‹ Considérations sur les grandes opérations de la compagne de 1812, en Russie; des M émoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 84 sur 87 · LA SOUABE, LA BAVIÈRE ET L*AUTRIGHE H · texte numérisé non relu

LA SOUABE, LA BAVIÈRE ET L*AUTRIGHE H

Au commencement de 4800, le général d'artillerie (feldzeugmeiêter) baron de Kray, fut rappelé d'Italie, où il s'était éminemment distingué. L'Empereur le nomma général en chef, en Allemagne, à la place de Tarchiduc Charles. On lui donna pour conseil le général de Ghasteler et le colonel de Weyrotler , tous deux ofTiciers d'un talent reconnu. Mais Tarchiduc fut universellement regretté; et les généraux, plus anciens que Kray, ne déguisèrent pas leur dépit de le voir placé à leur tête.

L'armée autrichienne, accrue des troupes de l'Empire, et de celles livrées par divers princes, en vertu des subsides de l'Angleterre, offrait une masse imposante de 150 bataillons et de 190 escadrons, c'est-à-dire, de 114 à 115,000 hommes d'infanterie, et de 25 à 36,000 hommes de cavalerie.

L'artillerie était proportionnée k cette redoutable force ; elle consistait en 520 pièces de canon.

Le corps d'armée principal occupait les environs de Villingen et Doneschingen ; le corps

(i) Cet écrit a été rédigé, pendant la campagne méoM, par un oflicier des troupes de Wurtemberg , employé dans rélal-major de Farinée Impériale. Témoin oculaire des événements, il était, de plus, à portée de se procurer des renseignements qui auraient manqué à uo officier particulier. Il est même k otnerver que l'oo doit mieux augurer de ton impartialité, qu*oo ne pourrait

de réserve, ceux de Stokach. Quatre avantgardes étaient disposées dans la vallée du Rhin, de la manière suivante :

La première, commandée par le lieutenant feld-marééhalKienmayer, était placée vis-à-vis le fort de Rehl, en' avant des gorges de la vallée de Kintzig et du Renchlhal.

La deuxième, commandée par le généralmajor comte de Giulay, dans la partie de Fribourg, Vieux-Erisach , en avant des gorges du val d'Enfer.

La troisième , sous le général-major archiduc Ferdinand, dans les environs des quatre villes forestières et de Bâie.

La quatrième , sous le général-major prince Joseph de Lorraine ( prince de Vaudémont), sur les bords du Rhin , entre le lac de Rattolfxell et Schaffhouse.

Ces diverses avant-gardes observaientle cours du Rhin, gardaient les gorges des montagnes, et communiquaient entre elles, en même temps qu^avec le corps d'armée du général Slamy. Ce dernier occupait la partie de Heldelberg et

le fliire de celle d'un sujet-né de l'enperetir» oa d'en officier attaché Immédiatement è son service.

Je me suis attaché, en traduisant cette relation, à ne coDserYer, autant que possible, que les faits pun et simples; et j*al pensé qn*il serait intéressant de les comparer avec eeui présentés et commentés par Tauttar de reuvrage préeédeot. (NoU du Traérneteur,)

PRÉCIS

de Bnichsal, gardait le Rhin jusqu'aux environs de Rastadt, et se rejoignait au corps du baron d'iVlbini, qui était posté sur le Mein.

Le corps d'armée du prince de Reuss , auquel s'étaienl joints 45 à 16,000 hommes d'excellentes milices du Tyrol, tenait le pays des Grisons. 11 occupait les importants défilés de Feldkirch, Bregentz, Reuti, Scharnitz , Achentbal et Kullslein. Il lui était toujours libre d'entretenir, le long de la rive septentrionale du lac de Constance , une relation active avec le corps de réserve, stationné à Stockach.

La citadelle de W iirtzbourg , et les forteresses de Philipsbourg et d'ingolsladt, étaient en état de défense : on avait construit à Ulm tous les ouvrages qui pouvaient en faire, sinon une place de guerre du premier ordre, du moins un entrepôt général et assuré des principaux magasins de l'armée; mais la plupart de ces magasins étaient imprudemment établis dans des endroits ouverts, tels que Stockach, et autres sur riller, le Danube supérieur» et le Necker.

La simple inspection de la carte peut convaincre tout militaire exercé, que les divers corps détachés étaient en parfaite conjonction avec la grande armée, et qu'ils étaient môme disposes de manière à prendre de revers les opérations de l'ennemi.

En effet, la ligne du Rhin, sur laquelle l'ennemi doit baser ses différentes attaques, embrasse la plus grande partie de la forôt Noire : ainsi, les positions prises par les Impériaux à Villiiigen ctDoneschingen, faisaient le milieu de la corde de l'arc occupé par les Français; elles se trouvaient au point de jonction des grandes roules tracées dans toutes les directions, et pouvaient, conséquemmcnt, être considérées comme le véritable centre des opérations , soit offensives , soit défensives.

Telle était la position de Tarmée autrichienne et de ses corps détachés, lorsque les Français rassemblèrent leurs troupes entre Bâle, Schaffihouse et Strasbourg.

Le 25 avril , ils s'avancèrent , sur trois colonnes , de Bàle , Vieux-Brisach et Kehl. Celte dernière parut n*a voir pour objet qu'une fausse démonstration , et repassa le Rhin presqu'aussitiM, après avoir cependant livré, comme celle du Vieux-Brisach : quelques combats fort vifs dans les gorges de la foret Noire. La première

prit po6te en avant des défilés de Cander et du Wiesenthal.

Le prince de VaudémoDt se retira dès le commencement de l'action : il se manifesta un tel désordre, dans cette avant-garde, que le régiment de Clairfayt fut oublié dans la presqu'île de Peters-Hausen , et ne put se retirer qu'avec une perte considérable. Les troupes qui avaient affaire aux Français sortis du camp du Petit- Bâle , furent prises de revers. Le général Moreau , qui commandait en personne dans cette partie, se trouva maître du terrain jusqu'à Waldkirch et Elzach.

Kray rassembla son année dans les camps de Villingen et Doneschingen , et fit avancer le corps de Starray sur la Murg; mais ce géoénl abandonna bientôt cette vallée, et revint sur Pforzheim , le 30.

Le même jour, l'enneroî se trouvait, avec cinq divisions sur la ligne de Fribourg et TeiH gen, tandis que l'aile droite, sous le général Lecourbe, occupait déji les environs de Schaffhouse.

Ce ne fut que le !*■' mai, jour oii ron avait résolu de reconnaître l'ennemi sur la Schvnobach, qu'il commença à développer son plaa. Le général Lecourbe passa le Rhin à Panda et Stein , avec toute son aile, et rejeta derrière l'Aach les débris du corps du prince de Vandémont. En même temps, le centra et la gauche des Français s'étaient mis en mouvement vers Neukirch, Stuhlingen, Bondorf et Nenstadt; le â mai, ils occupaient déjà les positions de Rattolfszell , Hohentwiel, Blumfeldct Tengen.

Kray se détermina, en conséquence, à se replier sur Engen. Le général Moreau en ayant été instruit , et sachant que la position de Stockach n'était que faiblement défendue, résolut de faire manœuvrer son aile droite vers ce point, de favoriser ce mouvement en marchant au-devant de l'armée autrichienne avec le resic de la sienne, et d'atteindre les hauteurs dominantes d'Âach et de Hohenheben.

En exécution de ce plan , le général Lecourbe, avec trois divisions environ, se porta si rapidement de droite et de gauche sur Sto^ kach , qu'il enveloppa et prit la plus grande partie des troui)es stationnées en cet endroit ; il s'empara de la boulangerie de campagne, de bagagas et d'immenses magasins qu'on y avait

DE LA CâMPAGMS DE 1800.

imprudemment établis. De ce moment, Tennemi se vit maître du plateau de Stockach ayec toutes ses positions.

Son centre rencontra les avant-gardes autrichiennes détachées en reconnaissance , et les déposta des hauteurs de Mulhausen et Weiterdingen , jusqu'à Welschingen.

Les colonnes de sa gaucbe sMtaient en même temps avancées jusque sur les hauteurs de Hohenheben, et, par-là, les Françaisavalent atteint le but qu'ils s'étaient proposé.

Les Autrichiens voulurent leur disputer les dcu\ postes d'Engen et Welschingen, mais, après plusieurs attaques très-sanglantes, les Français les en délogèrent.

Cependant, le général Kray avait été informé des événements de Stockach, et cette nouvelle, plus encore que l'alfaire d*Engen, le détermina à se porter, à marches forcées, par la contrée de Liptingen, sur Moeskirch, où il assit son camp, dans la nuit du 4 au 5 mai, et rouvrit sa communication principale avec Ulm.

Dès le 5, au matin, la droite d^s Français parut devant les avant-postes autrichiens. Ceux-ci se replièrent immédiatement sur le gros de l'armée.

Malgré le feu terrible de rarCillerie autrichienne, le général Moreau prit poste devant Moeskirch, passa de droite et de gauche le ravin dans lequel est situé ce bourg , et engagea principalement le combat à Heudorf, au pied du camp occufië par Tarmée. Par là se trouvait interrompue, non-seulement ,^ la communication avec l'archiduc Ferdinand , à Neuhausen, mais encore celle avec Pfullendorf et Sigmaringen. Heudorf, occupé par les Français, fut attaqué et repris, mais perdu une seconde fois; les manœuvres entreprises contre leur flanc gauche n'eurent point plus de succès. Mais le corps du général Giulay, et la brigade bavaroise, ayant disputé à l'ennemi les hauteurs de Buchenberg, Wonnendorf, etc., et l'extrémité de la gauche des Français n'ayant pu avancer que difficilement, à cause du terrain, Tarchidnc Ferdinand eut le temps d effectuer sa retraite de Neuhausen, de dégager l'aile droite de l'armée impériale, et d'opérer sa jonction avec elle.

I^ nuit vint mettre fin à ces combats partiels: ils étaient peu décisifs en eux-mêmes; mais Kray, réfléchissant sur l'état physique et

moral de son armée , ne voulut pas Texposer à de nouvelles attaques, et se retira, dans la nuit, *vers Sigmaringen, sur la rive gauche du Danube. Des officiers qui se prétendent trèfr-bien instruits , affirment que ce général , en livrant ce combat de Moeskirch , avait compté sur les généraux Starray et Nauendorf, auxquels il avait donné, pour le rejoindre, des ordres qui ne furent point exécutés. 11 parait aussi qu'il ne reçut pas du prince de Reuss l'assistance qu'il en attendait; que ce prince ne fit point, en Suisse, la diversion qui lui était prescrite, qu'il n'envoya pas, comme il l'aurait dû , la moitié de ses troupes' au secours de l'armée , le long du lac de Constance. L'extrèmé sévérité avec laquelle fut jugé Kray, dans le temps, doit engager tout lecteur impartial à rechercher tout ce qui peut jeter du jour sur sa conduite, dans cette malheureuse campagne.

Quoi qu'il en soit, l'armée impériale, pour ne point perdre ses communications avec la rive droite du Danube, Biberach et Memmingen, vint camper, le 8 mai, àBiberacb, derrière la Ries.

L'arrière-garde , dès le même jour, fut attaquée par l'avant-garde française.

Le lendemain, le général Lecourbe parut sur les hauteurs d'Amach et de Reicbenbofen : les éclaireurs de son flanc droit s'approchèrent de Wangen, Issni , Lindau et Ravensbourg, afin d'observer le prince de Reuss. Le général Moreau s'avança par Buchau et Sleinbausen , sur Biberach, repoussa, dans la vallée de Ries, tout ce qu'il trouva devant lui , et |K)rta quelques divisions sur le centre et la droite des Autrichiens. Cette manœuvre, et les désavantages du terrain, contraignirent Kray à se retirer en hâte, pour aller se poster derrière r 1 lier , à Memmingen.

L'armée autrichienne y arriva le 40, dans un extrême épuisement, et avec elle le corps du général Lecourbe, qui, malgré les ponts rompus sur l'iller, força le passage de cette rivière , et engagea aussitôt le combat avec l'arrière-garde campée à Memmingen. La nuit sépara les combattants.

Kray, persuadé que Tennemi renouvellerait le lendemain ses attaques, et ne jugeant point son armée en état d*y résister, se hâta de gagner Ulm^ par une marche forcée de dix

PRÉCIS

heures : il y passa le Danube , ci campa sous Le canon de la place.

Starray arrivait, dans le môme temps , à Blaubeuren, et Gt ensuite sa jonction à Sœflingen , avec le général en chef.

Dix-neuf jours seulement s'étaient écoulés depuis le commencement des hostilités, et déjà Tarmée de l'Empereur, cette armée si nombreuse, si formidable, éprouvait tous les maux, résultat d'une longue campagne : six marches forcées , sept nuits sans sommeil , quatre combats sanglants, la perte de presque tous ses magasins, l'avaient accablée de souffrances de tout genre. Elle était diminuée de lâ,000 hommes au moins, morts, prisonniers ou égarés. Trente lieues du pays étaient abandonnées aux Français.

La vérité historique fait un devoir à tout écrivain impartial de remarquer, que la conduite du général Starray et celle du prince de Reuss contribuèrent singulièrement à tant de désastres. Plus de 30,000 hommes, qu'ils avaient sous leurs ordres , furent tenus par eux dans une inactivité totale.

Le premier ne cessait de parcourir en tous sens le Rheinthal et le duché de Wurtemberg, ne s'approchant jamais de l'ennemi, et faisant un mouvement rétrograde à la nouvelle du plus léger échec.

Quant au prince de Reuss, il resta immobile dans ses positions, sur les fronlicres du Vorarlberg et des Grisons, et quelque instants que fussent les ordres du général Kray , il refusa constamment de faire sa jonction avec lui, ou de le dégager par une diversion , ce qui eut mieux valu encore.

La grande armée vint donc camper sous Ulm, c'est-à-dire, derrière le Blaulhal et le Lautcrthal, sur les hauteurs de Jungingen, Loehr, Elchingen et le mont Saint-Michel.

Les avant-gardes étaient postées au delà des ruisseaux de Blau et de Lauter, derrière Erbach et Blaubeuren.

Ifn corps de flanc fut établi à Guntzbourg, pour rouvrir les chemins d'Augsbourg et de Douawtfrth.

L'armée française s'était avancée, par sa droite, les 1 1, 1:2 et 15, jusqu'à Kempten et la rivière d'Aach, entre Memmingen cl Groenenbach. Sou centre poussa des détachements jusqu'à Laupheim , lllerciclieini, Balzhcim , Bran-

denbourg et le haut et bas Ktrchberg. L'aik gauche resta dans sa posiUoD de Steusslingen.

Ce fut, le i 2 mai , que le général Moreau détacha de son armée un corps considérable , qui passa les Alpes, et Ct partie de la grande expédition de Bonaparte en Italie.

Cette marche soudaine des Autrichiens vers Ulm, parut avoir été si peu prévue par le général Moreau , qu'il manœuvra les jours suivants, c'est-à-dire 9 le 44 et le 15» comme s'il n'en avait point connaissance.

Mais, le 1 6, il fit des dispositions toutes nouvelles. Le corps du général Sainte-Suzanne se trouvait seul faisant tète à l'armée autrichienne; il était sans appui, et même sans communication avec le centre. Le général Moreau la rétablit , en faisant avancer une partie de ses forces entre l'Iller et le Danube.

Alors, il porta successivement son armée sur la rive gauche du Danube : le 20» il avait déjà concentré le gros de ses troupes dans \» positions de Blaubeuren et de Hauenslein ; et, par là, l'armée impériale se vit menacée d^uae attaque générale.

Mais une victoire ne pouvait avoir d'autres suites, pour les Français, que de resserrer leur ennemi sous le canon d*Ulm; tandis qu'une défaite les aurait infailliblement exposés aux pios terribles désastres.

En conséquence , Moreau , la nuit suivante, ramena son armée sur la rive droite du Danube, dans ses positions sur riller et la Gunti supérieure.

A l'approche de Fennemi , le général Kray avait déjà pris la résolution de se replier jusque sur la Mindcl, h Burgau , et même derrière le Lech , suivant les circonstances. Un camp de repos était déjà préparé à Gânzbourg: mais l'armée ne parut point.

Les Français s'étaient postés de manière i entretenir la communication la plus directe avec SchaflThouse ; ils menaçaient presque toutes celles des Autrichiens avec Ulm, et occupaient les principaux chemins qui conduisent du Vorarlberg sur le Lech, et notamment à Augsbourg. Ils ôtaient donc à Kray tout espoir de réunir le priuce de Reuss à lui : enfin, toute la Souabe supérieure était en leur pouvoir.

Le poste de Giiutzbourg étant de la plus haute importance pour les Impériaux, comme

DE L4 CAMPAGNE DE iBOO.

le point d'inlersection des roules d'Augsbourg et de Donawerth à Ulm, le géoéral Kray le fit renforcer» et en confia le commandement au général Slarray.

L'avant-garde de Tarmée fut poussée jusqu'à Erbach , et différents partis volants furent envoyés fort loin derrière Tennemi.

Cest ici qu'il est intéressant de fixer un regard attentif sur les deux armées , opposées Fune à l'autre, ou plutôt entrelacées d'une manière inouïe jusqu'alors. Chacune d'elles, plus occupée à intercepter les communications de son adversaire qu'à conserver les siennes, semblait aspirer à mettre fin à Teffusion du sang, par une des plus savantes guerres de manœuvres. Le connaisseur, qui préfère les calculs et la marche du génie, aux scènes terribles de batailles souvent indécises, regardera sans doute le moment dont il s'agit comme le plus beau , le plus instructif, de cette mémorable campagne.

Le général Moreau, dans l'espoir de contraindre les Impériaux à abandonner Ulm, redoubla d'efforts pour leur enlever leur communication avec Augsbourg.

Le 24 mai, il entreprit une forte reconnaissance dans le Guntzthal, sur Wettenhausen. 1^ comte de Giulay, commandant l'avanlgarde autrichienne, s'y opposa avec beaucoup d'habileté.

Mais, le 27, une colonne française se porta sur Landsberg, une autre sur Schwabmunchen , une troisième sur Thanhausen, et,le 28, celle de Sch wabmumchen pénétra jusqu'à Augsbourg , et même jusqu'à Friedberg : les troupes légères des Autrichiens avaient été culbutées sur tous les points.

Le général Kray, faute d'avis certains , s'imaginant que l'ennemi n'avait exécuté ces mouvements qu'avec des partis volants , se contenta de détacher le comte de Meerfeld sur le Lech , avec 2 régiments de cavalerie. Cet officier passa la rivière à Rain , s'avança dans les environs d'Aichach et d'Eurathsbourg , et commença à effectuer sa jonction avec les avanlpostes du prince de Reuss, qui avaient été repousses jusqu'au delà de Schoengau.

Le général Starray reçut des renforts considérables , prit poste à Rieden et Ichenhausen, et poussa son avant-garde à Roggenbourg et Weissenhorn , évacués par l'ennemi.

Mais lorsque Kray, mieux informé, sut que la majeure partie de l'aile droite de Moreau s*était portée sur le Lech, il forma le projet, digne d'éloges , de profiter du vide occasionné dans la ligne ennemie par ces gros détachements : il combina donc une attaque sur les positions de son aile gauche.

Il y avait pour lui d'autant plus d'espoir de succès, qu'il avait reçu d'immenses renforts, tels que le corps de Starray en entier, une brigade de Q,000 Bavarois, et un nouveau corps de 4,000 Wurtembergeois.

Les Français, au contraire, étaient sensiblement affaiblis par le départ des troupes , que le premier consul avait ordonné de lui envoyer en Italie.

Les apprêts et dispositions pour un mouvement en avant d'Ulm, furent faits avec si peu de secret, et avec tant de lenteur, que les reconnaissances entreprises, du i*"^ au 5 juin, en remontant l'IUer, avertirent suffisamment les Français qu'ils devaient se concentrer.

En effet, leur droite abandonna, le 3 juin, les bords du Lech, se retirant par Mindel, Kamlach, Guntz, en côtoyant le corps du général Slarray, qui s'était déjà avancé jusqu'à Rieden et Wettenhausen.

Le centre de l'armée française se porta pareillement sur niler, par sa gauche, lorsque les Autrichiens se répandirent en forces, le 5, entre l'IUer et Ries. La tète de leur colonne de droite obtint un avantage assez marqué à Beuren; celle de gauche, sous le comte Baillet de la Tour, atteignit aussi» quoique plus tard, les environs de Kirchberg et de Sinningen.

Mais les Français ayant passé, avec une division , le pont de l'IUer à Kellmuntz ( au-dessous de Bless) , cette colonne du comte Baille! fut bientôt repoussée jusqu'à Dietenheim et Brandenbourg.

Kray se décida, pour lors , à aUer reprendre sa position sous le canon d'Ulm.

Il doit être permis à un écrivain allemand de faire ici une réflexion, que les Français ont faite eux-mêmes ; ils observèrent, avec étonnement, qu'on n'avait point cherché à les amuser et les retenir dans leurs positions d'Oberrodt , de Babenhausen, etc. Us demandèrent pourquoi le corps de Starray, fort de 12 bataillons et 24 escadrons, resta dans l'inaction.

PRÉCIS

et pourquoi le prince de Reuss ne déboucha point du Vorarlberg.

Cependant, les 12, < 5 et 44 juin, ce prince ayant poussé de forts détachements dans la partie deSchoengau, Oberndorf et Nesselwang, l'armée française fit de nouveau un mouvement général. Son aile droite repouSsSa ces détachements, occupa Schoengau, et rentra dans Augsbourg et Landsberg.

Le centre et la gauche prirent poste à Krumbach , Roggenbourg , Weissenhorn , Illerberg , Nikelsweiler, Bourgrieden, et rejetèrent les avant-gardes autrichiennes jusque sur Ulm, Weltenhauscn et Burgau.

Le 15, le général Starray, encore renforcé de 4 régiments de cuirassiers et de plusieurs bataillons, reprit poste sur la rive droite du Danube, à Giintzbourg.

Cependant le général I^ecourbe s'était déjà porté d' Augsbourg à Zusmarshausen , sur la Zusam .

Le centre de l'armée française était arrivé sur la Mindel, la Kamlach et la Guntz, jusqu'aux environs de Burlcnbach, Edelsletten et Waldstettcn, tandis que l'observation de Tarmée autrichienne, sous Ulm, était confiée à la seule division Richepanse, postée à Wizighausen et Brandenbourg.

A peine le corps de Starray avait-il pris poste, que l'ennemi engagea le combat avec ï'avant-garde du comte de Giulay, tant dans les vallées de la Guntz et de la Kamlach , que sur les hauteurs environnantes. Starray renforça cette avant-garde, et entretint un feu très-vif de canon et de tirailleurs jusqu'à 7 heures du soir. Alors les Français, dont l'aile droite s'était avancée de la Zusam dans la position entre Burgau, Aislingen et Glatt, et était venue, le long de la vallée de Mindel, se réunir à la division engagée dans le combat, firent plier l'avant-garde autrichienne de toutes parts, et la rejetèrent presque dans le camp de Giintzbourg.

Le général Starray, vse voyant pressé par \me force aussi imposante, n'osa attendre les Français dans son camp retranché : en conséquence, il repassa le Danube, dans la nuit (lu iri au IG juin, et brûla les ponts derrière

lui.

De ce moment, le général Moreau fut maître lie toute la rive droite du Danul^e, et se vit en

mesure d'entreprendre le passage de ce fleuve, avec une grande partie de ses forces.

Les reconnaissances qu'il fiit (aire , le 16 et le 17, l'extension de son aîle droite jusqu'au dessous de Fristlingen , et sa fausse attaque du 18, au pontdcDîllingen, indiquaient aaseï son dessein.

11 était donc essentiel de renforcer considérablement le général Starray» et c*est dans cet instant que nous le voyons, au contraire, soit par ordre, soit de son propre gré, renvoyer, partie à Tannée, partie à Leipbein, tous les renforts qu'il avait reçus le 15. 11 ne lui resta plus que 8 bataillons et 5 escadrons, qu'il plaça à Gundelfingen; il établit le général Devaux à Donawerth, avec 5 bataillons el 5 escadrons; c'est-à-dire, qu'avec 8 ou 9,000 hommes, Starray fut chargé ou se chargea de défendre le cours du Danube, dans un espace de 12 lieues, depuis Gtintzbourg jusqu'au-dessous de Donawerth.

Le 46 juin, au point du jour, les Français firent passer 80 nageurs déterminés, près do pont de Grembheim; ils tombèrent sur les piquets d'infanterie autrichienne postés sur l'autre bord, les dissipèrent, et rétablirent promplement le pont de bois. Leurs troupes en firent aussitôt usage , et enveloppèrent npidement 2 bataillons autrichiens et 4 bataillon wurtembergeois : de ce côté» les Françû |ioussèrent jusqu'à Donawerth.

Au-dessus de Grembheim , ils s^emparèreat aussi de Blindheim, et se portèrent sur Hcedistett, où ils rencontrent le corps commandé par Starray lui-même.

Un gros de cavalerie autrichienne chargea, mais sans eflét. L'artillerie et lestirailteon entretenaient un feu très-vif, lorsque les Français firent mine de vouloir percer entre Hcedistett et Schrezheim. Le général Starray se replia aussitôt sur la chaussée, vers Dillingen; mais 3 régiments de cavalerie fl'ançaise, ounœuvrant pour prendre son infanterie de revers, et menaçant de la couper de Gundelfiagen et de Brentz, il se hita de faire sa retnile par la plaine de Lavingen. 11 trouva à GnodeUingen li escadrons de cuirassiers, que le général Kray lui avait envoyés. Ces cuirassicn chargèrent les Français; mais ils furent repousses avec perte jusque derrière le petit Medlingen.

De nouvelles colonnes françaises avaicnl

passé le fleuve i Dillingen. Les Impériaoi perdirent , dans celte journée , plusieurs milliers de prisonniers, 10 pièces de canon» et un gros convoi de vivres, qui tomba àDonawerthdans les mains de Tennemi.

L'année française se trouvait donc à dos de Tarmée autrichienne. Aussi celle-ci abandonnal-elle, dès le SO, son camp sous Ulm; le ai , elle se porta de Langenau et d'Albek, pendant toute la nuit, et par des chemins non frayés, sur Heidenheim. Après quelques heures de repos, elle marcha vers Neresheim, et arriva enfin, le 23, dans un épuisement total, au camp de Nordiinguen.

Dans l'espoir de donner à ses troupes le temps de se refaire de tant de fatigues, le général en chef les disposa en ordre de bataille, le 24, sur les hauteurs qui dominent Nordlinguen : la première n'était qu'à une portée de canon des avant-postes français, et des défilés par lesquels Tennemi aurait pu déboucher.

Le même jour, parvint à Kray la nouvelle de la défaite et de la convention de Marengo; il fil aussitôt proposer au général Moreau de négocier avec lui un armistice de même nature.

Le général français s*y refusa, et fit marcher une partie de son aile gauche, qui débusqua les Autrichiens des postes de Trochtelfingen et Bopfingen , pendant que toute son armée se rapprochait de celle de Kray. Ce général se vit donc contraint à décamper, dans la nuit du 24 au !25, et à se porter par Wembdingen sur Monheim.

Cependant, Moreau avait détaché un corps considérable, qui avait ordre de se porter, à marches forcées, sur Munich, par Hoechstett, Augsbourg et Dachau : c'était un moyen de rendre plus diflîciles encore les communications de son adversaire avec le Tyrol. Legrosde Tarmée française s'étendit, le 25, sur la rive droite de la VVernitz.

Le 26, au point du jour, le général Kray quitta son camp de Monheim, et gagna Neubourg par Rancrzhofen , après une marche de dix heures. Dans cette position, il se trouva placé à cheval sur le Danube, et prévint Pennemi dans ses projets.

Le 27 juin , une division de la droite des Français s'avança sur les routes de Rain et de Strass ; une autre se dirigea de Pœtmes sur la

partie de l'armée impériale statioDDée sur k rive droite du Danube. Le centre occupait Rain, et l'aile gauche, Donawerth.

Les avant-postes autrichiens furent promptement rejetés sur l'armée : les Français gagnèrent Ober et Unterhausen, et même la hauteur près Neubourg, qui dominai! laporition des Impériaux.

Ce fut alors -que les officiers les plus éclairés de l'armée autrichienne s'attendirent tous à uneaction d| haute importance. Ils prétendaient unanimement que le général Moreau était situé de manière à offrir les chances les plus favorables à son ennemi. Ils foisaient remarquer, qu'il était facile à la gauche des Autridiiens de reprendre les hauteurs de Neubourg : que celle des Français , à Donawerth , était éloignée du centre de deux lieues, et séparée de lui par deux rivières; que la droite, engagée avec l'armée impériale, était à Rain, k quatre lieues du centre, et, pour ainsi dire, en l'air; de plus, que le corps détaché sur l'iser était i 15 lieues de distance, et sans nul appui.

Quoi qu'il en puisse être du plus ou moins de vérité de ces observations, le général Kray fit avancer la droite de la première ligne et une partie du centre , contre l'ennemi. Après un combat excessivement opiniâtre de plusieurs heures , les Français se replièrent sur Unterhausen. La division qu'ils avaient portée sur Pœtmes, eut affaire à une nombreuse cavalerie, et n'eut pas plus de succès.

L'avantage qu'avait remporté l'armée autrichienne, en ce jour, n'empêcha point que, le lendemain , elle se dirigea vers Ingolstadt , en marchant sur les deux rives du Danube.

Après y avoir jeté une garnison suffisante, elle alla camper, le 50 juin, à Siegenbourg, et aiTÏva, le i^' juillet, à Landshut: elle y passa riser, et occupa la rive droite.

Les retraites continuelles à marches forcées, l'excessive chaleur et le manque de vivres, avaient épuisé le soldat autrichien : l'armée s'affaiblissait journellement par la désertion, les maladies, et peut-être plus encore par le découragement qui y régnait. Le général en chef se détermina, en conséquence, à lui donner un jour de repos.

Cependant, la droite des Français s'avança sur Pœtmes et Schrobenhausen , le centre sur les hauteurs de Neubourg , la gauche dans les

PRÉCIS

environs de Strass; une division élait resiée sur le Schellenberg.

Le général Decaen, éUil entré» le 27, à Munich.

Le i*' juillei, TariDée française prit les positions de Adlschag, Nassenfels, Weihering» Popenhausen, Hohenwart et Woelznach sur riscr. Le 2 , elle s'étendît le long de cette rivière 9 depuis Reicherthau&en jusqu'à Vohbourg.

Les jours suivants» le général Moreau fit divers mouvements : le 7 juillet» il s'établit sur les deux rives de Tlser» depuis Munich jusqu'à Landshut. 11 prit poste sur le Danube à Neustadt» investit aussitôt Ingolstadt» et détacha une division de son aile droite » pour renforcer le corps stationné devant les défilés du TyroL

Ulm était aussi totalement investie.

L'armée impériale, continuant sa marche

rétrograde, campa» leSà Wartemberg; le 4, à Erdîng; le 5» à Hobenlinden; le 6 et le 7» à Haag : elle occupa» le 8» le camp d'Ampfing.

L*arrière-garde » soosles ordres de Pardiiduc Ferdinand» parut avoir été entièrement oubliée à Landshat : on ne peut trop s'étonner en voyant qu'elle était établie en avant du pont de cette ville. Aussi» lorsque les Français se portèrent» le 7» sur cette position» et pénétrèrent dans Landshut» à la faveur d'un pont situé à quelque distance, et que l'on avait négligé d'occuper» l'arriére-garde autrichienne, prise entre deux feux, perdit toute son artillerie, et fut contrainte» presqu'en totalité, à mettre bas les armes.

Cette action fut la dernière de la campagne d'été.

L'armée française se porta » le 8 et le 9, sur Anzinget Hobenlinden» et» quelques jours aprèc, fut publié l'armistice.

CAMPAGIVE D HIVER.

En conséquence de la convention conclue à Hohcnlinden, les forteresses allemandes demeureront bloquées» mais avec le droit de se ravitailler à termes fixes.

D'après la ligne de démarcation (i) qui fut tracée , il restait aux Autrichiens le haut Palatinat, se rejoignant aux frontières de Bohème, le cours de Tlnn et tout le Tyrol; ce qui leur composait la ligne de défense la plus avantageuse.

Un coup d'œil jeté sur la carte , montre que cette étendue offre Taspect d'une courtine, flanquée de ses deux bastions. La courtine est formée par Vlnn , et les bastions représentés par les frontières du haut Palatinat et de la Bohème, d'une part; de l'autre par la ligne continue des défilés du Tyrol. On peut même considérer les forteresses situées dans les provinces antérieures de TEmpire, comme des ouvrages avancés : les principes et les moyens de défense se calculant , d'ailleurs» d'après le plus ou moins d'éloignement de Prague , Vienne et Inspruk, qui sont les points centraux des forces de la monarchie autrichienne.

Après la conclusion de l'armistice , les Impériaux travaillèrent avec une nouvelle ardeur aux retranchements de Tlnn, rivière déjà dé-

(i) Cette ligne étant déjà décrite avec la plus grande précision dans Toutrage précédent, page 417, j*j renvoie le lecteur , aGn d'éviter une répétition inutile.

{Note du Traducteur.)

fendue naturellement par ses rives escarpées» son sol inégal et rocailleux, et sa rapidité. De Passau à Rosenhaim , vis-à-vis des endroits les plus favorables au passage» ou construisit des batteries et des redants; on acheva les tètes de pont commencées en avant de Wasserbourg» de Braunau et de Bergheim (entre Markel et Braunau). Cette dernière était située trop bas: elle était commandée de tous les côtés; et ne couvrant le pont en aucune façon. La première était inexpugnable» il est vrai» mais elle n'avait qu'un débouché; savoir, le grand chemin de Munich.

Il est surprenant que Ton ait négligé de fortifier» par de pareils ouvrages» l'espace compris entre Rosenheim etKuffstein» où» dans les guerres précédentes» avaient été effectués des passages de Tlnn.

Ce cabinet de Vienne s'imagina» à cette époque» qu'il B*y avait point de moyens plus efficaces pour rendre la confiance à ramâée » que d'en confier le commandement à un autre chef.

En conséquence» Kray fut rappelé; un des frères de l'Empereur était destiné à le remplacer (t).

L'archiduc Jean viol prendre le commande»

(t) Kray ftit immédiatement envoyé en exil dans ses terres» où le désespoir lui causa une maladie qui fit craindre pour ses jours. Ce général a été en butle aui critiques les plus amères, et même aui imputations

PRÉCIS

mcDt de Tarmée : le feldzeugmeisler ( général d'arlillcric) baron deLauer, lui fut donné pour conseil. Le colonel Weyroller, fut nommé chef de son étaUmajor : cet officier avait déjà donné dos preuves d'un talent distingué.

L'armée que j'ai évaluée à i 40,000 hommes, lors du début de la campagne, en avait perdu environ 20,000 depuis cette époque, 20 autres mille avaient été laissés dans les places fortes , ce qui la réduisit à 100,000 hommes. Mais un renfort de 9,000 Autrichiens et de 5,000 Bavarois, à la solde de l'Angleterre , la portait à 114,000 combattants efTectifs, quand, au commencement de septembre, les Français annoncèrent la reprise des hostilités.

Us avaient rassemblé leur armée dans une |)osition parfaitement adaptée au développement de leurs projets.

On trouve, entre les sources de TAttely de l'Ebracli, de l'Iser et de la Schwabcn, une chaîne de montagnes, en grande partie couvertes de bois. Le terrain adjacent est en général marécageux et coupé. Les forêts les plus considérables, dans cette partie, sont celles d'Ëbersberg et d'Anzing; elles occupent toute la contrée de Ilohenlinden, et s'étendent jusqu'à Ebersberg et Steinring. C'est sur ce terrain, singulièrement convenable au génie et à la tactique de l'infanterie française, qu'elle était disposée.

L'armée impériale fut partagée en quatre rolonnes. Celle du centre devait attaquer les forêts d'Ebersberg et d'Anzing, par le grand chemin de Hohenlinden; en se réunissant ensuite à celle de droite , se porter sur Zomeding.

Celle-ci, avant d'opérer sa jonction , débouchait de Haag sur Schnaubingen » laissait Burgrein à gauche, forçait le poste d'Isen, et gagnait le chemin d'Erding à Hohenlinden, |K)ur attaquer le flanc gauche des Français.

La colonne de gauche avait pour but de for-

Ics plus injustes. On a su depuis, et Ton saura mieux encore un jour, quMI n'eut presque jamais la liberté d'agir selon ses vues. M. de Lebrbacb, envoyé par T Empereur auprès de lui , contrariant ses idées , et lui intimant chaque jour Tordre de ne point hasarder d^action décisive, doit être considéré comme le véritable général en chef, dans cette fatale campagne. L'infortuné baron de Kray avait trop bien pressenti toutes les préventions et la malveillance , dont il ne pouvait manquer d'être

cer le poste d'Ebersberg, en se dirigeant par Malskirchen, d'une part, et de l'autre par Masen et Graefing. Elle se réunissait ^plcment à Tarmée , à Zorneding.

Une quatrième colonne , enfin , fut placée comme réserve, sur le grand chemin de Wasserbourg à Munich , à TuUing, en arrière de Steinring.

Le corps du prince de Gondé, réduit à une poignée d'hommes , fut posté sur la route d'Aibling à Zonicding.

On ne peut nier que ces dispositions , attribuées au chef de Télat-major, ne fussent eicellentcs en elles-mêmes.

Le 19 septembre fut employé en apprêts de tout genre, quoique l'ennemi fit peu de mouvements , et semblât vouloir se tenir sur la défensive.

L'Empereur s'était rendu lui-même à Tannée; il iît annoncer à Tordre que tout accommodement devenant impraticable, il fallait rabattre les prétentions des Français par la force des armes ; qu'en conséquence , il entendait que ses troupes les attaquassent le lendemain 20, sur tous les points, Sa Majesté promettant d'être témoin oculaire, pour distinguer les efforts de chaque combattant.

En effet, le 19 au soir, les colonnes se rapprochèrent de leurs avant-postes, et Taction générale semblait inévitable pour le lendemain.

Il vint un contre-ordre pendant la nuit : Tarmistice était prolongé de 24 heures.

Quelques heures avant qu'il expirât, Tamée apprit qu'une nouvelle suspension d'armes venait d'être conclue pour 45 jours : la cession des trois forteresses d'Ulm , Ingolstadt et Philipsbourg , en faisait la base.

Les Français se trouvaient ainsi considërablement renforcés par les trois corps de blocus, et leur ligne de subsistance acquérait une plus grande sûreté , tandis que les Impériaux per^

l*objct, en remplaçant Tarchiduc Charles. Il conjura rcmpereur, & plusieurs reprises, de révoquer sa nomination ; mais enGn il fallut obéir.

L*archiduc Charles, en rentrant au niiDlslèra« hi écrivit une lettre des plus flatteuses : le suOirage de ce prince est une réponse victorieuse aui insinuations de I Vu vie. — Le général Kray vient de mourir. (Janvier 1^01.)

(yoU communiquée au Traducteur,)

DE LÀ CAMPAGNE DE i800.

(laient presque tout moyen de se soutenir en avant des pays héréditaires.

Cette cession signée, Sa Majesté Impériale reprit la route de Vienne.

Cependant le terme , fixé par rarmistice de Hokcnlinden, était expiré, et l'Empereur refusant encore d'acquiescer aux propositions du gouvernement français, le général Moreau dé* clara que les hostilités recommenceraient le 28 novembre.

11 venait d'être arrêté, entre les généraux autrichiens, un plan qui avait pour but principal de forcer l'ennemi à évacuer toutes ses positions à Hohcnlinden, sur l'Iser, l'Ammer, etc. On devait parvenir à ce grand résultat par des manœuvres habilement calculées, pour prendre toutes ces positions de revers; mais tout à coup on changea d'idées; on parut avoir adopté les moyens de force, et vouloir courir les risques d'une bataille.

En conséquence , l'armée de l'archiduc Jean s'avança, le 28 novembre, dans la contrée de Eggcnfclden , Neumarkt et Vielsbieburg.

L'avant-garde s'empara du poste de Landshut, et Klcnau passa le Danubeavec 8,000 hommes.

Le 30 , l'armée fut portée sur l'Iser : elle occupait, à Ampfing, les deux bords de cette petite rivière.

Pendant ce temps, les avant-gardes françaises, soutenues de la majeure partie de l'armée, s'étaient avancées sur Tlnn supérieure, jusqu'aux têtes de pont de Wasserbourg et de Kraybourg : elles s'étaient emparées des postes situés sur les hauteurs d'Aschau, Roemering, Haun , Rothenkirchen et Dorfen.

Le but du général Moreau était de pénétrer les desseins des Autrichiens, et alors de passer rinn , ou , comme on le vit après, de tout disposer pour un engagement sérieux dans une seconde position, près de Hohenlinden.

On ignorait totalement, au quartier général de l'archiduc, où était Tarmée française et ce ({u'elle voulait faire : on se mit en mouvement le l*"" décembre, pour s'en éclaircir.

Les avant-gardes françaises furent attaquées de front, dans les positions décrites ci-dessus, tandis que de fortes colonnes, suivant les vallées de l'Iser, les prenaient de revers : elles furent donc contraintes à se replier 3ur Haag.

Les deux partis sëtaient donc retrouvés.

Le 2 décembre, le général Moreau reprit sa première position de Hohenlinden, et le renforça d*une partie de son centre stationné près d'Ebersberg. Les deux divisions qui y restèrent, durent avoir reçu l'ordre de se porter de là sur Matenpœt, le 5 décembre, pour prendre en flanc les colonnes autrichiennes qui voudraient avancer sur Hohenlinden , pendant que l'aile droite française, postée sur Tlnn supérieure, se porterait par sa gauche sur Ebersberg.

Le 2 même, au soir, les Autrichiens se dirigèrent sur les positions de Haag, et emportèrent les postes près d'Isen , afin d'être en mesure d'entreprendre, le lendemain, une attaque générale contre la ligne de l'ennemi.

Le plan consistait dans une attaque sur le front et sur le flanc gauche des Français, qui devait être entièrement enveloppé.

On avait formé trois divisions de l'armée impériale, sous le commandement des généraux Risch, Baillet et Kienmayer. Chacune de ces divisions consistait en 4 régiments d*infanterie et 4 de cavalerie; de plus, le corps de réserve, de 8 bataillons de grenadiers, 1 régiment d'infanterie, plusieurs régiments de cavalerie, et les troupes auxiliaires bavaroises: enfin, les corps des généraux Meczieri et Klénau.

Cesdeux derniers, comme faisant l'extrémité de l'aile droite, devaient se porter, partie sur l'Ammer, partie le long de l'Iser , en la remontant , sur Munich.

Les divisions Kienmayer et Baillet avaient pour objet de s'avancer par Aerding, Dorfen et Isen, contre le flanc gauche des Français, qu'elles devaient envelopper et culbuter.

Le corps de réserve était destiné à marcher sur Hohenlinhen par le grand chemin de Haag à Munich : la division Risch devait tendre au même but, en se dirigeant par Reit, Freimaring el Saint-Christophe.

lie 3 décembre, la pluie , les torrents avaient rendu les chemins presque impraticables; les flocons de neige obscurcissaient l'air , on voyait à peine à cent pas devant soi. L'artillerie s^embourbait ; les hommes et les chevaux n'avançaient qu'en glissant. Ce fut dans cette situation que la bataille commença.

L'armée se porte obliquement sur sa gauche. Le général Meczieri prend Freising. Les divisions Kienmayer et Baillet s'avancent avec difficulté par Isen et Aerding. La division Risch

MO

PRÉCIS

éprouve la même peine à traverser un terrain détrempé.

En même temps , le corps de réserve est mis en mouvement, et marchant sur le grand chemin , il dépasse bientôt les autres colonnes : son avant-garde s'engage avec le gros de Tarmée française, à Hobenlinden.

Cependant, les deux divisions françaises, stationnées à Ebersberg, se portaient sur Ma-p tenpœt. La première de ces divisions, sous le général kichepanse, erre longtemps à travers les tourbillons de neige : la queue de sa colonne, retardée par le mauvais temps et les chemins sans fond, entame une action fort vive avec le corps du général Risch ; la division du général Decaen survient, et appuie celle de Richepanse. La tête, qui était en avant, parvient jusqu'à Matenpœt. Un homme timide se serait cru coupé et perdu. Richepanse pousse sans hésiter jusqu'au grand chemin , et tombe enfin, dans les bois situés entre Matenpœt et Ilohenlinden , sur la queue du corps de réserve, qui ne s'attendait point à cette brusque attaque.

Une terreur panique s'empare des colonnes autrichiennes; le désordre s'y répand de toutes parts. Français et Autrichiens, confondus, se battent par pelotons séparés. Le chemin est couvert de cadavres et de canons renversés. Les valets d'artillerie coupent les traits des chevaux , et la déroute est complète.

Le général Moreau, de sa position de Ilohenlinden, s'aperçoit de ce qui se passe au-dessous de lui : il s'ébranle; et tombant avec impétuosité sur les débris du corps de réserve, il achève de dissiper tout ce qui essayait de se rallier.

Les autres colonnes de Tarmée imi^ériale se hâtent d'effectuer leur retraite; elles se replient toutes surMuhldorf. La nuit seule arrêta la poursuite des Français.

Le jour suivant leur permit de réunir les trophées de leur victoire; ils virent que plus de 80 pièces de canons étaient en leur pouvoir.

L'armée autrichienne ne fut plus occupée que de tous les moyens de défendre l'Inn, derrière laquelle ses généraux l'avaient disposée, à l'abri d'une longue ligne de retranchements. Le cours de la rivière avait été divisé en trois parties; de Passau à Braunau, de

Braunau à Wasserbourg , et de Wasserboarg à Kufstein.

La division Risch marcha, les 7, 8 et 9 décembre, par Ampfing, Krayboui^ et Wasserbourg , pour gagner les environs de Seebrak et de Rosenheim. Elle eut à fournir deux jours de marche forcée et excessivement pénible, de plus qu'elle n'aurait eu à faire, si, en quittant le champ de bataille, on Teût fait défiler par la tête de pont de Wasserbourg.

Les autres divisions se rendirent également dans les positions qui leur étaient assignées, c'est-à-dire, la division Kienmayer occupa ks têtes de pont de Kraybonrg et Muhldorf , et fut chargée de la garnison de Braunau.

Le corps de réserve fut placé en arant de Hohenwart, sur la rive gauche de rAha;iI devait défendre la droite dePInn , entre MoUdorf et Braunau.

La division Baillet fut établie i Obingen, entre Wasserbourg et Trossboui^, pour couvrir l'espace compris entre Muhklorf et Wasserbourg.

Le prince de Condé, renforcé d'un régiment de cavalerie , fut chargé d'observer le cours de rinn , depuis Wasserbourg jusqu'à Kufstein.

L'armée française s'était étendue dans toute la longueur de la rive gauche de l'Inn : elle n'avait rien négligé pour fixer TatteDlion des Autrichiens sur la partie inférieure de h rivière, pendant qu'elle faisait les apprêts d'un passage au-dessus de Rosenheim.

A dater du 6 décembre, le général Moreav appuya constamment sur son aile droite, de sorte que la gauche observait tovjoar» les tètes de pont de Braunau, Muhldorf, Krayboorg, Wasserbourg, etc.

Le centre et la droite étaient concentrés, le 8 , sur le chemin de Rosenheim à AiUing.

Il ne se faisait plus, cependant, aucun mouvement dans l'armée impériale.

Dans la nuit du 8 au 9, le» Français avaieDt rassemblé un corps de troupes au-dessus de Rosenheim , en face du viHage de Neubeuren. Au point du jour, ils passèrent Tlnn, sousb protection d'une forte batterie.

Ils replièrent, sans peine, tous lespostci du prince de Condé, et construisirent en trois heures un pont sur la rivière. Vers midi, ib avaient déjà deux divisions sur la rire droite.

Une partie prit poste sur les hauteurs de

DE LA CAMPAGNE DE iSOO.

Neubcuren; une aulre se dirigea vers Textréluilé orienlalc du lac de Chiem, sur la route deSeebruk; la troisième ^ et plus forte, s V vança par Rohrdorf sur Stephanskircb et te chemin de Rosenheim.

Le général Risch se vît contraint, parce mouvement, à se replier derrière TAlza, vers Seebruk.

Lorsque les Français se furent ainsi rendus maîtres de la plus importante et de la plus redoutable barrière de F Autriche , l'armée impériale fut mise en marche le 10 décembre.

La division Baillet évacua la tète du pont de VVasscrbourg , et se retira sur Waging.

Celle du général Risch Gt sa retraite sur Traucnslein.

Le 1 2 , toute Tarmée fut disposée dans la ligne de défense tracée derrière la Salza. On espérait, en s*y maintenant, conserver, d'une part , SCS communications avec Tlnn inférieure depuis la tète de pont de Burgheim jusqu'au confluent ; de l'autre, avec te Tyrol.

I^ poste de Burghausen fut garni de quelques bataillons; i régiment d'infanterie et plusieurs escadrons occupèrent Lanfen. Le corps d armée principal était établi entre la Sala et la Salza.

Cette position était, pour ainsi dire, inexpugnable; elle consistait en grandes plaines, dont le front était couvert par les déGlés de la Sala , et les flancs par la Salza et une chaîne de roches escarpées. Mais, à dos de cette position , et à une demi-portée de canon seulement, coulait la Salza; on n'avait sur celte rivière que deux ponts de bateaux et un de pierre, circonstance qui pouvait exposer aux plus graves inconvénients.

De plus, celte position, susceptible d'être défendue par 1 2,000 hommes , la plupart de cavalerie , était encombrée de troupes : elles se montaient à plus de 30,000 hommes d'infanfanlcrie, sans compter la cavalerie.

Les Français, de leur côté, serraient Tarmée autrichienne de très-près , dans sa retraite. Les deux divisions de leur aile droite s'avancèrent sur le chemins qui mènent à TAlza , de droite et de gauche du lac de Chiem , et se dirigèrent ensuite sur la Sala par Trauensteîn et Teissendorf.

Elles furent suivies par les deux divisions du centre, qui, néanmoi , forcer les

Autriditens à évacuer la tète de pont, se portèrent sur le grand chemin de Wasserboûrg, et poursuivirent alors leur marche par Altenmark et Waging.

Deux divisions de la gauche passèrent en même temps Tlnn à Wasserboarg, et vinrent se réunir i Tarmée, sur le grand chemin dont il vient d'être fait mention.

La troisième division de cette a Ue passa la rivière à Muhldorf , prit le chemin d'All-Oetting, traversa l'Alza , et se porta sur la tète de pont de Burghausen.

Les 43 et 43 décembre, le général Moreau fit reconnaître les bords de la Sala et de la Salza. Il apprit que cette dernière rivière n*élaît point suffisamment gardée au-dessus de Laufen. Quelques soldats français se jetèrent à la nage, et allèrent détacher des bateaux sur la rive opposée. En nn instant , 4 à 500 hommes furent transportés sur le flanc de la position autrichienne.

Ils marchent rapidement sur 3 bataillons qui défendaient le pont, les culbutent, et leur coupent la retraite sur Salzbourg.

Le général Morean fit immédiatement avancer toute son aile gauche et son centre sur Laufen , où ils passèrent la Salza. Deux divisions seulements'étendirent sur la Sala, vis-à-vis des Autrichiens.

Ceux-«*i semblaient ignorer les grands événements qui venaient d'avoir lieu. Le 44 décembre, le jour commençait à peine à luire, quand les Français attaquèrent et replièrent les avant-postes de Tailo gauche. Deux divisions étaient en pleine marche sur Salzbourg.

Le prince de Lichtenstein reçut ordre, alors, de s'avancer avec la réserve, de passer le Salza, et de s'opposer à Tennemi , qui arrivait par Laufen ; mais il était trop faible pour tenir tète aux Français, qui étaient déjà, le même soir, à Bergheim , à une lieue et demie de Salzbourg. Tout ce que put faire le prince de Lichtenstein , ce fut de couvrir le passage de l'armée sur les ponts de la Salza , dans la ville même. L'armée profita de la nuit pour gagner, sans obstacle, Neumarkt, où elle arriva le lendemain 15.

Ce jour, et la nuit suivante, le corps de réserve fut porté à Frankenmarkt avec deux divisions; et celle du centre resta à Sleindorf , entre Neumarkt et Straswalchen, pour

ii^

PRÉCIS

ssoulcuir Tarrière-garde, poslée à Neumarkl.

Cependant , Tannée française s*élait postée de Salzbourg sur le chemin de Burghausen, et se dirigeait par Mondsée, partie sur Gemunden, partie sur Neumarkt.

Le 17 décembre, Tarmée autrichienne fut conduite derrière Voeglabruk : la division Kienmayer, de Taile droite , demeura à Frankenmarkl, comme soutien de Tarrière-garde, située àUnter-Muhlham. Cette arrière-garde fut attaquée et repliée le même jour.

Le 18, les ordres étaient donnés pour établir le corps de réserve avec la division de Taile droite à Schwansladt , et celle du centre sur la rive droite de la Traun. La division Risch, de Taile gauche, devait poster toute sa cavalerie dans les plaines du Regau , et sur la rive droite de TAtter; son infanterie dans les forêts, sur la rive gauche de ce ruisseau, et soutenir ainsi Tarrière-garde , postée entre Voegelmarkt et Frankenmarkt. Mais les Français tombèrent tout à coup sur cette arrièregarde, et la prirent presque en totalité. Le corps de soutien se relira confusément et par pelotons, et vint s^cmbarrasser dans la queue de Tarmée, qui était encore occupée à défiler de son camp.

Les Français profitèrent de ce désordre, pour faire beaucoup de prisonniers et de butin ; ils poursuivirent leurs avantages avec tant de rapidité, que Tarmée fut obligée de gagner Lambach, et que la nouvelle arrière-garde, postée dans les défilés de TAtter, à Schwanstadt, fut enfoncée, et presque entièrement faite prisonnière.

Pendant ce temps, le corps du général Meczieri, qui avait été placé sur Tlnn inférieure, ainsi que la garnison de la tète de pont de Burghausen, était arrivé sur la route de Ried à Seeling.

1/aile droite des Français occupait les gorges de Gemunden ; la gauche , ayant été retardée parle poste de Burghausen, ne faisait que d'arriver à Ried.

(i) Ce prince, en faisant la revue de ces troupes qu'il avait autrefois conduites à la victoire, ne put voir, sans verser des larmes , l'élat de délabrement et d'bumilialion où elles étaient réduites. «

Quelque chéri que fût Tarchiduc Charles de rofflcier et du soldat , son arrivée au camp ne produisit pas sur les esprits tout l'eiïet qu'on s'en était promis. 1^ nou-

Le corps d'armée français , qui devait observer le général Klénau sur rAltmohl el le Danube, avait tenté des diversions en avinl de Ratisbonne et vers Passau, pour le contraindre à renoncer à la jonction qu'il venait d'opérer avec le général Simbschen,jonGlion qui avait rejeté le général Augereau sur la Rednitz.

Klénau se vit, en effet, forcé de revenir sur la Regen , en la remontant, poar coavrir, en cas de besoin , les passages de la Bohême du côté de Passau. .

liC 19 décembre, l'arrivée de rarchiduc Charles fut annoncée àtouteTarmée (i).

Le même jour, elle abandonna les deux rives de la Traun, prit sa direction sur le chemin de Steycr , et campa dans les bois de Wirth sur la Linde , à 4 lieues de Gremsmunster. L'arrière-garde resta à Lambach, sur la rive gauche de la Traun.

Les Français s'étendirent sar cette rive jusqu'à Wels, culbutèrent l'arrière-garde sur le pont de Lambach, qu'elle n'eut point le temps de rompre, et s'emparèrent d'une grande quantité de charrois et de canons.

Le 20 décembre, ils reprirent vivement leur poursuite , replièrent Tarrière-garde que l'on avait laissée à Wirth , atteignirent l'armée qui déGlait encore par la gorge de Cremsmnnster, et firent de nouveau une immense prise d'a^ tillerie et de caissons.

Le Si , fut arrêtée une convention, en vertu de laquelle l'année impériale devait immédiatement passer l'Ens : l'armée française était maîtresse de la suivre, mais sans combat.

L'archiduc fît donc défiler ses troupes sur deux colonnes qui se croisèrent; Tavant-garde française les suivait aussi près que possible. A 6 heures du soir, la convention expira : tout ce qui n'avait encore pu passer l'Ens, soldats, canons, bagages, tomba entre les mains de l'ennemi.

Le 22, l'arrière-garde resta sur la rive droite de l'Ëns. L*armée gagna , sur deux colonnes

Yclle s*était répandue que ce prince allait t*aTaneer i la tête des 26 tmtaillons formel dans la Bohême, h Silésic et la Moravie; qu*il était suivi de 5,000 volontaires viennois et de 16,000 hommes de rinsurrcction hongroise : il parut seul , et l'armée n*éprouva qu*une joie passagère.

{yotc communiquée au Tradudeur.)

qui se croisèrent encore , le grand chemin près Slremberg.

Les Français s^élcndaient loul le long de la rive gauche de TEns. On s^estîmail heureux , dans l'armée impériale, d'avoir échappé à la poursuite de Tennemi : on ne craignait plus de se voir couper la retraite par la grande route de Vienne.

Le 25, Tarchiduc gagna Amstetter, sur deux colonnes qui se croisèrent de nouveau; le iA^ Hemelbach ; le 25, Moelk : le 26, il vint camper derrière Saint-Poelten, Farri ère-garde toujours à une marche de Tarmée. Les Français suivaient pied à pied, mais à peine se tirait-il quelques coups de fusil.

L'armée autrichienne n'était plus qu'à il lieues de Vienne, lorsque fut notîGée la signature de Tanuistice et des préliminaires de paix. Celte nouvelle fut reçue avec transport.

L'archiduc Charles avait rétabli dans l'armée quelque apparence d'ordre, mais il n'avait pu rendre la force à des soldats accablés par tant de maux et de privations.

L'armée impériale , au moment où l'armistice fut publié, était répandue dans les bois de Saint-Poelten : elle offrait un spectacle déplorable. L'honneur du brave soldat autrichien ne permet pas que Ton oublie tout ce qu'il endura sans murmurer. Pendant six semaines, il fut exposé sans tente, sans abri d'aucune espèce , à toutes les rigueurs de l'hiver : dans une retraite de 23 jours consécutifs, on lui lit faire des marches forcées de 12 et 45 heures par des chemins presque impraticables; il était nu, privé de sommeil, et à peine nourri. Ses revers ne lui ont point fait perdre l'estime de l'Europe, et ses vainqueurs se sont plus à lui donner des témoignages de celle qu'il leur a inspirée

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