‹ Considérations sur les grandes opérations de la compagne de 1812, en Russie; des M émoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 83 sur 87 · SI · texte numérisé non relu

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Si les I rois colonnes d'att aque obtiennent, dans la partie occidentale de TAIlemagne, tout le succès présumé , un de ces corps pourrait tenter de descendre la Sala jusqu'au-dessous de Hall; mais le siège de Magdebourg serait une entreprise au-dessus de ses forces. 11 faudrait au moins, pour cela, être maître de la rive orientale de TElbe; car on ne peut se décider au siège d'une place forte, située sur un fleuve, que lorsqu'on est établi sur les deux rives.

Tous les corps allemands, opposés, dans rélectorat de Hesse, à la colonne française venant du lllein,ioni prisidos par la colonnequi débouche de la Hollande. Celle de Dusseldorf menace leur flanc droit, et même leur arrièregarde.

Au total , tous les corps allemands, disposés au sud du théâtre de la guerre que nous décrivons, doivent porter toute leur attention à ce qui se passe derrière eux, en Westphalie.

Ce serait donc un projet absurde, de la part des Allemands, de chercher à repousser les Français de la partie méridionale. Plus ils regagneraient de terfain, plus leur ligne d'opération s'allongerait, et, conséquemment, plus ils s'éloigneraient de leur base.

Je me résume : toute position au sud de Cassel ne vaut rien pour les Allemands.

Les Français, portant toujours la majeure partie de leurs forces au nord de la Lippe, s'emparent de la Westphalie et du cours du Weser, sans rien appréhender pour leur base : car, en les supposant même coupés de Dusseldorf, par suite d'une victoire ou d'une manœuvre de leurs ennemis, ils trouvent encore une base sufllsante dans la Hollande.

Les avantages que pourraient obtenir les Allemands, dans la Hesse, ne les mèneraient à rien de positif : on voit qu'ils ne se mettraient à la poursuite de l'ennemi, qu'en s'éloignant de la partie la plus intéressante pour eux, celle de la Westphalie , située au nord de la Lippe.

Il suit de là que les Allemands doivent naturellement se borner, dans la Hesse, à la guerre défensive. Ce sont les batailles livrées en Westphalie qui décideraient de tout.

La colonne française de la Hesse doit , au contraire, attaquer le plus vivement possible. L'armée agissante au nord de la Lippe, De vsaiirait être coupée par un corps allemand qui s'avancerait sur cette rivière : car, en sup-

posant qu'il y parvint après des succès réitérés, ce serait s'exposer à découvrir le Weser, et même à se faire prendre à dos, s'il poussait jusqu'au Rhin.

Au lieu de ce mouvement de front contre la colonne de Dusseldorf, les Allemands agiraient donc bien plus sagement, en se portant sur le flanc droit des Français, dans la Westphalie septentrionale; autrement, ils livrent euxmêmes leurs derrières et leur flanc droit. Mais dès qu'ils marchent sur leur droite , Tannée française reparaît sur la Lippe , pendant que celle de la Hesse agit oflensivement.

Si l'opération des Français réussit pleine* ment, il est facile de voir qu'elle consiste en unecouversion stratégique à droite de lacolonne de Hesse , sur la Sala ; le corps placé à Saalfeld en est le pivot. Cette conversion à droite commence dès la prise ^e Cassel : la colonne se porte immédiatement par Gcettingue, sur Brunswick ; de là , son objet d'opération directe serait Magdebourg. L'armée de la Lippe, partie de Dusseldorf, se dirige plus au nord, comme sur Lipstadt, Minen et Hanovre, pour s'efforcer de gagner l'Elbe , au nord de Magdebourg.

Que l'on se rappelle que les trois corps détachés sur la Sala,couvrentleflancdroitde la colonne française qui traverse l'élec torat de Hesse.

L'armée française qui a débouché de la Hollande et de Dusseldorf, n'oblique pas sur sa droite, mais elle marche parallèlement aux différents points opposés de la rive oixidentale de l'Elbe. C'est un résultat de l'excellence de sa base, qui, parla possession de la Hollande, embrasse concentriquement le nord de l'Allemagne. Les colonnes allemandes , toujours prises à dos, doivent conséquemment être contraintes à évacuer toutes leurs positions l'une après l'autre.

11 n'est donc pas d'observation, qui ne tende à démontrer de quelle extrême importance est, pour les Français, la possession de la Hollande : tout concourt donc aussi à indiquer aux Allemands, que ce serait contre celte contrée qu'ils devraient, en cas de guerre , tourner leurs efforts unanines.

Mais, pour une telle attaque, il faudrait un général qui sût mettre encore plus de chaleur et de rapidité dans l'exécution, que de prudence dans le plan.

Ce seraient bien moins les digues et les inondations de la Hollande, qui apporteraient obstacle à cette grande opération, que la prompte et vigoureuse réaction qu'opposeraient les Français par le sud de cette république. Car, dans les* mouvements excentriques, tels que celui dont il s'agit, la plus grande force doit toujours être employée sur les flancs : on s^aflaiblit sur le front dans la même proportion. Si Tennemî se porte vivement sur ce front, il peut lui réussir de le culbuter, et de menacer alors les derrières de cette partie de Tarméc , tandis qu'elle opère excentriquement et obliquement, afin de dégager ses flancs. Ses opérations de flanc se trouvent donc entravées, à moins qu'elle ne puisse se former une base indépendante dans sa nouvelle conquête.

C'est ce que Ton pourrait se procurer en Hollande : lors même que les corps de la Hesse et de la Thuringe seraient battus et repoussés, l'armée principale devrait poursuivre ardemment l'exécution de ses projets, au lieu de revenir sur ses pas, ce qui ne ferait que rétrécir la base , et compromettre par conséquent la sûreté des flancs.

C'est donc en Westphalie et en Hollande, à l'ouest de Cassel et du Weser, que doivent être

disposées les principales forces des AUemands; le reste formerait l'aile opposée sur la Sala supérieure, conformément au principe qui ordonne de se placer obliquement à l'ennemi, et non en face de lui. Comment les Français pourraient-ils pénétrer jusque dans le Ilanovre, entre ces deux corps? Celui posté sur la Sala supérieure les couperait infailliblement. Si leur colonne de Dusseldorf éprouvait un échec assez grave/ pour la forcer de regagner le Rbin , les Allemands se verraient en mesure de tomber sur le flanc de l'ennemi, en Hesse.

Dans toutes ces hypothèses, il est évident que Cassel est une place de la plus haute importance , puisqu'elle couvre ou doit couvrir l'Allemagne depuis le Rhin jusqu'à l'Elbe. Vu corps, placé demère cette ville, est indispensable pour observer la colonne française do centre.

Mais, tout ce qui se ferait en Allemagne, ne doit être considéré que comme accessoire à l'opération principale , qui se tenterait contre la Hollande.

J'ai posé les principes généraux d'attaque et de défense : ce serait aux commandants respectifs des deux armées à en faire telle application que le demanderaient les circonstances.

FIN DE l'iUSTOIHE DE LA CAHPAG?ÏE DE ISOO.

PRÉCIS

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