scène de vrau i
rompre le centre des > s; i ce mal, le marédial de
cessivement par 7 régiments de cavalerie, qui furent repoussés, et perdirent 5 à 600 hommes en tués et blessés. Ceci ne fait que prouver en faveur de la supériorité de Tinfanterie, et l'oubli du maréchal de Saxe de soutenir sa cavalerie par de rartillcrie.
Cette masse gagnant toujours du terrain , cl plusieurs régiments, d'infanterie et de cavalerie du centre ayant été mis en désordre , le maréchal de Saxe fit avancer de rartillcrie, dont le feu bien dirigé occasionna du flottement dans le carré. La cavalerie française, qui venait de se rallier , attaqua de nouveau et parvint à vaincre cette masse terrible, dont le mouvement rétrograde décida de la victoire en faveur des Français. Si , lorsque l'infanterie du centre de Tarmée française fut mise en fuile, le duc de Cumberland eût profilé de ce moment et fait avancer sa cavalerie , il serait parvenu à compléter la désorganisation, et la victoire lui aurait peut-être appartenu.
Bataille deLovositXf livrée le i^^ octobre 1756.
Une fausse appréciation du terrain qu'on choisit pour champ de bataille , et d*aprcs laquelle on dispose ses troupes, ne peut avoir qu'une défaite pour résultat. Le courage des troupes va ordinairement se briser contre les écueils que la nature nous présente alors , et une vaine effusion du sang en est la suite. Le maréchal Brown Ta éprouvé à Lovositz.
Les hauteurs parsemées sur un champ de bataille, et qui dominent sur le reste du terrain, sont ordinairement les points décisifs qu'il faut bien se garder d'abandonner à son ennemi. Le maréchal Brown , au contraire , négligea d'occuper les hauteurs de llomolka et de Lobosch, et n'y songea pas plus au moment où son avantgarde aperçut l'armée prussienne déboucher de de ArVelmina, qu'à celui où elle était encore seule sur le terrain de Lovositz.
Ayant rangé son armée en bataille derrière le ruisseau et les étangs de Sulovitz et Schirkovitz , le maréchal Brown ne laissa devant son flanc gauche et son centre que des défilés, qu'il ne pouvait franchir, si son but était de déposter son ennemi , qu'avec difficulté et en colonnes profondes, qui ne présentaient que les létes
(I) tlisloirc de la guerre de sqH ans, tom. i , p. 99.
pour défense. Les vignes qui se troavaient sur le penchant des montagnes de LoTOSîtz , qui sont partagées en petits enclos, n'étaient que faiblement gardées, tandis que les villages de Kinitz et de Radostitz , qui se trouvaient sur le front de la première ligne^^e bataille , ne Tétaient pas du tout. Fr^éric raconte luimême (i) , c que les pandours ne faisaient pas
> une résistance vigoAteuse , ce qui confirma 1 dans l'opinion où Ton était, que le dëtache-
> ment qu'on avait vu la veille campé dans les 1 environs, se préparait à la retraite, et que
> les pandours qui tiraillaient dans les vignes,
> et les trou[)es de cavalerie répandues dans h
> plaine, étaient destinées à faire rarrière-
> garde des autres, i
La position de la cavalerie autrichienne, que le maréchal exposa sans but aux feux foudroyants de rarlillerie, est une disposition qui est contre toutes les règles de ta tactique de cette arme. Les manœuvres de cette cavalerie, dont Frédéric le Grand nous donne une description, doivent être pour les militaires une énigme difficile à résoudre, c En supposant
> toujours qu'on n'avait affaire qu*à une ar-
> rière-gardc, dit-il (s), on fit tirer quelques
> volées de canon contre la cavalerie aùlri-
• chienne, ce qui l'inquiéta, et la fit changer
• de position et de forme h plusieurs reprises.
• Tantôtellesémettaitenécliiquier,quelquefob
> sur troisligncs, puis en ligne contiguë;qael-
• quefois cinq ou six troupes tirant vers leur 1 gauche, disparaissaient; bientôt après dles 1 paraissaient plus nombreotes qu^elles ne
> semblaient Têtre au commencement; enfin,
• ennuyé de cette manœuvre oiseuse, qui fai-
> sait perdre le temps et n'avançait point les
> affaires, le roi crut qu'en faisant chai^ » cette cavalerie par une vingtaine d^escadrons
> de dragons, cette arrière-garde serait bieo
> vile dissipée, et le combat terminé, etc. »Ud autre incident non moins étonnant, c'est de voir que ce soit le roi qui, au reste, était en avantage, puisque son artillerie massacrait la cavalerie autrichienne , sans que la sienne l&t en butic au moindre danger, qui prit Toffensive pour charger les Impériaux , tandis queles r^es les plus simples de la tactique de la cavalerie, dont les propriétés sont purement offensives,
(«) Histoire de la guerre de sept aii«,ton.i,p.lili
lui prescrivent, au momenl où elle se trouve dans la sphère active des projectiles ennemis, de charger sans hésitation , plutôt que de s'exposer inutilement au feu meurtrier des canons.
Plus tard , au moment où cette charge fut exécutée, et que les Pxussiens culbutèrent les escadrons de rarrièr0*j|arde autrichienne , enoportés par leur ardeur, ils poursuivirent les vaincus avec trop de vivacité, et furent massacrés à leur tour par le feu d'une batterie de GO pièces, que le maréchal Brown leur opposa , et furent rejetés au pied de la montagne, où ils parvinrent cependant à se reformer, car les Autrichiens ne les pcMirsui virent pas. Dans ce cas aussi, le maréchal enfreignit le principe stable et judicieux qui nous prescrit de profiter de chaque moment opportun, et de poursuivre un succès. Le maréchal Brown avait encore toute son armée à sa disposition, et une chargè«^d'une douzaine d'escadrons en ordre, et attaquant avec vigueur, suivie par un mouvement décidé de Tinfanterie, soutenue par son a'rtillerie, aurait pu donner une tournure différente au combat.
Les dispositions du grand Frédéric dénonçaient , au contraire, son génie militaire. Toutes ses dispositions et tous ses mouvements sont conformes aux règles de la pure tactique. Il arrive sur un terrain trop étendu en proportion des forcés dont il disposait; il se soustrait donc au danger d'être débordé, en faisant entrer !20 bataillons de la seconde ligne dans la première. Les hauteurs qui dominent sur les plaines étaut toujours les points les plus intéressants des champs de bataille , il trouve celles de Lobosch et de Homolka nou occupées, et y fait avancer son infanterie. La gauche des Impériaux , en s*avançant pour attaquer ce môme mont de Homolka, qu'on avait volontairement abandonné . est obligée de franchir le déGlé de Sulavitz : Frédéric fait garnir les hauteurs d'artillerie, et foudroie les colonnes. La tentative des Impériaux, de s'emparer du Loboschberg ayant échoué, les troupes prussiennes se précipitèrent sur un ennemi rétrogradant, et entrèrent avec lui dans Lovosilz , qui resta en leur pouvoir.
Enfm, toutes les dispositions et les manœuvres du roi portent le cachet de la tactique la plus pure et la mieux combinée , et devaient nécessairement servir de gage à la victoire.
BalaiUe de Leuthen, Livrée U 5 décembre 1757.
Pour ce qui regarde les dispositions et les mouvements de l'armée prussienne, la bataille de Leulhen peut être cx)nsidérée comme un chef-d'œuvre de tactique. On y remarque les combinaisons les plus profondes, les mouvements les moins compliqués , et l'exécution la plus exacte. Cette fameuse bataille nous prouve les avantages incalculables que possèdent les dispositions bien adaptées aux avantages des localités, et lorsque leur exécution répond au but principal. Avec une force de 50,000 hommes, le roi remporta une victoire complète sur une armée qui comptait 80,000 hommes sous les armes, et cette victoire étonnante n'eut pas même un seul instant d'indécision.
La marche savante du roi , de Borna vers Lobetintz et Schriegvitz, dans le Qanc de l'armée ennemie , égalisa la chance la plus désavantageuse à laquelle une armée, qui se propose de livrer bataille, peut être exposée : une inégalité aussi marquante dans les forces physiques.
Aucune des précautions qui peuvent assurer le succès d'un mouvement préparatoire, n'a été négligée par le roi, et depuis le moment de l'engagement de l'avanl-garde, près de Borna, jusqu'à la fin de la bataille, chaque époque de la journée ne présente au militaire attentif, qu'une série de mouvements et de manœuvres, faits dans le sens de la tactique la plus savante et la mieux combinée.
L'armée prussienne s'ébranle de Kammendorf en quatre colonnes, marchant par ailes et parla droite. Au moment où ces colonnes dépassent Borna, le roi, qui avait déjà reconnu la position de son ennemi, et s'était convaincu que l'aile gauche des impériaux était le point tactique du champ de bataille, leur fait changer de direction adroite et poursuit sa marche par Lobetintz et Kœrtschiitz. Pour dérober ce mouvement si dangereux pour son adversaire , il couvre sa marche par les ondulations du terrain qu'il parcourt, et pour tromper plus complètement encore son ennemi , son avant-garde continue le combat qu'elle avait engagé contre le corps de Noslitz, le force de rétrograder, et le poursuit dans la direction de Frobelwitz. Le comte de Luchesi donne dans le piège, e laprès plusieurs sollicitations, entraîne même le maréchal Daun dans la môme faute. Celui-c se laisse
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ane grande partie et fait ^i>» pri-
ipëriam changent enfin de front, se ent sous la protection de Leathen et y ncer leur réserve. FréJéric. loin de mer le temps de reprendre haleine, l Leuthen comme le pivot du mouve- ' conduit son infanterie et prend le 'assaut, tandis que la cavalerie de sa lébordc la droite des Impériaux. Les sns se reforment aussi bien qu'ils peufairc, entre Leuthen et Frobelwitz; léros du jour poursuit ses succès avec vigueur et la même célérité. Par tout % sont redoublés, et les ennemis sont n dehors sur Lissa. En un mol , la tac-
nire de la guerre de sqpl ans, tome 1, roi ( Histoire de la guerre de sepi ans ) fit
lone i lins pure . les maiMXiiTres les miein -'TEDint--*. H ^me ▼îgamr exemplaire» ont in??iiie i -saqne momenl; décisif de cette fane-ii* nmrw^. La ;çioire semble aroir appelé
• -f-ierrc ians les plaines de Leathen pour dé- ■-ner i ^m ùiyijri na^coBroane Immortelle.
^^i. i :-jlê- rtme fiictïqae aussi saTanle, .-Dmuii»! ie :aute»;an^«snereGOonafesons-noiis Tifc xans le* iispoÀUoas du maréchal Daon.
k~:inL :a baiaille. ramée aalrichleDne» qui xrrjt pr* p«j>iLiun otre >>pern et Sagschûb, i*-:xii ^ Mi pradtê de tons les avantages da errîin lour oaiiKr ies troapes aux isards de :-aneaii . -niaiTive entre Borna et Heyde, le -ni -fa it ine reconnaiwance détaillée, i Oa
• ii^in^Tuit n bien de là Farmée Impériale, ^ 3UIIS liL-d i . qu'on aurait pa la compter
loinme par homme: sa droite, ajoate4-a, - m jn surfit i >>rpem. éult^cachée par k zrmd b^îîs ie Lissa: mas dn^centre jusqn^i la zauche rien n*êc!uppait à la Tue. 1 Induit -a .-rreur par »n lieutenant sur le yraî poînt ie TiCtai^. Le maréchal Daim dirige sa réaerfe îur sjQ îïanc dnnt . et prÎTe son centre, elsiu^ tout sa zauirhe , «Tun soutien aussi nécessaiie. Les bauteors de Sojcschûtz couTrent son flanc ^ncse . il y place une forte masse d*artilleriei et. lu lieu ^enjoindre à la division Nadasly de Li ^uîenir et de la défendre jusqu a 1% dernière extrémité, de se porter lui-aiéme sur ce point, et d'y employer toutes les troupes de son flanc ^a.:fae. il « htsese enlerer un poste aussi imp.^rtant. En abandonnant à son ennemi les hauteurs de Sagschùti, il luiJraya le chemin de la \ icloire. Cette batterie serrait de rempart au fljnc {Tiuohe des Impériaux , aussi nous ne Toyons, le général prtissien Wedel, prononcer son mouvement offensif qu'an moment où 3 s'en rendit maître.
L'armée autrichienne ayant changé de froni, le village de Leuthen devint le pivot du mouvement; c'était aussi son unique point d'appui, car la droite était en Fair, la gauche bibkmenl appuyée. Pendant que ce mouverocfit s'exéi'utait, rmranterie de la réserve, qui devenait inutile sur les flancs, devait èlre postée en masse denièrc Leulhen (i). Les flancs du
• avancer le centre de son inr^nterie sur I^euthen. Le
• feu fut vif et court, parce que Tinfanterio aulrichicBM » était épaq>illée entre les maisons et les jardins. •
village, qui présentaient des modulations de terrain avantageuses pour l'emplacement de Tartillerie , devaient aussitôt être garnis par une masse imposante de bouches à feu. Le terrain du flanc gauche étant trop coupé pour que la cavalerie pût y ntinŒuvrer avec aisance, il fallait la rassembler en 'passe sur le flanc droit enlre les villages de Frobelwitz et de Heyde. Sur son itinc gauche, le maréchal Daun devait faire occuper les buissons et le ruisseau de Rathen par Tinfantcrie légère, quUl devait soutenir par Tinfanterie de ligne.
C'est dans ce nouvel ordre de bataille, (^e le maréchal Daun aurait pu recevoir, avec un certain avantage, Tatlaque renouvelée de son adversaire. Son artillerie, placée sur les flancs de Leulhen, aurait foudroyé Tinfanterie que Frédéric y dirigea pour s'en rendre maîtresse, tandis que rinfantcrie de la réserve, attaquant par les deux flancs du village , aurait pris les assaillants eu flanc. LMnfanterie légère du flanc gauche des Impériaux ayant les avantages de la position en sa faveur, soutenue par celle de ligne /aurait pu retenir Timpulsion du flanc droit des Prussiens. La cavalene de la droite, postée sur un terrain qui protégeait ses mouvements ofl\ensifs, se serait opposée au débordement du flanc droit, et, supposant même que le maréchal Daun ne fût peut-être pas parvenu ce jour à fixer la victoire, du moins sa défaite n'aurait jamais pu être aussi complète.
Bataille de Neerwinden, livrée /c 18 mars { 793.
Un siècle auparavant, ce même champ de bataille avait retenti des chants de victoire de Tarmée française commandée par le duc de Luxembourg , et , cent années plus tard , celle du général Dumouriez y reçut un échec considérable (i).
Les deux armées étaient à peu près égales en force (s), mais les deux commandants en chef commirent la faute de prendre des positions trop étendues en comparaison des forces dont ils pouvaient disposer. Pour ce qui regarde la perte de la bataille , le général Dumouriez me parait beaucoup moins coupable
(f) Les positions des Français et des illlés en 1793, ^laifnt inverses è celles que les deui armées belligérantes ont occupées en 1693.
que les généraux qui commandaient sous ses ordres.
D'après la disposition que le général en chef avait donnée , la colonne de l'extrême droite , du général Lamarche, devait se porter entre Landen et Oberwinden , et déborder la gauche de Tennemi , tandis que la seconde , commandée par le général Leveneur, devait sVmparer des hauteurs de la Tombe et attaquer ensuite le village d'Oberwinden. La troisième, sous les ordres du général Neuilly, devait attaquer le village de Neer^vinden par la gauche; la quatrième , commandée par le général Dietmann, devait assaillir le même village en front ; la cinquième, général Dampierre, devait se diriger sur la gauche de la quatrième; la sixième , général Miaszinsky, devait se porter sur Neerlanden ; la septième , général Ruault , devait attaquer par la chaussée de Saint-Trond; enfin la huitième , général Champmorin , devait se diriger sur Léau.
La marche des colonnes, excepté la huitième , ainsi que les difliérentes directions que le général en éhef leur donna , étaient parfaitement adaptées au terrain et aux vrais principes de la tactique. Le mouvement de la colonne du général Champmorin , au contraire, en se dirigeant sur Léau , étendait trop le champ de bataille, et sa direction divergente devait obliger à sacrifier la profondeur de Tordre de bataille à la contiguïté des lignes. Cette disposition parait être une suite de Tidée que le général Dumouriez avait conçue, de faire un mouvement de conversion à gauche, en pivotailtBar le point de Léau. Comme ce n^était pas cependant le seul moyen qu'il possédait pour parvenir à son but, il fallait choisir le moins dangereux.
En appuyant son flanc gauche à la petite Geete , dans la direction d'Orsmael, ce poste serait devenu le pivot du mouvement de conversion , et le château fortifié de Léau aurait pu être occupé comme poste avancé. Pour ne pas encombrer le passage du côté d*Orsmael , on devait jeter un pont à Gutzenhoven , qui aurait servi de point de passage à la septième colonne (général Ruault), tandis quela huitième (général Champmorin), aurait franchi la Geete
(i) Les Autrichiens comptaient 39,000 hommes sous les armes, et les Français en avaient 45,000.
IL CtTr- 1^.
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< « i «^z :<•''-.- '^ p- lo (^'.^'Iroas, comauniée [ar le général
'• t.f ;. . .^ . ; -: ■ '•.- » , . '/ . •s.'^T : < .'.:.* (^•,:i«'!-i!.'^«-A,'f:h, marcha canine i!i^>xselies.
f^ i ». ;•' ■• • ' '/ ;•''•■ ''-^r-l V..--::.!;» f^ tir.'iuii.-mt, con^isUnt on 10 bataîllon$
1.» |.'.(i/ é,t, i .l.-.'i'.'- wr \y,:::\*\, •. f:t #-1 l>^ r-va^Irons, sous les ordres du princede
n -iilli |..f <<;!'- '!'j ^'^'-.f'r.il fW'rij'#-/* ( ;. '{'li Kaunilz, m* dirigea sur Flcunis.
La sixième, commandée par le prince Charles , avait reçu la même direcliob que celle du prince de Kauuilz.
Les trois dernières , commandées par Je général Beaulieu , devaient se diriger sur Lambussart.
Ces neuf colonnes, dirigées vers les quatre points indi^ppés , s'engagèrent dans des directions tellemiènt divergentes, qu'elles ne purent jamais se soutenir et furent obligées de livrer des combats partiels. Si les troupes avaient occupé une position plus concentrée, et avaient possédé une forte réserve qui pût les souUaér dans les cas épineux, peut-être la victoire Wrait-elle couronné la valeur des troupes autrichiennes, car nous avons vu que, sur tous les quatre points , les premiers efforts des Impériaux ont été couronnés d'un succès complet , et s'ils n'ont pas pu se maintenir sur aucun , CD ne doit en rechercher la cause que dans le manque de résolution de la part des chefs, et dans celui d'une réserve qui pût soutenir les troupes engagées.
Eo in mot, le prince de Cobourg a mal apprécié le terrain sur lequel il se proposait de combattre, n'a observé aucune contiguïté dans les lignes de bataille , a exposé les. colonnes à être battues partiellemeût, et ne reçut, par la défaite qu'il a essuyée, que la juste punition de ses fautes.
Si, sous le rapport de son étendue, la position de Jourdan n'était pas exempte de défauts non plus, du moins, en présentant un ordre de ba« taille convexe, elle offrait aux réserves des moyens faciles de se porter sur tous les points où leur présence pouvait être nécessaire. Pour ce qui regarde les différents mouvements des troupes pendant l'action , ils sont , sans contredit, dignes des plus grands éloges.
Sur la gauche des Français , le bois de Monceaux venait de tomber aux pouvoir des ennemis, la division Montaigu se replie en désordre, et les vainqueurs s'avancent déjà vers Marchiennes-au-Pont, lorsque Jourdan y dirige Kléber. Celui-ci place de fortes batteries sur les hauteurs et porte la brigade du général Bernadote vers Baymont. Pendant qu^une partie de ses troupes attaque les ennemis de front, il les fait tourner par leur gauche et force les Impériaux à la retraite.
Dans le contre, le prince de Kaunitz avait
remporté des succès marqués. La division Championnet avait perdu une redoute et se trouvait en pleine retraite, lorsque Jourdan , s'apercevant que son centre fléchissait , s'y porte à la tète de 6 bataillons et 6 escadrons, s'avance entre Hépignies et Wagné , y rétablit le combat, et parvient à se maintenir avec pré- IK>ndérance.
Sur le flanc droit aussi, la division française du général Marceau avait été répoussée par les coloAies de Beaulieu , et malgré le secours que le général Lefèbvre lui porta, ces troupes se seraient «lifllcilcinent retirées de l'échec qu'elles venaient de recevoir, si le général Jourdan , qui observait tous les mouvements de l'ennemi, n'y eut porté la réserve, commandée par le général Hardy. 11 parvint de cette manière à arrêter les progrès de ses adversaires qui , sur ce point aussi, abandonnèrent le champ de bataille au pouvoir de leurs ennemis.
Bataille de Rivoli, livrée le i A janvier 1797.
IjC système de mouvements concentriques de tactique, sur un terrain étendu , dans l'idée d'envelopper son ennemi, parait, à l'époque dont nous parlons, avoir pris un ascendant si impérieux sur les généraux autrichiens, que, sans égard aux difficultés du terrain dont les nombreux accidents doivent être d'une grande influence dans ces sortes de mouvements, les Impériaux croyaient sans doute que c'étaient sur eux que reposaient le gain des batailles. La défaite du prince de Coboui^ à Fleunis , défaite qu'on ne peut attribuer, comme le lecteur vient de le voir, qu'à l'idée vicieuse que le prince conçut, en faisant occuper à son armée un terrain trop étendu en comparaison des forces dont il disposait, parait n'avoir eu aucune influence salutaire sur le général Alvinzy; car, à la bataille de Rivoli , la même idée parait avoir servi de base aux dispositions. Aussi remarquons-nous les mêmes fautes et les mêmes résultats funestes.
Alvinzy partagea son armée en six colonnes, dont la première , commandée par le général Lusignan, se dirigea par Lumini et Affi, sur le mont Popolo; la seconde, sous les ordres du général Liptay, devait attaquer les hauteurs de Zoana etTrombalora ; la troisième, commandée par le général Koblos, fut dirigée sur San-
Marlin cl les hauteurs de San-Marco ; la qua- Irièmc y commandée parle général Ocskay , devail gravir le Monlebaldo et se réunir à la troisième colonne ; la cinquième , sous les ordres du général Quasdanowich , devait longer la rive droite de TAdige, déboucher par Osleria et attaquer le flanc droit des ennemis; enfin la sixième, commandée par le général Wukassowich, en longeant la rive gauche de TAdige, devait se porter sur la Chuisa.
Les différentes colonnes, comme à Flevrus, s^avançaienl en demi-cercle , et la dislance des (Kiints d'attaque des colonnes de l'extrême droite à Textréme gauche, était de quatorze kihiniètres d'étendue. A Tespace démesuré qui était entre les colonnes, la nature ajouta plusieui*s dillicullés qui rendirent la corrélation entre les colonnes presque im|x)ssible, et en assujettît une grande partie à des combats partiels et désavantageux , en les mettant en butte i\ des eirorts d'une masse concentrée.
Il parait que tout le plan d'attaque du générai Alvin/y et Theureuse issue de la journée, nqKiHaieiit sur le mouvement de conversion de la colonne du général Lusignan. Il faut donc croire que U*. général Aivinzy ne prit pas du tout en considération qu'en partant de Lumini, M) dirigeant par Pezzena et Afii sur le mont Pipola , cette colonne devait franchirun espace de pluM d'un niyriamètre d'étendue, que le inouveineiit mî faisait à une distance de près de IroiH kilomètreH de rexli*éme droite, nctait pas en corrélation avec celle-ci, et, dans un nionient épineux, ne pouvait pas être soutenu par len troupes du général Liptay.
pendant qtiH les cinq dernières colonnes des hiipériaiix m* battaient sur le plateau de Rivoli, la colonne isolée du général Lusignan éliiil fléjà paralysée dans sa marche parles IH"i'l 7.r demi-brigades, que Bonaparte envoya hurrensi veulent à la rencontre des ennemie, et qui leur vendirent cher les postes de liuli-îna et des hauteurs de Tiffaro. S'étant empitré du mont Hrunisi , Lusignan s'avance par la n'Aie, du mont Pipolo; mais Bonaparte déjoue liieuliM touHM*s projets. II envoie denouvciui leii lU" et 75", qu'il soutint par une liitlleiiii de l^i, s'opposi! au mouvement des liiipi^riiiux, qui furent écrasés par cette artilliMii'. Pour rondile de malheurs, pendant que I ii'ii^iiiui était tenu en front par les généraux
Brune et Monnier, le général Rey déboucht d'Orza et se porte à dos de cette eolonne isolée. Elle fut bientôt désorganisée et obligée de mettre bas les armes.
Si, au lieu d'entreprendre un moavement de conversion d'une aussi grande circonférenoe, en débouchant de Pezzena, le général Lusignan s'était porté sur Ceredolo, en s'él^dant par si droite vers Gasuoli, il serait pairvenu & menacer, non les derrières, mais le flanc gauche des ennemis. Son mouvement en front l'aurait mené alors dans le flanc des hauteurs de Zoam et Trombalora, qu^il pouvait si aisément prendre h revers. Ce mouvement, combiné avec celui des troupes du général Liptay , qui furent dirigées vers les hauteurs de Zoana, aurait rapporté un double avantage : I® en poussant devant eux les troupes du général Lebley, les généraux Lusignan et Liptay les acculaient à l'Adige; 2^ en se dirigeant sur Ceredolo, k général Lusignan resserrait le champ de bataille des Impériaux de plus de huit kilomètres, ce qui aurait rendu les attaques de Pextrème droite plus concentriques et plus d^sfaives.
Arrivé sur le champ de bataille, le général Bonaparte enjoint au général Lebley de reprendre les hauteurs de Trombalora, porie aussitôt son flanc droit vers San-Marco, m centre vers les hauteurs de Ravina, et place sa gauche sur celles de Trombalora et de Zoaoa.
Les Impériaux s'ébranlent sur tous les points; la droite vers les hauteurs de Zoana , le centre dans la direction de Mu tôle, la gauche dans celle d'incanale ; mais comme l'action de tontes les colonnes qui formaient Tordre de bataille était une action isolée, car il n^exislait ni sontien , ni réciprocité entre les troupes, les Impériaux n'essuyèrent que des revers sur tons les points. Le général Liptay attaqua les hanteurs de Trombalora; il parvint môme à faire plier les 39® et 85" , lorsque Bonaparte, apercevant le danger , y dirigea la 32" qui redressa bientôt l'échec, et ces troupes combinées pa^ vinrent à rétablir l'équilibre. Au centre, les troupes de Koblos se portèrent vers Mulole; mais la 14", qui avait occupé les hauteurs devant ce poste , s'y maintint avec une fermeté digne de servir d'exemple. Sur le flanc gauche, Quasdanowich se rendit maître des retranchements d'Osteria , et ayant rejeté la 39" qnî les défendait, s'apprêtait à déboucher par Incanale,
lorsque le général Bonaparte, qui venait de rétablir le combat sur la gauche, averti du danger de sa droite, s*y porta lui-même. 11 dirigea aussitôt Tinfanterie légère de Joubert pour soutenir la 59®, et enjoignit à la cavalerie du général Leclerc de se porter sur le même point. Au moment où la colonne de Quasdanowich déboucha du ravin d'Oteria, elle fut assaillie par une attaque concentrique des Français. Joubert Tatlaque sur son flanc droit , la 39® tombe sur sa gauche, et la cavalerie de Leclerc la charge en front. La colonne est bientôt culbutée dans le défilé , d'où sa cavalerie et son artillerie n'avaient pas encore eu le temps de déboucher, et un désordre total s'y manifeste. Le seul avantage que les Impériaux remportèrent, fut dans la direction de San-Marco, que le général Vial défendait avec sa brigade. Mais ce succès même ne fut que momentané, car au moment où le sort de la colonne de Quasdanowich fut décidé, Bonaparte soutint Vial par une réserve d'infanterie et 200 chevaux, qui parvinrent à tomber dans le flanc des dtoupes d'Ocskay, qui s'abandonnaient à une poursuite trop précipitée , et qui cédèi*ent bientôt aussi tout le terrain dont elles venaient de se rendre maîtresses.
Telle fut rissue de celte mémorable journée, et tels seront toujours les résultats fâcheux de mouvements aussi décousus que ceux des Impériaux Font été dans celte journée. La position avantageuse des Français, sous le rapport topographique, la possession des hauteurs de Zoana et de Trombalora sur leur flanc gauche, de celle de Mulole dans le contre, du défilé d'incanale sur leur droite , ainsi que leur ordre de
bataille convexe, leur ayant oflert les moyens de placer avantageusement leurs troupes et de diriger leur réserve vers les points menacés, les menèrent, au contraire, facilement à la victoire.
Que le lecteur ne s'étonne pas si je m'arrête aune époque qui appartient déjà à qos jours, et qui, par conséquent, doit être d'un plus grand intérêt à nos yeux ; s'il est pardonnable à l'historien , dont le premier devoir est la véracité des faits et un exposé impartial des raisons qui amenèrent les échccsetles défaites, d'eflleurer quelquefois les causes qui furent les principes des résultats malheureux des batailles livrées de nos jours, dont les principaux auteurs figurent encore en Europe, pourquoi puiserait-il à fond dans des matières aussi délicates, et exposerait-il, sans quelque raison majeure, les auteurs des maux au juste blâme de leurs contemporains?
Si le lecteur, maintenant, en lisantm'es narrations et les vraies causes qui amenèrent les résultats malheureux des différentes batailles dont je viens de faire la description, en fait l'application aux principes du catéchisme que j'ai mis sous ses yeux , il se convaincra facilement qu'ils ne furent amenés que par l'infidélité aux règles dont je lui ai oflert la série, et si ces principes , comme j'en suis persuadé moimême, sont insuflBsants pour fixer irrévocablement les victoires, ils ne le seront pas du moins |K)ur maintenir un certain équilibre le jour d'un engagement général.
FIN DP l/KXAWRN n\ISOIf?IK DES TROIS AIIIIES.
MÉMOIRE
SUR