‹ Considérations sur les grandes opérations de la compagne de 1812, en Russie; des M émoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 60 sur 87 · DES PROPRIÉTÉS DE £A CAVALERIE LÉGÈRE · texte numérisé non relu

DES PROPRIÉTÉS DE £A CAVALERIE LÉGÈRE

Le service de la cavalerie légère est de beau- * coup plus compliqué que celui de la cavalerie de ligne; mais comme les grandes vertus de celte arme en général gisent dans le dioc» les propriétés de la cavalerie légère ne peuvent pas être, sous les mêmes rapports, d*un effet aussi eflficace que celles de la cavalerie de ligne ; cependant la cavalerie légère possède d'autres pi'érogalives qui la rendent quelquefois même dangereuse à celle-ci.

Quoique tout ce qui se rapporte Ji la surveillance de l'armée, comme service d^avant-postes, des patrouilles, des reconnaissances, des avant et arrière-gardes, etc., etc., etc., soit du ressort de la cavalerie l<^ère, nous l'avons vue cependant se joindre souvent aussi aux travaux éclatants delà cavalerie de ligne , et moissonner des lauriers tout aussi nombreux qu^elle.

Un service aussi compliqué , et souvent A épineux et si difficile, exige, pour la composition de la cavalerie légère , des gens possédant des prérogatives morales et physiques marquées, et qui soient non- seulement d^un courage fougueux, mais intelligents, actifii et fins.

Dans beaucoup d'occasions, la cavalerie légère, mais dans une acception beaucoup pins vaste par rapport à l'étendue du terrain sur lequel elle peut agir, doit tenir à Tannée le même rang que les tirailleurs. La difficulté de son service cependant est infiniment plus grande , à cause de la sphère étendue que son service doit embrasser et des entraves multipliées que les différentes variétés du terrain offrent à son action. Le cavalier, loin de par* tager toutes les prérogatives et la facilité de l'action d'un fantassin isolé, dont j'ai parlé avec détail dans la troisième et la septième section du second chapitre, est soumis à on service dont les difficultés se multiplient parla circonscription de la sphère de ses vertus.

Mais les entraves que la cavalerie légère rencontre dans son service sont quelquefois compensées parla vëlooité de cette arme. Cettr

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verlu lui offre les moyens de donner plus de développement à son service, et celui des avant-postes ou des patrouille^ faites sur de grandes étendues, lui est moins dangereux que pour rinfantcrie, dont le mouvement lent la soumet à des défailes désastreuses lor^u*elle se trouve attaquée par un ennemi bien plus puissant.

Les services que peut rendre la cavalerie lé» gère, envoyée pour reconnaître les mouvements de TeiMiemi, sont souvent incalculables. La facilité avec laquelle cette arme menace les parties les plus vulnérables de ses ennemis, ainsi que la rapidité avec laquelle elle se porte sur les flancs et à dos de ses adversaires, sont souvent sufiisantes pour retarder leurs mouvements offensifs, et donner à Farmée défensive le temps de se préparer pour les recevoir. C'est là que le chef qui commande la cavalerie légère doit déployer la vaste sphère de son génie; et si, dans des cas pareils, la bravoure impétueuse dont les chocs ordinaires de la cavalerie de ligne doivent porter Tempreinte , est également requise de la cavalerie légère pour ses chocs en lignes, Tintelligence, la circonspection et la finesse doivent présider h son action lorsqu'il s'agit de combattre en débandade.

Comme ces reconnaissances se font souvent à de grandes distances de la masse primitive de Tarmée, et appartiennent principalement au domaine des opérations secondaires de la guerre, elles reposent presque toutes sur le service des troupes légères, et la cavalerie légère y développe aussi toute la vaste sphère de ses propriétés.

Un moyen très-efllicace pour accorder aux troupes légères toule la force inhérente à leur nature, est sans doute celui de soutenir l'action de la cavalerie légère par celle de$ tirailleurs. Leur soutien mutuel double leur force réciproque, et accorde surtout à la cavalerie légère, assez pauvre en forces intrinsèques, les moyens de se soutenir plus facilement sur des terrains où , abandonnée à sa seule impulsion , elle n'aurait que des revers à attendre. Un tirailleur bien posté , en occupant son adversaire et en attirant sur lui l'effet de son arme, accorde au flanqueur un moment propice pour tomber sur leur ennemi commun, et le cavalier, en voltigeant autour du tirailleur ennemi, lui ravit celte froide contenance qui

constitue un des principes de la justesse du tir. Le général Duhesme , dans son Esiai /twrorique $ur P Infanterie Ugère, nous assure que la combinaison de l'action des tirailleurs avec celle de la cavalerie légère, a été une des grandes causes de la victoire que Dumouriez remporta dans les plaines de Jemmapes. < Il lança , dit-

> il , des bataillons tout entiers en tirailleurs, » et les soutenant par de la cavalerie légère, » il leur fit faire merveille : ils entourèrent les

> redoutes des Autrichiens , et firent pleuvoir » sur leurs canonniers une grêle de balles

> si violente, qu'ils les folcèrent d'abandon- 1 ner leurs pièces. Ce nouveau genre de com-

> bat contribua au succès de cette brillante

> journée. >

Dans tous les engagements qui appartiennent à l'action des opérations secondaires de la guerre, où on fait usage de la débandade, le cavalier et le tirailleur doivent donc être des amis inséparables, et on doit baser l'effi^ cacité des résultats de leur service sur la réciprocité de leur soutien.

La cavalerie légère peut quelquefois, à l'instar des tirailleurs, couvrir aussi sur les champs de bataille les grands mouvements des armées, et, s'étendant sur le front de leurs lignes de bataille, préparer leur action, et faciliter leurs succès. A la bataille de Dennevitz, j'ai été témoin d'un mouvement fait dans le sens de cette tactique ; et si l'action préparatoire de la cavalerie légère, et qui avait si bien réussi, avait été soutenue par quelque mouvement décisif des masses qui formaient les lignes de bataille de l'armée française , il n'y a pas de doute que, pour rendre la victoire aussi complète qu'elle l'a été, les généraux prussiens (i) auraient été obligés de demander de nouveaux secours au prince royal de Suède. Je vais remonter à des faits antécédents pour rendre ma narration plus claire.

Le corps du comte de Tauentzien,qui avait passé la nuit sur les hauteurs en avant d'Interbock , venait, par une marche de flanc par la droite, d'occuper la position entre le bois situé non loin de Nieder-Gœrsdorff et les hauteurs devant la ville. Depuis sept heures du malin jusqu'à une heure après midi, il soutint avec une fermeté inébranlable l'impulsion d'un

(i) Comte de Tauentiien et Balow.

ennemi triple en force. EnGn, vers ce temps, nous vîmes le corps du général Bulow déboucher du bois et vers notre droite. Sa cavalerie, composée de 4 régiments (i), formée en colonne profonde par escadrons, marchait sur son flanc gauche (s). C'est au moment où le corps du général Bulow vint se ranger sur notre droite, et était déjà entré en ligne (i) , que nous vîmes une masse assez imposante de cavalerie se détacher de la ligne ennemie, se débander sur un vaste front, et venir au pas vers notre première ligne , en se dirigeant sur le flanc droit du corps du comte de Tauentzien et Taile gauche de celui du général Bulow.

Le général Tauentzien envoie un escadron du régiment des hussards noirs , qui formait la tête de la colonne de cavalerie, pour reconnaître ce mouvement. Au moment où Tescadron prussien s'avance assez près pour pouvoir faire une reconnaissance, le chef d'escadron détache ses flanqueurs , qui s'avancent hardiment contre l'ennemi ; mais à Tinstant où ils voulaient en venir aux mains, la ligne débandée s'élance à bride abattue sur nos lignes de bataille, se rassemble par masses informes dans les intervalles entre les bataillons, traverse nos deux lignes et revient nous attaquer à dos. Cette apparition subite d'une force de cavaliers ennemis , assez téméraires pour franchir deux lignes dMnfanterie, et la conviction de les avoir à dos ne manqua pas de produire une mauvaise sensation , car plusieurs bataillons commencèrent déjà à se débander. Le comte de Tauentzien , qui se trouvait près de

(i) Les dragons de Brandembourg, ceui de la Heine, le 1"' régiment des hussards noirs et les hulans de la Prusse orientale.

(t) C*cst k tort que Tauteur de la narration de cette bataille, que nous trouvons insérée dans un journal périodique intitulé : Denkwiidigketlen fiir die Kriegskunsl und Kriegsgeschichte , tom. vi, pag. 16i, met la cavalerie du corps du général Bulow en position près de WœlmsdorflT. 11 n'y avait de ce côté que le régiment des hussards de Poméranic, commandé par le colonel Thumen , tandis que le reste de la cavalerie se trouvait sur Teitrémité du flanc gauche, se joignant au 2* régiment de réserve, commandé alors par le colonel Creilsheim, et qui formait Textréme droite du corps du général Tauentzien. Les notices que je couchai dans le temps sur le papier , en partie sur les champs de bataille et en partie tout de suite après les actions, m^ofTrent tous les moyens d'assurer le lecteur de la vê-

la colonne de cavalerie, employa aussitôt toutes les mesures nécessaires pour réparer le mal. Il détacha plusieurs escadrons des dragons du prince Guillaume et des hulans de la Prusse orientale, qui firent volte-face et entourèrent ces ennemis isolés, dont nous fimes prisonniers la plus grande partie.

Au moment où cette cavalerie était panrmiue à percer à travers nos lignes, et y avait, il esl vrai , produit momentanément une mêlée trè»grande, car il était même difficile de'reconnaitre les amis d'avec les ennemis, si le maréchal Ney avait soutenu ce mouvement par un autre vigoureusement prononcé sur nos lignes de bataille, il n'y a pas de doute qu'une partie des corps du comte de Tauentzien et de celui de Bulow aurait fini par succomber à la coïncidence de ces deux attaques, et la débandade qui avait commencé à se manifester dans plusieurs bataillons, aurait sans doute fini, pour ces mêmes bataillons, par une fuite désordonnée. Us venaient de perdre les vrais éléments de la résistance , Tordre et la compacité des masses. Mais le maréchal Ney se contenta de nous canonncr un peu, et de loin, et donna aux Prussiens le temps nécessaire de reprendre haleine et de reformer leurs bataillons désorganisés, ainsi que leurs lignes de bataille.

Comme le mouvement de la cavalerie polonaise n'a été qu'une opération partielle, on peut le ranger dans la catégorie des mouvements faux; mais s'il avait été soutenu comme il devait l'être, nous aurions pu nous convaincre aisément que la célérité et la décision des

racité des faits que j^expose. Le lieotenant-coloiiel Plotho tombe dans la même erreur.

(s) C*e8t aussi à tort que le même auteur fait précéder Tarrivée et le déploiement du corps du général Bulow, par cette attaque de la catalerie polonaise dont je Yeux parler. Elle n*a ni précédé, ni coïncidé , mtk elle a eu lieu au moment où le corps du général Dulov fut déjà entré en ligne. Ce qui le prouve avec plut d'évidence encore , et comme le lecteur le verra par la suite, c'est que la cavalerie ennemie fut vaincue par des régiments qui appartenaient au corps du général Bulow. J'avais Thonneur de connaître plusieurs didb de ces régiments de cavalerie , et je m'entretenais avec le comte Lottum, commandant alors les dragons du prince Guillaume, lorsque j'apercusles hulans de Dombrowsky se détacher de la ligne ennemie. J^allal en avertir le comte de Tauentxien, que je trouvai près du régiment du colonel Creilslieim.

mouvements de la cavalerie légère peuvent engendrer de grands résultais et servir aussi de préliminaires à la victoire. 11 n*y avait pas eu et il ne pouvait pas y avoir de choc collectif, car Tattaque a été faite en débandade ; mais cette cavalerie légère, à Tinstar des propriétés des troupes légères, avait supérieurement bien rempli son rôle : car cette manœuvre, qui pouvait servir de rideau aux mouvements ot^. fensifs que les lignes de bataille des ennemis devaient prononcer, facilitait, par le flottement que cette attaque avait déjà produit, le choc qui devait leur succéder. Il nc^ dépendait que du maréchal Ney d'en profiter; il ne le fit pas, et ne fut que trop cruellement puni pour cette négligence. Il finit par perdre le moment opportun qui pouvait décider de la victoire en faveur des Français , ainsi que les 2 régiments polonais qui s'étaient si généreusement sacrifiés , dont une partie fut sabrée , et le reste fait prisonnier. Le nombre de ces derniers a été de plus de 500 hommes montés.

Un exemple pareil nous démontre évidemment que , faisant abstraction des cas où la cavalerie légère combat en lignes et embrasse par conséquent le rôle de la cavalerie de ligne, sous le rapport du service des troupes légères, ses propriétés sont, dans beaucoup d^occasions, homogènes avec celles de Tinfanlerie légère , et que, dans une partie des occasions, on doit ne l'envisager que comme arme de; surveillance et préparatoire.

La difficulté de son action est cependant subordonnée à beaucoup plus d'entraves que celle de Tinfanterie légère, à cause des grandes difficultés que le terrain lui offre et que le cavalier ne peut pas toujours surmonter avec son cheval , et le peu de moyens qu'il possède de pouvoir se couvrir à l'instar du tirailleur, par les avantages du terrain qu'il parcourt et d'en tirer parti. Ces différents obstacles, qui entravent l'action préparatoire de (a cavalerie légère, doivent nous servir de raisons prérempioires , pour ne nous porter que rarement , et dans des cas d'urgence seulement, à nous servir de cette arme dans les batailles rangées d'après les principes de l'action des tirailleurs, et si même l'occasion nous favorise, à entremêler de Tinfanterie légère, pour accorder aux llanqueurs plus d'assurance et moins de danger dans leurs mouvements offensifs.

Mais , c'est surtout dans des expéditions loinlaines , dont les mouvements demandent de la célérité, pour pouvoir tomber à l'improviste sur son ennemi , que la cavalerie légère démontre jusqu'à quel point cette arme est nécessaire dans les armées. Une apparition subite d'un détachement un peu nombreux , au moment où l'ennemi n'a pas encore fait les dispositions que les circonstances nécessitent et ne se trouve pas en état de résister, a été plus d'une fois l'avant-coureur de la dissolution des troupes , comme de la paralysation des moyens de résistance. *

A la bataille de Saint-Quentin, que le duc de Savoie gagna sur le connétable de Montmorency , ce dernier avait engagé son armée dans un défilé étroit, qu'il fallait traverser avant de pouvoir mettre ses troupes en sûreté. Celte imprudence n'échappa point i la connaissance du duc de Savoie, qui assembla sur-le-champ son conseil de guerre , pour déterminer le parti qu'il avait à prendre. Plusieurs ofiiciers furent d'avis de laisser retirer le connétable ; mais le comte d'Egmont, général de la cavalerie, soutint qu'il était possible de l'entamer dans sa retraite. Le duc de Savoie approuve le plan du comte d'Egmont et le charge de l'exécuta. D'Egmont s'avance à la tête de sa cavalerie; il est suivi par le duc de Savoie qui conduit Tinfanterie. Les Français n'étaient pas préparés à cette attaque, et furent mis aussitôt en déroute. Le comte d'Egmont charge avec une telle impétuosité , que le connétable ne put jamais parvenir à rétablir le combat. H fut Ait prisounier avec ses deux fils. La perte des Français monta à 3,000 hommes tués et blessés, et à peu près 6,000 prisonniers.

A la bataille de Gerobloux que don Juan d'Autriche gagna sur les Flamands , ayant appris que ces derniers se repliaient sur Gerobloux dans le dessein de s'y retrancher et se porter ensuite sur Bruxelles, il envoya Octave de Gonzague, commandant la cavalerie, avec ordre de tomber sur Tarrière-garde des ennemis. Gonzague se mit à la tête de la cavalerie et atteignit les ennemis à Gembloux. Il y fut joint après par 1,500 hommes d'infanterie que le comte de Mansfeld envoya à son secours.

Les Flamands, rassemblés dans le village de Saint-Martin, hâtaient alors les dispositions de leur retraite. Ib marchèrent en trois divi-

EXAMEN RÂlSONiNÉ

sions formées d'inranterie. La cavalerie faisait l'arrière-garde. Ayant joinl ses ennemis , Gonzague envoya ses arquebusiers contre eux, qui, après avoir fait leur décharge, s'ouvrirent pour laisser passer les gendarmes. Malgré la courageuse résistance du prince de Parme, la cavalerie flamande fut renversée et rejetéc sur Tinfanlerie de Tarrière-garde qu'elle rompit et mit en fuilë. Don Juan arriva aussi avec le reste de ses troupes et augmenta le carnage. Slrada fait monter la perle des confédérés à i 0,000 hommes. Mais ce qu'il y a de plus frappant, c'est que 600 hommes de l'armée espagnole commencèrent l'action, et que leur nombre montait à peine à i, 200, quand elle fut décidée en leur faveur.

En 1691, le maréchal de Luxembourg, en levant son camp de Renaix pour en établir un prèsd'Hérinnes,avaitcnjoint à M. de Marsilly, auquel il donna 400 chevaux , de lui faire un rapport exact sur les mouvements des ennemis. Ayant appris dans la nuit, qu'ils se proposaient de décamper le lendemain matin, le maréchal se mit à la tête de 70 escadrons , espérant rejoindre du moins leur arrière-garde. Il prit le chemin de Tournai à Mons, qu'il suivit jusqu'à Braffe, et le laissant ensuite à droite, il alla passer auprès de Ville-au-Puis, qu'il laissa à gauche, et Tourpe à droite, pour entrer dans la plaine que les ennemis occupaient entre le ruisseau de Leuze et celui de la Gatoire.

Les ennemis avaient, en effet, commencé leur mouvement rétrograde, et en arrivant dans la plaine de Leuze, le maréchal de Luxembourg n'y trouva que la cavalerie ennemie , qui apparemment y avait été laissée pour protéger la retraite de l'infanterie.

Au moment où la cavalerie du maréchal de Luxembourg fut rassemblée, il ordonna l'attaque. Le combat fut très-vif, néanmoins la cavalerie française remporta une victoire complète. Mais le maréchal , s'apercevant que les ennemis rappelaient leur infanterie , qui commençait déjà à border le ruisseau de Blicquy, et glorieux surtout d'avoir remporté une victoire complète sur ses ennemis, ne voulut pas compromettre plus longtemps ses troupes , et les ramena à Tournai.

La campagne de 1815, nous fournit aussi des exemples tout aussi favorables pour la cavalerie légère et tout aussi convainquants, par

les courses que le général Zschemichef et le lieutenant-colonel de Marvitz, firent k Gassel et à Brunswick.

SEGTION IV.

DES P0SITI0r<S DE LÀ CAVALERIE.

Ayant énuméré dans la section IV du second chapitre, tous les avantages et les propriétés des positions sous le rapport purement lofiographique, je n'envisagerai maintenant celles de la cavalerie que sous le seul rapport des combats.

Les positions de la cavalerie, par rapport au combat, doivent être envisagées sous trois rapports difl^érents :

|o Par rapport au choc;

2^ Par rapport au terrain ;

,V Par rapport à Tordre de bataille.

Les chocs de la cavalerie se faisant dans le même ordre dans lequel elle se trouve placée, car ce n'est pas pendant le mouvement qui précède le choc qu'on peut changer Tordre de bataille primitif de cette arme , un point essentiel pour la cavalerie est Tordre dans lequel elle doit être formée , et les intervalles qoi doivent exister entre les escadrons.

Nous avons vu dan^ la section H du second chapitre, où j'ai traité des propriétés de la cavalerie de ligne, que, par rapport aux formations, le déploiement par escadron formait la base de sa tactique. Par rapport aux intervalles, d'après Tordre normal adopté aux régiments de cavalerie, les escadrons possèdent dans les difi'érentes armées européennes» de plus ou moins grands intervalles. Mais comme les difi'érentes formations doivent être adaptées aux circonstances, scrutons les moments de l'action de la cavalerie, où les intervalles peuvent être avantageux ou nuisibles.

Dans les combats que la cavalerie soutient, elle ne possède pas de probabilité plus grande pour la réussite , comme de moments plus dangereux , que lorsqu'elle prend ou est prise en flanc ou à dos ; il ne peut donc pas y avoir de formation plus efiicace, que celle qui rend (sans cependant tomber dans le défaut de l'excès) , les lignes olTensives plus grandes que celles des adversaires, ou bien, si les lignes qui se chargent sont égales, de posséder des

DES TROIS ARlfES.

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