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'i fi'AprM \it% principe éor^wH 2'.i (omnifacfvMOt t\f. rH 'filtrage.
i i® On évitera d'engager les troupes sur un terrain désavantageux, où leur action peut être paralysée ou avoir des résultats fâcheux ;
12® On fera agir les différentes armes d'après les vrais principes de leur action (i);
15® On combinera les trois armes pour leurs mouvements offensifs, d'après le terrain qu'elles doivent parcoyrir et l'ennemi qu'elles doivent combattre ;
li® On attachera une attention particulière au soutien réciproque que les trois armes doivent se porter;
15® On n'entreprendra pas de mouvements décousus ou partiels, mais on cherchera à les faire tendre tous vers le même but; '
16® On profitera sans hésitation du moment opportun , qui peut décider du sort de la bataille;
1 7® On aura un réserve respectable, composée des trois armes ;
18® On n'emploiera jamais la réserve tout entière au commencement du combat, sur un seul point, pour ne pas s'en priver tout à fait;
19® On cherchera au contraire à ménager la réserve jusqu'au moment du dénoument;
âO® On dirigera cette réserve , sur la fin de la bataille , vers le point qui doit décider du sort de la journée ;
Et si la bataille prend une tournure désavantageuse et que la retraite devienne invitable;
21® On ne précipitera pas le mouvement rétrograde;
22® On se repliera sous la protection des troupes dont le terrain favorisera le plus l'action.
En présentant maintenant au lecteur une série de dissertations succinctes des plus fameuses batailles, cherchons à démontrer tous les grands avantages qui se rattachent à la stricte observation des principes dont je viens de lui donner l'énumération , et la fâcheuse influence que leur oubli entraine après elle.
Bataille de Scnef, livrée le ii aoàl 1674.
La bataille connue sous le nom de Senef, se compose de trois engagements différents, dont les deux premiers furent soutenus par l'arrière-garde du prince de Vaudemont et l'in-
(I) J en li déjà discuté toutes les règles.
fiamterie que le prince d^Orange amena luimême , et le troisième par toute la masse des troupes. Ces trois engagements sont : la prise du village du même nom par le général de Montai, et le combat de cavalerie qui s*ensuivit; la prise du village de Saint-Nicolas-aux- Bois, et l'engagement général de la position de Fay.
Le prince de Vaudemont, qui commandait l'arrière-garde des alliés, malgré la forte position du village de Senef, ne se défendit que faiblement, ou, pour mieux dire, presque pas, et céda cette conquête à son ennemi , dont la majeure partie des troupes était composée de cavalerie , ce qui prouve, de la part du prince . de Vaudemont, une fausse appréciation du terrain pour l'action des armes. Il ouvrit, par la reddition de ce village, un débouché aux troupes du prince de Condé, qui purent manceu vrer avec facilité et aisance entre Senef et le bois de Busseret.
Le prince de Gondé, en débouchant de Senef, rencontra dans la plaine la cavalerie des alliés, dont la position était vicieuse ; car placée perpendiculairement au ruisseau qui coupe le terrain de Senef, elle prêtait son flanc droit à à l'artillerie des Français , que le prince plaça au-dessus du village et sur la rive opposée du ruisseau. La formation de cette cavalerie n'était pas exempte de défauts non plus; l'ayant rangée en plusieurs lignes, le prince de Vaudemont n'accorda pas d'intervalles aux dernières, ce qui entraîna toute la masse dans une déroute totale au moment où la première ligne fût repoussée. L'infanterie du prince de Nassau, au lieu de seconder la cavalerie des alliés, ne partagea avec elle que sa fuite jusqu'à Salnt-Nicolas-aux-Bois.
Ayant reformé l'arrière-garde sous la protectiim du village de Saint-Nicolas-aox-Bois, le prince de Vaudemont fut renforcé par Tinfanterie que le prince d'Orange amena lui-même. Le prince de Condé renouvelle ses attaques et fait charger sa cavalerie, et cette fois-ci, comme si la cavalerie des alliés eût voulu se venger de rinfanteriequiravait abandonné au premier engagement, c'est elle qui resta sp^tatrice inactive de la défaite de l'infanterie des alliés. Chose bien inconcevable ! l'infanterie hollandaise était maîtresse de tous les accidents du terrain, comme village, haies, vergers, etc.,
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la Senne. Cette marche Taurait mené sur la ligne de relraile de Tannée des alliés, et aurait forcé le prince d'Orange décéder le champ de bataille à son adversaire. Cet oubli lui coûta une victoire décisive de moins.
Bataille de Fleurus, livrée U i«' juillet 1690.
La victoire que le duc de Luxembourg remporta sur le prince de Waldek, dans les champs de Fleurus, repose sur plusieurs fautes graves de ce dernier. Sa position ne pouvait pas se caractériser comme bonne ; car si même le front était bien couvert par le ruisseau de Wagnée et un terrain élevé qui pouvait cacher les mouvements offensifs de son centre, les deux flancs ne Tétaient pas. Les villages d'Heppignies et de Saint-Amand en étaient les seuls appuis ; mais des villages n'assurent que faiblement les ailes d'un ordre de bataille. Pour prévenir ce débordement funeste, dont le prince de Waldeck a été la victime, il n'y a, ainsi que je me suis prononcé chapitre 11, section iv,que les grand'gardes qui servent de postes d'avertissement, et dont le devoir est d'épier les mouvements offensifs que l'ennemi entreprend autour des ailes. Le prince de Waldeck aurait donc du en avoir une entre Saint-Amand et Ligny, pour assurer son flanc gauche, et une autre entre les villages d'Heppignies et de Wagnée pour la sûreté de son flanc droit.
Ayant dirigé toute son attention sur le front de ses lignes de bataille , le prince de Waldeck se laissa si peu distraire de cette première idée, et prit si peu en considération le terrain en général sur lequel il combattait , et les sinuosités qui favorisèrent le mouvement de conversion des Français, qu'il se laissa nonseulement tourner, mais même prendre à dos. La disposition des troupes dans Tordre de bataille n'était pas exempte de défaut non plus. Le prince de Waldeck entremêla de la cavalerie avec l'infanterie , et prépara ainsi la défaite des deux armes; ensuite, au moment où il découvrit le mouvement de conversion , au lieu de chercher plutôt à faire rétrograder le flanc gauche en arrière, il y dirigea toute sa réserve, et s'en priva pour le reste de la journée. Ayant battu et mis en fuite la cavalerie du flanc gauche des Français, qui s'était avancée dans la plaine au delà du ruisseau de Wagnée , au lieu
de poursuivre son succès et chercher à propager le même désordre dans Tinfanterie du centre, que le général de Rubantel avait déjà fait avancer pour seconder les efforts du général comte de Goumay, qui commençait à plier aussi , et tâcher de séparer les deux flancs , il détacha toute sa cavalerie au secours de son aile gauche , qui était déjà pressée par Tennemi. 11 espérait par ce mouvement corriger une faute antérieure. Le résultat a parlé contre cette espérance , et il en provint deux maux sensibles : i® en perdant le moment d'achever de battre avec sa cavalerie le centre où la désorganisation commençait à se manifester, il perdit aussi le seul moment opportun qu'il avait eu dans la journée pour remporter la victoire; â^ ces contre-marches exposèrent une partie de ses troupes à des défaites partielles. ProGtanl de ce moment de relâche , les troupes du flanc gauche et du centre des Français se reformèrent, et reprenant Toffensive, se préparaient à retourner à la charge, lorsque le prince de Waldeck ordonna la retraite , et céda le champ de bataille à son adversaire.
Bataille de Neerwinde, livrée le 29 jtiiY/fCl693.
La victoire de Neerwinde démontre, de la part du maréchal de Luxembourg, de profondes connaissances de tactique; et de celle du marquis de Feuquières, cet œil exercé à saisir avec promptitude les mouvements de Tennemi , et cette décision à profiter du moment opportun , à laquelle se rattache si souvent le sort des batailles.
L'inadvertance du prince d'Orange, délivrer bataille ayant un fleuve à dos , ne peut s'excuser que par la forte position qu'il avait fait occuper à son armée, et qui n'offrait qu*un seul défaut , celui de s'opposer à la libre circulation des troupes. Le terrain, circonscrit d'un côté par le fleuve de la Geete, et de Tautre, par le ruisseau de Landen, Tétait encore plus par les retranchements que le prince d'Orange avait fait élever sur le front des lignes de bataille, et qui s'étendaient depuis le village de Neerwinde jusqu'au delà de celui deRumsdorp.
Cette position, bù Tinfanterie et l'artillerie pouvaient se battre avec avantage , n'était cependant pas favorable pour la cavalerie. Les mouvements offensilii de cette arme, qui exige
EXABIEN RAISONNÉ
un terrain vaste et sans accidents, étaient paralysés sur le front des lignes de bataille par les retranchements qui étaient pi*esque contigus sur le flanc droit par les villages de Laer et Necrwinde , dont les fortifications avaient rendu les débouchés plus difliciles encore, et, sur le flanc gauche , par le ruisseau de Landen.
D'après une description pareille, il est aisé de se convaincre que Tarmée du prince d'Orange était entourée d'obstacles , qui avaient transformé le champ de bataille en un camp retranché, circonscrit par la Geele , le ruisseau de Landen , et les fortifications qui couvraient tout le front de bataille.
Les troupes s'appuyant par leur flanc droit aux bords de la Geele , et par leur aile gauche au ruisseau de Landen, étaient placées en ordre de bataille convexe, dont la disposition, il est vrai , oflrait au général en chef les moyens de faire manœuvrer sa réserve avec facilité vers les deux flancs; avantage que le prince d'Orange ne mil cependant pas à profit, mais qui, d'un autre côté, présente le défaut, au moment où une des ailes est enfoncée, de conduire les ennemis à dos des troupes qui forment le centre et Taile opposée ; ce qui arriva justement aux alliés.
Le duc de Luxembourg avait une tâche dîflicile à remplir, mais son génie ne se laissa pas abattre par ces diflicultés, et il procéda à Texécution de son plan d'attaque.
Les villages de Necr>vinde et de Laer , qui faisaient l'extrémité du flanc droit des lignes de bataille des alliés, furent le but de l'attaque principale. Quoique le prince d'Orange les occupât avec de Tinfanterie , il négligea de faire manœuvrer les réserves de ces deux postes autour des ailes des villages, afin de tomber dans les flancs des assaillants; ce qui occasionna le triple assaut de ces deux postes.
Si le combat dans les villages de Neerwinde et de Laer fut si meurtrier et l'assaut si souvent répété, nous trouvons justement la cause du triple abandon de ces deux postes par le prince d'Orange dans son oubli des règles de la grande tactique par rapport à Taction des armes, et la double cession par le duc de Luxembourg , dans la négligence du chef qui conduisait les troupes françaises, qui se laissait emporter par la chaleur du combat , et poursuivait toujours ses succès, au lieu de faire les
dispositions nécessaires pour conseirer la conquêtes qu'il faisait.
Sans se laisser séduire par des attaques partielles ou en débandade, le duc de Luxembourg y faisait marcher ses troupes en masse ; c'était agir d'après les règles de pure tactique ; mais au moment où le village de Laer tomba aa pouvoir des Français, il fallait aussitôt faire les dispositions nécessaires pour conserver celte conquête, en disposant les troupes légères et en faisant avancer les réserves, etc.
Au moment où le village de Neerwinde liit emporté pour la troisième fois , le marquis de Feuquières , qui était resté chef des troupes da flanô droit, s'aperçut du mouvement quek prince d'Orange faisait faire à l'inlanterie da flanc gauche pour aller secourir ce poste » et profita, avec une promptitude exemplaire^ da moment opportun pour décider de la victoire. Son mouvement offensif du côté de Rumsdorp appartient certainement aux profondes ooaibinaisons de la grande tactique» et parle a»tant en faveur du général qui l'exécuta qu'âne brillante victoire.
Le prince d'Orange, qui occupait une position purement défensive, position qui eiije moins de troupes pour en défendre les approches, au lieu de renforcer ses lignes de bataille, devait plutôt mettre une partie de ses troupes en réserve derrière les hauteurs, devant le village de Wanghe , d'où elles auraient pu manœuvrer avec aisance et avantage vers les deu flancs. Ayant négligé de le faire » il fui obligé de secourir son flanc droit par leç troupes de l'aile gauche, et la découvrit ainsi aux altaqi» des ennemis.
Les troupes du marquis de Feuquières, caportées par la chaleur du combat , au lieu de se reformer dans les retranchements dont des venaient de se rendre maîtresses » pénétrëreat bien au delà, et ne purent donc y arriver qis fatiguées et un peu en désordre. La cavalerie du prince d'Orange, postée sur la gauche, était fraîche. C'était le moment de la faiic charger; tandis que nous la voyons, au cqbtrairc, entreprendre sa retraite vers Leand abandonner le champ de bataille au momcit même où son action devenait si nécessaire.
Le duc de Luxembourg avait combiné soi dernier mouvement offensif vers le flanc droit des ennemis, avec celui du marquis de Fer
qoièreSy cl décida ainsi en favenr des Français le succès de celle fameuse journée. Sa cavalerie pénétra entre les villages de Néerwinde et de Laer et se forma devant celle de Hanovre, qui, au lieu de tomber sur son ennemi pendant le moment de sa fornuition en ordre de bataille, resta, sur ce point aussi, spectatrice inactive du désordre que celle des ennemis y occasionna, et qui se changea sur celte aîle en une sorte de fuite désordonnée.
Bataille de Hochstett, livrée /e 15 août 1704.
En lisant la relation de la bataille de Hochsletl, le lecteurreste involontairement indécis, sMl doit plus s^tonner de la courageuse résignation du prince Eugène et du duc de Marlborough, de vouloir forcer une position comme celle qu'occupait Tarmée française, ou des moyens si peu analogues qu'employèrent les généraux Tallard et Marsin pour la défendre. D'un côté, nous remarquons hardiesse, dispositions judicieuses; de l'autre, une fausse appréciation du terrain, un ordre de bataille vicieux et aucune décision dans les mouvements.
Les généraux Tallard et Marsin ayant résolu de prendre position entre les villages de Blindheim et Lutzingen, et de couvrir le front de leurs lignes de bataille par un ruisseau qui coule parallèlement à la position , négligèrent entièrement les dispositions nécessaires pour en défendre le passage. Les moulins de Breisach et de Séner, les villages d'Ober et de Nîeder-Glaucheim et celui de Lutzingen, qui bordaient le ruisseau, étaient cinq postes qui pouvaient favoriser les Français dans la défense du passage. Les généraux français , au contraire, restèrent spectateurs inactifs de la construction d'un pont, que le prince Eugène fit construire, ainsi que de la prise des deux HioiiliBS, auxquelles Tinfanterie et l'artillerie pouvaient s'opposer si facilement.
Le moment oii les alliés commencèrent i franchir le ruisseau, ne présentant que les tètes des colonnes et ne possédant, par conséquent , que peu de moyens de défense , était justement celui où les généraux Tallard et Marsin devaient utiliser leur nombreuse cavalerie. Au contraire, de 150 escadrons qu'ils avaient sur le champ de bataille , ils n'en en-
voyèrent que trois au-devant des ennemis. L'engagement de ces trois escadrons démontre, d'une manière évidente, jusqu'à quel point les généraux français poussèrent l'opiniâtreté à commettre des fautes. Malgré sa faiblesse, cette troupe parvint à repousser jusqu'à deux fois les troupes alliées qui essayaient de passer le ruisseau; mais les généraux commandants s'opiniàtrèrent à ne pas la secourir, et elle finit par succomber aux forces supérieures des ennemis, qui franchirent le ruisseau sans obstacle. Si les généraux français avaient su mieux apprécier les deux positions respectives, ils auraient fait acheter cher au prince Eugène, la témérité de venir franchir un ruisseau pareil, sous le canon de ses adversaires. Mais, soit ignorance ou insouciance de la part des généraux Tallard et Marsin , ils ne profitèrent pas de tous les avantages que la nature leur avait offerts et aplanirent eux-mêmes à leurs ennemis toutes les difficultés que ceux-ci ne devaient surmonter qu'au prix de beaucoup de sang. Les points de passage ne pouvant plus être cachés aux yeux des Français, ces derniers devaient y disposer leur artillerie, et ar^ réter les mouvements des alliés.
Lorsque le prince Eugène s'avança vers le village de Lutzingen et que sa cavalerie fit volte-face et abandonna l'infanterie, celle-ci fut assez maltraitée et forcée de plier. C'était justement le moment de prononcer de ce côté un mouvement offensif et de rejeter cette infanterie au delà du ruisseau ; mais le maréchal de Marsin se contenta de poursuivre le combat de loin , et ayant donné aux troupes du prince Eugène le temps de se reformer, il fut repoussé par ces mêmes troupes qu'il pouvait si facilement anéantir. Quelle occasion propice pour une masse imposante de cavalerie et d'artillerie, dont les feux meurtriers auraient pu poursuivre son ennemi jusqu'au delà du ruisseau ; et il la laissa échapper!
Sur le flanc droit, le maréchal Tallard, en faisant avancer sa cavalerie, crut devoir la soutenir par l'infanterie. Mais au lieu de faire manœuvrer celle-ci dans la direction des mouvements offensi^de la cavalerie, pour qu'au moment d'un édM, la dernière pàt se reformer sous la protection de la première , il entremêla les deux armes, et qu'en arriva-t-il? La cava- I lerie fut battue, l'infanterie presqu'entière-
cessivement par 7 régiments de cavalerie, qui furent repousses, et perdirent 5 à 600 hommes en tués et blessés. Ceci ne fait que prouver en faveur de la supériorité de Finfanterie, etroubli du maréchal de Saxe de soutenir sa cavalerie par de Tartillerie.
Cette masse gagnant toujours du terrain , et plusieurs régiments. d^infanterie et de cavalerie du centre ayant été mis en désordre , le maréchal de Saxe fit avancer de rartilierie, dont le feu bien dirigé occasionna du flottement dans le cairé. La cavalerie française , qui venait de se rallier, attaqua de nouveau et parvint à vaincre cette masse terrible, dont le mouvement rétrograde décida de la victoire en faveur des Français. Si , lorsque Tinfanterie du centre de Tarmée française fut mise en fuite, le duc de Cumberland eût profilé de ce moment et fait avancer sa cavalerie , il serait parvenu à compléter la désorganisation , et la victoire lui au* rail peut-être appartenu.
Bataille deLovosit»^ livrée le i^^ octobre 1750.
Une fausse appréciation du terrain qu'on choisit pour champ de bataille , et d*après laquelle on dispose ses troupes, ne peut avoir qu^une défaite pour résultat. Le courage des troupes va ordinairement se briser contre les écueils que la nature nous présente alors , et une vaine effusion du sang en est la suite. Le maréchal Bro^vn l'a éprouvé à Lovositz.
Les hauteurs parsemées sur un champ de bataille, et qui dominent sur le reste du terrain, sont ordinairement les points décisifs qu'il faut bien se garder d'abandonner à son ennemi. Le maréchal Brown , au contraire , négligea d'occuper les hauteurs de llomolka et de Lobosch, et n'y songea pas plus au moment où son avantgarde aperçut Farmée prussienne déboucher de de Welmina, qu'à celui oîi elle était encore seule sur le terrain de Lovositz.
Ayant rangé son armée en bataille derrière le ruisseau et les étangs de Sulovitz et Schirkovitz , le maréchal Brown ne laissa devant son flanc gauche et son centre que des défilés, qu'il ne pouvait franchir, si son but était de déposter son ennemi , qu'avec difliculté et en colonnes profondes, qui ne présentaient que les tètes
(0 Histoire de la guerre de tqH ans, lom. i , p. 99.
pour défense. Les vignes qui se trouvaicnl sur le penchant des montagnes de LoTOsitz , qui sont partagées en petits enclos, n'étaient que faiblement gardées, tandis que les villages de Kinitz et de Radostitz , qui se trouvaient sur le front de la première ligno^^ie bataille , ne Tétaient pas du tout. Pr^éric raconte luimême (i) , c que les pandours ne faisaient pas » une résistance vigoiifreuse , ce qui confirma
> dans l'opinion où l'on était, que le détache-
> ment qu'on avait vu la veille campé dans les
> environs, se préparait à la retraite, et que
> les pandoui*s qui tiraillaient dans les TÎgnes,
> et les troupes de cavalerie répandues dans la
> plaine, étaient destinées à faire rarrière-
• garde des autres. >
La position de la cavalerie autrichienne, que le maréchal exposa sans but aux feux foudroyants de l'artillerie , est une disposition qui est contre toutes les règles delà tactique de cette arme. Les manœuvres de celte cavalerie, dont Frédéric le Grand nous donne une description, doivent être pour les militaires une énigme difficile h résoudre, c En supposant
• toujours qu'on n'avait affaire qu'à une ar-
> rière-garde, dit-il (s) , on fit tirer quelques
> volées de canon contre la cavalerie autri-
• chienne, ce qui l'inquiéta, et la fit changer
> de position et de forme à plusieurs reprises.
> Tantôtelle se meltailen échiquier, quelquefob
• sur trois lignes, puis en ligne contiguë; qud-
• quefois cinq ou six troupes tirant vers leur Y gauche, disparaissaient; bientôt après dles 1 paraissaient plus nombreotes qu^elles ne 1 semblaient Têtre au commencement; enfin,
> ennuyé de cette manœuvre oiseuse, qui fai- » sait perdre le temps et n'avançait point les » affaires, le roi crut qu'en faisant chai^
> cette cavalerie par une vingtaine d'escadrons » de dragons, celte arrière-garde serait bien
> vile dissipée, elle combat terminé, etc. »Ud autre incident non moins étonnant , c'est de voir que ce soit le roi qui, au reste, était ea avantage, puisf|ue son artillerie massacrait la cavalerie autrichienne, sans que la sienne lAt en bulle an moindre danger, qui prit rofTensÎTC pour charger les Impériaux, tandis que les règles les plus simples de la tactique de la cavalerie, dont les propriétés sont purement ofTensives,
(«) Histoire de ta guerre de sept ans , tom. i, p. 100.
duisant à Tournay, le maréchal de Saxe devait toujours éviter de se replier sur uoe place qui était occupée par reonemi. Le village d^Ântoing est situé à peu près à un kilomètre de TEscaut et à deux de Galonné , points de passage de Tarméc française. E^ 9e rendant maître d'Antoing, le duc de (li^mfeerland mettait Tarmée française en danger d'être rejetée en sens inverse de ses points de fNissage , avantage certainement très-grand. Ce village formait aussi Textréme droite des lignes de bataille du maréchal de Saxe. En s'en rendant maîtres» les alliés se plaçaient perpcndiculaireiyfitDt sur Taile attaquée, second avantage nonmoins^igrand. La colonne de gauche , en quittant k Véronchaux la route qui mène de Tournay à Condé, et rabattant vers le village de Péronne, pouvait faire manœuvrer ses troupes sous sa protection et diriger de là ses attaques contre Antolng; troisième avantage. L'éloignement de la rive gauche de TEscaut et le marécage qui la borde , assuraient l'extrême gauche des alliés contre les tentavives que l'artillerie ennemie aurait voulu entreprendre, en établissant ses batteries sur la rive opposée. Enfin, si les alliés avaient l'imprudence de porter la majorité de leurs forces vers le bois de Barry, s'en fussentils même rendus maîtres, les troupes qu'on aurait employées à cette attaque, n'auraient jamais pu atteindre le village de Ramecroix, qui formait l'extrême gauche de Tarmée française, avec cet ensemble de mouvement et cette régularité de formation, avant-coureurs des avantages non douteux; raison assez péremptoire pour détourner le duc de Cumberland de Tattaque de la gauche de ses ennemis.
Toutes les raisons que je viens d'exposer, étaient suflisantes pour convaincre le duc de Cumberland, que le vrai point, le plus décisif, et celui contre lequel il devait diriger ses attaques, était le flanc droit de ses adversaires. C'est justement ce qu'il négligea d'observer.
Ayant rassemblé ses troupes sur les hauteurs de Maubray, sans rien changer au nombre des colonnes, voici Tordre de marche que le duc de Cumberland aurait pu suivre. L^ colonne de l'extrême droite , en passant entre les villages de Bourgeon et Moupreau, en déployant entre ces deux villages et sous leur protection, se serait ensuite dirigée sur Fontenoy. La ^conde aurait pris le village de Bourgeon pour
but , et l'ayant fait occuper assez puissamment pour pouvoir s'y maintenir, aurait déployé sous sa protection. La troisième et la quatrième auraient suivi la grande route de Tournay i Condé , jusqu'au village de Véronchaux, d'où ces deux colonnes se seraient séparées de la manière suivante : la troisième, en déployant sous la protection de Véronchaux, se serait liée à la seconde dans la direction de Bourgeon; la quatrième, en quittant Véronchaux , aurait pris la direction de Péronne et aurait déployé entre ce dernier poste et celui d' Antolng. Une forte réserve aurait été placée sur la grande route de Tournay à Condé, en avant du village de Véronchaux.
En refusant de cette manière leur flanc droit, les alliés auraient pu porter leurs forces principales par Péronne et Véronchaux, et rejeter de prime-abord l'armée française sur une défensive désavantageuse.
Le duc de Cumberland dirigea ses attaques contre les villages de Fontenoy et Antoing, mais ne parvint à s'emparer ni de l'un, ni de l'autre poste, et nous en trouvons la cause dans les moyens peu suffisants qu'il employa pour parvenir à son but. Il attaqua ces deux postes en front, et ne faisant agir que son infanterie, tandis que l'artillerie devait y jouer un rôle important. Une forte batterie, placée sur les hauteurs à droite du village de Bourgeon , aurait pris d'écharpe les fortifications du ravin entre Fontenoy et Antoing, et, par un feu bien dirigé, aurait favorisé Taclion de l'infanterie.
Les villages de Fontenoy et d' Antoing avaient été fortifiés; et, chose bien inconcevabift^ birsque le prince de Waldeck les attaqua, d soutint son infanterie par la cavalerie hollandaise. 11 est aisé de se convaincre que cette cavalerie fut sacrifiée , et qu'elle fut abîmée par l'artillerie française.
N'ayant pu forcer ni Fontenoy ni Antoing, le duc de Cumberland dirigea ses troupes entre le bois de Barry et le village de Fontenoy , par conséquent dans un sens inverse du point décisif , et forma ce fa ix carré i trois faces de 15,000 nfanterie, dont les an-
nales nous le eux exemple d'une