, et dé* tacha une division de son aile droite, pour renforcer le corps stationné devant les défilés du Tyrol.
Ulm était aussi totalement investie.
L'armée impériale, continuant sa marche
rétrograde, campa, le 5 à Wartemberg; le 4, à Erding; le 5, à Hohenlinden; le 6 et le 7, à Haag : elle occupa, le 8 , le camp d'Ampfing.
L'arrière-garde , sous les ordres de l'arcÂiiduc Ferdinand, parut avoir été entièrement oubliée a Landshut : on ne peut trop s*étonner en voyant qu elle était établie en avant du pont de cette ville. Aussi, lorsque les Français se portèrent, le 7, sur cette position , et pénétrèrent dans Landshut, à la faveur d'un pont situé à quelque distance, et que l'on avait négligé d'occuper, l'arrière-garde autrichienne, prise entre deux feux, perdit toute son artillerie, et fut contrainte, presqu'en totalité, à mettre bas les armes.
Cette action fut la dernière de la campagne d'été.
L'armée française se porta , le 8 et le 9, sur Anzing et Hohenlinden, et, quelques jours après, fut publié l'armistice.
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m LA CAMPAGNE DB 1800.