‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en RussieChapitre 82 sur 86 · CAMPAGNE D'HIVER · texte numérisé non relu

CAMPAGNE D'HIVER

£n conséquence de la convention conclue à Uobenlinden, les forleresses allemandes demeurèrent bloquées 9 mais avec le droit de se ravitailler à termes fixes.

Diaprés la ligne de démarcation (i) qui fut tracée , il reslait aux Autrichiens le haut Palatinat, se rejoignant aux frontières de Bohème, le cours de Tlnn et tout le Tyrol; ce qui leur composait la ligne de défense la plus avanta* geuse.

Un coup d'oeil jeté sur la carte, montre que cette étendue offre Taspect d'une courtine, flanquée de ses deux bastions. La courtine est formée par Tlnn , et les bastions représentés par les frontières du haut Palatinat et de la Bohème, d'une part; de l'autre par la ligne continue des défilés du Tyrol. On peut même considérer les forteresses situées dans les provinces antérieures de TEmpire, comme des ouvrages avancés : les principes et les moyens de défense se calculant , d'ailleurs , d'après le plus ou moins d*éloignement de Prague , Vienne et Inspruk, qui sont les points centraux des forces de la monarchie autrichienne.

Après la conclusion de l'armistice , les Impériaux travaillèrent avec une nouvelle ardeur aux retranchements de Tlnn, rivière déjà dé-

(i) Cette ligne étant déjà décrite avec la plus grande précision dans Fourrage précédent, page 417, j*y renvoie le lecteur, afin d'éviter une répétition inutile.

{Note du Tradwteur.)

fendue naturellement par ses rives escarpées, son sol inégal et rocailleux, et sa rapidité. De Passau i Rosenhaim , vis-à-vis des endroits les plus favorables au passage, ou construisit des batteries et des redants ; on acheva les tètes de pont commencées en avant de Wasserbourg, de Braunau et de Bergheim (entre Markel et Braunau). Cette dernière était située trop bas: elle était commandée de tous les côtés; et ne couvrant le pont en aucune façon. La première était inexpugnable, il est vrai, mais elle n'avait qu'un débouché; savoir, le grand chemin de Munich.

11 est surprenant que l'on ait négligé de fortifier, par de pareils ouvrages, l'espace compris entre Rosenheim etKuffstein, où, dans les guerres précédentes, avaient été effectués des passages de l'inn.

Ce cabinet de Vienne s'imagina, à cette époque, qu'il n'y avait point de moyens plus efficaces pour rendre la confiance à l'armée , que d'en confier le commandement à un autre chef.

En conséquence , Kray fut rappelé ; un des frères de l'Empereur était destiné à le remplacer (s).

L'archiduc Jean vint prendre le commande-

(s) Kray fut immédiatement envoyé en exil dans ses terres , où le désespoir lui causa une maladie qui fit craindre pour ses jours. Ce général a été en butle aui critiques les plus amères, et même aux imputations

jLLâ

PRÉCIS

ment de rarmée : le feldzeugmeisler ( général d*artillerie) baron deLauer, lui fut donné pour conseil. Le colonel Weyrotter, fut nommé chef de son état-major : cet oflScier avait déjà donné des preuves d'un talent distingué.

L*armée que j'ai évaluée à i 40,000 hommes, lors du début de la campagne, en avait perdu environ 20,000 depuis cette époque, 20 autres mille avaient été laissés dans les places fortes , ce qui la réduisit à 400,000 hommes. Mais un renfort de 9,000 Autrichiens et de 5,000 Bavarois, à la solde de TAngleterre , la portait à 414,000 combattants effeclifis, quand, au commencement de septembre, les Français annoncèrent la reprise des hostilités.

Ils avaient rassemblé leur armée dans une position parfaitement adaptée au développement de leurs projets.

On trouve, entre les sources de TAttel, de TEbrach, de l'iser et de la Schwaben, une diaine de montagnes, en grande partie couvertes de bois. Le terrain adjacent est en général marécageux et roupé. Les forêts les plus considérables, dans cette partie, sont celles d'Ebersboi^ et d^Anzing; elles occupent toute la contrée de Hohenlînden, et s'étendent jusqu'à Ebersberg et Steinring. C'est sur ce terrain, singulièrement convenable au génie et à la tactique de Finfanlerie française, qu'elle était disposée.

L'armée impériale fut partagée en quatre colonnes. Celle du centre devait attaquer les forêts d'Ebersberg et d*Anzing, par le grand chemin de Hohenlinden; en se réunissant ensuite à celle de droite, se porter sur Zomeding.

Celle-ci , avant d'opérer sa jonction , débouchait de Haag sur Schnaubingen , laissait Burgrein à gauche, forçait le poste d'fsen, et gagnait le chemin d'Erding à Hohenlinden, pour attaquer le flanc gauche des Français.

La colonne de gauche avait pour but de fortes plos injustes. On a su depuis, et Ton saura mieux eneore on jour, qu*il n*eiit presque {amais la liberté d*agir selon ses vues. M. de Lehrbacb, enTojé par T Empereur auprès de lui , coatrariant ses idées , et lui intimant chaque jour Tordre de ne point hasarder d*action décisive, doit être considéré comme le véritable général en chef, dans cette fatale campagne. L'infortuné baron de Kray avait trop bien pressenti toutes les préventions et la malveillance, dont il ne pouvait manquer d*étre

cer le poste d'Ebersberg, en se dirigeant par Malskirchen, d'une part, et de l'autre par Masen et Craefing. Elle se réunissait également à Tarmée, à Zorneding.

Une quatrième colonne , enfin , fut placée comme réserve, sur le grand chemin de Wasserbourg à Munich , à Tulling, en arrière de Steinring.

Le corps du prince de Condé , réduit à une poignée d'hommes, fut posté sur la route d'Aibling à Zorneding.

On ne peut nier que ces dispositions, attribuées au chçf de Télat-major, ne fussent excellentes en elle»-mêmes.

Le 49 septembre fut employé en apprêts de tout genre, quoique l'ennemi fît peu de mouvements , et semblât vouloir se tenir sur la défensive.

L'Empereur s'était rendu lui-même à l'armée; il fit annoncer à l'ordre que tout accommodement devenant impraticable, il fallait rabattre les prétentions des Français par la force des armes; qu'en conséquence, il entendait que ses troupes les attaquassent le lendemain 30, sur tous les points. Sa Majesté promettant d'être témoin oculaire, pour distinguer les efforts de chaque combattant.

En effet, le 19 au soir, les colonnes se rapprochèrent de leurs avant-postes, et Taction générale semblait inévitable pour le lendemain.

Il vint un contre-ordre pendant la nuit : l'armistice était prolongé de 24 heures.

Quelques heures avant qu'il expirât, Tarmée apprit qu'une nouvelle suspension d'armes venait d'être conclue pour 45 jours : la cession des trois forteresses d'Ulm , Ingolstadt et Philipsbourg , en faisait la base.

Les Français se trouvaient ainsi considérablement renforcés par les trois corps de blocus, et leur ligne de subsistance acquérait une plus grande sûrclé , tandis que les Impériaux per-

Tobjet , en remplaçant Tarchiduc Charles. Il conjura r Empereur, à plusieurs reprises, de révoquer sa nomination ; mais e&6n il fallut obéir.

L*arcliiduc Charles, eo rentrait an ministère, loi écrivit une lettre des plus flatteuses : le suiTrage de ce prince est une réponse viclorieuso aux insinuations de 1 envie. — Le général Kray vient de mourir. (Janvier 1801.)

{Note communiquée au Traducteur.)

daieot presque tout moyen de se soutenir en avant des pays héréditaires.

Cette cession signée , Sa Majesté Impériale reprit la route de Vienne.

Cependant le terme » fixé par Tarmistice de Hohenlinden, était expiré» etTErapereur refusaot encore d'acquiescer aux propositions du gouyemement français, le général Moreau déclara que les hostilités recommenceraient le 28 novembre.

Il venait d*étrc arrêté, entre les généraux aulrichiens, un plan qui avait pour but principal de forcer l'ennemi à évacuer toutes ses positions à Hohenlinden» sur Tlser, TAmmer, etc. On devait parvenir à ce grand résîdtatpar des manœuvres habilement calculées, pour prendre toutes ces positions de revers; mais tout à coup on changea d'idées; on parut avoir adopté les moyens de force, et vouloir courir les risques d'une bataille.

En conséquence, l'armée de l'archiduc Jean s'avança, le 28 novembre, dans la contrée de Eggenfeiden, Neumarkt et Vielsbieburg.

L'avant-garde s'empara du poste de Landshu t, etKlénau passa le Danubeavec 8,000 hommes.

Le 30 , l'armée fut portée sur l'iser : elle occupait, à Ampfing, les deux bords de cette petite rivière.

Pendant ce temps, les avantrgardes françaises, soutenues de la m^eure partie de l'armée, s'étaient avancées sur l'Inn supérieure, jusqu'aux tètes de pont de Wasserbourg et de Kraybourg : elles s'étaient emparées des postes situés sur les |[iauteurs d'Aschau, Roemering, Haun,Rothenkirchenet Dorfen.

Le but du géoéral Moreau était de pénétrer les desseins des Autrichiens, et alors de passer l'Ion , ou , comme on le vit après, de tout disposer pour un engagement sérieux dans une seconde position, près de Hohenlinden.

On ignorait totdement, au quartier général de l'archiduc, où était Tarmée française et ce qu'elle voulait faire : on se mit en mouvement le \^^ décembre, pour s'en éclaircir.

Les avant-gardes françaises furent attaquées de front, dans les positions décrites ci-dessus, tandis que de fortes colonnes, suivant les vallées de l'iser, les prenaient de revers : elles furent donc contraintes à se replier sur Haag.

Les deux partis s*étaient donc retrouvés.

Le S décembre, le général Moreau reprit sa première position de Hohenlinden , et le renforça d une partie de son centre stationné près d'Ebersberg. Lesdeux divisions qui y restèrent, durent avoir reçu l'ordre de se porter de là sur Matenpœt, le 5 décembre, pour prendre en flanc les colonnes autrichiennes qui voudraient avancer sur Hohenlinden , pendant que l'aile droite française, postée sur Tlnn supérieure, se porterait par sa gauche sur Ebersberg.

Le â même, au soir, les Autrichiens se dirigèrent sur les positions de Haag, et emportèrent les postes près d'Isen , afin d'être en mesure d'entreprendre, le lendemain, une attaque générale contre la ligne de l'ennemi.

Le plan consistait dans une attaque sur le| front et sur le flanc gauche des Français, qui devait être entièrement enveloppé.

On avait formé trois divisions de Tannée impériale, sous le commandement des généraux Risch, Baillet et Kienmayer. Chacune de ces divisions consistait en 4 régiments d'infanterie et 4 de cavalerie; déplus, le corps de réserve, de 8 bataillons de grenadiers, 1 régiment d'infanterie, plusieurs régiments de cavalerie, et les troupes auxiliaires bavaroises : enfin , les corps des généraux Meczieri et Klénau.

Cesdeux derniers, comme faisant l'extrémité de l'aile droite ^ devaient se porter, partie sur l'Ammer, partie le long de Tlser, en la remontant, sur Munich.

Les divisions Kienmayer et Baillet avaient pour objet de s'avancer par Aerding, Dorfen et Isen, contre le flanc gauche des Français, qu'elles devaient envelopper et culbuter.

Le corps de réserve était destiné à marclier sur Hohenlinhen par le grand chemin de Haag à Munich : la division Risch devait tendre au même but, en se dirigeant par Reit, Freimaring et Saint-Christophe.

Le 3 décembre , la pluie , les torrents avaient rendu les chemins presque impraticables; les flocons de neige obscurcissaient l'air , on voyait à peine à cent pas devant soi. L'artillerie s'embourbait; les hommes et les chevaux n'avan^ çaient qu'en glissant. Ce fut dans cette situation que la bataille commença.

L'armée se porte obliquement sur sa gauche.

Le général Meczieri prend Freising. Les divisions Kienmayer et Baillet s'avancent avec I difliculté par Isen et Aerding. La division Risch

PRÉCIS

éprouve la même peine à traverser un terrain détrempé.

En même temps, le corps de réserve est mis en mouvement, et marchant sur le grand chemin, il dépasse bientôt les autres colonnes : son avant-garde s'engage avec le gros de Tarmée française, à Hohenlinden.

Cependant, les deux divisions françaises, stationnées à Ebersberg, se portaient sur Matenpœt. La première de ces divisions, sous le général Richepanse, erre longtemps à travers les tourbilloos de neige : la queue de sa colonne, retardée par le mauvais temps et les chemins sans fond, entame une action fort vive avec le corps du général Risch ; la division du général Decaen survient , et appuie celle de Richepanse. La tète, qui était en avant, parvient jusqu'à Matenpœt. Un homme timide se serait cru coupé et perdu. Richepanse pousse sans hésiter jusqu'au grand chemin , et tombe enfin, dans les bois situés entre Matenpœt et Hohenlinden, sur la queue du corps de réserve, qui ne s'attendait point à celle brusque attaque.

Une terreur panique s'empare des colonnes autrichiennes; le désordre s'y répand de toutes parts. Français et Autrichiens, confondus, se battent par pelotons séparés. Le chemin est couvert de cadavres et de canons renversés.

Les valets d'artillerie coupent les traits des chevaux , et la déroute est complète.

Le général Morean , de sa position de Hohenlinden, s'aperçoit de ce qui se passe au-dessous de lui : il s'ébranle; et tombant avec impétuosité sur les débris du corps de réserve , il achève de dissiper tout ce qui essayait de se rallier.

Les autres colonnes de l'armée impériale se hâtent d'effectuer leur retraite; elles se replient toutes sur Muhldorf. La nuit seule arrêta la poursuite des Français.

Le jour suivant leur permit de réunir les trophées de leur yictoire; ils virent que plus de 80 pièces de canons étaient en leur pouvoir.

L'armée autrichienne ne fut plus occupée que de tous les moyens de défendre l'inn , derrière laquelle ses généraux Pavaient disposée, à l'abri d'une longue ligne de retranchements. Le cours de la rivière avait été divisé en trois parties; de Passau à Braunau, de

Braunau à Wasserbourg , et de Wasserbourg à Kufstein.

La division Risch marcha, les 7, 8 et 9 décembre, par Ampfing, Kraybourg et Wasserbourg , pour gagner les environs de Seebnik et de Rosenheim. Elle eut à fournir deux jours de marche forcée et excessivement pénible, de plus qu'elle n'aurait eu à faire, si, en quittant le champ de bataille, on l'eut fait défiler par la tète de pont de Wasserbourg.

Les autres divisions se rendirent également dans les positions qui leur étaient assignées , c'est-à-dire, la division Kienmayer occupa tes têtes de pont de Kraybourg et Muhldorf, et fut chargée de la garnison de Braunau.

Le corps de réserve fut placé en avant de Hohenwart, sur la rive gauche de l'Alza; il devait défendre la droite del'lnn , entre Muhldorf et Braunau.

La division Baillet fut établie à Obingen, entre Wasserbourg et Trossbourg, pour couvrir l'espace compris entre Muhldorf et Wasserbourg.

Le prince de Condé, renforcé d'un régiment de cavalerie , fut chargé d'observer le cours de rinn, depuis Wasserbourg jusqu'à Kufstein.

L'armée française s'était étendue dans toute la longueur de la rive gauche de l'Inn : elle n'avait rien négligé pour fixer l'attention des Autrichiens sur la partie inférieure de la rivière, pendant qu'elle faisait les apprêts d*an passage au-dessus de Rosenheim.

A dater du 6 décembre, le général Moreau appuya constamment sur son aile droite, de sorte que la gauche observait toujours les tètes de pont de Braunau, Muhldorf, Kraybourg, Wasserbourg, etc.

Le centre et la droite étaient concentrés, le 8 , sur le chemin de Rosenheim à Aibling.

Il ne se faisait plus, cependant, aucun mouvement dans l'armée impériale.

Dans la nuit du 8 au 9, les Français avaient rassemblé un corps de troupes au-dessus de Rosenheim , en face du village de Neubeuren.

Au point du jour, ils passèrent l'Inn, sous la protection d'une forte batterie.

Il» replièrent, sans peine, tous les postes du prince de Condé , et construisirent en trois heures un pont sur la rivière. Vers midi, ils avaient déjà deux divisions sur la rive droite.

Une partie prit poste sur les hauteurs de

Neubeiinm; ane autre se dirigea vers Textrémité orientale du lac de Chiem 9 sur la route deSeebruk; la troisième, et plus forte, sV Yaoça par Rohrdorf sur Slephanskirch et le chemin de Rosenheim.

Le général Riach se vit contraint, par ce mouvement, à se replier derrière TAlza, vers Seebruk.

Lorsque les Français se furent ainsi rendus maîtres de la plus importante et de.la plus redoutable barrière de T Autriche , l'armée impériale fut mise en marche le JO décembre.

La division Baillet évacua la tète du pont de Wasserbourg , et se relira sur Waging.

Celle du général Risch fit sa retraite sur Trauenslein.

Le iâ, toute Tannée fut disposée dans la ligne de défense tracée derrière la Salza. On eqpéraity en s'y maintenant, conserver, d'une part, ses communications avec Tlnn inférieure depuis la tête de pont de Burgheim jusqu'au confluent ; de l'autre , avec le Tyrol.

Le poste de Burghausen fut garni de quelques bataillons; 1 régiment d'infanterie et plusieurs escadrons occupèrent Laufen. Le corps d'armée principal était établi entre la

Sada et la Salza.

Cette position était, pour ainsi dire, inexpugnable; elle consistait en grandes plaines, dont le front était couvert par les défilés de la Sala, et les flancs par la Salza et une chaîne de roches escarpées. Mais, à dos de cette position , et à une demi-portée de canon seulement, coulait la Salza; on n'avait sur cette rivière que deux ponts de bateaux et un de pierre, circonstance qui pouvait exposer aux plus graves inconvénients.

Déplus, cette position, susceptible d'être défendue par iS,000 homnies , la plupart de cavalerie f était encombrée de troupes : elles se montaient à plus de 30,000 hommes d'infanfanterie, sans compter la cavalerie.

Les Français, de leur côté, serraient Tannée autrichienne de très-près, dans sa retraite. Les deux divisions de leur aile droite s'avancèrent sur le chemins qui mènent à l'Alza , de droite et de gauche du lac de Chiem , et se dirigèrent ensuite sur la Sala par Trauenslein et Teissendorf.

Elles furent suivies par les deux divisions du centre, qui, néanmoins, pour forcer les

Autrichiens à évacuer la tète de pont, se portèrent sur le grand chemin de Wasserbourg, et poursuivirent alors leur marche par Altenmark et Waging.

Deux divisions de la gauche passèrent en même temps l'Inn à Wasserbourg, et vinrent se réunir à Tarmée, sur le grand chemin dont il vient d'être fait mention.

La troisième division de cette aile passa la rivière à Muhldorf , prit le chemin d'All-Oetting, traversa l'Alza , et se porta sur la tête de pont de Burghausen.

Les 12 et i5 décembre, le général Môreau fit reconnaître les bords de la Sala et de la Salza. Il apprit que cette dernière rivière n'était point suffisamment gardée au-dessus de Laufen. Quelques soldats français se jetèrent à la nage, et allèrent détacher des bateaux sur la rive opposée. En un instant , A à 500 hommes furent transportés sur le flanc de la position autrichienne.

Ils marchent rapidement sur 5 bataillons qui défendaient le pont, les culbutent, et leur coupent la retraite sur Salzbourg.

Le général Moreau fit immédiatement avancer toute son aile gauche et son centre sur Laufen, où ils passèrent la Salza. Deux divisions seulement s'étendirent sur la Sala, vis-à-vis des Autrichiens.

Ceux-ci semblaient ignorer les grands événements qui venaient d'avoir lieu. Le 14 décembre, le jour commençait à peine à luire, quand les Français attaquèrent et replièrent les avant-postes de l'aile gauche. Deux divisions étaient en pleine marche sur Salzbourg.

Le prince de Lichtenstein reçut ordre, alors, de s'avancer avec la réserve, de passer le Salza, et de s'opposer à l'ennemi , qui arrivait par Laufen ; mais il était trop faible pour tenir tête aux Français, qui étaient déjà, le même soir, à Bergheim , h une lieue et demie de Salzbourg. Tout ce que put faire le prince de Lichtenstein , ce fut de couvrir le passage de l'armée sur les ponts de la Salza , dans la ville même. L'armée profita de la nuit pour gagner, sans obstacle, Neumarkt, où elle arriva le lendemain 15.

Ce jour, et la nuit suivante, le corps de réserve fut porté à Frankenmarkt avec deux divisions; et celle du centre resta à Steindorf , entre Neumarkt et Straswalchen, pour

jM

PRÉCIS

soutenir rarrière-garde, postée à Neumarkt.

Cependant 9 Tarmée française s'était postée de Salzbourg sur le chemin de Burghausen, et se dirigeait par Mondsée , partie sur Gemunden, partie sur Neumarkt.

Le 17 décembre» Tarmée autrichienne lut conduite derrière Voeglabruk : la division Kienmayer, de Taile droite « demeura à Frankenmarkt, comme soutien de i'arrière-garde, si tuée à Unter-Muhiham. Cette arrière-garde fut attaquée et repliée le même jour.

Le iSy les ordres étaient donnés pour» établir le corps de réserve avec la division de Taile droite à Schwanstadt, et celle du centre sur la rive droite de la Traun. La division Risch» de Taile gauche, devait poster toute sa cavalerie dans les plaines du Regau , et sur la rive droite de TAtler; son infanterie dans les forêts, sur la rive gauche de ce ruisseau, et soutenir ainsi Tarrière-garde, postée entre Voegelraarkt et Frankenmarkt. Mais les Français tombèrent tout à coup sur cette arrièregarde, el la prirent presque en totalité. Le corps de soutien se retira confusément et par pelotons, et vint s'embarrasser dans la queue de Tarmée, qui était encore occupée à défiler de son camp.

Les Français profitèrent de ce désordre, pour faire beaucoup de prisonniers et de butin ; ils poursuivirent leurs avantages avec tant de rapidité, que Tarmée fut obligée de gagner Lambach, et que la nouvelle arrière- garde, postée dans les défilés de l'Atter, à Schwanstadt, fut enfoncée, et presque entièrement faite prisonnière.

Pendant ce temps, le corps du général Meczieri, qui avait été placé sur Tlnn inférieure, ainsi que la garnison de la tète de pont de . Barghausen, était arrivé sur la route de Ried à Seeling.

L'aile droite des Français occupai t les gorges de Gemunden ; la gauche , ayant été retardée parle poste de Burghausen, ne faisait que d'arriver à Ried.

(i) Ce prince, en faisant la revue de ces troupes qu'il avait autrefois conduites à la victoire, ne put voir, sans verser des larmes, Tétat de délabrement et d'humiliation où elles étaient réduites.

Quelque chéri que fût Tarchiduc Charles de Tofficier et du soldat , son arrivée au camp ne produisit pas sur les esprits tout Teffet qu'on s'en était promis. La nou>

Le corps d^année firançais , qui devait observer le général Klénau sur rAltmuhl et le Danube, avait tenté des diversions en avant de Ratisbonne et vers Passau, pour le contraindre à renoncer à la jonction qu'il Tenait d'opérer avec le général Simbschen, jonction qui avait rejeté le général Augereau sur la Rednitz.

Klénau se vit, en effet, forcé de revenir sur la Regen, en la remontant, pour couvrir » en cas de besoin , les passages de la Bohème du côté de Passau.

IjC 19 décembre, l'arrivée de l'archiduc Charles fut annoncée à toute l'armée (i).

Le même jour, elle abandonna les deux rives de la Traun, prit sa direction sur le chemin de Steyer, et campa dans les bois de Wirth sur la Linde , à 4 lieues de Cremsmunster. L*arrière-garde restaàLambach, sur la rive gauche de la Traun.

Les Français s'étendirent sur cette rive jusqu'à Wels, culbutèrent l'arrière-garde sur le pont de Lambaeh, qu'elle n'eut point le temps de rompre, et s'emparèrent d'une grande quantité de charrois et de canons.

Le âO décembre, ils reprirent vivement leur poursuite, replièrent l'arrière-garde que Ton avait laissée à Wirth , atteignirent l'armée qui défilait encore par la gorge de CrernsmuDSter, et firent de nouveau une immense prise d'artillerie et de caissons.

Le 2i , fut arrêtée une convention, en vertu de laquelle l'armée impériale devait immédiatement passer l'Ens : l'armée française était maîtresse de la suivre, mais sans combat.

L'archiduc fit donc défiler ses troupes sur deux colonnes qui se croisèrent; Tavant-garde française les suivait aussi près que possible. Â 6 heures du soir, la convention expira : tout ce qui n'ïivait encore pu passer l'Ëns, soldats, canons, bagages, tomba entre les mains de l'ennemi.

Le 22, l'arrière-garde resta sur la rive droite de l'Ens. L'armée gagna , sur deux colonnes

velle s'était répandue que ce prince allait s'âTascer à la tète des 26 bataillons formés dans la Bohème , la Silésie et la Moravie; qu'il était suivi de 5,000 volontaires viennois et de 16,000 hommes de Finsurrection hongroise : il parut seul , et Tarroée n'éprouva qu'une joie passagère.

{Note communiquée au Traàutteur.)

qai se croisèrent encore , le grand chemin près Slremberg.

Les Français s'étendaieni loul le long de la rive gauche de TEns. On s'estimait heureux , dans Tarmëe impériale, d'avoir échappé i la poursuite de l'ennemi : on ne craignait plus de se voir couper la retraite par la grande route de Vienne.

Le 23, Tarchiduc gagna Amstetter, sur deux colonnes qui se croisèrent de nouveau; le 24, Hemelbach; le 25, Moelk : le 26, il vint camper derrière Saint-Poelten, Tarrière-garde toujours à une marche de Tannée. Les Français suivaient pied à pied, mais à peine se tirait-il quelques coups de fusil.

L'armée aulrichienne n'était plus qu'à 11 lieues de Vienne, lorsque fut notifiée la signature de l'armistice et des préliminaires de paix. Celte nouvelle fut reçue avec transport.

L'archiduc Charles avait rétabli dans l'armée quelque apparence d'ordre, mais il n'avait pu rendre la force à des soldats accablés par tant de maux et de privations.

L'armée impériale , au moment où l'armistice fut publié , était répandue dans les bois de Saînt-Poelten : elle offrait un spectacle déplorable. L'honneur du brave soldat autrichien ne permet pas que Ton oublie tout ce qu'il endura sans murmurer. Pendant six semaines, il fut exposé sans tente, sans abri d'aucune espèce , à toutes les rigueurs de l'hiver : dans une retraite de 25 jours consécutifs, on lui fît faire des jnarches forcées de 12 et 15 heures par des chemins presque impraticables; il était nu, privé de sommeil, et à peine nourri. Ses revers ne lui ont point fait perdre l'estime de l'Europe, et ses vainqueurs se sont plus à lui donner des témoignages de celle qu'il leur a inspirée

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