A l'aide d'une manœuvre
La première n'entre pas dans le but de cet ouvrage, qui ne peut s'occuper que de la seconde.
Les opérations stratégiques renferment tons les mouvements qui précèdent ou qui suivent les engagements. C'est dans la manière dont nous manions nos masses et dans les directions
que nous leurs donnons» que nous retrouYons le vrai esprit des manœuvres.
La force des années actuelles est tellement grande , qu'on est obligé » pour ne pas rendre les colonnes trop allongées et les marches trop lentes , de se mouvoir en plusieurs masses qui occupent plusieurs points , qui se trouvent plus ou moins sur la même hauteur. C'est le partage des diSërentes masses sur une même ligne que nous avons appelé le déploiement stratégique.
Une armée qui occupe une ligne, et qui y est stratégiquement déployée , peut être attaquée sur trois points différents, qui sont : un des deux flancs ou le centre.
Les flancs d'une ligne stratégique ou tactique étant toujours les parties les plus faibles, sont, non-seulement les plus faciles à être attaquées, mais nous conduisent aussi à des résultats trèsgrands et très-décisifs. Un des flancs d'une ligne stratégique ayant été refoulé sur le centre, met la directrice de nos adversaires en échec, et en rejetant ceux-ci en sens inverse de leur direction naturelle, nous Kvre aussi l'avantage de pouvoir les séparer de leur base d'approvisionnement.
Cette manœuvre cependant ne peut pas porter i l'ennemi un coup aussi sensible que lorsque nous parvenons à percer le centre du déploiement. Un des flancs de la ligne rejeté sur le centre, laisse aux défenseurs la faculté de conserver leurs masses en concentration, et l'espérance de pouvoir, en profitant d'un moment oppOTtun, reprendre l'avantage perdu. En perçant le centre de la ligne stratégique des ennemis, on les rejette, non-seulement en sens contraire de leurs lignes de retraite et de leur base d'approvisionnement, maison finit par séparer les flancs, et en les isolant l'un de l'autre, on leur ravit tous les avantages dont la concentration d'une grande masse est susceptible.
Pendant la campagne de i809. Napoléon, à la suite de manœuvres savantes , pouvait opter entre les deux moyens d'attaque d'une ligne stratégique. En utilisant le mouvement du maréchal Massénade Pfaffenhofen, auquel il aurait pu faire faire un changement de front dans le sens stratégique pour le diriger sur Siegenbourg et Pfafienhausen, il ne dépendait que de lui de rejeter les forces du flanc gauche, commandé par le général Hiller, sur celles de Tarchiduc Charles; mais il préféra aller audevant de plus grands résultats, en séparant
les deux flancs des masses autrichiennes, et se porta sur la communication qui marquait l'intervalle entre les deux flancs.
Pour rendre cette application plus intelligible, recourons aux opérations qui eiurent lieu à celle époque.
Le déploiement stratégique des Autridiiens s'étendait depuis Mainboiu*g , le long de l'Abensf jusqu'à Ratisbonne, où se trouvait Tarchiduc Charles en personne. Ce dernier, s'étant trop étendu vers cette ville, avait laissé une lacune dans la direction de Rohr et Rottembourg k Landshut. C'est sur cette lacune que Napoléon jeta les yeux. Le but primitif d'intercepter toute communication entre les troupes de Hiller et l'archiduc Charles, fut l'objet de toutes ses dispositions, il ne le perdit pas un seid moment de vue. Pendant que lui-même, avec les corps de Lannes, de Wrede et celui des Wilrtembergeois, il avait attaqué les troupes de Hiller, qui occupaient les points d'Ofienstetten, de Rhor, de Bibourg et de Siegenbourg, il enjoignit aux maréchaux Davoust et Masséna, k Tun, de manœuvrer de manière à contenir ks troupes de l'archiduc Charles sur les deux rives de la Laber , à l'autre, placé sur le flanc gauche du déploiement stratégique des Autrichiens^ de se porter, sans perdre un seul moment, sur riser, pour surprendre les troupes rétrogradantes de Hiller au passage du fleuve.
Tous les combats qui devaient délier le nœud de cette opération compliquée furent menés avec autant de valeur que de sagacité. Les troupes bavaroises et wiirtembergeoises s*y couvrirent de gloire. Dans la crainte de perdre ses lignes de retraite, le général Hiller, battu k Rohr et Siegenbourg , pressa son mouvement rétrograde, pour gagner PIser, avant que Masséna ne fût en mesure de l'en couper. Il y parvint en eff*et ; mais séparé sans retour des troupes de l'archiduc Charles, l'armée autrichienne ne forma plus que deux masses isolées, sais corrélation entre elles, et dont les efibrts ne pouvaient plus être simultanés.
Telles ont été les modulations de cette opération brillante, une des plus avantageuses de la stratégie, dont huit combats meurtriers, à Abensberg, à Kirchdorf, à Rhor, à Rottembourg, à Siegenbourg, k Birwang, à Langqwaid et à Tengen, ont formé les préliminaires et délié le nœud. C'est certainemmt un des
MEMOIRES SUR LES PRINCIPES
p4its b««iux jcUk^ in la vie BÎlîUire de Napol4îou« duui le ^leoiiï y dê««k>ppa les grandes
La Ufetfiiie lu^nuîuvre 6it eACutëe par Napo-
l«Mu ^ rott«eriuM «le la campagne de 1796,
v.»u(re les dbeu\ corps de BeauUeu et de Colli,
^ui \>cc^|Miettfc une lî^ene de déploiement hors
v{« luesuffiK <)tu s'eteodaîl depuis la Bochetta
ju;!4^ à Ct^a ^s La dr^le du pfeniier, corn-
uMOidee par Argieuleau^ p^v^lèe à Sasselloel
Ue^ eUùi :^p«uve de la piucbe du second ,
cvHuuMtttdiM par l^v^era« ^ui se trouvait à Mil-
kMHH^x par W (emùot <àicaneux« enclavé en-
Uv t^ nattées de la ^umMÎda el de PErro. Na-
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t^ye U HWkt^eux re q\ii nous place perpendicu*
taiiv^^«Ml j^ U'vir ligue de déploiement.
y\^ \\Maw<^ Vf4l^ t^|M^r«(ioii ne saurait être tsseï étu- ^W* 1**^ K>* md»Uiie«, j<» crvl» devoir conseiller au Vs1<^- ^>M amw^^(\^u)ir to!« «It^Uils les plus circonstan- ,H^ ** <i*t*a«^^ l^^^'r nuiae le» Mémoires sur la guerre ^ MN«, m kHmi^p^^ par le général Met. Cet offl- ,^N m^ ^MitMWi* |w»r «eii talent» que par sa profonde ^.^tf^N ^tMA a Mxré deii matériaui très-précieux sur
Pour être à même d'attaquer la ligne du déploiement stratégique de ses ennemis , il faut s'en approcher; et ces mouvements , qui nous amènent dans la proximité de nos adversaires, nous offrent, par rapport à la position de nos masses , trois ordres de déploiement stratégique , dans lesquels nous pouvons nous présenter devant la ligne ennemie , qui proviennent de la configuration du terrain que nous devons parcourir, et des objets des opérations que nous devons occuper, qui sont :
i . L'ordre parallèle ;